26/07/2015

La haine, politique de croissance?

europe_et_zeus_2.jpg

Les détracteurs de la Grèce y vont bon train pour juger un pays dont on se demande bien ce qu'ils en savent ou en ont compris.

Plusieurs sites se sont satisfaits de relayer le point de vue d'Edmond About, mishellène notoire et auteur d'un ouvrage intitulé La Grèce contemporaine. 

Paru en 1854, il sert de référence opportune à qui le veut bien pour montrer que la Grèce ne serait qu'un pays de profiteurs sinon de voleurs ou pis encore.

Boulevard Volaire, Le Monde, L'ObsRue89 en citent de larges extraits évidemment choisis. Car les passages décrivant le système mis en place par les puissances de l'époque pour profiter elles-mêmes des crédits alloués à la Grèce sont soigneusement omis par leurs émérites journalistes.

Le cadre ainsi posé, les commentateurs s'en donnent à coeur joie pour distiller leur venin et égrener leurs certitudes ainsi référencées.

En réaction à cette déferlante haineuse -qui ne date toutefois pas d'hier- Michel Bouillet avait publié, en 2012, un ouvrage intitulé Non! Les Grecs ne sont ni des voleurs ni des menteurs.

L'auteur y explique comment le levier de l'emprunt a toujours été utilisé pour infléchir la politique grecque à l'avantage des Puissances.

Le contribuable Bonnal de Boulevard Voltaire a dès lors et en effet de quoi s'inquiéter.

Car loin du romantisme de quelques philhellènes du XIXe siècle dont il conclut dans son article, qu'il coûte toujours cher au contribuable, les méthodes appliquées par leurs contemporains banquiers ont trouvé leurs émules aujourd'hui.

 

 

Commentaires

La tarte à la crème éternelle des Grecs vivant au-dessus de leurs moyens, permet aux politiques et à leurs perroquets médiatiques d'occulter totalement le fait que ceux qui se sont gavés et vont encore se gaver sur le dos du peuple grec sont les banquiers milliardaires que vous ne verrez jamais dans les merdias, mais qui sont les marionnettistes et les bénéficiaires de toutes ces manoeuvres. La "crise grecque" ou le capitalisme dans toute sa splendeur avec son cortège de misère et de souffrances pour le plus grand nombre, et pendant ce temps les milliardaires grecs et l'église orthodoxe dépensent sans compter.

Écrit par : Gabor Fonyodi | 26/07/2015

Monsieur Fonyodi,

L'Eglise orthodoxe vient surtout au secours de la misère qui gagne de plus en plus le pays et de la famine qui tue.

Lui imputer tous les de torts ou presque est aller trop vite en besogne.

Il faut lire l'Histoire de la Grèce pour comprendre ce que son église signifie et quel rôle elle joue en dehors de celui que nos médias se plaisent à lui prêter.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 26/07/2015

Il ne s'agit pas de savoir si tel ou tel est mishellène ou philhellène, mais de s'interroger et de décider si la mentalité, les usages, les codes etc., considérés globalement, de la Grèce contemporaine sont compatibles avec le fonctionnement d'une monnaie unique partagée par les pays-membres de la zone euro.
Cela dit, la façon de vivre des grecs est tout à fait légitime.

Écrit par : Christian Casper | 26/07/2015

Bonjour Madame Favre, je savais que j'aurais droit à des réactions. Je précise: il semble que l'Eglise orthodoxe ne paye pas un centime d'impôt, alors qu'elle serait le plus grand propriétaire terrien de la Grèce...tout ça au conditionnel...mais si c'est vrai, ça fait quand même réfléchir.

Écrit par : Gabor Fonyodi | 26/07/2015

Monsieur Fonyodi,

L'Eglise orthodoxe verse des impôts selon des critères qui ne sont pas forcément ceux de l'Occident. Cela dit et pour se faire une véritable idée de la relation qu'entretiennent Eglise et Etat en Grèce, il faut se tourner vers les spécialistes que nos journalistes ne se précipitent pas d'inviter à s'exprimer...

Il y a une réelle méconnaissance de l'Histoire de la Grèce, non seulement du temps des Ottomans mais depuis sa lutte pour l'indépendance.

S'en instruire permet de lutter contre bien des stéréotypes véhiculés autant par certains philhellènes que par les mishellènes de service.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 26/07/2015

Coup de projecteur sur ce beau pays qu'on dépèce :

http://lesakerfrancophone.net/les-panzer-des-banques-allemandes-ecrasent-la-grece-washington-grimace/

Écrit par : Michel Mottet | 26/07/2015

Christian Casper,

C'est aux financiers intéressés par la Grèce que vous devriez poser votre question.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 26/07/2015

Et pendant ce temps-là, la FINMA détruit la place financière Suisse.
Dites merci aux Britanniques et aux Allemands qui font comme toujours du bon boulot ici et ailleurs.. Le vrai problème des Grecs n'est rien d'autre que les richesses qui restent encore dans son sous-sol, et la vraie question, est de savoir qui exploitera tout cela, visiblement pas les Grecs...
Une idée, question pour un lampion ?

Écrit par : f...... | 27/07/2015

"il semble que l'Eglise orthodoxe ne paye pas un centime d'impôt, alors qu'elle serait le plus grand propriétaire terrien de la Grèce."
En général, posséder ce genre de patrimoine coûte de l'argent et n'en rapporte pas. Regardez le prix des châteaux en France. Je connais un magnifique "palacio" en Navarre racheté un euro symbolique par un Allemand sous condition d'y faire des travaux de réhabilitation. Il n'a rien fait, et cela depuis des années. Il existe un site sur les châteaux abandonnés en Europe...

Écrit par : Géo | 27/07/2015

Si tu n'arrives pas à entretenir ton patrimoine tu le vends! Quand j'aurai deux minutes de disponibles, je vais pleurer sur le sort des châtelains ou sur l'or du Vatican. Qu'arrive à un particulier, si il ne paye pas ses impôts sur l'immobilier? On le lui saisit! Alors pourquoi une église serait-elle dispensée, parce qu'elle n'arrive pas à entretenir ce qu'elle d'ailleurs n'a jamais dû payer un centime comme en pays catholique (payée par les gogols de croyants)! Pendant que nous crevons à payer des impôts pour entretenir des boat people, des entreprises qui en sont exemptés pendant 10 ans ou des milliardaires qui paient un forfait, comme Schumacher qui avait gagné une année 100 millions et a payé 350 milles balles d'impôts (chiffres véridiques que je tiens de première main), je ne vois pas au nom de quelle logique, qui que ce soit en soit exempté!

Écrit par : Gabor Fonyodi | 27/07/2015

"Si tu n'arrives pas à entretenir ton patrimoine tu le vends!" La preuve une fois de plus que Gabor Fonyodi ne sait pas lire...
Tu le vends 1 Euro ? Combien de châteaux abandonnés en France, en Espagne ? De villages entiers ?

Écrit par : Géo | 27/07/2015

Madame,

Votre billet prend toute sa saveur lorsque l'on lit ce dont la presse se fait l'écho il y a quelques instants: "Le plan B fou qui devait sauver la Grèce". Si l'on ne peut se livrer à de hâtives généralisations ("Les Grecs ne sont ni des voleurs ni des menteurs"), force est cependant de constater que le doute est permis.

Écrit par : Nicolas | 27/07/2015

@Géo

On voit que l'on a des "intellectuels" parmi nous, qui savent lire, mais par contre utilisent leur cerveau que pour ça...

Moi, que les gens abandonnent leur châteaux et des autres biens du même ordre, ce n'est pas mon problème, j'en ai pas. A chacun sa m...! Pendant que les vieux font les poubelles et mangent des boîtes à chats, je me désintéresse des problèmes des riches et des anciens riches! Un jour ils avaient assez de fric, soit pour acheter ce genre de bien ou l'hériter, voir un peuple obligé leur a "offert" ce bien. Les aristocrates ont fait bosser les serfs pour s'offrir ces châteaux sans rien faire! Alors la roue a tourné, et aujourd'hui ils sont en bas de l'échelle. Ils font comme tout le monde...comme disait Coluche sur les rapports entre pauvres et riches: "Dis moi ce qui te manque et je t'expliquerai comment t'en passer!"

Écrit par : Gabor Fonyodi | 27/07/2015

La croissance pour qui?
Un élément important de réponse

http://www.gipri.ch/wp-content/uploads/2015/07/Panzerfinanz-et-dette-grecque.pdf

La haine des peuples pour des profits sans obstacles.
Serons nous les Grecs de demain?

Tous les peuples privés d'états deviendrons tributaires de ce que l'"Eligarchie" mondiale sera censée leur laisser. Serions nous des moineaux survivant de retombées de miettes éparpillées par le vent de la négligence.
Dans ce cas, Tsipras venait de priver son peuple de son état (dont il a été élu représentant) en facilitant le "Coup d'Etat" par son auto-décapitation assortie de conditions pires que les précédentes.
Les actions successives de Tsipras avec le référendum populaire, sont autant inadmissibles qu’inouïes qu'elles mériteraient un examen juridique - pour peu qu'un simple citoyen grec s'en saisisse - sur la question législative et constitutionnelle de la Grèce et sur celle du droit international: quelle cohérence? Quelle légalité et quelle légitimité?
Les Grecs avaient et ont le droit de révoquer la nouvelle mouture du mémorandum ainsi que la signature de leur Premier Ministre. Le parlement n'aurait jamais dû entrer en matière. Son vote pourrait obtenir son annulation).


Nos jugements qui manquent d'informations et de données cruciales ne peuvent qu'être moraux.

Peuple sans protection!
Liliane Held-Khawam, elle, parle de dissolution de toutes les autorités nationales.

https://lilianeheldkhawam.wordpress.com/la-dissolution-des-etats/

Le démantèlement des états, un processus qui finira par abattre leurs dernières protections. L'Oligarchie aura les mains libres pour dompter les peuples. L'Eligarchie ( minorité des élites au sommet du monde) sera, elle, affectée au domptage des pantins à la tête des états (occidentaux). TTIP ou TAFTA consacrerons la fin des autres nations de l'Union Européenne et la naissance des peuples anonymes, sans identité, exploitables, jetables et oubliables.
Certains gauchistes romantiques avaient rêvé, il y a vingt ans, d'une gouvernance mondiale comme étant l'expression décisive d'ouverture vers les autres, la voilà qui se manifeste dans des formes peu attendues ni souhaitées mais que les contours laissent entrevoir depuis 2001 les tragiques conséquences comme en Grèce ou en Ukraine après le cas latino-américain des années 1970-2000 et du Moyen orient des années 90-2015.

Le capitalisme doublé de néo-libéralisme ne reconnait rien d'autre que lui-même. Il répugne à être concurrencé, lorsque c'est la cas, il fait subir aux peuples ses violences. C'est viscéral et systémique chez lui.
Son arme préféré, la corruption passive, active et proactive.
Ses moyens: les institutions internationales et les ONG internationales associées et inféodées aux programmes d'exercices et de répétitions de guerre idéologiques d'abord, aux travaux pratiques dit humanitaires au coeur des guerres réelles ensuite.

Un petit cahier d'une quarantaine de pages de Gabriel Galice vaut réflexion sur notre propre société suisse, notamment sur le thème du démantèlement des états. Nous y sommes déjà avec la BNS ancrée à l'euro fonctionnant en condominium avec la BCE depuis la création de l'€uro et qui aspire la Suisse vers l'Union Européenne dans ce qu'elle a de plus négatif. C'est le magnétisme de l'autodestruction qui fascine nos milieux d'affaires et leur suppôts, des intellectuels technocratisés et financiarisés au pouvoir transformés en agents de propagande.

Curieux. Culture, miroir de notre société, ne nous revoie pas les même images et les même messages à tous.


http://www.gipri.ch/wp-content/uploads/2015/07/Les-empires-en-territoires-et-r%C3%A9seaux-draft-E.pdf

Écrit par : Beatrix | 27/07/2015

Hélène Richard-Favre,

Mon propos ne concerne pas les seuls financiers.
Mais votre remarque est révélatrice…

Écrit par : Christian Casper | 27/07/2015

Les commentaires sont fermés.