14/09/2011

Berlin-Paris

Berlin-Paris

Version qui m'a été transmise d'une autre histoire de l'Histoire. (Auteur inconnu.)

 

-----  La scène se passe dans  les jardins du Château Bellevue, à Berlin. Angela von Mercklemburg et  Nicolas de Neuilly se sont discrètement éclipsés de la réception  offerte par le roi de Prusse. On entend, au loin, les accents du  quatuor de Joseph Haydn.

 

Nicolas:  Madame,  l'heure est grave : alors que Berlin danse

Athènes  est en émoi et Lisbonne est en transe.

Voyez la  verte Erin, voyez l'Estrémadoure

Entendez les Romains : ils appellent au secours!

Ils scrutent l'horizon et implorent les dieux.

Tous les coffres sont vides et les peuples anxieux

Attendent de vous, madame, le  geste généreux!

De leur accablement ils m'ont fait  l'interprète:

Leur destin est scellé, à moins qu'on ne leur prête

Cet argent des Allemands sur lesquels vous régnez.

Cette cause est bien rude mais  laissez-moi plaider...

 

Angela: Taisez-vous Nicolas!  Je crois qu'il y a méprise

Folle étais-je de croire à une douce surprise

En vous suivant ici seule et sans équipage

Je m'attendais, c'est sûr, à bien d'autres hommages !

Mais je dois déchanter et comme c'est  humiliant

De n'être courtisée que pour son seul argent!

 

Nicolas: Madame, les temps sont durs et votre cœur est grand

Vos attraits sont  troublants mais il n'est point décent

D'entrer en  badinage quand notre maison brûle!

Le monde nous regarde, craignons le ridicule!

Notre Europe est malade et vous seule pouvez

La soigner, la guérir et, qui sait ? La sauver!

Nous sommes aujourd'hui tout au  bord de l'abîme

Vous n'y êtes pour rien mais soyez  magnanime!

Les Grecs ont trop triché ? Alors la belle affaire!

Qu'on les châtie un peu mais votre main de  fer

Est cruelle aux Hellènes et nous frappe d'effroi!

 

Angela: J'entends partout  gronder, en Saxe, Bade ou Bavière

L'ouvrier mécontent,  le patron en colère.

Ma richesse est la leur, ils ont  bien travaillé.

L'or du Rhin, c'est leur sueur et leur habileté.

Et vous me demandez, avec fougue et passion

De jeter cette fortune au pied du Parthénon?

Ce serait trop facile et ma réponse est non!

 

Nicolas: On ne se grandit pas  en affamant la Grèce

En oubliant Platon, Sophocle et  Périclès!

Nos anciens nous regardent, et nous font le grief

D'être des épiciers et non pas de vrais chefs!

Helmut Kohl est furieux et Giscard désespère.

Un seul geste suffit et demain à Bruxelles

Desserrez, je vous prie, le nœud de  l'escarcelle!

 

Angela: Brisons là, je vous  prie, la nuit est encore belle

Votre éloquence est  grande et mon âme chancelle...

Mais si je disais oui à  toutes vos demandes

Je comblerais la femme, et  trahirais l'Allemande !

 

(Ils s'éloignent, chacun  de leur côté)

 

13:43 Publié dans Economie, Politique, Pouvoirs | Tags : union européenne, merkel, sarkozy, berlin, paris | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

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