27/04/2013

Filiation pour tous

Comment un débat sur le droit à la filiation est-il devenu celui sur l'homosexualité?

Cette question doit être posée tant on observe de dérives et d'amalgames intolérables.

Ainsi, marquer une réserve vis-à-vis du désir qu'ont manifesté les couples homosexuels de se marier est-il le plus souvent taxé d' attitude homophobe.

A l'heure où le nombre de mariages ne cesse de décliner, évoquer l'amour pour contracter un mariage entre homosexuels relève de l'angélisme tant on sait combien l'institution du mariage ne l'exige pas et combien de mariages contractés par amour se sont soldés par autant de divorces.

Non, accorder le droit de se marier aux homosexuels en France est le passage obligé pour que ceux-ci bénéficient du droit à la filiation qui en découle directement.

En 2011 et 2012,toujours en France, 241 000 mariages ont été célébrés. On est loin du record de 416 500 mariages. C'est que les couples optent de plus en plus pour le pacs : 2 pacs ont été conclus pour 3 mariages en 2009, soit 203 000 Pacs en 2010.

Alors? 

Le problème est que  dans l'hypothèse d'un couple homosexuel pacsé, la filiation ne peut être établie qu'à l'égard d'un des partenaires: le géniteur (la mère biologique ou le père biologique).

Ainsi, le partenaire homosexuel à l'égard duquel la filiation n'est pas établie ne dispose ni de l'autorité parentale ni des avantages fiscaux à l'égard de l'enfant.

Telles sont les vraies motivations des couples homosexuels. Dans ce cas, demander la filiation  pour tous aurait eu au moins le mérite de la clarté sinon de l'honnêteté.

Mais alors, le risque eût été que tous revendiquent ce droit, jusqu'aux personnes les plus débilitées, ce qui n'aurait sans doute pas eu l'heur de plaire... à tous.

http://www.planetoscope.com/lamour/699-nombre-de-mariages...

http://pacs.comprendrechoisir.com/comprendre/pacs-et-fili...

 

Commentaires

Merci de mettre les pendules à l'heure.
Demeure en effet la question : pourquoi le débat n'est-il pas porté en ces termes? Qui participe au mensonge et pour quelle(s) raison(s). On a évoqué "tout ce que doit F. Hollande à P. Bergé, c'est une chose. Mais en Suisse où ce débat se reporte? A Genève, puisque nous y sommes? Quels liens-intérêts-obligations-etc nouent la parole des élus aux exigences de la communauté homosexuelle? Communauté qui, soit dit en passant, est loin d'être unanime sur ce dossier! Le problème, c'est qu'en France, les "rénégats" se font agresser, et pas seulement verbalement. Et chez nous?
Car l'autre souci lié à tout cela, c'est la fracture que le non-débat, ou ce vol de débat a créé chez nos voisins. Les extrêmistes de tous bords (ceux qui sont aujourd'hui au gouvernement français et ceux qui gravitent ailleurs) ont beau jeu maintenant d'agir en sourdine ou en plein jour.

Écrit par : MM | 28/04/2013

"droit à la filiation qui en découle directement"

Où avez-vous trouvé que la filiation découle du mariage en droit français ?

Écrit par : On l'récupère un peu partout...des fois au Mozambique, des fois sur la nationale 7, des fois comme c'est le cas dans l'Fech-Fech... | 28/04/2013

@on l'récupère un peu partout....

J'ai indiqué le lien au bas de mon sujet.

Et sinon, pour votre information, avant que le "mariage pour tous" ne soit légalisé,Le Code civil prévoyait qu'un enfant ne pouvait avoir à la fois qu'un seul père et qu'une seule mère.

Ce principe essentiel du droit de la filiation obligeait un père à devoir contester la paternité existante avant de pouvoir établir la sienne.

Si un enfant était adopté par deux hommes ou deux femmes, au sens du Code civil il se voyait alors doté d'éducateurs, d'adultes référents, mais pas de parents au sens propre du terme.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 28/04/2013

Merci de votre commentaire, MM.

Oui, on sait combien l'influence et le pouvoir de Pierre Bergé ont agi.

On sait aussi sa colère déversée sur Twitter lorsqu'il a découvert dans "Le Monde" dont il est actionnaire, une publicité pour "La Manif pour tous".

On sait aussi combien d'homosexuels se sont sentis eux-mêmes piégés par cette campagne pour le mariage pour tous qu'ils ont dite menée par une minorité d'entre les homosexuels.

Cela dit, la récupération politique qui a été faite par les deux camps lors de la campagne de ce "mariage pour tous" a tout autant faussé le débat et c'est très regrettable sinon dommageable pour tous.

Sur la situation en Suisse, les débats sont en cours concernant l'adoption par des couples homosexuels.

J'avais été interrogée sur ce qu'il en était de l'adoption internationale.
Voici le lien à l'interview qui vous donnera quelques renseignements.

http://french.ruvr.ru/radio_broadcast/74538918/99467933/

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 28/04/2013

Daniel Sibony, philosophe, écrivain et psychanalyste. Texte du 1er avril 2013.


- I - Analyse
1. Problème de mots et de vérité

La loi du mariage "pour tous" a des effets intéressants sur l'acte de nommer, sur le sens des mots, donc aussi sur le mouvement de la vérité. Le texte de loi supprime les mots mari et femme, remplacés par "époux" et les mots "père" et "mère" remplacés par parents, pour pouvoir bien nommer les deux membres d'un couple homosexuel, d'hommes ou de femmes, du point de vue de leurs liens, et au regard de leurs enfants. En apparence, cela ne pose pas de gros problème. Dans leur intimité, ils ne vont pas s'appeler "cher conjoint", l'homme pourra appeler son époux "ma petite femme", la femme appeler son épouse "mon chéri", cela fait partie de leurs fantasmes. C’est du point de vue du tiers, à commencer par l’enfant, que les choses vont se déployer ; d'autant plus que la loi met en place l’adoption. (Les enfants actuels de ces familles seront adoptés chacun par le ou la partenaire du père ou de la mère. Mais déjà, en changeant le sens du mot mariage, on pointe la présomption de filiation, avec pour parents deux homosexuels.) Donc, à table, l'enfant ne va pas dire: "Parent,
passe-moi le pain s'il te plait", il y a des chances qu'il dise papa à l’autre homme qui voudra l’être « à part entière » de par la loi ; ou qu’il lui dise maman s’il est un peu efféminé et qu’il se pose comme mère; et des chances qu'il dise père ou papa à celle des deux femmes qui se posera comme virile ; ne faisant là qu'honorer le fantasme des parents, comme les enfants le font souvent. La loi aura posé le cadre pour cela. Mais cela, est-ce un mensonge ? Non, dit la loi impliciteme
nt, puisque la vérité, c'est la loi qui la définit. Le sens du mot mariage étant changé, les deux hommes ou les deux femmes sont des époux et des parents, le reste, on n'a pas à s'en occuper, c'est la vie privée des gens.
Et c'est exact. La loi se lave les mains de la réalité qu'elle introduit dans l'intimité de ces familles, sur la manière dont l'enfant appellera l'autre parent.
Elle ne s'est intéressée qu’à sa manière à elle de nommer ces deux êtres. Dans la vie réelle, chacun d’eux, très sincèrement, se posera comme père (en étant femme) ou comme mère (en étant homme); sachant qu'aucune loi ne peut exiger que dans une famille on dise la vérité.
D'autant que, encore une fois, c'est elle qui vient la refonder. D'ordinaire, on essaie d'être en règle avec la loi; dans le cas présent, la loi essaie surtout d'être en règle avec elle-même ; et avec des situations vu es du dehors. Elle veut être irréprochable, en nommant les êtres de la façon la plus neutre possible ; elle s’autorise à neutraliser la différence dont témoignait le mot mariage. Et ce, au nom de l'égalité. On pourrait lui objecter que l'égalité concerne l'avoir, le fait d'avoir des droits égaux, et non pas l’être: deux êtres ne sont pas égaux. Mais justement, en neutralisant la différence contenue dans le mot mariage, elle neutralise la différence entre deux hommes pris comme parents et des parents ordinaires (un homme et une femme) ; le reste, elle n'a pas à en répondre. (Cette façon de mettre des choses en place sans avoir à répondre des conséquences, porte des noms variables selon la passion qu'on y met.)
On a en tout cas deux instances rivales : l'une qui porte la vérité du mot père ou mère le long d'une transmission millénaire jusqu'à chaque homme et chaque femme qui occupe cette place dans la longue arborescence des générations qui constituent cette instance ; et l'autre qui, par un vote de députés majoritaires décide du nouveau sens qu'il faut donner à tous ces termes. On a une sorte d'épreuve de force entre une décision d'un côté, et une transmission de l'autre. Reste à savoir comment la différence neutralisée va resurgir, et comment la vérité maîtrisée va échapper à cette maîtrise et retrouver sa liberté.
En fait, aucune loi n'empêchera certains de trouver comique la phrase suivante: "il importe qu'une femme puisse recourir à un don de sperme pour que sa compagne puisse enfanter". Elle dit clairement que la femme en question sera le père. Je la trouve charmante, mais il n'est pas dit que l'enfant impliqué là appréciera ce charme. D'ordinaire, une femme d'un couple lesbien, énonce tranquillement : « je n’ai surtout pas envie de me coltiner un père pour élever mon enfant ».
La loi donne un cadre pour que ces paroles aient force de loi. Elle l'emporte sur la réalité, du moins quand il s’agit d’enfants. (Autrement, quand c’est la dure réalité, celle des faits, ces braves législateurs qui refont de la vérité tombent sur un os : ils ne cessent de prendre les vraies mesures contre le chômage, et il augmente toujours plus ; ils prennent les vraies mesures contre la ruine industrielle, et les usines ferment l'une après l'autre; ils s'impliquent pour la paix, et c'est la guerre et la violence ; à croire que, pour des choses essentielles, la vérité qu’ils ont cernée leur échappe.) Mais s'agissant du vrai sens des mots, ils peuvent trancher, ce sont des personnes isolées qui payeront dans leur vécu. Cela se passera quand des tiers, au-delà de l'enfant et de ses parent s, seront en jeu. Imaginons des pères accompagnés
de leur fils, et parlant à un tiers. Un père « cour ant » énonce: « C'est mon fils.- Vous voulez dire?... -Je suis le mari de celle qui l'a porté, qui se trouve être ma femme. -Et vous, Pierre, ce garçon ? -Je suis son père, je suis l'époux de Paul, le père géniteur.» La référence biologique, supposée écartée, reparaîtra logiquement. (C'est plus tard qu'on aura des raffinements du genre : je suis son père car avec son autre père, comme on s'aime très fort, on a mélangé nos spermes pour ne pas faire de différence ; on est vraiment chacun son père. On a déjà l'équivalent chez les femmes, puisque l'une peut faire en sorte que l'autre soit enceinte avec ses ovocytes à elle, et réciproquement.) Si l’enfant parle de ses parents, on peut être amené à lui demander si ce sont deux hommes ou deux femmes ou un homme et une femme.
Dès qu’il y a du tiers, la différence neutralisée revient se faire entendre de façon criante ou criarde ; à moins qu’on ne le mette au pas, ce tiers, pour qu’il apprenne à ne pas questionner. (Notamment pas sur l'origine, pour laquelle, par ailleurs, on réclame la transparence.) Peut-être que la scène avec des tiers n'est pas prévue, auquel cas, on a une nouvelle vérité qui serait vouée au secret, et ne serait dite que dans certains lieux. Il y aura la vérité du bureau de l'éducateur ou du psy, et la vérité affichée au dehors. Il est fréquent que la vérité trop maîtrisée se divise, c'est sa façon de se sauver. Mais la loi, elle, est irréprochable, elle a seulement mis en place le fait qu'il puisse y avoir deux pères. Est-ce que le deux changerait le sens du mot père ?

2. Culpabilité narcissique

Je me suis demandé ce qui pouvait justifier une telle décision, si proche de l'attitude irresponsable (puisqu'on échappe, formellement, au reproche, tout en mettant en place le cadre où se diront des choses aberrantes mais dont on n'a pas à répondre, qui seront mises au compte de la vie privée). Je n'ai trouvé qu'une raison : la culpabilité envers les homosexuels. Culpabilité sociale, ô combien justifiée, puisqu'on leur a rendu longtemps la vie de couple impossible. Cette loi veut donc réparer. C’est sa motivation quasi transcendante: réparer une injustice millénaire. Le désir d'expier, de s’indigner, de s’innocenter est irrésistible, surtout quand ceux qui le célèbrent ne sont pas ceux qui le paient. Du coup, on veut réparer par une grosse surenchère, non pas en permettant aux homos une vie de couple, où ils peuvent élever les enfants que chacun peut avoir, avec tous les droits dont jouissent les autres couples ; on veut qu'un couple de deux hommes ou de deux femmes soit identique à un couple homme-femme, ou père et mère. (Rétorquer que l'autre homme du couple ne peut pas être le père, c'est aussitôt être accusé de biologisme. Or il faut une grande finesse pour manier l'intrication entre biologique et symbolique ; le biologique ne prime pas, mais le symbolique préfère de loin y prendre appui plutôt que d'en être privé. Demandez- le aux parents adoptants.)
Et puisqu’on le veut ainsi, l’époux du père pourra dire qu’il est le père, ou même qu'il est la mère (la mère porteuse sera absente) ; et l'autre femme du couple lesbien pourra dire qu'elle est la mère mais aussi bien le père, puisque le père sera absent. Nul n’en sera formellement responsable. Je montre ailleurs que lorsque le narcissisme coupable fait la loi, les mesures qu'il produit sont très douteuses. Et la modestie que donne, en principe, le sentiment d'être coupable, se transforme dans ces cas en une énorme prétention : nommer la réalité comme on le décide ; poser des vérités auto-référées.
En outre, l'empressement à réparer la faute de façon définitive, au moindre coût pour soi, introduit une logique de sacrifice pour ceux qui s’y prêtent. Par exemple, pour ceux qui, sans être homophobes, veulent garder leurs différences et leurs repères. Pour des enfants aussi. Certes, « toutes les études prouvent qu'ils sont en bonne santé. » Admettons-le, bien que j'aie des témoignages d'enfants grandis dans des couples homos qui ont souffert de l'exclusion de l'autre sexe. Mais jusqu'ici, ces enfants n'étaient pas dans des couples homos mariés, et n'avaient pas devant eux la loi qui les force à considérer deux hommes ou deux femmes comme leurs "parents", et les met en situation d'appeler mère un homme, et père une femme.) Mais après tout , de cela aussi, un enfant peut se remettre, surtout avec l'aide de "psys" actifs et consciencieux. Ce qui m’a intéressé dans cette affaire, c’est qu’elle posait cette question: jusqu'où peut aller la culpabilité quand elle a le pouvoir de faire la loi ? Car on observe ce mécanisme (culpabilité narcissique au pouvoir) dans d'autres domaines, où les dégâts sont plus palpables ; notamment quand il s'agit de racisme et d'exclusion. L'impulsion à légiférer est irrésistible, car elle combine à la fois le plaisir narcissique d'être au-dessus de certaines limites, et la joie réelle de se soulager de la faute, faute que l'on prend sur soi par un surcroit narcissique. Avec de tels bénéfices, il est probable que la loi aussi va payer en perdant de la valeur. Certes, très peu croient encore à la valeur symbolique de la loi politique, qui semble presque réduite au règlement et au mode d'emploi. Il n'empêche. La langue aussi paie une perte poétique, du côté de la diversité : on devrait plutôt
créer de nouveaux mots, mais on ne
veut pas, cela ferait de la différence, « donc » de la discrimination. (En passant, on réécrira l'une des Dix Paroles des Tables de Moïse: "Respecte ton père et ta mère... ". Au lieu de deux mots et de deux ordres radicalement différents, qui impliquent aussi le respect de cette différence et pas seulement des deux termes qu'elle distingue, on dira: "Respecte tes parents". Plus uniforme, plus gris.) La différence niée revient en force, elle semble faire partie de la vie : pour un couple hommes, avoir un enfant, ce n'est pas pareil que pour un couple de femmes; une mère porteuse, ce n'est pas aussi simple qu'une injection de sperme. En tout cas, le fait que des termes comme père et mère, mari et femme, disparaissent d’un texte de loi, qui après tout appartient à tout le monde, dont en principe tout le monde est responsable, peut s'inscrire comme une perte.

3. Être et avoir

Le fait est que ces mots sont identifiants, au sens où chacun d'eux est chargé de toute la transmission qui l'a amené jusqu'à nous, et dans laquelle des corps réels furent impliqués, entremêlés (sexuellement) de façon féconde. Ce n'est pas le cas du mot pierre, arbre, vêtement, etc. Ni le cas du mot "idiot" ; on peut dire de quelqu'un qu'il est "idiot", et si l'on est furieux, on a l'air de l'identifier à l'idiotie; mais il n'y a pas un "peuple des idiots", qui se transmet cette qualité d'une génération à l'autre. En revanche, les mots identifiants transmettent l’identification. Si des gens aujourd'hui sont mariés, c’est dans une transmission du mot mariage qui fait dire que leurs parents ou ancêtres étaient mariés ou ne l'étaient pas. De même, si un homme dit "je suis ton père", ce mot qui l'identifie partiellement, s'accroche, on l’a vu, à un flux ramifié de corps vivants qui depuis des millénaires ont porté ce mot jusqu’à lui. Les mots identifiants ont, bien sûr, des potentiels transmissifs différents, ils sont porteurs d'un passé qui prend sa source plus ou moins loin dans le temps ; et quand ça vient de très loin, ce
sont des quasi noms propres. Mais cette loi semble ne pas toucher aux mots père, mère. Elle crée juste le cadre où ces mots sont appelés à changer de sens. Et elle laisse les autres faire ce changement.
Elle-même ne touche qu'à un mot (qu'est-ce qu'un simple petit mot?) et elle nomme le reste de façon très convenable. En outre, comme la PMA sépare l'aspect génétique et l'aspect symbolique ou affectif, cela donne un coup de pouce pour faire comme s'il y avait deux pères, l'un génétique, l'autre symbolique ; alors pourquoi ne pas admettre deux pères réels tout simplement? Deux pères identiques, cette fois, et non plus séparés comme dans la PMA.
La philosophie sous-jacente, c'est que l’être n'a de sens que par l'avoir ; le rapport à l’être, l'ancrage dans l’être tels que l'implique l’identité, n'a pas d'intérêt. Si deux êtres ont des traits semblables (des droits, par exemple) ils sont identiques. Si l'on accorde aux couples homosexuels les mêmes droits qu'aux couples hétéros, alors c’est qu'ils sont mariés ; on passe de l’avoir à l’être par simple continuité. Cela change le sens des mots ? Mais c'est à eux de s’y plier, le langage est uninstrument. De même, si l'identité homosexuelle a les mêmes droits que l'hétérosexuel, elle lui est identique, peu importe qu'elle se définisse par le rejet de l'autre sexe ; ce qui n'est pas vraiment le cas des couples hétéros, puisqu'ils comportent les deux sexes. Bref on n’entre pas dans ce qui forme une identité, dans ce qui la constitue ; ce serait l'essentialiser ; ou pire, pénétrer dans son domicile; mais on trace un cadre qui suppose d’y être entré, et qui en tout cas touche à ce qu'elle a de plus intime.
La loi peut donc identifier un couple homosexuel à un couple stérile , puisqu'il recourt à la PMA. La société payera pour ça, ce qu'elle fera volontiers, culpabilité oblige. Elle le fera puisque il y a de quoi contourner l'épreuve fatidique : la rencontre de l'autre sexe, au moins une fois, pour avoir un enfant. (D'aucun objectent que, dans la transmission humaine, rencontrer l'autre sexe au moins une fois pour avoir un enfant serait comme le prix à payer ; mais justement, si on peut ne pas payer? On n'en est pas ici à des raisonnements symboliques.) Le recours à la technique peut éviter d'affronter certains problèmes. Il est vrai que ceux-ci se déplacent ailleurs, et là encore, cette diablesse de vérité trouvera de quoi faire signe. Peut-être parce qu'on en fait trop (surenchère), et que cela a des effets sur le
quotidien des autres. Par exemple, cette loi impliquera de lever l’anonymat du don. Les couples de femmes auront besoin d'un donneur, qui soit à la fois hors-jeu, hors famille, mais désignable à l'enfant, si plus tard le vide de père se fait trop sentir. Si l'anonymat du don est levé, la plupart des couples qui y ont recours, voudront garder le secret sur la conception de l'enfant, vu qu'ils n'ont pas besoin d'un troisième personnage. La manière dont on parlera de cet homme, du donneur, dans ces couples de femmes fondés sur le rejet de l’homme, est un tout autre problème. Il est normal que certaines l'évoquent avec ce rejet qui les a structurées comme lesbiennes. On sait que ces couples de femmes ne feront pas de place au père, mais au géniteur, donc à l’homme réduit au don de sperme. C’est donc un paradoxe que la prétendue "reconnaissance" du donneur ou de la porteuse par les couples homos. Le cas le plus fréquent pour les enfants "conçus" par des couples homos, sera d’avoir un non-père (ou une non-mère), réduit à la fécondation. Avoir un non-père, c'est différent d'avoir un père absent ou décevant. Disons que là encore, c'est une "expérience" que s'offre la société, qui ne coûte rien en apparence.

- II - Observations sur le débat

La vérité des mots ayant été « maîtrisée », elle a fui un peu partout, et s'est retrouvée plusieurs fois renversée : beaucoup de mensonges ont circulé dans ce débat.

1. Pointages
On a dit que le couple homo qui recourt à la PMA restitue sa dignité au donneur ; et que dans la PMA actuelle, on réduit la personnalité du donneur, on l’identifie à quelques cellules. (Or cette personnalité est respectée, notamment dans son désir de rester anonyme, de ne pas intervenir dans l'histoire de la naissance qu'elle rend possible; elle n'est pas niée, elle n'interfère pas.) Mais on a inscrit à l'actif des couples homos le fait qu'ils ne garderont pas, eux, le secret sur la conception de l'enfant; ce qui est presqu’une boutade, puisqu'ils ne peuvent faire autrement. Si les familles homoparentales futures évitent là-dessus le mensonge, ce n'est pas parce que leur goût de la vérité serait plus marqué que chez les autres.
On a aussi affirmé que les lois de bioéthique, qui encadrent le don, organisent un mensonge légal. Elles organisent quelque chose, et dans ce cadre, il y a toujours place pour le mensonge et aussi pour de la vérité. On ne fera jamais de lois qui empêchent le mensonge. On a invalidé les « psys » parce qu'ils étaient divisés. Mais le fait, qu'ils le soient, prouve que "l'idée psy" est vivante, au-delà des concepts ou des carcans d'appartenance. Et si elle travaille aussi contre elle-même, c'est conforme au fait que c'est une transmission. (Toute transmission vivante avance en pensant pour elle-même et contre elle-même, parfois en même temps.) Certains "psys", élevés dans le culte de Lacan ou des concepts freudiens, ont réagi avec angoisse à l'idée que leur symbole majeur, le Nom-du-père ou l'Œdipe, ne trouve peut-être pas sa place dans ces familles. Mais les réfuter en disant que tout ce qu'il y a à retenir de l'Œdipe, c'est que l'essentiel de notre destin nous échappe, est un peu court. Car beaucoup de choses nous échappent, c'est même ainsi qu'elles se transmettent; mais c'est ce qu'on fait de cet échappement qui importe. L'enfant grandit dans l'entre-deux parental qui lui échappe, il peut s'ensuivre une fuite en avant dans un symptôme, ou une confusion éprouvante, ou au contraire, un passage réussi entre les deux. (Dire que Freud avait "pour objet la famille déconstruite, fragilisée, traversée par les névroses", c'est oublier que toutes les familles le sont plus ou moins, et surmontent comme elles peuvent ces dangers; Freud avait donc affaire à des familles "normales"; et sa référence, de clinicien ou de penseur, allait plus loin que les deux pôles:
Œdipe d'un côté et Hamlet de l'autre.) En fait, Lacan et Freud avaient une vue réaliste de la famille, telle qu'elle était et telle qu'elle est: le creuset où l'humain se forme, avec ses limites branlantes et structurantes ; et le défi, toujours ouvert, de les franchir. Dans cette histoire de mariage gay, on se gausse de la famille, alors même qu'on exige d'en faire une, malgré la violence aux mots. Les homo-familles sont des familles à part entière, différentes des familles où les parents sont hétéros. On parle de respecter les différences, et l’on vante la diversité des familles tout en posant qu'elles sont les mêmes. De fait, la différence sexuelle, qui porte la reproduction de l'humanité, n’est plus marquée dans le mot mariage ; quel autre mot, à part concubinage, peut-on trouver pour l’inscrire comme telle ? J’ai entendu cet échange :"Mais en fin, il faut leur accorder ça, qu'est-ce que ça vous enlève à vous? - Ça m'enlève le sens d'un mot grâce auquel je m'identifie, moi et beaucoup d'autres. Et bien, vous en trouverez d’autres, des identifications!" Le dialogue tourne court.

Devant la culpabilité, une distinction réelle doit s’effacer, celle qu’il y a entre couple homo et couple hétéro. Le premier se définit par l’attirance pour le même, et le rejet de l'autre sexe, en même temps qu’il imite le couple hétéro. Celui-ci se définit par une différence qui tend vers l'union, quels qu’en soient les échecs et les avatars. Le couple homo se définit par une union qui rejette la différence ou la tient à l'écart, la différence fondatrice de l'humanité . Cela dit, la loi qui ignore tout cela n’entrainera pas de catastrophe humanitaire.

2. La phobie de passer pour

Dans la polémique, certains partisans de la loi traitent leurs adversaires d'homophobes, ennemis d'une sexualité pour le plaisir, etc. En fait, une carte maîtresse en faveur de cette loi a été la phobie qu’ont pu avoir ses adversaires d'être mis dans le même sac que d'autres adversaires qu'ils n'aiment pas. C'est une loi qui, comme beaucoup de choses dans ce pays, est régie par la peur de "passer pour". La plupart ont échappé à cette peur en affichant l'indifférence, qui a fini par passer pour de l'adhésion.
Ceux qui s'opposent aux effets qu'aura cette loi sur la filiation, ont été accusés de vouloir que père et mère aient un sens biologique, et que des parents soient toujours géniteurs. Il est vrai que c'est le plus souvent le cas, mais depuis la procréation assistée, tout le monde redécouvre ce qu'on savait depuis des siècles: on peut être parent sans être géniteur. Mais on dirait qu’on légifère pour l'ensemble à partir d'une nuance qui fait sens pour quelques-uns (culpabilité, là encore ?) L'existence des enfants nés par procréation n’a pas bouleversé jusqu'ici les structures de la filiation. On peut distinguer filiation et procréation sans admettre qu'un enfant ait pour parents deux femmes ou deux hommes. Il n'est pas sûr que le système de filiation occidental soit "naturaliste", calqué sur le rapport biologique. La dimension symbolique y joue un rôle certain. Simplement, cette dimension symbolique, portée par la différence sexuelle homme-femme, des couples homosexuels veulent l'appliquer à deux hommes ou deux femmes ; pourquoi pas? Ils sont prêts, pour cela, à faire passer les autres pour des naturalistes, des religieux ou des ringards, c'est de bonne guerre. Le fait que la loi les suive est plus curieux. Cela éclaire une certaine dynamique des décisions: un groupe de pression très actif peut prendre en otage la masse en agitant sous son nez sa peur d'être stigmatisée.

Écrit par : Corto | 28/04/2013

MM, encore ceci, nombre de personnalités de tous bords, de toute formation ont été interrogées au sujet du mariage homosexuel. Des femmes, des hommes, philosophes, écrivains, juristes pour ne citer qu'eux et qu'en reste-t-il?

Voici ici une juriste qui rend compte de sa rencontre avec Erwann Binet, le rapporteur de la loi sur le mariage.

La video est instructive, elle a été publiée fin janvier

http://www.youtube.com/watch?v=baZ2XZP82cA

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 28/04/2013

Excellent billet, tout à fait dans le sens de ce que je me tue à répéter autour de moi aux naïfs qui veulent s'afficher "tolérants" (mais pas trop quand même) en se déclarant en faveur du mariage homosexuel, mais opposés à l'adoption pour les couples de même sexe. Qu'on se le dise, l'un n'ira pas sans l'autre, jamais. Il n'y a pas d'autre raison réelle, d'ailleurs, d'étendre le droit au mariage, tous les autres avantages administratifs étant déjà contenus dans le PACS.

Écrit par : Mikhail | 28/04/2013

Merci pour cette vidéo et votre interview
Par rapport à ceux qui décident, il y a aussi ce genre d'informations qui circule sur le net. Qu'en penser? Loin de moi l'idée d'un "complot mystique international", mais j'aimerais juste comprendre:

http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20130104.OBS4501/ces-francs-macons-qui-nous-gouvernent.html
et aussi
http://www.atlantico.fr/decryptage/influences-franc-maconnerie-decisions-francois-hollande-sophie-coignard-707241.html

Écrit par : MM | 28/04/2013

Merci à Corto pour le texte soumis à notre attention.
Nombre de comportement actuels dans nos sociétés dites "avancées" relèvent d'une sorte de fuite en avant, par laquelle nous cherchons à éviter la responsabilité d'avoir à affirmer et à défendre des aspects de notre culture et des idées qui, sans relever d'une Vérité absolue et rester par conséquent intangibles dans le temps, nous définissent et nous aident à survivre comme société.
On peut y voir l'avénement d'une société moderne plus libre et plus ouvert à toutes les variantes proposées dans les différentes peuplades et cultures que le monde a connues (et de celles que l'on peut imaginer), et elles sont presque innombrables; je crains quant à moi que ce ne soit une attitude suicidaire, car ces différentes variantes se trouvent toujours circonscrites dans des groupes distincts qui s'y réfèrent et les défendent, comme le montrent le monde qui nous entoure. Seul nos sociétés occidentales semblent être touchées par ce phénomène, qui relève effectivement de la culpabilité et de la peur des responsabilités.

Écrit par : Mère-Grand | 28/04/2013

Mère-Grand, "culpabilité" ou "peur des responsabilités",tout a été bon pour alimenter l'incessante pression qui a été exercée par le lobby LGBT pour faire passer cette loi.

C'est cette pression qui a eu raison de tous car elle n'a pas lâché.

A tous les candidats à la présidentielles, la question a été posée de savoir s'ils étaient favorables à la loi ouvrant le mariage aux couples homosexuels. Les politiciens qui craignaient de dire non n'avaient pas souvent le choix de rester dans le flou, une réponse nette était exigée.

Pourquoi croyez-vous que le président normal ait mis tant d'ardeur à faire passer cette loi alors que son pays réclame bien d'autres actions plus urgentes?

Et ce ne sont pas les personnalités particulièrement qualifiées pour s'exprimer qui ont manqué pour informer et mettre en garde contre les abus de langage, les amalgames, l'exploitation du sentiment de culpabilité à travers le besoin de rétablir une égalité, l'exploitation de la peur d'être stigmatisé homophobe et j'en passe.

Quel impact ont eu ces mises en garde? Aucun, la loi a été votée.

Alors bien sûr que tout cela n'est pas encore terminé car un recours a été déposé au Conseil Constitutionnel. Mais ses chances d'aboutir sont minces.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 28/04/2013

Juste un mot au sujet de la filiation biologique pour dire qu'en France la filiation non biologique existe depuis longtemps. La filiation adoptive est devenue légitimation adoptive puis désormais filiation plénière. Peu ou prou, cette filiation donne à l'adopté des droits similaires à ceux de l'enfant biologique. En revanche, l'adoption simple ouvre des droits limités, l'adopté conservant des liens avec sa famille "naturelle".
Il me semble que la loi qui a été adoptée se borne à l'adoption (simple?).
Quoi qu'il en soit précisément, il est assez clair que le mouvement ne s'arrêtera pas là. La PMA suivra. Pour la GPA, c'est tout de même plus complexe et pourtant...
Il est piquant de noter que la permissivité de la société à l'égard de l'individu, de ses comportements et de ses droits, s'accompagne d'un mouvement sociétal affirmant les droits collectifs.

Écrit par : CASPER christian | 28/04/2013

La loi qui a été adoptée, Christian, avait pour but d'établir la filiation EGALEMENT au partenaire homosexuel à l'égard duquel la filiation n'était pas établie.

Parce que jusque là, ce partenaire ne disposait ni de l'autorité parentale ni des avantages fiscaux à l'égard de l'enfant.

Telle est la raison qui a motivé l'ouverture du mariage aux couples homosexuels.

Pour le reste, PMA et GPA, Najat Vallaud-Belkacem s'y est dite favorable.

Pour rappel, http://voix.blog.tdg.ch/archive/2013/02/02/najat-vallaud-belkacem-la-danse-du-ventre.html

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 28/04/2013

Christian,

Non la loi qui sur le mariage pour les couples homosexuels n'a pas retenu l'adoption simple! Elle a retenu l'adoption PLENIERE.

http://www.causeur.fr/adoption-mariage-gay-barjot,21094#

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 28/04/2013

Et si un doute devait encore subsister quant à l'adoption plénière à laquelle les couples homosexuels auront droit dès lors qu'il se marient et pourquoi ils ont tant voulu obtenir le droit au mariage, c'est parce que du mariage seul découle le droit à l'adoption plénière.

En voici confirmation ici:

"Dans le Code civil, le droit à l'adoption découle automatiquement du mariage. Le texte permet donc aux couples homosexuels d'accéder à l'adoption simple et à l'adoption plénière."

http://www.lefigaro.fr/politique/2013/04/24/01002-20130424ARTFIG00368-ce-que-la-loi-va-changer.php

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 29/04/2013

1- N'est-on pas en train de stigmatiser les milliers d'enfants et d'adultes dont les parents qui ont vécu hors du système Hétéro-sexuel en toute honnêteté ?

Lien qui va avec la question qui se pose:

http://www.dailymotion.com/video/xx6b8p_politiques-l-adoption-et-de-la-filiation-par-les-couples-homosexuels_news&start=1616

2- On peut s'étonner du silence des autorités Belges, Françaises -et Européennes en général sur ce document de Karl Zero qui laisse froid dans le dos. Faire l'amalgame comme certains veulent tenter de le faire avec les homos sexuels me paraît très dangereux. (bravo à la Suisse qui accueille les enfants de France ayant subit la criminalité sexuelle des pédophiles)

Lien très instructif, il faut effectivement se poser les bonnes questions:

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=G9Doa9cMfJ0

-État de la jurisprudence
Le 24 février 2006 : le juge autorise une délégation partielle de l'autorité parentale par une femme à sa compagne pacsée.
Le 30 octobre 2009 : le juge autorise une délégation partielle de l'autorité parentale par une femme à son ex-compagne pacsée.
Le 8 juillet 2010 : le juge refuse la délégation de l'autorité parentale à un couple de deux femmes pacsées.

-Remarques:

Le critère déterminant pour la délégation de l'autorité parentale est l'intérêt de l'enfant : en cas de disparition du parent à l'égard duquel la filiation est établie, l'enfant demeure sous l'autorité du partenaire auprès duquel il a grandi et qui l'a élevé.

La délégation de l'autorité parentale n'a été jusqu'alors autorisée que dans l'hypothèse où le lien de filiation de l'enfant n'est établi qu'à l'égard d'un seul parent (la mère). En effet, si la filiation est établie à l'égard du père biologique, l'enfant sera sous son autorité en cas de disparition de la mère.

La délégation de l'autorité parentale n'a été jusqu'alors autorisée qu'au sein d'un couple homosexuel de femmes.

La délégation de l'autorité parentale est autorisée non seulement dans le cadre d'un PACS, mais aussi dans le cadre d'une rupture de PACS (les partenaires sont séparées).

-Attention : la délégation de l'autorité parentale ne fait naître aucun lien de filiation.

Pacs et autorité parentale:

http://www.comprendrechoisir.com/

Écrit par : Pierre NOËL | 29/04/2013

Déjà qu'avant le mariage pour tous, grand nombre de gays trichaient en se faisant passer pour des célibataires, maintenant ils pourrons tricher avec des actes, cette fois, bien plus conséquents !!

Je vous laisse imaginer !!

Écrit par : Corto | 29/04/2013

Pierre,

Merci de confirmer mon propos et, le cas échéant de bien relire ce que j'ai écrit à plusieurs reprises sur la filiation.

C'est bien parce que je pacs ne permettait aucune filiation, comme vous le rappelez à juste titre, que la loi sur le mariage pour tous a été votée.

Cette loi ouvre le mariage aux couples homosexuels précisément pour leur donner accès à la filiation et à l'adoption plénière.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 29/04/2013

Pour le reste, Pierre, nul n'ignore les cas de maltraitance d'enfants, nul n'ignore les cas de pédophilie et nul n'ignore les affres de souffrances subies.

Mais prendre de tels cas pour exemple et preuves nécessaires à la légalisation de la filiation pour les couples homosexuels n'est pas la meilleure manière de procéder.

La famille n'est sans doute pas un océan de quiétude pour tous. Mais l'éradiquer ne signe pas a priori d'avenir radieux pour tous.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 29/04/2013

D'écrans de fumée en écrans de fumée, parlons également de celui-ci: un autre argument entendu ici et là, c'est le nombre de familles homoparentales déjà existantes, qui justifierait sine die la création d'une loi " pour tous", afin de ne "stigmatiser" personne. Or, là aussi, et encore une fois, on ne sait jamais vraiment de quoi on parle. Oui au fait, quels sont les chiffres? Voici ce qu'on trouve, ici et là:
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/homoparentalite-combien-d-enfants-concernes_1169652.html
et encore
http://www.atlantico.fr/decryptage/200-000-familles-homoparentales-france-mais-qui-verifie-chiffre-paul-malo-413080.html

Écrit par : MM | 29/04/2013

Vous avez raison Hélène. Je n'ai pas suivi cette affaire de très près. Une borne a donc été franchie... et d'autres viendront, probablement.
La France est donc le 14 éme pays (le 9 éme en Europe) au monde à avoir adopté "le mariage pour tous". "La performance" est médiocre puisque ce sont des pays occidentaux qui l'ont précédée. On pourra s'interroger sur l'état d'avancement ou de rétrogradation du monde occidental et sur la coupure de ce monde avec d'autres pays (Chine, Inde, Brésil, Turquie etc.)
Dans les faits, il est probable néanmoins que les chiffres resteront modestes comme ils le seront également pour l'adoption internationale, les pays d'origine (dont la Russie) étant très réticents à l'idée d'envisager l'adoption de leurs enfants par des couples homosexuels.

Écrit par : CASPER christian | 29/04/2013

Merci, MM.

Encore une fois, il ne s'agit pas de stigmatiser qui que ce soit et encore moins les homosexuels mais de constater qu'une minorité d'entre eux parvienne ainsi à s'imposer.

Sans pression inlassable exercée, sans confusion des genres au sens premier du terme et non imposé par la théorie, sans soutiens médiatiques et financiers actifs, cette loi sur la filiation pour tous serait-elle passée?

Telle est la question à se poser bien davantage que tout autre tant chacune ou chacun de nous peut avoir eu à faire de près ou de loin à des personnes concernées par l'homosexualité.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 29/04/2013

Christian, merci.

Vous évoquez la Russie, certes, elle risque bien de ne plus donner à l'adoption ses enfants à la France. De même que la Turquie qui a elle aussi dores et déjà annoncé qu'elle l'envisageait.

Je répète que je trouve tout cela très regrettable pour les enfants et les parents concernés par l'adoption internationale.

Je ne crois pas qu'on puisse dire d'elle qu'elle soit marginale.

Et si elle devait l'être, en quoi le serait-elle davantage que la filiation plénière que les couples homosexuels ont obtenue alors que tous les couples homosexuels ne l'ont jamais demandée?

Pour des statistiques sur l'adoption internationale en France, je remets ici le lien déjà déposé sur mon sujet précédent:

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/12_Decembre_2011_cle417759.pdf

A noter que ces statistiques ont été établies à fin décembre 2011

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 29/04/2013

Suite à l'adoption de la loi du mariage pour tous en France voilà que le Conseil Français du culte musulman s'apprète à exiger que le mariage polygame soit reconnu car le mariage pour tous concerne également les musulmans qui peuvent avoir 4 épouses. Si c'est refusé, le CFCM ira jusqu'au conseil des droits de l'homme.

Écrit par : Yvan Descloux-Rouiller | 29/04/2013

Hélène,
Je ne sais pas précisément ce que les couples homosexuels ont demandé. Ils ont demandé la liberté et l'égalité en faisant une confusion volontaire ou non sur l'amour et la filiation. Les quatre représentants officiels des religions monothéistes en France se sont prononcés comme vous le savez dans des textes très argumentés et non équivoques. La France est une république laique (quid de la Suisse?). La loi votée ouvre le mariage civil aux homosexuels. Je respecte le Parlement.La France n'a pas comme la Suisse la culture du référendum. On peut le regretter. C'est un autre débat.
Quant aux chiffres, ils sont marginaux. Je suis d'accord avec vous sur la dimension philosophique et anthropologique de cette regrettable affaire.

Écrit par : CASPER christian | 29/04/2013

@Yvan Descloux-Rouiller
Il n'était pas nécessaire d'être devin pour prévoir qui allait profiter de l'affaiblissement de nos convictions et de l'abandon progressif de nos valeurs culturelles. Je l'ai écrit maints fois sur ces blogs: la place faite ainsi aux revendications des communautés partageant d'autres valeurs culturelles que les nôtres, tout le monde aura compris que l'Islam est en première ligne, favorisera la mise en place de ces dernières qui, elles, ne s'embarrasseront pas de scrupules pour refuser tout compromis quant à ce que leur religions leur impose.
NB. Pour la petite histoire, les Sikhs avaient obtenus dans les années 1960 en Grande Bretagne l'autorisation exclusive de ne pas remplacer leur turban par la casquette obligatoire pour les chauffeurs de bus. J'ai pensé à l'époque que c'était une erreur, bien d'autres métiers étant accessibles aux membres de cette ethnie (ou religion). L'Australie vient de les exempter de l'obligation de porter un casque cycliste lorsqu'ils circulent à vélo, en faisant ainsi des citoyens privilégiés. On connaît la situation de la Grande Bretagne en ce qui concerne les revendications et les actions des Musulmans dits "extrémistes". Nous connaissons tous ce que l'on appelle l'effet "domino", je n'ose écrire la "tactique du saucisson", tant ce mot évoque les usages "impurs" de l'Occident.

Écrit par : Mère-Grand | 29/04/2013

Les couples hétéros risquent bien de ne plus pouvoir adopter en raison de cette nouvelle loi, nombre de pays vont stopper les autorisations d'adoptions pour les français !!

Écrit par : Corto | 29/04/2013

Corto,

Merci de confirmer ce que j'ai rappelé ici entre autres effets de cette loi:

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2013/04/24/adoption-internationale-menacee.html

Écrit par : Helene Richard-Favre | 29/04/2013

Christian,

Merci de votre commentaire.

Que vous respectiez le parlement de votre pays vous honore. Il n'en demeure pas moins vrai que je pense de cette affaire qu'elle aura des répercussions non négligeables sur la France et c'est très regrettable.

Pour ce qui est de la Suisse, le sujet est en débat comme je l'ai indiqué dans l'interview qui m'a été demandée et dont j'ai publié le lien ci-dessus.

Certes, la Suisse a la culture due referendum. Mais vous omettez d'évoquer celui que bon nombre de Français ont demandé tant que la loi sur ce "mariage pour tous" était en projet.

Ce referendum leur a été refusé.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 29/04/2013

Hélène, il ne me semble pas que la famille traditionnelle soit à ce point en danger. Si tel est le cas, il faut prendre tous les éléments en considération qui permettent à une famille de naître, se construire, éventuellement se déconstruire. D'autres facteurs sont en jeux.

Cela dit, vous avez soulevé le tapis avec talent, on découvre les réelles motivations d'une partie de cette communauté ce qui permet, -me permet d'être plus prudent sur l'interprétation du mouvement homo sexuel, la finalité de la loi.

Bravo! Revenez en France on cherche des talents.....

Écrit par : Pierre NOËL | 29/04/2013

Merci Pierre, merci à vous tous de la qualité de ce débat.

La loi a été votée par l'AN, un recours a été déposé au Conseil Constitutionnel mais ses chances d'aboutir sont moindres.

Dans ce cas, que reste-t-il?

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 29/04/2013

Pierre,

"Bravo! Revenez en France on cherche des talents....."

En imposant des taxes professionnelles parfois supérieures aux salaires ?

Avec des impôts de 75% pour les hauts salaires, supérieurs à 23'000 euros par mois !

Et des ministres du budget qui trichent avec le fisc ?

Avec un couvre-feu mafieux sur la moitié des territoires habités !

Et maintenant avec des contraintes induites pour les couples hétéros qui souhaiteraient adopter des enfants !!

Pierre, les talents français devront s'armer de beaucoup de bonne volonté pour se confronter à toutes ces impasses, la France est une monarchie crypto-socialiste, ce n'est pas pour rien que l'émir du Qatar déverse ses capitaux par containers entiers !

En Israël, plus de 10'000 ingénieurs en informatique ont signés des contrats avec des startup locales, je ne parle pas de juifs français, il s'agit de français de confessions non-juives !!

Sans parler des autres professions, également combien de "talents" français après avoir été enseignés aux frais de l'éducation nationale se sont exilés en Angleterre, aux USA, au Canada et partout ailleurs (Genève, Bâle, le Jura) ?

Il me semble que si la France cherchait des talents, elle commencerait par ne pas faire fuir de son territoire les talents qu'elle a formée à grand couts !

La démarche du gouvernement en mettant en priorité le mariage des couples homosexuels démontre une fois de plus que la croissance est loin de faire l'unanimité au sein des classes dirigeantes et c'est bien pour cela que ces réformes sont indignes !

La paix sociale française n'est absolument pas menacée par le mariage pour tous ou pas, et c'est dans ce sens que cette priorité politique à la Hollande est choquante, faire tout ce charivari en pleine crise sociale et économique alors qu'une partie des français ne mangent pas à leur faim, ne sont pas logés dans des conditions acceptables pour ceux qui ne sont pas à la rue, travail ou pas. Amputé les couches non-favorisées au niveau de l'adoption comme c'est le cas en voulant privilégier une nouvelle forme "d'aristocratie" dans ce domaine est une insulte de plus à la grande majorité des français, qui auront définitivement moins accès à des adoptions à cause de cette loi inacceptable par la plupart des pays "pourvoyeurs" d'adoption d'enfants et une injure faite en plein visage des français hétéros, également soucieux d'avoir une descendance !

Il ne s'agit que d'une enchère basée sur des critères économiques liées à des lobbys, mais cette fois sur le dos d'enfants souhaitant vivre avec un papa et une maman, comme tous les autres enfants "normaux" !

Oui, ce sont des "socialistes" qui vont empêcher des familles françaises de réaliser leur rêve le plus précieux, cela pour le profit d'un lobby politique économiquement plus aisé tout en coupant par deux (au bas mot) le nombre d'enfants adoptables venant de pays refusant l'adoption par des couples homos !!!

Comme ces "socialistes" du 19ème qui une fois en place dans leurs colonies toutes neuves ne pensaient qu'à une seule chose ; rajouté des particules à leurs patronymes !

On ne changera pas le monde, le socialisme est un système trop parfait pour des être qui ne semble pas être à la hauteur !

Bien à toi

Écrit par : Corto | 30/04/2013

Corto,

Quel lyrisme! Je partage avec vous bien des points de votre envolée.

Cette loi qui vient d'être votée ne va que stigmatiser une communauté dont tous les membres n'en demandaient pas tant.

Le mélange des genres pour des théoriciens du genre, c'est maintenant!

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 30/04/2013

Cela dit, Corto, il convient de ne pas faire ici le procès de la France.
Il faut avant tout dénoncer les abus de langage et la désinformation dont bien des Français font les frais.

Écrit par : Helene Richard-Favre | 30/04/2013

Je ne vois pas comment débattre de ce sujet sans mentionner le nom de Pierre Bergé qui finance le lobby LGT et qui est également le plus gros donateur pour les campagnes du PS.
Je le cite: « Nous ne pouvons pas faire de distinction dans les droits, que ce soit la PMA, la GPA (gestation pour autrui, NDLR) ou l'adoption. Moi, je suis pour toutes les libertés. Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l'usine, quelle différence ? C'est faire un distinguo qui est choquant »
C'est la même personne qui souhaitait voir une bombe éclater lors des "manifs pour tous"....
Ce type s'est acheté le droit de détruire la famille.

Écrit par : Riro | 30/04/2013

Riro,

Merci de rappeler ces propos de Pierre Bergé.

On peut ajouter à cela sa colère déversée entre autre sur le réseau social Twitter lorsqu'il a découvert une pub pour "La Manif pour tous" dans ce journal dont il est actionnaire.

La démocratie, c'est maintenant, le socialisme, c'est lui.

J'ai évoqué la puissance des lobby et leur rôle dans la pression qu'ils exercent. Il va de soi que le lobby LGBT n'a jamais lâché prise.

Et pour la suite, PMA et GPA, rien n'indique du tout que la pression ne cessera.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 30/04/2013

Et pour qui souhaite en savoir davantage sur les prises de position du mécène socialiste, voici:

"« Nous ne pouvons pas faire de distinction dans les droits, que ce soit la PMA, la GPA ou l'adoption. Moi je suis pour toutes les libertés. Louer son ventre pour faire un enfant oulouer ses bras pour travailler à l'usine, quelle différence ?"


http://www.marieclaire.fr/,pierre-berge-pma-gpa-louer-son-ventre,20123,680919.asp

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 30/04/2013

"Pierre Bergé, a donc déclaré en toute sérénité, dans un entretien pour Le Figaro, que « nous ne pouvons pas faire de distinction dans les droits, que ce soit la PMA, la GPA (gestation pour autrui, NDLR) ou l’adoption. Moi, je suis pour toutes les libertés. Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ? C’est faire un distinguo qui est choquant. » La voilà leur vision du monde !!"

http://24heuresactu.com/2012/12/18/ventres-a-louer-berge-devoile-la-vision-des-lobbies-homos/

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 30/04/2013

Lors de l'acceptation de la loi du "mariage pour tous", les manifestants soutenant cette loi étaient dans la rue pour fêter. Il est clair que pour eux le combat continu pour la PMA et la GPA. A noter que Frigide Bargeot a été insultée, menacée, heureusement protégée des coups par la police.... donc la violence n'est pas que du côté des antis, comme souhaite nous le faire croire une certaine presse. Qui a passé son temps à les caricaturer en vilain extrémistes catholiques, alors qu'il était question de familles et de personnes âgées.
Pour en revenir à Bergé, ce n'est pas un socialiste. Ce type est un opportuniste, un affairiste. Il utilise le PS, qui de son côté a besoin d'argent et de fausses causes à défendre. Sachant que le PS n'a de gauche, qu'un gauche Président.

Écrit par : Riro | 30/04/2013

Merci à Pierre Noël qui rappelle l'essentiel dans ce débat; le bien de l'enfant.
A nôtre époque où près d'un mariage sur deux capote, les tribunaux croulent sous les demandes d'arbitrage et le droit est encore très restrictif.
En Suisse, le parlement devrait prochainement voter une révision du code civil qui permettra, sauf très improbable surprise, de consacrer le droit parental à chaque partenaire d'un couple, qu'il soit marié ou non. C'est un immense progrès.
Le recours à la médiation est encouragé, non seulement pour avancer hors du cadre limitatif de la loi et soulager les instances, mais surtout pour évaluer au mieux l'intérêt des enfants.

Écrit par : Pierre Jenni | 30/04/2013

Pierre Jenni,

Le bien de l'enfant serait-il négligé dans le débat sur la filiation pour tous?

Merci de nous en dire davantage car il me semble que c'est justement là le coeur du problème.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 30/04/2013

Quant à votre rappel de ces mariages qui "capotent", Pierre Jenni, c'est bien là aussi la question à se poser pour es enfants de ces prochains couples homosexuels qui vont se marier.

Mais comme ces couples de même sexe évoquent l'amour pour se marier, peut-être ne les estimez-vous pas concernés?

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 30/04/2013

Riro La "Barjotte" Mme Merle, est loin d'être une sainte, ce n'est pas une référence j'avais mis un commentaire sur le sujet....?

En effet les propos de Berger sont ignoble, on peut s'étonner qu'ils n'aient pas déclenché plus de réaction à l'époque par barjotte et compagnie?

Corto, la France est la 5ème puissance du monde mais comme beaucoup de pays elle souffre des incapables et de la monarchie financière qui tient les rennes du pouvoir, ils ont toutes les couleurs.

Un député UMP de Loire Claude Essertel indique: "Pour quelques adoptions par des couples homos, la Russie va pénaliser tout le monde"

Référence "La tribune le Progrès" du 30 Avril 2013

"Depuis 2006 (ce n'est donc pas aujourd'hui) Poutine souhaite que les enfants Russes soient adoptés par des Russes" disons que politiquement il a sauté sur l'occasion.

Hollande a réussit au moins cela: "mettre de la zizanie dans nos relations internationales et nationales." Soyons honnête, elles ne sont plus au top niveau depuis 1976! Gauche et droite naviguaient aux alentours de 50% des voix, ils devront désormais partager avec Marine et les intégristes.

Écrit par : Pierre NOËL | 30/04/2013

Je dois vous avouer que je n'ai pas le courage de me faire tous les liens qui sont proposés dans les commentaires.
J'ai cru comprendre que la loi qui a été votée en France n'entre pas encore directement en matière sur les questions de filiation qui devraient faire l'objet d'un autre texte.
Non, je ne parle pas d'amour. Quelles que soient les raisons qui incitent des individus à vouloir partager leurs vies, j'estime que l'Etat n'a pas à intervenir et à favoriser une catégorie plus qu'une autre.
En revanche, lorsque les problèmes surgissent, l'Etat est sollicité en tant qu'arbitre. C'est le garant de la loi. Or la loi est aujourd'hui discriminante.
S'il est très difficile de définir ce qui serait le mieux pour l'enfant, je persiste à penser que c'est ce qui devrait être au centre des préoccupations du législateur. En ce sens, la loi votée chez nos voisins va dans la bonne direction quelles que soient les difficultés qui en découleront dans son application.

Écrit par : Pierre Jenni | 30/04/2013

Pierre Jenni,

Tout est dans le sujet de ce blog, inutile de lire des liens qui évoquent des jugements liés au pacs alors que celui-ci est désormais dépassé.

Ce qu'ont voulu les couples homosexuels est LE DROIT A L'ENFANT et à LA FILIATION PLENIERE.

Ils l'ont obtenu.

Où est le bien de l'enfant? Dans le droit revendiqué par des couples homosexuels à en avoir?

A la pression exercée par leur mécène Pierre Bergé pour les encourager à louer des ventres?

Il me semble pourtant que depuis que j'écris sur la question, le souci de la vie à offrir à l'enfant y est exprimé.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 30/04/2013

Pierre,

La Russie est loin d'être le seul pays qui va refuser l'adoption à la France!
La Turquie, pour ne citer qu'elle, y songe aussi.

Et vu la russophobie d'une bonne partie de l'Occident, il est aisé de dire que Poutine exploite la situation.

Les enfants russes comptaient parmi les plus adoptés en France. Comme je ne cesse de le répéter, ce sont les parents et les enfants concernés par l'adoption internationale qui font les frais d'une loi qui ne vise à favoriser qu'une minorité de couples homosexuels dont la stérilité relève de leur propre fait et de leur choix.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 30/04/2013

Oui, votre souci est clairement exprimé.
Vous semblez suggérer que le bien des enfants implique un cadre conventionnel.
Et pourtant la vie nous réserve des surprises. Les liens se font et se défont, la famille, telle que nous la connaissons depuis à peine quelques centaines d'années est un modèle en désuétude.
Non, le bien de l'enfant n'est pas directement lié au droit des homosexuels, mais à l'équité devant la loi.
Ce que j'essaie de dire c'est qu'un enfant pourrait se sentir plus harmonieux et heureux dans une famille reconstituée, quelle que soit l'inclination sexuelle des partenaires que dans un cadre familial en déliquescence.
Combien de fois n'a-t-on pas entendu des couples s'efforcer à tenir le coup pour les enfants ? Et avec quels résultats ?

Écrit par : Pierre Jenni | 30/04/2013

Droit de l'enfant", "droit à l'enfant", le débat est sans fin. Je préfère de loin "le droit de l'enfant", mais je ne me sens pas le droit de m'exprimer de façon péremptoire en son nom. Des lobbyistes, des gens d'influence, il y en a partout. Pierre Bergé est l'un d'entre eux. Il provoque, comme d'autres (Civitas par exemple) . Je concède que l'homme n'est pas sympathique du tout, mais so what?
Après le vote du Parlement (et non pas de la seule AN), que reste-t-il? L'apaisement pour les uns, le durcissement pour les autres. Ces derniers doivent manifester le 26 mai. Et, sous la houlette de Frigide Barjot, le mouvement qu'elle conduit se politise:il présentera des candidats(es) aux élections municipales de mars 2014.On peut donc soit choisir, soit faire les deux (à ce stade, le témoignage semble dépassé).
Si j'ai bien compris, la Suisse s'apprêterait à modifier son code civil ...J'espère qu'il n'y aura pas de référendum sur un sujet aussi "clivant" qui se prête à toutes les démagogies.

Écrit par : CASPER christian | 30/04/2013

Pierre Jenni,

Votre souci de voir l'enfant dans une famille reconstituée ou non, je le partage.

Mais cela n'a rien à voir avec cette loi qui vient d'être votée en France et avant elle par 13 autres pays au monde.

Cette loi OUVRE LE DROIT A LA FILIATION PLENIERE POUR LES COUPLES HOMOSEXUELS.

Elle n'a cure du souci de l'enfant au sens où vous l'entendez. Elle répond avant tout au souci des homosexuels d'exercer leur droit de parentalité au sens plein.

Pour cela, ils devaient passer par le mariage car le pacs n'offrait pas ces droits qu'ils ont gagnés désormais par l'adoption de la loi sur le "mariage pour tous".

Cette loi ne vise donc essentiellement qu'à permettre à des couples de même sexe d'avoir des enfants.

Or comme par choix, ils sont stériles car jusqu'à nouvel ordre deux femmes ne peuvent concevoir d'enfants ensemble pas davantage deux hommes ne le peuvent non plus, ils devront recourir à la PMA (Procréation médicaelement assistée) ou à la GPA, la Gestation Pour Autrui, qui implique la location de ventres de femmes. Or le grand mécène socialiste Pierre Bergé ne la considère pas pis que la location de bras(je le cite plus haut).

Voilà le souci qu'ont ces couples de l'enfant. Le souci, à votre avis, est-il vraiment celui de l'enfant pas même encore né mais projeté?

Quant à l'adoption internationale, vous savez que désormais nombre de pays la refuseront à la France et aux 13 autres pays qui ont accepté le mariage pour les couples de même sexe.

Encore une fois, où est l'intérêt de l'enfant, où, celui de tant d'enfants orphelins ou abandonnés et des parents qui ont eu le courage de se lancer dans les démarches de l'adoption?

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 30/04/2013

"une minorité de couples homosexuels dont la stérilité relève de leur propre fait et de leur choix."

Comme chacun sait, la stérilité d'une minorité de couples homosexuels ne relève que d'un choix délibéré de leur part. La mjorité d'entre eux a fait le choix d'être féconds...

Écrit par : plouf | 30/04/2013

Christian,

Ce que je puis vous affirmer est que le débat autour de l'adoption par les couples homosexuels en Suisse est en débat en ce moment.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 30/04/2013

Je ne devrais pas m'exprimer sur ce sujet car je n'ai pas vraiment suivi les débats ni lu la loi.
Je ne partage pas votre souci qui repose sur le postulat qu'un enfant serait plus heureux dans un environnement conventionnel.
Et je répugne à céder à la pression et au chantage de pays qui voudraient sanctionner mes choix.
Je ne comprends pas bien non plus comment vous pouvez faire une si grande distinction entre les enfants à venir et ceux qui sont déjà là.
Si un couple homo souhaite avoir des enfants, c'est déjà un bon début pour créer un environnement favorable il me semble.

Écrit par : Pierre Jenni | 30/04/2013

Pierre Jenni,

Merci de m'avoir donné l'occasion de préciser encore mon propos pour répondre à vos divers commentaires en relation avec ce sujet.

Si certaines des nuances que j'y expose vous échappent, j'en suis navrée pour vous.

Si un enfant conçu dans le ventre d'une femme payée à cette fin vous va, soit!

Bien à vous

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 30/04/2013

Je comprends que, posée comme vous le faites, la sentence est sans appel.
Et pourtant, je persiste à penser que la démarche n'est pas forcément pécuniaire. Il n'est toutefois pas facile de trouver des donateurs bénévoles alors que l'envie d'enfant est forte.
Je suis désolé que vous ne puissiez envisager d'autres modes de fonctionnement pour une activité somme toute très biologique.
J'éviterai à ce stade d'entrer en matière sur des considérations plus vastes sur le sujet, du genre de celle que "l'homme est génétiquement programmé pour inséminer le plus largement possible, car là je sens que vous risquez de vous fâcher".

Écrit par : Pierre Jenni | 30/04/2013

Pierre, il y a des lois naturelles, pour faire un enfant, il faut un homme et une femme, pour éduquer un enfant, un couple homo peut très bien élevé un enfant, pas de problème, les problèmes apparaissent à d'autres niveaux ;

Le principal à mon avis, c'est le pouvoir politique et ses cortèges de manipulations dans le domaine de la vie coutumière, de plus en plus les politiques en revers de leurs inactions dans les secteurs les concernant apparaissent à tout bouts de champs dans la sphère privée de la population, quitte à ne pas soupeser les effets pervers à un niveau décisionnel.

Certes Hollande bénéficie de l'inertie Louis quatorzième engagée par son prédécesseur, c'est à dire à un gouvernement aligné comme une rangée de pommes dans une foire agricole, où outre les échecs sur le plan économique nous assistons pantois à des phénomènes bien plus médiatiques que sociétaux et c'est là que les dérives sont à prévoir !

Que fera t-il de mirobolant lorsque l'économie et le sociale sera sur le carreau et que fera t-il pour y remédier, il votera une loi sur le port obligatoire d'une plus dans le céans des préfets de provinces ?

Ce qui n'est pas acceptable dans ce type de conduite, ce sont les priorités à adopter dans le cadre d'une situation telle que la France travers dans ce chaos économique et ne pas entreprendre les travaux nécessaires à des causes bien plus prioritaires !

Comme je le disais et comme le disait Hélène, (je viens de l'apprendre) dés lors il sera 20 fois plus impossible à tous les français de pouvoir adopter des enfants provenant pour la plupart du temps de pays n'ayant pas intégrer des notions de moeurs tels que ceux admis en France, cela va bien amputé de plus de 50% la venue d'enfants adoptables sur le sol français, pour le moment c'est ce que je peux constater et déplorer !

Et qui aura la priorité sur d'éventuelles adoptions provenant de pays tiers opposés au mariage pour tous, à nouveau, les couples hétéros, enfin les rares qui auront réussi à convaincre les autorités étrangères qu'ils sont bel et bien hétéros et delà, des wagons de textes de lois en matière de droit international privé et public vont encombrer les tribunaux pour les quelques pays capables de se vouer à ce type de "jeu" !

Comme quoi, les décision à un niveau politique du droit coutumier prennent très souvent des parcours contreproductifs, mais ça, les politiques, n'en ont rien à battre !

Écrit par : Corto | 30/04/2013

Ce que dit la loi sur le terme " Filiation plénière" il me semble utile de préciser:

"- L’adoption (ou filiation) plénière :

C’est l’adoption la plus complète. L’enfant adopté n’aura plus aucun lien avec sa famille d’origine et entrera dans la famille de l’adoptant dont il prendra le nom.
L’adoption plénière est irrévocable.
Pour pouvoir adopter de manière plénière, il faut être âgé de plus de 28 ans (sauf pour l’adoption de l’enfant de son conjoint) et avoir accueilli l’enfant depuis au moins six mois à son domicile. Si l’adoption est demandée par un couple marié, il faut que le mariage dure depuis au moins deux ans.
L’enfant doit avoir au plus 15 ans.
Les parents doivent avoir consenti à l’adoption et l’enfant doit consentir à sa propre adoption lorsqu’il est âgé de plus de 13 ans.
Si l’un seulement des époux veut adopter, il faut que son conjoint donne son consentement.
Les consentements sont donnés devant Notaire."

-L’adoption simple :

L’adoption simple est permise quel que soit l’âge de l’adopté.
La personne adoptée garde des liens avec sa famille d’origine et notamment conserve ses droits dans la succession de ses parents biologiques.
Seuls les adoptants bénéficient toutefois de l’autorité parentale (voir ce terme ci-dessus) sur l’enfant lorsque celui-ci est mineur. L’adoption simple peut être révoquée par le Tribunal de Grande Instance pour motifs graves.
Pour pouvoir adopter simplement il faut là aussi le consentement des parents lorsque il s’agit d’un mineur et le consentement de l’adopté s’il a plus de 13 ans ou s’il est majeur.

Reférence:" http://www.avocat-amiens-leroy.fr/

Hélène, je ne mettrai pas la Russie à côté de la Turquie et autres pays du même genre ou les femmes sont esclaves dès l'enfance, avec une constitution plus que obscurantiste en faveur des hommes.

Écrit par : Pierre NOËL | 30/04/2013

Pierre Noël, ces notions légales sont dés lors devenues obsolètes v/s les nouvelles techniques "artificielles de procréation, à ce demander si tout ce remaniement n'a pas été commandité par les industries de génie génétique !

Et c'est bien face à ces nouvelles réalités que les appareils juridiques semblent bien désuets dans le contexte actuel.

Qu'un couple qui pour l'un des conjoint ou des deux conjoint se pose un problème de stérilité, la loi autorise des aides médicales assistant la pro-création (fécondation artificielle, enfants éprouvettes), néanmoins, dans ce cas, l'apport de sperme ou d’ovocyte exogène au couple pose certains problèmes au niveau éthique, comme par exemple le recours à l'anonymat des éventuels donneuses ou donneurs.

Cette manipulation inclut le fait que l'un des géniteur naturel reste anonyme et le restera, rien que cette question devrait être abordée par des commissions éthiques et tranchée, un tel acte induit un inconnu irrémédiable pour l'enfant et ce n'est que 20 ans plus tard que des problèmes se posent.

Lorsque l'on parle de procréation, il faut bien se dire que les problèmes d'ordre éthique ne vont, bien sure, pas se concrétiser à un niveau uniquement biologique, quoi que là aussi, il y a à débattre, mais avant tout d'un point de vue juridique et éthique et toc !

Si un enfant relève des fait troublants, dés lors une comparaison ADN ne coute plus que 100 euros en 2013 et quantité de laboratoires se font concurrence et un simple cheveux permet à l'enfant de savoir qu'aucun lien génétique le lie à ses "parents", d'ici peut on peut imaginer des kits et interfaces à 10 euros qui permettrons de faire des comparaison ADN avec son téléphone portable.

Imaginons, un jeune couple dont les deux sont issus d'assistance à la procréation, découvre dans quelques années avec leurs portables qu'ils sont frères et soeurs et que la fille soit déjà enceinte !?!?

Toutes ces techniques vont induire que chaque couple d'ici quelques années, procèdent à des tests ADN alors même qu'ils penseront être issus de parents naturels, ou alors devoirs taguer les enfants issus de procréation assistée de manière à ne pas provoquer des unions consanguines ?!?!

Nous allons bientôt nous retrouver dans une société obligée de faire des distinctions entre les êtres, les vrais et les "faux" enfants devant être reconnaissables ?

Donc, rien que face à la reproduction assistée, nous voyons déjà à quelles précautions notre appareil juridique devra répondre sans parler des distinctions à prévoir au niveau éthique, des enfants courant des risques de mariages consanguins et des enfants "label rouge" qui pourrons affirmer de leur ascendances, on s'approche à grands pas de la fabrication de clones humains, rien que si l'on considère la procréation assistée.

Le droit qui semble légitime pour chacun échappe dés maintenant aux lois naturelles, maintenant légitimer des formes d'union induisant systématiquement ces recours à des techniques artificielles sont à redouter, par exemple, les enfants dont les parents sont homosexuels, seront automatiquement classifiés dans l'une des catégories expliquée plus haut : "tes parents sont homos, mais alors qui sont tes parents naturels ?".

Cette différenciation identitaire et légitime, les politiques ont bien évités d'en parler, car ce qui semble le plus urgent pour les politiques, c'est de faire des "enfants scrutins" et après moi le déluge !!!

Notre appareil juridique appel un enfant dont les parents ne sont pas unis par les liens du mariage, un "enfant naturel" , vielle héritage des registre civils tenus par les autorités religieuses, ce qui était encore le cas en Suisse, il n'y a pas quelques décennies, alors que la filiation était aussi certaine, voir plus que dans les couples unis par l'acte de mariage, ce terme, "d'enfant naturel" est encore présent dans nos codes civils et cela dans tous les pays francophones, cette notion linguistique "d'enfants naturels" est reprises par toutes les langues des les pays à majorité chrétienne, comme quoi la notion de "naturel" était et est encore, adoubée par les instances juridiques, juste pour dire que nous vivons encore au moyen-age du point de vue juridique et que nous sommes en train de jouer aux apprentis-sorcier avec les découvertes scientifiques, tels des "enfants" voulant démonter le nouveau jouet, la comptine résume que ces "jouets" sont généralement bons pour la poubelle !

Écrit par : Corto | 01/05/2013

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