14/07/2015

L'offensive européenne

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Grec, Prix Nobel de littérature en 1979, Odysséas Elytis s'était un jour exprimé sur l'avenir de l'Union Européenne.

C'était au début des années 1980, à Rome: 

Nous savons que l'idéal européen ne pourra pas se réaliser s'il ne prend pas appui, clairement, sur son socle spirituel, sur les bases des civilisations grecque et romaine, c'est-à-dire la Démocratie et le Droit, à quoi il faut ajouter l'esprit apporté par le christianisme.

Décédé en 1996 à Athènes, le poète aura sans doute déjà pu mesurer le peu d'écho que ses mots rencontraient auprès des instances de l'Union Européenne.

La voix d'Odysséas Elytis, comme celle de tant d'autres humains, a été étouffée.

Il appartient désormais à ses compatriotes d'affronter l'idéal européen qui leur est proposé.

A lire l'article ci-dessous, on peut conjecturer de diverses manières.

Il n'en demeure pas moins vrai que le peuple grec n'a pas encore capitulé.

http://www.ladepeche.fr/article/2015/07/14/2143483-la-cri...
 

 

Commentaires

Ci-joint un témoignage datant seulement de 1855 ...

1855 : « La Grèce, seul pays en banqueroute depuis sa naissance »


Pascal Riché
Cofondateur
Publié le 12/07/2015 à 11h39

Edmond About, qui n’aime pas trop les Grecs
En faisant des recherches sur l’internet sur le philhellénisme français du début du XIXe siècle (Hugo, Chateaubriand, Delacroix...), mon œil est tombé sur l’ouvrage d’un « mishelléniste », Edmond About. Ecrivain et journaliste, futur membre de l’Académie française, il a publié « La Grèce contemporaine » en 1855, une sorte de guide tiré de son séjour de deux ans à Athènes.

Indépendante depuis 1832 grâce à l’aide de la France et de l’Angleterre, la Grèce passionne alors. Le livre, qui a été un succès, est féroce et souvent drôle. Mais il ne devrait pas être mis entre toutes les mains. A commencer par les mains de Wolfgang Schäuble ou Angela Merkel, qui risqueraient de trouver certains parallèles avec la situation actuelle.

Par exemple, le chapitre VII, baptisé « Les Finances » commence ainsi :

« La Grèce est le seul exemple connu d’un pays vivant en pleine banqueroute depuis le jour de sa naissance (...) la Grèce a vécu plus de vingt ans en paix avec la banqueroute.

On apprend que, depuis la naissance de l’Etat grec, qui a conquis son indépendance en 1832 vis-à-vis de l’empire Ottoman, “tous les budgets, depuis le premier jusqu’au dernier, sont en déficit”. La Grèce, pour achever son émancipation, s’est endettée à l’extérieur, notamment grâce à la garantie apportée par ses alliés anglais, russe et français. Mais... le gouvernement grec (le conseil de régence) a dépensé cet argent “sans rendre de comptes”. About reste ébahi devant la “hardiesse” des régents, combinée à la “témérité des grandes puissances”.

“Les ressources fournies par cet emprunt ont été gaspillées par le gouvernement sans aucun fruit pour le pays ; et, une fois l’argent dépensé, il a fallu que les garants, par pure bienveillance, en servissent les intérêts : la Grèce ne pouvait point les payer. Aujourd’hui, elle renonce à l’espérance de s’acquitter jamais.”

Une négociation a eu lieu en 1852, explique l’auteur pour réduire le service de la dette. Mais cela n’a pas suffi :

“Le gouvernement grec désespérait de payer jamais les intérêts de la dette extérieure. Il se promettait seulement de témoigner sa bonne volonté, aux trois puissances en leur donnant 400 000 drachmes par an. Ce projet honorable est resté a l’état de projet, et les créanciers de la Grèce n’ont pas reçu une drachme.”

Le clientélisme frustre l’Etat d’impôts

L’annulation de la dette par ces trois puissances protectrices, poursuit l’auteur, ne résoudrait rien, car son budget est structurellement déséquilibré : “Ses dépenses ne seraient pas encore couvertes par ses ressources”. On retrouve exactement l’argument de Wofgang Schäuble et consorts.

L’auteur explique que “l’État, qui est sans force”, ne parvient pas à collecter l’impôt efficacement. Auprès des oligarques de l’époque, notamment, qui usent de leur influence sur les fonctionnaires. Le fameux clientélisme dénoncé par Syriza aujourd’hui existait déjà en 1854 :

“Les riches propriétaires, qui sont en même temps des personnages influents, trouvent moyen de frustrer l’État, soit en achetant, soit en intimidant les employés. Les employés, mal payés, sans avenir assuré, sûrs d’être destitués au premier changement de ministère, ne prennent point, comme chez nous, les intérêts de l’État. Ils ne songent qu’à se faire des amis, à ménager les puissances et à gagner de l’argent. Quant aux petits propriétaires, qui doivent payer pour les grands, ils sont protégés contre les saisies, soit par un ami puissant, soit par leur propre misère.”

L’auteur analyse les raisons des difficultés grecques. Selon lui, l’Etat, comme personne morale transcendante (“la raison en marche” disait Hegel), n’existe pas vraiment en Grèce :

“La loi n’est jamais, en Grèce, cette personne intraitable que nous connaissons. Les employés écoutent les contribuables. Lorsqu’on se tutoie et qu’on s’appelle frères, on trouve toujours moyen de s’entendre. Tous les Grecs se connaissent beaucoup et s’aiment un peu : Ils ne connaissent guère cet être abstrait qu’on appelle l’État, et ils ne l’aiment point.”

La fiscalité n’est pas naturelle dans ce pays qui a bâti son indépendance sur le refus de payer l’impôt au dominateur ottoman :

“Les contribuables nomades, les bergers, les bûcherons, les charbonniers, les pêcheurs, se font un plaisir et presque un point d’honneur de ne point payer d’impôt. Ces braves gens se souviennent qu’ils ont été Pallicares : ils pensent, comme du temps des Turcs, que leur ennemi c’est leur maître, et que le plus beau droit de l’homme est de garder son argent.”

Le budget exorbitant de la Défense, déjà

Aujourd’hui, le budget de la défense représente 4% du PIB grec (contre 2% en France) ce qui est considéré comme extravagant pour en pays en quasi-faillite. La situation n’était guère différente à l’époque :

“La Grèce a-t-elle besoin de se défendre ? Non. D’abord personne ne songe à l’attaquer. Fût-elle attaquée, ce n’est ni son armée, ni sa flotte qui suffiraient à repousser les ennemis. Elle sait bien, d’ailleurs, que la France et l’Angleterre, qui lui ont fait don de son existence, ne permettront jamais qu’elle soit envahie. Elle n’a donc besoin ni d’une flotte ni d’une armée. ‘

De même que Daniel Cohn-Bendit accuse aujourd’hui les dépenses militaires inutiles des Grecs d’être en grande partie responsables de leurs infortunes budgétaires, Edmond About écrivait alors :

Si la Grèce n’a point de routes, si les forêts ne sont pas exploitées, si les terres ne sont pas cultivées, si les mines ne sont pas fouillées, si les bras manquent, si le commerce extérieur n’a pas fait les progrès qu’il devait faire, c’est parce que depuis vingt ans la Grèce a une armée. Si le budget est régulièrement en déficit, si la Grèce est hors d’état de servir les intérêts de la dette, c’est parce qu’elle a une armée.

Un peuple indiscipliné, jaloux, égoïste’

Edmond About reconnait quelques vertus aux Grecs, notamment l’amour de la liberté et le sentiment de l’égalité. Mais au fil de la lecture, on sent poindre un profond mépris. Ce sont des brigands, ils sont calculateurs, ils ne respectent pas les lois et ils se jalousent les uns les autres :

‘Le peuple grec est nerveux, vif, sobre, sensé, spirituel, et fier de tous ses avantages il aime passionnément la liberté, l’égalité et la patrie : mais il est indiscipliné, jaloux, égoïste, peu scrupuleux, ennemi du travail des mains.’

Malgré deux ans passés en Grèce, Edmond About n’a pas réussi à vraiment aimer les Grecs, à la différence de nombre de ses contemporains. Et il n’a pas senti une vraie affection désintéressée de leur part. Voici ce qu’il écrit au chapitre ‘sentiments des Grecs pour les étrangers’ :

‘S’ils aiment les étrangers, c’est comme le chasseur aime le gibier.’

Écrit par : Christian Casper | 14/07/2015

Christian Casper,

Imaginez la situation :

Votre appartement(maison) est en feu. A l’intérieure dans les flammes il reste votre femme et votre belle-mère. Mais vous pouvez sauver seulement qu'une d'elle...

Quelle sera votre action ? Aller au cinéma ou aller diner au resto du coin ?

* J'ai ma petite idée sur la réponse

Écrit par : ANNA | 15/07/2015

Après quatre mois et demie passés en Grèce, l'accueil a été excellent, aussi bien qu'en Afrique et d'autres pays même musulmans de l'époque. Encore faut-il aller vers les autres sans à priori.

Comme partout il y a des imbéciles et des voleurs.

L'idéal de vie en Europe, sera celui que les gens imposeront aux dirigeants. Ceux-ci n'ont pas été élus pour cette Europe de princes et de vendus, voire de détraqués fous des dieux et des prophètes. Ils me rappellent un dénommé Morsi en Egypte qui une fois élu, à voulu imposer la charia et faire le contraire des attentes du peuple.

Écrit par : monseigneur | 15/07/2015

Oui, Hélène,
La pratique est ancienne et très répandue. A Kiev elle prend un relief particulier à cause du contexte et parce qu'elle est sans habillage habituel.
Dans nos partis politiques ici, on appelle cela candidature de traverse: barrer la route à quelqu'un, purger (nettoyer les trop purs et les impurs), démission forcée ou volontaire... La langue de bois possède son vocabulaire et sa sémantique.
Le programme de tutelle des gouvernements élus mis en place il y a vingt ans poursuit sa route et ses conquête sur le continent européen. En Suisse, après les grandes institutions privées et mixtes, il commence par le bas, canton après canton, par la prise de contrôle des administrations publiques. L'étude des embauches, des attributions et des rémunérations le montre clairement. Je n'entre pas dans le débat sur l'expropriation en douce du patrimoine administratif, mais le processus est le même.

la conversion de l'Ouest de l'Ukraine en colonie américaine est en train de se faire sans fard ni manières - que Mme Merkel à qui on a ravi cette convoitise le démente - à commencer par Odessa qui deviendra, selon les dernières nouvelles, une base de l'OTAN, force installation en cours à l'instar de la police Kievienne, actuellement en formation, est logée, nourrie, blanchie et payée par Washington. Elle est appelée à se déployer dans tout le pays sous son ancienne appellation SBU; les uniformes sont californiens, les dames en shorts pour l'été. C'est du reste très cool pour les yeux. Mais attention! Ils sont tous lourdement armés et sont autorisés à tirer sans sommation.

Ukraine et Grèce.
Mourir à la Porte de l'Union Européenne
ou Mourir pour l'Euro?

Il faut tenir compte que ces deux pays ont été des espaces d'occupations successives par des ethnies et civilisations différentes au cours de plusieurs siècles jusqu'à récemment. Ils n'ont, malheureusement pas eu le temps ni les conditions favorables pour se stabiliser et devenir de vraies "Etats". Tous les deux se cherchent une identité et un ancrage. Pour cela, ils ont besoin d'un symbole durablement fort et rassembleur, quelque chose qui fait du peuple, hétérogène et hétéroclite, une seule pièce, une force de frappe et de production. On en est loin.

Pour l'Ukraine, on peut dire que c'est l'échec, elle qui a fait le choix de la force et du symbole suprémaciste. N'ayant pas les moyens de ses ambitions. Néanmoins, elle s'y identifie. Elle s'accrochera aux offres qu'on veut bien lui faire - déjà pour sa survie - offres qui ne sont pas gratuites, elles vont l'aliéner profondément et durablement.
Résultat: on va s'occuper de son éducation, de sa culture, de son idéologie et on lui dit: on veille à sa sécurité (armée et police) à son développement (oppression ou coercition, conditionnement et asservissement) à son économie (confiscation ou expropriation, pillage et détournement).
L'Ukraine n'avait cessé de récriminer la Russie pour son intégrité territoriale mais elle ne s'aperçoit pas que tout son territoire est sous occupation américaine et de l'OTAN.
L'Ukraine, se rend-elle compte que son intégrité (si elle en avait une), est en train de se pulvériser à travers les petites conflagrations internes et quotidiennes causées par des règlements de comptes entre oligarques et notables corrompus et la course guerrière aux nouveaux privilèges car les postes importants sont désormais nommés par le pouvoir central lui-même appointé et aux ordres...

La Grèce,
dans sa recherche d'identité, elle a choisi le symbole de la dignité et de la fierté. Elle a fait de la démocratie, le cœur et la cause de sa souveraineté et non pas le contraire et comme moyen d'UNE démocratie. N'en ayant pas, elle non plus, les moyens, confrontée elle aussi à son oligarchie, elle a cependant opté pour une voie pacifique en adoptant l'euro.

L'Euro Civilisationnel. L'"Euro identitaire"
a permis à son peuple de s'assimiler aux occidentaux. Les grecs voient en l'euro l'emblème de l'ouverture, de l'égalité et de la solidarité. l'emblème des républiques réussies. Donc, à travers l'euro, ils sont persuadés que les écarts vertigineux entre riches et pauvres s'estomperaient en quoi leur société serait plus lisse. Un lifting pacifique! Voilà comment je m'explique l'attachement populaire des Grecs à cette monnaie.
L'euro a donné l'impression d'avoir marqué un un pas de plus vers la modernité et vers les autres pays de l'Union. Certains, sincères, aspiraient au partage réciproque tandis que pour d'autres, c'était le moyen décisif pour se hisser su niveau de leurs voisins par le fait de siéger au parlement européen, à leur côté. Histoire de se sentir plus européens et que leur gouvernement exprime une voix égale à celle des autres gouvernements tant respectés et familiers dans la haute élite européenne resserrée autour de l'euro: relever leur pays au niveau de l'Europe: une confusion, un rêve. Pas un projet.

Pour les deux pays, l'attachement à l'Union Européenne est affectif, comme si d'être des Européens du Continent ne suffisait pas.
C'est dont une question très idéologique dont ceux qui en ont pris le leadership n'ont pas mesuré les effets alchimiques opérés sur les consciences populaires aux rêves individuels, si bien qu'on en perd le fil du rationnel et des réalités qui, elles, restent inchangées donc douloureusement contrastées.

Quand Iatseniouk dit "on s'occupe trop de la Grèce et pas assez de l'Ukraine", le pauvre et dangereux diable vient de trahir la vraie nature de ses visées personnelles: parasite pour son propre peuple et pour tous les autres auxquels on n'a pas demandé l'avis pour financer l'agression et l'occupation de son pays.
Son égo est tellement envahissant qu'il en oublie tous les crimes.
C'est acéphalie et psychopathie conjuguée.

De même, continuera le peuple grec de compter sur Tsipras dont on a peu parlé à l'issue de ce terrifiant accord avec l'eurogroupe.
On peut refaire incessamment le pointage de toutes les horreurs de la Troïka - il semble pourtant largement entendu qu'elle est la prédation personnifiés - mais parlons aussi de l'homme qui par sa seule signature a vendu à l'encan son pays et le futur des prochaines générations, comme si la victoire du référendum populaire contre l'austérité à plus de 61% était une hallucination, une vue de l'esprit qui n'a jamais existé.
Quelle violence!

Tsipras aurait dû revenir devant le peuple exposer l'escalade européenne ou démissionner et non pas capituler. le peuple n'a jamais demandé qu'il capitule.
Incroyable!
Tsipras s'est carrément couché.

Bien sûr, de l'extérieur, on a une envie irrépressible de condamner ces hommes et ces trahisons. Mais faisons tout de même appel à la raison, qu'elle examine ce que nous avons oublié de prendre en compte: le manque de maturité politique de ces deux personnalités, leur primauté pour des symboles, la présomption de leurs capacités propres à lutter et à résister surtout à leur hypersensibilité à l'europhilie, subsidiairement à l'occidentalisme.
Ceci me fait dire que je soupçonne ces deux leader de se sentir tellement Orientaux pour vouloir à ce point faire la démonstration du contraire, se rapprocher de l'Occident et se naturaliser auprès des institutions de l'UE. Qu'ils l'aient voulu ou non, ils symbolisent les aspirations profondes de leur peuple respectif, jamais mises publiquement en évidence.

Écrit par : Beatrix | 15/07/2015

La grosse perturbation a deux ans de retard, mais elle existe, elle va arriver avec violence.

Les grècs vont devoir changer leur mentalité de salariés, évitant l'impôt en demandant plus de social. La clé de la réussite c'est le tourisme et les entreprises. Entreprendre demande une autre éducation, une autre mentalité. C'est le problème de l'Occident. L'Occident est un marché de plusieurs centaines de millions d'individus. Pourquoi aller investir coûte que coûte en Iran ou les interdits religieux empêchent toute progression? La Grèce, la Tunisie, l'Europe sont des pays beaucoup plus jolis et diversifiés....

Les élites ont le cerveau creux, drogués par l'argent et les monarchies.

.../...

"Les élites se servent de la Grèce pour faire diversion du vrai problème mondial, qui est, évidemment, une économie américaine virtuellement en faillite.

Durant cette crise, la manipulation du prix de l’or à la baisse s’est poursuivie. Pendant ce temps, le Bitcoin a reflété cette crise en grimpant de 50%, depuis le début du mois de juin. Le Bitcoin n’est « qu’une » monnaie électronique alternative, tandis que l’or physique constitue une monnaie véritable, voire la seule forme de préservation de richesse. Nous approchons de la fin de cette manipulation de l’or et d’une explosion à la hausse de son prix. L’an prochain, à pareille date, il est probable que l’or reflétera véritablement cette crise majeure dans laquelle le monde est en train de plonger."

https://www.goldbroker.fr/actualites/elites-conduisent-grece-monde-vers-perdition-816

Remerciements à Egon von Greyerz.

Écrit par : Pierre NOËL | 15/07/2015

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