22/08/2015

"Le mandat que j'ai reçu le 25 janvier a atteint ses limites"

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Ainsi s'est exprimé Alexis Tsipras, ce 20 août.

Le peuple grec est fier et a de quoi. Son Histoire est loin d'être ordinaire et ferait bien d'intéresser toutes celles et ceux qui s'empressent de se pencher sur le sort de la Grèce quand ils ne délivrent pas leurs conseils sinon leurs jugements.

Aller sur place pour se rendre compte de ce que vivent les Grecs est ce qu'a fait Michael Wyler et bien lui en a pris. La description qu'il donne de la situation telle qu'elle lui est apparue ne manque pas d'intérêt.

C'est juste que l'appel à l'aide lancé en conclusion de son sujet laisse perplexe.

Le respect à apporter aux Grecs ne serait-il pas préférable à toute attention telle qu'elle est formulée par Monsieur Wyler?

Mais peut-être est-ce trop demander, dans ce cas, aux Grecs de disposer de tant de bienveillance.

https://www.hebdo.ch/les-blogs/wyler-michael-post-scriptu...

 

14:06 Publié dans Air du temps, Avaries, Grèce, Histoire, Politique, Pouvoirs, Pratiques, Union Européenne | Tags : grèce, tsipras, ue | Lien permanent | Commentaires (34) | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

Double jeu!

Écrit par : xénia | 22/08/2015

Une éclairage distancié , calme et sans "émotionnel" , par Alain Badiou (philosophe), pour souligner quelques maladresses



En juillet, au lendemain du non au référendum grec, le philosophe Alain Badiou espérait, dans «Libération» qu’une nouvelle séquence s’ouvrirait. Quelques heures avant la démission d’Aléxis Tsípras, il déplorait que cette occasion politique «unique» ait été manquée par le Premier ministre grec et ses conseillers.

1 On avait cru comprendre que Syriza, vainqueur des élections en Grèce, avait pour mot d’ordre un vigoureux «non» à l’austérité ; qu’il allait donc refuser catégoriquement toutes les conditions antisociales, régressives, portant atteinte aux principes les plus élémentaires de l’aspiration à l’égalité et à une vie populaire acceptable, dont les autorités financières diverses et leur couverture européenne faisaient la condition de leurs prêts. Beaucoup se réjouissaient alors de la possibilité qu’émerge, en Europe, une orientation politique enfin absolument différente du consensus réactionnaire dans lequel tous les Etats, depuis trente ans, maintiennent leurs opinions publiques, de gré ou de force.

2 Bien entendu, on pouvait déjà trouver bien des arguments pour modérer cette espérance. Ne serait-ce que ce mot très malheureux, «austérité», qui laissait entendre qu’on pourrait avoir son contraire (qui est quoi ? le «bien-être» ?) sans changer grand-chose. Alors que tout semblait indiquer que les adversaires, les gens au pouvoir et leurs commanditaires de l’économie sauvage mondialisée, n’avaient pas la moindre intention de changer quoi que ce soit, et entendaient même consolider et aggraver la tendance dominante dont ils sont les gestionnaires et les profiteurs. On remarquait aussi le péril que représentait l’acceptation, pour parvenir au pouvoir, de règles immuables : élections, majorités incertaines, peu de contrôle sur l’appareil d’Etat, encore moins sur les puissances financières, tentation organisée du compromis corrupteur, bref, une marge de manœuvre très étroite. Et enfin on voyait que Syriza n’entretenait pas vraiment, avec la masse des gens, des liens politiques étroits et organisés : son succès était un succès d’opinion, versatile par définition, et surtout incontrôlé, sans garantie contre l’assaut, interne comme externe, des opportunismes pour lesquels parvenir au pouvoir et y rester est la seule règle. Pour toutes ces raisons, j’appartenais au camp des sceptiques.

3 Je dois avouer qu’autant les cinq mois de «négociations», sans que le gouvernement Tsípras prenne quelque initiative spectaculaire que ce soit, étaient décourageants et donnaient raison à mon pessimisme argumenté, autant la décision de recourir au référendum et plus encore son excellent résultat (un «non» franc et massif aux créanciers) pouvaient être interprétés comme ce qui allait ouvrir, enfin, une séquence politique absolument nouvelle. Il semblait qu’une véritable aventure soit à l’ordre du jour, dans une dialectique retrouvée entre l’Etat et son peuple. J’ai témoigné dans ces colonnes de cette espérance (1).

4 Nous pouvons dire qu’il n’en était rien, et que notre jugement a été trompé.

5 Qu’imaginait-on, semble-t-il à tort, qu’il puisse se passer ? Eh bien, tout simplement, que le gouvernement grec et qu’Aléxis Tsípras définissent une nouvelle étape de leur politique, en décidant de tirer les conséquences du référendum et de lui seul. Ce qui revenait à dire : il y a désormais un mandat populaire impératif pour refuser, catégoriquement - et conformément du reste au noyau dur du programme de Syriza - les mesures demandées par les créanciers. Et cela devait être dit, non seulement sans déclarer que la Grèce quittait l’Europe, mais, tout au contraire, en déclarant explicitement et fortement qu’elle restait dans l’Europe - comme le veulent la majorité des Grecs. Et que les décisions grecques à venir, prises par l’Etat sous l’autorité et la surveillance d’un peuple mobilisé, donneraient, à tous les peuples et à tous les gouvernements, l’exemple d’une nouvelle et libre manière d’être dans l’Europe.

6 Il était, dans la foulée du référendum, possible de renvoyer la balle dans le camp des eurocrates, en ces termes : nous sommes dans l’Europe et dans l’euro, mais nous sommes mandatés par notre peuple pour un refus catégorique de vos conditions. Il faut reprendre la négociation sans répéter la grave erreur de ces conditions, lesquelles, le référendum le montre, travaillent contre l’Europe des peuples et non pour elle. Cela devait faire l’objet d’une déclaration solennelle le soir du référendum, en soulignant avec force les trois points : aucun refus de l’Europe, aucune acceptation des conditions posées pour payer des dettes économiquement injustifiées et impayables, un nouveau chemin ouvert à tous pour une Europe des peuples et non des banques.

7 Une politique n’existe que si on substitue, au problème posé par l’adversaire, un problème différent. L’adversaire dit : ou bien vous m’obéissez, ou bien vous quittez l’Europe. C’est lui et lui seul qui constitue et brandit le Grexit. Le gouvernement grec ne doit aucunement répondre en jouant la même pièce de théâtre que celle des Européens, avec la méchante maman allemande, le gentil mais timide papa français et le mauvais petit gamin grec, pièce de théâtre dans laquelle, hélas, il semble que Tsípras se soit en définitive installé. Pourquoi ne pas répondre inlassablement : «le Grexit n’est pas dans notre horizon. Il n’en est pas question. Notre problème est : ou vous changez vos conditions après négociation, ou nous inaugurons, dans l’Europe, dont vous n’avez aucun moyen de nous exclure, et en assumant toutes les conséquences, une autre façon de traiter la crise, autre façon à laquelle nous proposons que se rallient tous les gouvernements s’il y en a qui en sont capables, et toutes les forces politiques disponibles dans l’Europe tout entière» ?

8 Autrement dit ; il n’y avait peut-être pas, quant à la question monétaire, de plan B immédiatement praticable (et encore, ce n’est pas du tout certain), mais il y avait, et il fallait le porter sans faiblir, un problème politique B, irréductible au problème «vous acceptez, ou c’est le Grexit !». Telle n’a pas été l’attitude de Tsípras et du groupe qui le conseille et le soutient. Ils ont accepté de jouer le rôle de l’élève capricieux, mais qui fera des progrès, dans la pièce de théâtre montée par le sérail capitaliste européen. Ils se sont, lentement mais sûrement, installés dans les termes du problème adverse, et ils continuent jour après jour à le faire, uniquement pour faire croire qu’il est bon qu’ils soient au pouvoir plutôt que les autres partis grecs (autres partis avec lesquels ils vont gouverner bientôt !). En réalité, si les choses sont comme ils disent eux-mêmes qu’elles sont, partir serait plus digne, et préparerait infiniment mieux l’avenir. Ce genre de capitulation est pire que la complaisance molle et abjecte des gouvernements antérieurs, parce qu’elle affaiblit un peu plus l’idée, déjà très malade en Europe, d’une véritable indépendance politique, et cela pour des gains insignifiants, voire même au prix d’une sensible aggravation de la situation populaire.

9 Dans toute cette affaire, le référendum, et lui seul, créait une situation que je dirais pré-événementielle. Le gouvernement en appelait au peuple. Le peuple répondait positivement, et attendait que le gouvernement réponde à sa réponse dans le registre de l’acte. C’était un moment unique. Aléxis Tsípras a «répondu» en disant… qu’il continuait à faire comme avant. Il a refusé toute pertinence, dans le registre de la décision politique, à cela même qu’il avait organisé. Ce qu’on peut dire d’une telle attitude n’est pas même une question de droite ou de gauche : Tsípras et ses conseillers se sont montrés incapables de faire ce qu’ont pu faire, je ne parle même pas des grands révolutionnaires, mais des conservateurs comme de Gaulle ou Churchill. Ils n’ont pas voulu ou pu prendre - ce qui est rare, c’est vrai - une décision politique véritable : celle qui crée une possibilité neuve, dont il va falloir explorer les conséquences, en mobilisant pour ce faire, bien au-delà des seules autorités politiques, tous ceux qui sont saisis par l’urgence de l’acte. Ils n’ont pas adopté envers les bureaucrates européens le style de Mirabeau et des députés du tiers état en 1789, sommés par le roi de se disperser : «Nous sommes comme vous dans l’Europe et l’euro. Contrairement à vous, nous sommes porteurs, par la volonté du peuple, d’une autre vision et de l’Europe et de l’euro. Si vous voulez le Grexit, dites-le clairement, et essayez donc de nous l’infliger par la force !».

10 Bref : la faute, à mes yeux, de Tsípras et de son groupe est, tout simplement, de n’avoir pas fait de politique quand, miraculeusement, et peut-être pendant quelques heures (le soir du référendum ?) il dépendait d’eux d’en faire. Après ce manquement, je crains que nous retournions au micmac ordinaire : la Grèce ne signifiera plus rien pour personne, elle paiera ce qu’elle peut, les gens seront un peu plus démoralisés et misérables, et on oubliera tout cet épisode dans le grand chambardement du capital planétaire.

11 S’il y a un enseignement des grands moments de l’histoire, c’est que l’occasion politique est rare, et qu’elle ne revient pas. Depuis le XIXe siècle, on peut dire que la social-démocratie se définit ainsi : ne jamais saisir en acte l’occasion rare de faire exister une possibilité politique neuve. Mais au contraire, travailler avec acharnement à faire comme si cette occasion n’avait jamais existé. Aléxis Tsípras et son équipe gouvernementale sont-ils les nouveaux sociaux-démocrates, dont le capitalo-parlementarisme a grand besoin, vu la vilenie constante et fatiguée des anciens ? Si c’est le cas, si c’est tout simplement, pour l’ordre établi et pour sa garde à gauche, l’heure parlementaire de la relève, n’en parlons plus. Si de nouvelles péripéties, incluant la structuration et la montée en puissance de la fraction de Syriza opposée au cours actuel des choses, montrent que la recherche d’une nouvelle voie politique à échelle de l’Europe, voire du monde, est encore vivante en Grèce, nous nous en réjouirons sans arrière-pensées.

Écrit par : Jocegaly | 22/08/2015

... le texte de ce Mr Wyler n'est qu'une aimable promenade touristique et superficielle sur le lieu d'un désastre.

Écrit par : Jocegaly | 22/08/2015

Jocelyne,

L"l'éclairage" d'Alain Badiou que vous estimez "sans émotionnel" n'en est de loin pas dénué.
S'y ajoute un cartésianisme bon enfant qui laisse entendre que s'imposer aux représentants de la finance relèverait d'un acte politique qui aurait échappé à Alexis Tsipras.

Non seulement cet "éclairage" d'Alain Badiou n'apporte pas grand chose d'original sinon rien de déjà lu et entendu mais il dénote un angélisme qui honore peut-être Alain Badiou mais rend son approche par trop limitée sinon limite.

Quant au propos de Michael Wyler, il apporte certainement davantage que ce que raconte Alain Badiou par le réalisme de situations qu'il évoque.

Seule sa conclusion apparaît par trop condescendante.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 22/08/2015

Finalement, toutes ces pleurnicheries me semblent bien futiles. Les misères des grecs sont dues aux mêmes salopards que ceux qui organisent le déferlement de boat-people en Europe. Soit que les peuples sont intéressés à découvrir qui sont les marionnettistes et les neutraliser définitivement, soit on a pas fini d'en baver, tous autant que nous sommes!

Écrit par : Gabor Fonyodi | 22/08/2015

Comment ne pas partager le pont de vue exprimé juste ci-dessus par Gabor Fonyodi?!

"Misères des grecs dues aux mêmes salopards que ceux qui organisent le déferlement de boat-people en Europe."

Découvrir "qui sont les marionnettistes et les neutraliser."
Soit! mais vu d'une part l'opacité mondiale régnant et de l'autre la puissance infernale des marionnettistes, comment, quoi faire?

Comment s'y prendre... sans se faire avoir pire encore que tout ce que connu et vécu par la plupart aujourd'hui?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 23/08/2015

Michael Wyler est un égocentrique radoteur. Sa promenade touristique en Grèce de l'avant-après Tsipras est un ramassis de clichés pris par un nati dans un pays en voie de développement.

Quant à Tsipras, il a évidemment bien fait de démissionner car cela forcera les grecs à avaler quelques couleuvres supplémentaires, en plus de vider un peu plus les caisses de leurs pays.

Et ça ne changera rien aux misères d'un peuple trahi par tous ses dirigeants de ces dernières années, Tsipras compris.

Écrit par : Déblogueur | 23/08/2015

Pour abattre la Bête immonde qui se déchaîne sans limites plus aucune, il s'agit de gagner la course de vitesse entre l'abrutissement et l'éclairage des consciences. En effet, les forces satanistes en action ont besoin que les gens ignorent jusqu'à leur existence, voire, si elles sont dévoilées il s'agit d'abrutir les citoyens ou ridiculiser les opposants au moyen des merdias et des journalistes aux ordres! Vous remarquerez, pour ceux qui s'intéressent à comprendre l'agenda caché du Nouvel Ordre Mondial et ceux qui se tiennent derrière, c'est à dire les Illuminati, qu'il y a de plus en plus d'infos qui circulent que ça soit sur le net ou dans des livres qui paraissent, sur les faits cachés qui éclairent d'une lumière crue l'action de forces inconnues jusque là et les buts cachés poursuivis! Un des exemples qui se déroule sous nos yeux est le cirque des boat-people. Avez-vous remarqué qu'aucun journaliste "en direct" et encore moins "d'investigation", ne pose la seule et unique bonne question à ces boat-people. A savoir, d'où proviennent les fonds de 5 à 10 mille francs par personne leur permettant de payer la traversée? Qui finance? Comment se fait-il que personne n'a jamais vu les mecs qui dirigent et encaissent, vous allez pas me dire, que nos valeureux journalistes de course, depuis 4 ans ne sont pas capables avec nos fonds d'aller trouver ces salopards corrompus??!! Rappelez-vous, que quand il s'agissait de nous bassiner avec les djihadistes-mercenaires de Daesh ou les terroristes tchétchènes ils n'avaient aucune peine à aller les contacter. Bref, c'est voulu que ça soit comme ça et c'est du foutage de gueule.
Et encore une info qui éclaire, qui est "Syriza" et son valeureux Président qui sous une apparence de victime expiatoire fait partie du Problème: http://www.lelibrepenseur.org/crise-grecque-la-verite-apparait/

Écrit par : Gabor Fonyodi | 23/08/2015

Charger Syriza et/ou Alexis Tsipras est trop simple et rapide.

La Grèce a toujours représenté un enjeu pour les grandes puissances. Son Histoire, que j'ai évoquée ici à travers divers précédents sujets, l'indique de manière évidente.

Il n'y a dès lors aucune raison que, soudain, la Grèce n'intéresse plus personne.

Et pour info, cette analyse de la manière dont il a été rendu compte de la dictature des colonels par trois grands quotidiens français: https://ceb.revues.org/1105

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 23/08/2015

Une autre excellente analyse sur Tsipras: http://www.lelibrepenseur.org/tsipras-ou-lart-de-bien-mentir-afin-de-gagner-du-temps/

On peut comparer Tsipras à Chavez, Chavez a eu à faire à plusieurs tentatives de coup d'état et de tentatives d'assassinats sur sa personne téléguidés depuis Washington avec l'aide des milliardaires vénézuéliens. Il a su y faire face. Le coup d'état militaire en Grèce était bien une possibilité, mais jamais rien n'est joué d'avance. Un peuple qui défend son Président peut sans autre faire échouer un coup d'état militaire. De plus, l'opinion internationale aurait tout de suite vu l'implication de Washington dans ce coup d'état! On est plus en 1967, ou les américano-nazis pouvaient tout coller sur le dos de la "lutte anticommuniste", ce prétexte fallacieux est grillé, il aurait fallu trouver autre chose.

Écrit par : Gabor Fonyodi | 23/08/2015

Gabor Fonyodi,

Des Grecs vous expliqueraient sans doute aussi bien - sinon mieux que n'importe quel article- comment la guerre des 6 jours, du 5 au 10 juin 1967, a justifié l'imposition des colonels quelques semaines plus tôt, le 21 avril 1967.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 23/08/2015

Oui, Gabor Fonyodi, j'avais vu passer cette information (pacte militaire greco-israélien). Je l'avais imputé à une trahison du ministre grec concerné "dans le dosq de Tsipras" . Mais à postériori, il est en effet étonnant que cela n'ait pas été dénoncé fermement...

Pour ce qui est, Hélène, de l'importance de la Grèce: il me semble (pas seulement à moi) que de nos jours , elle est réduite à ce qui préoccupe le plus la grande puissance "étazunienne" d'un point de vue géostratégique admirablement située:
- proche de la Russie et du pont qu'elle peut offrir à la Russie sur la méditerranée . Les US ont donc intérêt à couper toute possibilité d'échanges et collaboration entre Russie et Grèce. Peut-être est-ce ce qui explique l'arnaque (Goldman Sachs) qui a fait entrer la Grèce dans l'UE en trafiquant les comptes et bilans financiers.
- La Grèce est proche également d'états du MO qui intéressent depuis longtemps les maitres du pétro-dollar qui comme nous le savons sont d'acharnés pourvoyeurs en PAIX , et démocratie (c-à-d pourvoyeurs de chefs d'état non "dictateurs": soumis à la politique "civilisatrice" de Washington).
- et enfin, la Grèce possède également d'importantes ressources naturelles minières et gazière (grande nappe de gaz - ou pétrole je ne me souviens plus exactement) ..

Des attraits irrésistibles en somme. Et coup double:
L'Allemagne se sert sur le dos de la bête. Quant aux US ils ont neutralisé les échanges entamé de la Grèce avec la Russie .

Écrit par : Jocegaly | 23/08/2015

Jocelyne,

L'info de ce pacte greco-israélien, je l'avais aussi lue.

Par rapport à ce que des Grecs vous diront du régime des colonels, comme je l'ai rappelé plus haut, elle n'a donc rien de surprenant.

Cela dit, mettez-vous un seul instant à la place du désormais ex-premier ministre et demandez-vous quelle marge de manoeuvre il a avant de charger sa barque...

La Grèce a toujours représenté un espace important pour ce qu'autrefois on appelait les Puissances.

Encore une fois, (re)lire l'Histoire de la Grèce mais au-delà de celle de l'Antiquité éviterait nombre de jugements et autres propos faciles à son encontre et à l'encontre de ses gouvernants

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 23/08/2015

Le désormais vénérable mais toujours aussi peu soumis Noam Chomsky est apparu hier dans une interview reprise par Euronews et donnée dans son bureau du MIT. Il s'est notamment exprimé sur la Grèce, après un tout d'horizon incluant la question de la Russie et ses opinions déjà bien connues sur les USA. L'Europe en a aussi "pris pour son grade".
Si quelqu'un pouvait mettre cette interview en ligne, je crois que nous en profiterions tous.

Écrit par : Mère-Grand | 23/08/2015

Mère-Grand,

Serait-ce cet interview que vous évoquez dans votre précédent commentaire?

http://fr.euronews.com/2015/04/17/noam-chomsky-l-interview-qui-denonce-l-occident/

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 23/08/2015

Hélène,
effectivement, tout comme vous je pense que l'histoire se prolonge, se ramifie - quand elle ne "bégaie" pas. mais c'est justement là que se détectent les enjeux sous-jacents (qui sont- si souvent - les non dit, cachés sous le tapis parfois pendant des décennies).

Pour ce qui est de Tsipras , et connaissant les moeurs qui n'apparaissent pas que dans les feuilletons coca cola, il est très probable que d'éventuels gêneurs, persistant dans leur résistance , risquent suicide par balle ou chute d'un 6è étage? Cela, nous le savons c'est pourquoi l'idée m'a traversée - à l'étonnante nouvelle - que Tsipras avait pu, éventuellement - mais ce n'est pas sûr ,cependant l'on peut difficilement s'empêcher d'y penser - se sentir menacé.
Pour le reste, l'analyse de la situation actuelle est problématique pour les pays pris dans la nasse de cette UE made in USA avec l'aide des Monnet- Schumann, et de leurs successeurs.

Écrit par : Jocegaly | 23/08/2015

Comme le dit le dicton:"c'est au pied du mur qu'on voit le maçon"! Ca va être le cas de Tsipras, il n'y aura pas besoin d'attendre bien longtemps pour voir, qui voulait quoi et surtout pourquoi!

Écrit par : Gabor Fonyodi | 23/08/2015

Oui, Hélène, Mère grand, je n'ai rien trouvé d'autre.
Mais comme nous en sommes à un échange sur des bases de réflexion, je partage cet entretien avec Marie France Garaud - une dame qui a gardé sa belle lucidité et sa combattivité - le 20/8/15
Son "état des lieux " est édifiant, et son analyse des enjeux des différents protagonistes particulièrement instructif .Pour les perspectives, la solution du renard (et celle de l'alpiniste ) ...

Vidéo de l'émission + balisage des moments ici : http://blogdejocelyne.canalblog.com/archives/2015/08/23/32523864.html

Écrit par : Jocegaly | 23/08/2015

... et tout récent (20/8) cet interview d'une grande femme politique française sur la France, l'Europe, les enjeux des protagonistes :


Vidéo de l'entretien + balisage : http://blogdejocelyne.canalblog.com/archives/2015/08/23/32523864.html


SOUVERAINETE

00.00 Grèce, Europe, souveraineté
04.37 reprise de souveraineté
05.20 Histoire du fédéralisme européen (idée qui vient des USA) : pour éviter les guerres, supprimer le politique et créer une organisation économique structurée en fédéralisme ... mais on fait la guerre pour la finance et l'économie
08.50 mais il y a un pays qui ne fait pas comme tous les autres : l'Allemagne...
09.55 pour être un état souverain il faut disposer de 4 pouvoirs: battre monnaie, faire les lois, rendre la justice, décider de la paix et de la guerre. Nous n'avons plus aucun de ce 4 éléments
11.30 l'affaire des Mistral et la concupiscence germanique sur la rive droite de l'Elbe... l'Ukraine et la Grèce cela part de la politique américaine
16.15 L'Allemagne, dans sa loi fondamentale : le Bundestag pout tout seul décider d'écarter "toute disposition dont l'application altèrerait le bon fonctionnement de la démocratie allemande laquelle est supérieure à la démocratie européenne" parcequ'il y a un peuple allemand, il n'y a pas de peuple européen"
Dans ces conditions, dans un ensemble fédéral, qui est le patron?... c'est celui qui peut se délier.
Autrement dit NOUS SOMMES DANS LE IVè REICH
18.00 les partis français...
19.25 il y a une majorité de la population qui veut sortir, le problème c'est de savoir comment. On peut. Il y a des moyens : ... faire voter une disposition constitutionnelle comparable à celle de l'Allemagne. Les Français sont désespérés, pensent "on n'est perdu et on n'a rien à quoi se raccrocher"
On vient de payer 4 milliards à l'UE parcequ'ont avait dépassé nos surfaces cultivées... (surfaces photographiées à la pace du cadastre qu'on a depuis 3 siècles... Est-ce qu'on était obligés de s'aligner? Non. ..; On s'est couché comme d'habitude. Et ça, les gens le ressentent dans tous les domaines....
21.13 d'où peut venir une résistance: la question est là

REPRESENTATIVITE
23.20 L'état de la représentativité- Ils sont pieds et poings liés. Il faut sortir des institutions ou les modifier ... se redonner un minimum de pouvoir réel. L'Etat français n'existe plus. Nous sommes un état membre de l'UE dont l'Allemagne est le pays dominant.
27.53 la France peut ressusciter
29.00 il faut faire quelquechose quel qu'en soit le coût. Quand un renard est pris au piège, il se mutile toujours. Il se coupe la patte. D'ailleurs des hommes le font aussi: [comme] cet alpiniste qui est tombé dans une crevasse. Il s'est coupé la cuisse au couteau... il pouvait mourir au fond du trou avec ses 2 jambes, il pouvait sortir avec une jambe: il l'a fait.
Nous sommes un peu dans cette situation là. On s'est laissé glisser... ce qui me frappe c'est la perte du sens de ce qu'est la souveraineté.
31.20 le neoud grordien c'est la reprise de souveraineté. Que répondez vous à ceux qui prônent plus d'abandon?
Tout le monde a le droit d'être aveugle, qu'ils aillent se faire naturaliser américains ou allemands.
Pour être respecté il faut pouvoir décider, c'est le seul problème! C'est le présdent de la république qui est garant de la souveraineté française, il l'a peut-être oublié de temps en temps ou même en permanence . S'il pense qu'il ne faut plus la garantir, qu"'il démissionne
33.06 MF Garaud candidate en 1981:
"Voilà les raisons pour lesquelles j'ai décidé d'être candidate , moi, une femme seule, sans parti, sans appareil.Et si je suis ici c'est que vous l'avez voulu, vous et les élus qui m'avez mandatée pour être ici car vous voulez la vérité. Eh bien je vous la promets, je vous la dirai, et ensemble au cours de cette campagne, nous la chercherons"
Je pense qu'aujourd'hui la situation est la même.
Je pense qu'il faut sortir . Il y a des méthodes directes, pas directes. Quand on a décidé quelque cose, on trouve toujours les moyens. L'Allemagne a décidé de retrouver sa souveraineté, elle l'a fait.
Si nous ont n'est pas fichus de trouver les moyens, alors on mérite ce qu'on a.
34.46 à propos de ... Juppé... Rocard...
Il y a une catégorie de gens qui s'est développée: ceux qui sont liés par un statut.
Les paysans: 20% à la fin de la guerre, des artisans, des commercants qui n'étaient pas dans un SYSTEME . Et l'dée de sortir d'un système les pétrifie. Trop de gens enserrés par des liens. Ceux qui ont créé cet état sont des gens avisés, intelligent, et qui avaient énormément de moyens : cf les mémoires de Jean Monnet. Pour lui, le politique c'est la mort . On est en train de tuer le politique et de réussir à peu près parfaitement. Tuer le politique c'est tuer l'Etat, c'est tuer la France.
Si on ne veut pas ceci il faut restaurer le politique , la volonté des citoyens, et prendre les moyens de l'exercer.
S'il n'y a pas d'homme politique capable de faire ça , il faut renoncer.
Mais je pense qu'il ne faut pas renoncer.

Écrit par : Jocegaly | 23/08/2015

"Serait-ce cet interview"
Exactement. Merci.

Écrit par : Mère-Grand | 23/08/2015

Il est curieux de constater que ce blog "bien pensant"(nous sommes en Suisse!) fasse référence à Badiou et Chomsky qui sont des penseurs d'extrême gauche très marginaux dans leur pays respectif.
Quant au papier de Wyler, il est (pour être aimable) "gentillet".
Sur le plan intérieur, deux familles ou clans, Papandréou et Karamanlis, se son succédé au pouvoir pendant des décennies en s'appuyant sur le clientélisme, la dictature des colonels ayant été un bref intermède sans réelles conséquences (sauf pour Chypre).
La Grèce moderne est entrée dans l'UE puis la zone euro parce qu'il y a eu une Grèce ancienne. Elle ne lui a rien apportée tant son économie et son modèle dit social sont obsolètes.
Sur un plan géostratégique, la Grèce a une importance modeste. Poutine suit certainement de beaucoup plus près la situation en Ukraine que celle de la Grèce.
Tsipras a de l'appétence pour l'exercice du pouvoir et manoeuvre plutôt intelligemment jusqu'à présent...

Écrit par : Christian Casper | 23/08/2015

Christian Casper,

Vous avez vraiment le sens de l'observation ou celui du comique, à choix.

Parce qu'un blog est hébergé en Suisse, "(nous sommes en Suisse!)" écrivez-vous, ce blog serait ""bien pensant"". Je mets les double "" car je vous cite qui employez vous-même les "".

A part cela et pour rappel, il y a un sujet de blog et des commentaires. Badiou et Chomsky sont évoqués en commentaires.

Quant à Michael Wyler, je pense que vous êtes loin du compte en le qualifiant de "gentillet" mais bon, si vous le pensez... Je n'ai pas l'honneur de le connaître mais si jamais l'appréciation que vous émettez de sa personne lui revenait, il y réagira s'il le souhaite.

Quant au reste de votre approche si elle en est une, du moins s'en donne-t-elle les apparences, il fallait y penser...:

"La Grèce moderne est entrée dans l'UE puis la zone euro parce qu'il y a eu une Grèce ancienne."

Parce que selon vous, entre la "Grèce moderne" de l'UE "puis de la zone euro" et la "Grèce ancienne", il y a eu un immense vide? Une absence d'Histoire? Rien qui a compté? Ah oui, celle décrite par votre référence mishellène qu'est Edmond About que vous avez cité en copié-collé d'un article paru dans Rue89/NouvelObs sur un précédent de mes sujets.

Pour le reste, votre "Sur un plan géostratégique, la Grèce a une importance modeste", il va vraiment falloir que vous nous expliquiez ce propos si ferme et assuré. Merci de nous éclairer avec quelque document ou autre dossier à l'appui, cela rendra votre assertion peut-être un peu plus crédible.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 23/08/2015

Ca n'a rien à voir, mais fait parti du complot: l'énorme opération d'enfumage en cours ou l'affaire du "Thalys", l'AK 47 qui n'a pas de chargeur (sur le film amateur passé sur A2, on le voit très clairement et d'ailleurs sur les images du policier qui emporte le fusil, celui-ci n'a pas de chargeur), "alors qu'il y en aurait 9 dans le sac à dos", le héros yankee blessé par "un coup de cutter" alors que sur A2 une balle lui aurait traversé le tronc, mais il sort de l'hôpital souriant avec le bras en écharpe, le fusil d'assaut sans chargeur (sur le film d'amateur) "enrayé après le premier coup" entendu par l'anglais, donc le mec qui a aussi un pistolet ne s'en sert pas (et d'ailleurs par chance il n'avait pas de chargeur pour le pistolet...)...Le passager aux aguets qui entend des bruits métalliques dans les wc, avec le bruit du train, c'est l'homme qui valait 3 milliards...

Écrit par : Gabor Fonyodi | 23/08/2015

Noam Chomsky est un grand penseur très bien renseigné, contrairement à quelques uns ici...et de plus si il est marginal, que penser de ceux qui en parlent...

Écrit par : Gabor Fonyodi | 23/08/2015

Gabor Fonyondi - je ne savais que penser de cet épisode assez ridicule dans un TGV . Les héros yankee m'ont également laissée bouche bée...
- je ne vois pas l'intérêt pour des terroristes (si peu de population sur place)
- par contre je vois l'intérêt pour qui veut entretenir l'angoisse dans la population française...

Écrit par : Jocegaly | 23/08/2015

Christian Casper, nous sommes en Suisse, certes, mais la TDG est lue en France également avec la participation sur ses blogs de commentatrices et commentateurs français.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 23/08/2015

Le décodage de cette belle opération d'intoxication est: regardez nos amis anglo-saxons et surtout yankees nous sauvent la vie. Alleluiah mes frères, alleluiah mes soeurs. Et les voilà déjà décorés et mondialisés grâce au premier Président mulâtre des Etats-Unis...Des sauveurs américano-nazis, un médecin juif à Lille pour soigner le blessé (Dr. Goldstein) et voilà une fable bien ficelée...et bien sûr un peuple terrorisé comme effet recherché!

Écrit par : Gabor Fonyodi | 23/08/2015

Gabor Fonyodi,

Il semblerait que le scénario n'ait pas vraiment pris, à en lire les réactions diverses.

Cela dit, merci de revenir au sujet traité ici!

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 23/08/2015

Ok!

Écrit par : Gabor Fonyodi | 23/08/2015

Merci à Xenia pour l'article d'Alain Badiou que j'ai beaucoup aimé.
Merci à Alain Badiou pour avoir mis les mots sur ce que beaucoup pensent sans oser le dire pour n'avoir pas à s'affranchir d'une certaine affection pour Tsipras.

Les petits peuples de l'Union Européenne avaient vécu dans un suspens de plusieurs mois empli à la fois d'espoirs et de malaise. Il y avait des spéculations malgré les soutiens "Au Peuple Grec" et justement à travers ces soutiens - pas une fois, à ma connaissance, les associations créées en chaîne n'ont mentionné le soutien au gouvernement de Tsipras ou à Tsipras lui-même en tant que Premier ministre: Ses déclarations et ses engagements, aux antipodes des promesses électorales de Syrisa, étaient tout simplement intenables. Tsipras avait déjà promis la trahison à moitié.

Je crois comprendre que Tsipras n'a jamais vraiment inspiré une franche confiance à ceux qui combattaient sincèrement l'hégémonie occidentale et européenne à travers la gouvernance de cette Union par l'Allemagne, ils ne voyaient pas de Tsipras, ni de la majorité des Grecs, la volonté de s'en prendre à elle - faut-il en déduire que les pauvres, les travailleurs précaires ne forment qu'une minorité négligeable?- l'aveu avait été explicitement fait dans leur unique préalable au mandat de négociation: maintien de la Grèce dans la "Zone Euro" et là, Alain Badiou a raison de souligner l'amalgame du sens entre mandat et programme politique. C'est de la petite épicerie détaillée et transformée en seigneuriale pièce-montée pour le snobinard; de mettre le doigt sur cette omission qui était et qui est toujours la possibilité, si volonté il y avait, de se distancer de la monnaie sans s'exclure politiquement de l'Union qui est un lieu commun pour les états de se donner les moyens de dialoguer et de travailler ensemble, de mesurer leurs capacités, leurs forces et leurs volontés de construire une Vraie Union de partage et de solidarité pour les peuples et non pas contre eux. Les postulats auraient parlé pour eux. Pour l'instant, c'est la désunion face aux problèmes politiques des économies disparates, prétéritées ou favorisées. C'est le rapport du plus fort qui l'emporte sans que les autres états ne cherchent à s'en protéger. Se protéger des coups de force ne veut pas dire s'isoler. Par contre, si on peut se protéger, on pourra alors protéger les autres. Pour pouvoir faire entendre ses projets, il faut savoir dire non à tous les projets imposés par d'autres. Les compromis se discutent, ils ne s'imposent pas. Ils se négocient, non à perte mais en compensation.

L'Allemagne, de fait, a colonisé les états de l'Union et pratique le lynchage. C'est la loi et la volonté allemande ou rien. Mais enfin! C'est aux autres de limiter ses prérogatives. il fallait la forcer à reculer et à abandonner son intrusion dans les autres états par le biais de la Commission des Finances et du Conseil de l'Europe, complètement phagocytées par d'anciens ministres allemands. C'est aux autres de limiter les attributions et compétences de ces Commission et Conseil. Au parlement de faire son boulot de législateur, de faire fonctionner ses institutions de manière plus équitable et plus honnête. Que font donc les députés européens pendant toutes ces heures grassement payées?
Ils tombent, à bras raccourcis, sur le bouc-émissaire désigné pour le cabosser encore et encore.

Ce que je dis là, n'est qu'un petit exemple et il a fait partie d'un long cours des non-dits. C'est pour cela que ces quelques mois ont été des mois de malaise avec la perception d'un Tsipras opportuniste, avec la conviction qu'il spéculait sur la détresse de tous les partis politiques confrontés à l'urgence sanitaire et économique (pour se faire porter au sommet du pays), à ce problème d'hégémonie absurde, d'une Union Européenne qui s'entête dans son auto-destruction pensant se mettre à l'abri derrière le bouclier allemand. L'Allemagne étant principal vassal des USA, rend donc vulnérables les états qui s'agrègent autour d'elle. Il eut été plus prudent de la contenir, de la rappeler à ses strictes obligations et responsabilités au lieu de lui offrir une auto-route. Les États-membres ses ont déresponsabilisés, ils ont oublié le pouvoir que les peuples leur ont confié, Ils l'ont délégitimé en zélateurs de leur soumission à Washington.

N'oublions pas que c'est l'OTAN, le véritable décideur qui subordonne les économies et les budgets de l'Union Européenne. La Grèce étant un maillon économique affaibli, une pièce stratégique maîtresse sur l'échiquier européen a été attaquée juste après l'Ukraine. Et l'Ukraine a été démantelée juste après la Syrie. Est-ce un hasard? Il y a eu mise en place de sentinelles et d'armes lourdes à travers l'Europe dans le but de la discipliner à faire les guerres voulues par les USA et de lui faire payer la totalité des factures sans même compter les frais collatéraux. L'humain et le social, moins mobiles que l'industrie et la finance, paient sur pied des individus et de leur vie au quotidien.

On pourrait se demander si Tsipras a pris en compte ces faits et on voudrait comprendre les options qu'il a prises. Là encore, il y a malaise. Si le personnage a pris la stature d'un homme d'état - de quel homme et de quel état s'agit-il - il reste qu'il devra livrer son véritable poids et sa vraie couleur. On l'attend, mais n'oublions pas que le temps passe vite. Le peuple vulnérabilisé par les hold-up successifs n'a plus la force d'attendre, il va disparaître assez rapidement. La jeune génération va mendier ou s'expatriera. Le tiers-mondisme n'est donc plus très loin. Les riches ont déjà fui.

Comme sélection naturelle du capitalisme financiarisé et du nouveau colonialisme, le mode est plutôt économique et raffinée. La Grèce est un laboratoire économétrique pour les banques et stratégique l'Américain. Tsipras étant un homme instruit et bien positionné, est, pour moi, un parfait collaborateur de cette sordide opération.
S'il était homme honnête, il aurait fait différentes propositions, déjà avant le référendum du 5 juillet, en confrontation directe avec les diktats de l'euro-groupe (je l'avais déjà dit ici). Si le peuple persistait à vouloir négocier à genoux et accepter n'importe quel prix pour rester dans le club monétaire, Tsipras pouvait alors démissionner et rejoindre l'opposition parmi les pauvres. Au contraire Tsipras a élaboré un stratagème fait de restructuration, de purges et d'alliances douteuses pour offrir, par la voie électorale, un semblant de choix démocratique: duper le peuple dans sa propre langue, substituant le plébiscite du personnage et du non choix aux débats et aux combats. C'est franchement de l'imposture puante.

Alain Badiou est encore tendre dans ses ressentis.
En politique comme en diplomatie, les résultats d'un travail téléologique se vérifient dans des cycles relativement courts en confrontant les faits et les messages. Chez Tsipras, les messages ont été clairs dès le début. Les faits d'aujourd'hui ne font que les confirmer. Syrisa devait certainement le savoir, elle avait misé sur sa capacité à influencer Tsipras, et ce dernier a montré que c'est lui qui exerce de l'ascendance sur la coalition usant de l’ambiguïté et de l'amalgame, des demi-formulations et du suspens. Il n'est pas difficile de défaire une entité pour pantoufler un transfer, un tranfuge. Il suffit de se rallier le soutien des ceux qui on de gros moyens des plus expérimentés (rusés) des plus anti-peuples. Anti-Syrisa.

L'ovation que les dirigeants de l'Union Européenne a, d'ores et déjà, réservée à Tsipras, elle, est un vraie humiliation pour le peuple Grec... D'en bas.
Je n'ai pas entendu un seul homme d'état s'en indigner.

Tsipras est un "intellectuel faussaire" comme notre extrême gauche en Suisse qui louvoie sans arrêt entre le populisme improbable et l'establishment, déguisée en syndicats de la classe aisée et choyée qui la paie au bon prix.

Mais après tout, doit on vraiment se pencher sur la maladie de la Grèce (générique de l'Espagne, du Portugal, de la France, ou de l'Italie) ou bien de ce qui la rend malade?
La Grèce de l'Union Européenne est inscrite sur la carte des premiers pays à sacrifier sur l'autel d'Hegemon dans ses projections depuis l'Europe.

Là où Alain Badiou a mille fois raison c'est les états d'Europe qui doivent vraiment se reprendre en main et retrouver leur souveraineté qui n'empêche nullement de travailler ensemble en toute indépendance des USA (ou d'une autre hégémonie). C'est toujours bon de l'entendre puisqu'on le tait officiellement. Badiou l'a dit haut et fort pour tous ceux qui n'ont pas droit à la tribune.

Un ressenti de Romaric Godin:
http://www.comite-valmy.org/spip.php?article6250

Un autre témoignage et une explication intéressants. La Gauche n'aime pas James Petras et pour cause... Tous, plus ou moins Pasok ou Papandreou, tous, sous-produit dégénéré de la finance et de l'impérialisme n'aiment pas qu'on les démasquent:

http://www.truth-out.org/news/item/30341-james-petras-syriza-s-lying-and-deception-must-stop
Extrait: "So I think this legacy of Pasok has found expression in Syriza, and it's not accidental. Many of the corrupt people from Pasok joined Syriza when the ship was sinking, and Tsipras welcomed them"...

"Ainsi, je pense que l'héritage du Pasok a trouvé son expression dans Syrisa et ceci n'est pas accidentel. Beaucoup de gens corrompus du Pasok on rejoint Syrisa quand le navire était en train de couler, et Tsipras les a accueillis"...

Par ailleurs, cela continue autrement...
d'après les intentions cachées de Washington, nous avons tous à craindre, après notre flétrissement par la finance et l'économie (la Suisse y succombera immanquablement), notre achèvement par le génocide sous des bombes multinationales ou par les guerres de gangs dit civiles, que nous soyons au Moyen Orient, en Europe, en Russie ou dans l'Est Asiatique...
Washington promet 10 à 30 ans de guerres au nom de la lutte anti-DAESH à travers tous les territoires. Washington pose cette lutte comme une obligation pour chaque pays, chaque état et à tous les peuples.

On peut s'attendre à l'industrialisation du terrorisme comme première arme de destruction massive US made. Rien que sur le territoire des USA, des camps d’entraînement djihadistes sous encadrement de la CIA s'ouvrent chaque semaine sur demande de certains sénateurs. Des régions entières de notre continent sont dédiées à cette arme de procuration comme le Kosovo, Bosnie, Slovénie, Albanie, Pologne, Roumanie outre tout le Moyen Orient transformés en poudrières. On dira, d'un pays littéralement rasé par les bombes de la "Coalition", qu'il était entièrement investi par des terroristes internationaux.
se peut-il que nos gouvernements légitimement élus sont des terroristes. Le croiriez-vous?

On dira "guerres modernes" pour ne pas prononcer le gros mot "Génocide".

Les cibles privilégiées, nous ne le répétons pas assez, sont les simples civils, les villes et les centres d'activités humaines, principalement du tourisme, des marchés ouverts et couverts, les usines et les dépôts de matières premières et alimentaires. Le but est priver l'homme des moyens de survie, d'organisation et de résistance, le priver de toute tentative de désobéissance en le faisant tuer d'autres avant de le tuer.

http://www.france-irak-actualite.com/2015/08/silence-ici-on-tue.html

Quand on aura compris cela, on prendra des options autres que celles prises par Tsipras. Ce serait peut-être le seul signe de sincérité palpable.

Écrit par : Beatrix | 23/08/2015

Peut-on critiquer les EU parce qu'ils sont la première puissance économique et militaire du monde?
Peut-on critiquer la Chine de vouloir égaler et même dépasser les EU? Peut-on critiquer la Suisse dont le PIB par habitant est l'un des plus élevés au monde. Peut-on critiquer l'Allemagne pour être redevenue en quelques décennies la première puissance économique d'Europe? Et la Russie de tenter retrouver un rang qu'elle a perdu.
Oui, les pauvres peuvent bêler, se plaindre de l'arrogance des puissants, invoquer une morale qu'ils préfèrent oublier quand ça les arrangent, gémir et quémander comme le fait la Grèce qui en est à son 3éme plan d'aide depuis 2010...
Quant à la France, son curieux mélange d'arrogance et de manque de confiance en soi la cantonne à faire la leçon, une leçon qui a été, il y a longtemps et peu de temps, universelle.
Badiou est assez bon quand il écrit sur le bonheur, le bonheur étant d'essence individualiste. Noam Chomsky est un vieux gâteux que presque plus personne n'écoute.

Écrit par : Christian Casper | 23/08/2015

Hélas, ce sont de nouveau les financiers qui ont gagné. Mais où a passé tout cet argent. Est-ce que Goldman Sachs n'a pas contribué à faire plonger la Grèce ? Et certainement ce n'est pas le seul ? Et les grandes familles grecques, qu'ont-elles fait en faveur de leur pays ?

Écrit par : Pierre Bonvin | 26/08/2015

Chomsky marginal ?

Noam Chomsky1, né le 7 décembre 1928 à Philadelphie, est un linguiste et philosophe américain. Professeur émérite de linguistique au Massachusetts Institute of Technology où il a enseigné toute sa carrière2, il a fondé la linguistique générative. Il s'est fait connaître du grand public, à la fois dans son pays et à l'étranger3, par son parcours d'intellectuel engagé de tendance anarchiste

Donc pas marginal. Extrême gauche à voir. Certain anar se revendique d'extrême gauche mais en soit un anarchise ne se place en aucun cas sur l'échiquier politique. Si Chomsky n'était plus écouté il ne vendrait plus de livre et ne ferait plus de conférence. Il est d'ailleurs venu il n'y a pas longtemps. Mais il est vrai que pour certain ne pas passer au journal de 20h c'est ne plus être médiatique. Sachant que la plupart du temps lorsque qu'une nouvel tendance nait, il faut minimum 1 an pour les médias pour en parler...

L'UE première puissance militaire ? il n'y a aucune cohésion. Pour l'instant on dit merci à l'OTAN et aux USA.

Écrit par : plumenoire | 26/08/2015

J'ai attiré l'attention sur l'interview de Chomsky parce qu'il parle de l'Europe, de la Russie et de la Grèce, ce qui est le sujet du blog, je pense. Je n'ai pas écrit "Je suis Chomsky".

Écrit par : Mère-Grand | 26/08/2015

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