28/10/2015

Une voix de Russie

 

C'est d'entente avec Arkadij Beinenson que je publie, ci-après, son texte.

                                                                      

En Russie, la popularité rencontrée par la lettre ouverte qu'Hélène Richard-Favre a adressée à Svetlana Alexievitch, semble aussi avoir été due à ma participation en tant que traducteur et journaliste qui l'a publiée sur le site de Baltnews.ee

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/10/10/lettre-ouverte.html

 

http://baltnews.ee/mir/20151012/1014162478.html

 

La grande résonance que cette lettre ouverte a connue, également en dehors de la Russie, m’a décidé à écrire ce qui suit.

 

A la lecture des commentaires déposés sous la lettre d’Hélène, je constate un certain manque de compréhension de ce qu’est la Russie contemporaine. De même, m’apparaît discutable, le jugement porté sur les événements qui se déroulent dans le pays et dans le monde entier par les Russes eux-mêmes.

 

Ce manque de compréhension de la Russie contemporaine est dû à la présentation qu’en font les médias occidentaux. Les Russes y apparaissent comme très agressifs, adorant aveuglément Poutine, ne voulant rien savoir d’autres points de vue, nostalgiques des temps de Staline et voulant convaincre l’Ukraine et l’Occident. 

 

Je tiens à souligner, ici, que je suis né dans une famille de dissidents moscovites qui écoutaient la « Voix de l’Amérique » et la radio « Svoboda (La Liberté) ». La majorité de ce que que beaucoup de gens n’ont su qu’après 1991, moi, j’en entendais parler à la maison en jouant dans notre cuisine.

 

Et ce que j’entends maintenant me rappelle bien des choses entendues à la radio à la maison de mes parents. Cela veut-il dire que la Russie est en train de se construire une nouvelle Union Soviétique? Cela indique-t-il que l’Occident doit utiliser les mêmes expressions qu’autrefois?

 

Non. Et cette lettre en est la meilleure preuve car je n’aurais jamais eu la possibilité de la publier du temps de l’époque soviétique.

 

La Russie s’engage davantage dans l’arène géopolitique internationale que ces vingt dernières années. Mais cela signifie-t-il qu’on veut une autre guerre froide? Absolument pas. On veut que la Russie et son opinion soient prises en considération quand les pouvoirs internationaux prennent des décisions dans les domaines qui peuvent avoir des conséquences pour notre pays.

 

Surtout, on veut être entendu dans le cadre des conflits du Proche-Orient et dans ceux de notre voisin ukrainien. Et on veut d’autant plus que notre opinion soit prise en considération que les soldats soviétiques ont sacrifié leur vie pour libérer l’Europe du fascisme pendant la seconde guerre mondiale.

 

Oui, tous les habitants de l’ex-Union Soviétique (y compris les Ukrainiens, les Juifs et les Asiatiques) sont fiers de la victoire de l’Union Soviétique qui était dirigée par Staline en ces temps. Mais cela ne signifie absolument pas que les Russes souhaitent d’autres dictateurs et des répressions. En même temps, on ne veut pas être mis au même niveau que l’Allemagne fasciste.

 

Oui, beaucoup de gens en Russie ont voté en faveur de la politique de Poutine mais ça ne veut pas dire qu’on en fait un dieu. Non, il y a plein de gens qui ne sont pas d’accord avec sa politique et qui exigent des changements. Mais des changements et non pas une révolution. Je vous assure qu’on a une bonne mémoire.

 

On était très surpris que les participants du Maïdan nous aient reproché de ne pas avoir construit d’Etat européen durant ces vingt-trois dernières années. Mais ça ne peut pas se traduire par la joie ressentie à voir des gens mourir! 

 

Beaucoup de Russes ont de la famille en Ukraine (moi personnellement je suis à moitié ukrainien) et on est très inquiets de ce qui se déroule dans le pays. 

 

Oui, les hommes politiques russes utilisent un vocabulaire fort en parlant avec leurs collègues internationaux. Mais cela veut-il dire qu’on déteste l’Occident et notamment l’Europe? Pas du tout. On aime la culture classique de l’Europe et on n’oublie pas l’impact qu’elle a eu sur notre culture. Et on est toujours très heureux de voir des visiteurs européens dans notre pays.

 

En conclusion, je voudrais dire et même souligner que les Russes sont terrorisés à la seule idée d’une guerre car chaque famille garde des souvenirs horribles de la seconde guerre mondiale. Et quoi qu’il se passe entre la Russie et les pays de l’Occident, on ne veut pas que les choses prennent une tournure que nos descendants aient à regretter.

 

Arkadij Beinenson, journaliste russe

 

 

Commentaires

Message très émouvant.
Qui renvoie directement à l'interview de Domenico Losurdo dont j'ai donné le lien sous le fil de discussion précédent.
Depuis la fin de l'URSS, la puissance dominante s'est crue comme le coyote seul dans le poulailler. L'objectif désormais était de dépecer le plus riche pays en ressources au monde, politiquement et économiquement. Par le djihadisme et les multinationales, faire main basse sur ces ressources au détriment des peuples. Les oligarques ont commencé le pillage. Le coyote voulait sa part, la plus grosse part. Or voilà que dans le poulailler, un ours s'est réveillé. Monsieur Poutine défend les intérêts des peuples de la Fédération de Russie. C'est impardonnable. Sauf pour 90% des peuples de ladite Fédération.
Le "prix" Nobel de littérature participe de cette guerre d'encerclement de la Russie: déstabiliser à la mode Maidan la Biélorussie.

Écrit par : Charles | 28/10/2015

Une analyse que je portage sans reserve.

Écrit par : Danielle | 28/10/2015

Sympa!!!

Écrit par : Tchernine | 28/10/2015

Merci, Hélène.

Écrit par : xénia | 28/10/2015

Excellent, vos détracteurs vont avoir la "gastro-méningite-aigüe-courante" chez ces gens là.

Ce fut une belle bataille.

Écrit par : Pierre NOËL | 29/10/2015

"Surtout, on veut être entendu dans le cadre des conflits du Proche-Orient et dans ceux de notre voisin ukrainien."

Oui, on vous écoute... Qu'est ce que vous voulez?

"Et on veut d’autant plus que notre opinion soit prise en considération que les soldats soviétiques ont sacrifié leur vie pour libérer l’Europe du fascisme pendant la seconde guerre mondiale."

... pour imposer le stalinisme...

Et les soldats américains qui ont libéré la France? On fait quoi avec?

Arrêtez d'appeler vos morts... ça vous rend les zombies...

Écrit par : Kateryna SOSHYNSKA | 29/10/2015

Monsieur Beinenson,

Je suis Russe comme vous, donc ma voix ici représente aussi une voix de Russie. Tout une autre voix, une voix dissonante.

Je ne veux pas débattre de votre vision sur la situation actuelle en Russie ou dans le monde quoi que je ne peux pas ne pas remarquer son grand simplisme et amateurisme, voir même une certaine naïveté propre à un jeune homme du 20 ans – je ne connais d'ailleurs pas votre age:
cf. surtout le point 11 plus loin dans la liste, où vous évoquez les évènements sur la place Maïdan à Kiev

Non ce que je veux souligner c'est une profonde contradiction que je trouve dans vos propos.

En effet, vous commencez par dire

« [Il] m’apparaît discutable, le jugement porté sur les événements qui se déroulent dans le pays et dans le monde entier par les Russes eux-mêmes. »

Mais tout au long de votre texte vous présentez votre opinion personnelle sur l'ensemble des questions comme l'opinion de l'ensemble des Russes. Vous essayez nous faire croire que votre voix personnelle est la voix de la Russie, la voix de toutes les Russies.

En énumérant vos positions, au lieu de dire « je pense », « je crois », « je suis sur », « à mon avis » etc., presque chaque fois vous dites « ON fait ceci, ON pense cela etc.».

En vous lisant le lecteur se trouve en présence de toute une litanie des « ON ».

1. cela signifie-t-il qu’ON veut une autre guerre froide?
2. ON veut que la Russie et son opinion soient prises en considération
3. ON veut être entendu dans le cadre des conflits du Proche-Orient et dans ceux de notre voisin ukrainien.
4. ON veut d’autant plus que notre opinion soit prise en considération que les soldats soviétiques ont sacrifié leur vie pour libérer l’Europe
5. TOUS les habitants de l’ex-Union Soviétique (y compris les Ukrainiens, les Juifs et les Asiatiques) sont fiers de la victoire de l’Union Soviétique qui était dirigée par Staline en ces temps.
6. cela ne signifie absolument pas que LES RUSSES souhaitent d’autres dictateurs et des répressions
7. ON ne veut pas être mis au même niveau que l’Allemagne fasciste
8. beaucoup de gens en Russie ont voté en faveur de la politique de Poutine mais ça ne veut pas dire qu’ ON en fait un dieu
9. il y a plein de gens qui ne sont pas d’accord avec sa [ Poutine] politique
10. ON a une bonne mémoire
11. ON était très surpris que les participants du Maïdan nous aient reproché de ne pas avoir construit d’Etat européen durant ces vingt-trois dernières années. Mais ça ne peut pas se traduire par la joie ressentie à voir des gens mourir! 
12. ON est très inquiets de ce qui se déroule dans le pays
13. cela veut-il dire qu’ ON déteste l’Occident et notamment l’Europe? Pas du tout.
14. ON aime la culture classique de l’Europe
15. ON n’oublie pas l’impact qu’elle a eu sur notre culture
16. ON est toujours très heureux de voir des visiteurs européens dans notre pays.
17. LES RUSSES sont terrorisés à la seule idée d’une guerre
18. ON ne veut pas que les choses prennent une tournure que nos descendants aient à regretter.

Donc vous avez utilisez 14 fois la particule «on » qui signifie que vous nous présentez votre avis personnelle comme l'avis de TOUS LES RUSSES.

Ce qui nous diffère radicalement dans nos éducations réciproques, Monsieur Beinenson, c'est que pendant que, comme vous le dites, vous écoutiez les radios « la Voix de l’Amérique » et « Svoboda (La Liberté) » à la cuisine de vos parents, moi, j'écoutais « la Voix de la Russie » en langue russe et « Radio France Internationale » en langue française.

Donc, je vous assure que la Voix de la Russie ce n'est pas forcément la votre.

Écrit par : vlad | 29/10/2015

@Pierre Noel vous avez raison de parler de méningites sans oublier les fois engorgés de colère menant à l'ablation de la vésicule biliaire qui elle refoule les toxines migrantes /rire
Très belle journée pour Vous

Écrit par : lovejoie | 29/10/2015

Personnellement, je m'en fous des soldats yankees qui ont libéré la France, quand l'Occident aura reconnu la valeur de la victoire soviétique sur les Nazis, la libération des camps de concentration par l'Armée rouge et non par les yankees, je commencerai à y réfléchir. Dommage qu'ils ont pas suffisamment fait le boulot en Ukraine et dans les pays baltes en éradiquant définitivement la chienlit nazie! Comme ça, on aurait pas des descendants de bandéristes estampillés triple "$" pour nous pourrir la vie! Je ne vis pas en Russie, mais ça ne m'empêche pas de réfléchir avec mon propre cerveau. Je me demandais depuis 1989, comment se faisait-il, que les Russes, se laissent berner pareillement par les Etats-Unis. Vue de l'extérieur, c'était déjà parfaitement évidant que les américano-nazis voulaient encercler la Russie, pour l'étrangler définitivement en mettant la main sur ses ressources naturelles. L'histoire du bouclier antimissile, soi-disant tourné contre l'Iran était une pure fadaise et je me demandais chaque fois que ce bouclier s'avançait vers la Russie, à quel moment V. Poutine allait mettre le holà. Quand les Russes ont autorisé les salopards de l'OTAN a démolir la Lybie, à assassiner leur Président et 160000 innocents, qui leur a offert bien-être et stabilité grâce aux revenus du pétrole qu'il redistribuait généreusement aux habitants du pays, plutôt que de devenir un pétromonarque pourri jusqu'à la moëlle, je suppose que V. Poutine ou son entourage n'avait pas encore bien intégré que c'était aussi pour faire perdre à la Russie un débouché pour ses ventes d'armes et d'autres biens d'équipement et supprimer les facilités dont sa marine disposait en Libye. Bref, on assiste aujourd'hui à un réveil tardif et salutaire de la Russie, mais rien n'est gagné, car pour des raisons qui m'échappent V. Poutine au lieu d'engranger les fruits de sa victoire militaire incontestable en Syrie, cherche à nouveau à faire revenir dans la course ses "partenaires" comme il les appelle, qui ne sont rien d'autre que des ennemis et des fauteurs de guerre universels déterminés à l'assassiner dès qu'ils le pourront! Et je pense que pour comprendre cela il n'est pas nécessaire d'être Russe, voire même c'est un handicap à lire les interventions ici ou là. J'ai toujours pensé que dans les tous les pays du monde il y a des traîtres à leur patrie, il y en a en Suisse aussi et même beaucoup. Leur motivation va de l'intérêt personnel le plus égoïste à une incompréhension profonde de ce qui se passe autour d'eux.

Écrit par : Gabor Fonyodi | 29/10/2015

Nos nazis d'aujourd'hui se prennent en toute modestie pour des "guérisseurs et des bâtisseurs"...après avoir piétiné la vie de millions de gens et assassinés quelques millions d'autres...on croît rêver, mais un cauchemar...comme le disait le regretté Coluche en parlant des gardiens de la Paix: "au lieu de nous la garder il feraient mieux de nous la foutre!"

http://fr.sputniknews.com/international/20151029/1019161684/kerry-usa-poutine.html

Écrit par : Gabor Fonyodi | 29/10/2015

Merci à Arkadij de son texte également paru en russe sur le site Baltnews.ee:

http://baltnews.ee/authors/20151029/1014208694.html

Merci à lui d'avoir su saisir le sens de la lettre ouverte que j'ai adressée à Svetlana Alexievitch.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 29/10/2015

Gabor Fonyodi,

Quand vous nous sortez cela:

"Quand les Russes ont autorisé les salopards de l'OTAN a démolir la Lybie, à assassiner leur Président et 160000 innocents, qui leur a offert bien-être et stabilité grâce aux revenus du pétrole qu'il redistribuait généreusement aux habitants du pays, plutôt que de devenir un pétromonarque pourri jusqu'à la moëlle, je suppose que V. Poutine ou son entourage n'avait pas encore bien intégré que c'était aussi pour faire perdre à la Russie un débouché pour ses ventes d'armes et d'autres biens d'équipement et supprimer les facilités dont sa marine disposait en Libye",

vous vos prenez pour qui, avec votre voix bien trop forte, bien aigüe, une voix de Suisse en l’occurrence ?

Et après vous osez de me traitez d'un mytho ?

Ok, je vais transmettre au Président russe vos doléances.

Écrit par : vlad | 29/10/2015

Hélène Richard-Favre,

"Merci à Arkadij de son texte également paru en russe sur le site Baltnews.ee"

Ce texte en Russe n'est pas le même qu'en Français. Je veux dire que la version russe n'est pas la traduction de ce que vous présentez ici au lecteur francophone.

Il y a des différences de taille.

Écrit par : vlad | 29/10/2015

Vlad,

Parlez-en à la personne qui a traduit ce texte!

Vos remarques lui seront certainement profitables.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 29/10/2015

Hélène Richard-Favre,

Cette personne sait parfaitement en quoi différent les deux versions - il en est l'auteur des deux.

Vous avez jugé bon de le publier ici, donc il vaut mieux qu'il participe dans ce blog et réponde lui-même aux différentes remarques ou critiques qui peuvent être émises ou formulées ici. Car une fois de plus, on a déjà assisté à un comportement assez violant de la part de Gabor Fonyodi à l'égard de Kateryna SOSHYNSKA.

Il paraît que vous faites exprès pour souffler sur le brasier de la guerre « civile » latente qui n'a jamais arrêté sur l'espace post – soviétique.

Après ça Madame Myriam Belakovsky pourra toujours solliciter l'intervenant « Paix mes brebis! » venir à l'aide.

Donc je ne comprends pas vraiment votre objectif des publications et des traductions répétitives sauf si c'est pour pouvoir s'auto -féliciter et s'auto - remercier entre vous et Monsieur Beinenson, s'auto – remercier de la façon croisée, de la façon de plus en plus élaborée.

Vous en avez bien sur le droit mais malheureusement à chaque fois, vous remettez une couche des inexactitudes supplémentaires et nous éloignez de plus en plus de la vérité.

Écrit par : vlad | 29/10/2015

L'Union Soviétique avait son Gromyko et nous ici nous avons notre gros mytho...pas sûr que l'on ait gagné au change...

Écrit par : Gabor Fonyodi | 29/10/2015

Pour en revenir au texte d'Arcadij Beinenson, son importance a su être relevée ici ou ailleurs par des commentateurs un peu plus constructifs que certains intervenants de ce blog.

Ce texte a une valeur et une beauté que d'aucuns sont incapables de percevoir tant le besoin de dénigrer, pis, de de salir la mémoire, les anime.

Que lire dans un tel propos: "Arrêtez d'appeler vos morts... ça vous rend les zombies..."

Il existe, heureusement, des personnes dont le niveau de lecture est à la hauteur de ce qui est proposé ici.

Merci à elles, merci à Arkadij d'avoir écrit ce qu'il avait envie d'écrire.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 29/10/2015

Madame Richard-Favre,

"Que lire dans un tel propos: "Arrêtez d'appeler vos morts... ça vous rend les zombies..." "
En effet, que lire? Sinon le mépris, si ce n'est que ce mossieu n'a pas eu de morts dans sa famille, assassinés par la soldatesque nazie et ses suppôts.

On se rappelle la commémoration du 9 mai dernier avec ces hommes et ces femmes tout de dignité défilant avec le portrait d'un proche disparu pendant la guerre.

Écrit par : Charles | 30/10/2015

Charles,

Les propos que j'ai cités ont été déposés ci-dessus:

"Arrêtez d'appeler vos morts... ça vous rend les zombies..."

Écrit par : Kateryna SOSHYNSKA | 29/10/2015

Il va de soi que cette injonction élève le débat par le respect dont elle témoigne autant aux disparus qu'aux vivants qui en cultivent la mémoire.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 30/10/2015

Merci Madame Richard-Favre de m'avoir cité sur Facebook. C'est gentil. Je savais que ma phrase métaphorique va vous plaire. Je vous laisse l'interpréter dans toute liberté et dans toute ampleur de votre imagination.

Si Hitler et Staline ont transformé les vivants en os pour construire leurs empires, la Russie contemporaine propoutienne est allée plus loin: en outre, elle s'installe même sur des os de ses morts et ceux, qu'elle considère utiles, au moment donné, d'approprier pour s'imposer son idéologie. C'est vous qui a touché le fond en touchant le sacré, je vous laisse vous débrouiller.

Écrit par : Kateryna SOSHYNSKA | 31/10/2015

Gabor Fonyodi,

"L'Union Soviétique avait son Gromyko et nous ici nous avons notre gros mytho..."

Allez, éclairez-nous un peu sur Gromyko ! Et surtout sur quel est le rapport avec "mytho" ou pas "mytho".

Vos phrases deviennent de plus en plus sophistiquées. J'ai l'impression que votre réseau de neurones utilise toujours Windows 2.0 comme l'OS. Faire une petite mise à jour n'est jamais interdit dans le monde libre.

Écrit par : vlad | 30/10/2015

Cet article est gentillet.
En effet, le "on" est impersonnel, ce qui n'empêche son rédacteur d'écrire "moi personnellement je…).
En Ukraine, le conflit est probablement gelé.
Ce qui se passe à Vienne au sujet de la Syrie et de toute la région est une affaire de grande importance.

Écrit par : Christian Casper | 30/10/2015

Lovjoie,

Merci pour votre attention. Ça fait plaisir de vous lire ici. Ça change l'atmosphère et l'air d'une partie du blog transformé en bac à sable très pollué par les crottes des mêmes individus, inintéressants au cerveau plat.

Bonne continuation.

Écrit par : Pierre NOËL | 30/10/2015

@Pierre Noel votre réponse ravit mon âme et souvenez vous comme d'autres nous le font remarquer très souvent ,après nous le moule est cassé (rire
Bonne continuation pour Vous aussi

Écrit par : lovejoie | 31/10/2015

Christian Casper et Pierre NOËL,

vos phrases,

"En effet, le "on" est impersonnel, ce qui n'empêche son rédacteur d'écrire "moi personnellement je…)." - c'est celle de Christian, et

"blog transformé en bac à sable très pollué par les crottes des mêmes individus, inintéressants au cerveau plat." - celle de Pierre,

malgré toutes ses différences structurelles, grammaticales et peut-être même sémantiques, me font penser que vous représentez le même archétype d'homme.

Homo perspicuae.

Écrit par : vlad | 31/10/2015

Bonjour vlad,

Vous poussez l'interprétation des phrases des commentateurs à un niveau de finesse inconnu jusqu'à présent !

L'archétype se révèlerait donc si simplement, à celui qui sait le décrypter ...
Vous en dites trop ou pas assez.
Que faire ensuite du constat que l'archétype serait le même ?

Ici, il s'agit pour certains d'essayer de comprendre, si A. Beinenson parle au nom de tous les Russes ou en son nom propre. Et si c'est légitime.

L'utilisation du "on" en français est très particulier. Il peut être synonyme de "nous", ce qui pourrait être le cas ici. Votre liste de 18 phrases tendrait à prouver que ici : on = nous.
Quelle forme est utilisée dans la version russe ?
(En allemand, le "on" est souvent traduit par le passif et vice-versa.)

Parfois, "on" une façon d'éviter le "je", qui peut être perçu comme trop direct ou trop affirmatif.
Lorsque je dis ou écris "je", je prends réellement position, j'assume mon message personnellement.
Et là, je m'expose à être classée dans un archétype, parce que je me suis exprimée en mon pseudo, n'est-ce pas ?!

Écrit par : Calendula | 31/10/2015

Merci de votre intervention, Calendula!

Je suis d'accord avec vous. En étant trop abstraite et pas suffisamment politique, la notion d'archétype devrait être hors sujet sur ce blog.

La seule chose que je pourrais rajouter est qu'il me paraîtrait difficile de vous classer dans un archétype quelconque même malgré le fait que vous écrivez sous un pseudo. Vous êtes unique dans votre genre!

Quant à savoir si « A. Beinenson parle au nom de tous les Russes ou en son nom propre. Et si c'est légitime», ma réponse à la première question est oui, il croit qu'il parle au nom de tous les Russes.

En effet, dans la version russe de ce texte parue sur le site russophone estonien http://baltnews.ee/authors/20151029/1014208694.html , il utilise le mot russe « nous » - « мы ».

Je ne pense pas que la question concernant la légitimité soit correctement posée. Moi personnellement je me pencherais plutôt sur la problématique de la modestie (ou de son absence) personnelle des gens lettrés en général et du code déontologique du journalisme.

Écrit par : vlad | 02/11/2015

Bonjour vlad,

Votre réponse factuelle m'a permis de continuer à réfléchir sur l'importance de la nuance et sur les différences entre les langues. J'apprécie également votre calme et cette courtoisie, que vous me témoignez.

En français, il y a le "je", le "nous" et le "on". Ce dernier pronom permet de parler de façon un peu moins solennelle ou péremptoire, il est plus familier et un peu plus flou.
Suite à la lecture de votre commentaire, j'ai essayé de lire le texte ci-dessus en remplaçant le "on" par "nous" et ça donne vraiment un autre poids au message. Il y aurait véritablement une volonté forte de parler au nom des tous, ce qui semble impossible, vu l'étendue de la Russie et de la variété des peuples qui la composent. ( ont-il tous bonne mémoire, apprécient-ils tous la culture classique occidentale ? )
N'étant pas francophone de langue maternelle, il se peut que j'aie une fausse appréhension de ce détail. Il serait intéressant d'avoir d'autres sons de cloche ...
Cela peut sembler un détail, mais ça ne l'est pas, puisque vous trouvez que A. Beininson ne peut pas parler au nom de tous. En français, son texte est moins globalisant qu'en russe, me semble-t-il et donc moins choquant.

Une traduction (ou dans ce cas, la version en français) est rarement équivalente, mais il transparait bien dans le texte en question une façon de voir le monde et son pays, qui est très différente de la nôtre.
J'ose ce "nôtre" et le "nous" ! On verra bien. Je verrai bien !

En effet, qui de nous pourrait écrire un tel texte ( avec "nous" ou "on" )
au sujet des aspirations des Suisses ? Qui de nous se sentirait tant au diapason avec la majorité de ses concitoyens pour oser des généralisations sur notre positionnement politique ? Difficile à imaginer.
Un président ou un ministre des affaires étrangères le fait dans le cadre de ses fonctions, le président du parlement pourrait prononcer des paroles solennelles, engageant le pays tout entier.
En cela, vous avez raison, il y a comme un problème de modestie ou une liberté quasi littéraire à écrire ainsi, à donner son avis, à énoncer sa vision probablement idéale. C'est un cri du coeur et je le lis ainsi.

Lorsque Madame Richard-Favre a intitulé le billet "UNE voix de Russie", elle a eu raison, puisque ce n'est pas une lettre collective, mais bien une voix, qui est certaine de ne pas être solitaire.

Écrit par : Calendula | 03/11/2015

Bonsoir, Calendula!

Suite à un « malvu », mon pseudo "vlad" étant associé à un faux archétype, je me sens dans l'obligation de l'abandonner définitivement au profit de mon vrai nom.

Mais cela ne doit pas nous empêcher de terminer notre petite discussion consacrée aux voix de la Russie, et aussi à ses plusieurs voies; je rajouterai donc une chose.

Si j'étais un journaliste et un citoyen russe à la fois, je signerais ce genre de libelle par

Bien à vous

Vladimir Trofimov, citoyen russe

Écrit par : Vladimir Trofimov | 03/11/2015

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