18/12/2015

1977-2015

felix_dzerzhinsky.jpg

L'Union des Ecrivains, créée en 1932 en ex-URSS offrait de nombreux avantages à qui en était membre. Outre des conditions de vie facilitées avec possibles datchas accordées ou autres contributions financières substantielles, l'Union soutenait la publication d'oeuvres et de périodiques et organisait des rencontres et des séminaires.

En 1977, l'ancienne membre de l'Union des Ecrivains et désormais lauréate du Prix Nobel de littérature, Svetlana Alexievitch, signait un article consacré à Félix Dzerzhinski, fondateur et directeur de la Tcheka, police qui deviendra plus tard le KGB.

Le portrait que la lauréate biélorusse dresse de celui qui a été considéré comme un héros national dans le pays où elle vivait à l'époque et où elle vit à nouveau, n'est pas dénué d'émotion. Il se conclut ainsi: 

Когда у меня вырастет сын, мы обязательно приедем на эту землю вместе, чтобы поклониться неумирающему духу того чье имя - Феликс Дзержинский- "меч и пламя" пролетарской революции.*

Quand mon fils sera grand, nous viendrons sans faute sur cette terre pour saluer l'esprit immortel du nom de Félix Dzerzhinski, "épée et flamme" de la révolution prolétarienne.

A 29 ans, âge auquel Svetlana Alexievitch a écrit cet article, on est déjà en état de penser de manière critique.

Or tandis que cette désormais intarissable critique du régime soviétique vouait son talent et sa plume à honorer l'un de ses plus puissants représentants, elle se situait bien loin du sort réservé à ses confrères dissidents.

Près de quarante ans plus tard, conspuer un régime politique dont elle s'est davantage montrée suppôt et bénéficiaire que victime, vaut, en effet, son prix d'or suédois.

http://yablor.ru/blogs/svetlana-aleksievich-mech-i-plamya...

 

Commentaires

HA! en effet! Seigneur, nous atteignons de telles abîmes d'ignominies qu'on ne voit même plus la lumière du soleil!

Écrit par : Laurence Guillon | 18/12/2015

Excellent !

Écrit par : Lamblé | 18/12/2015

Le temps passe, seuls les imbéciles ne changent pas d'avis, certes; Mais la façon dont Svetlana Alexievitch tourne sa veste, se défausse et en obtient un prix Nobel dépasse l'entendement et même vire à l'indécence.

Sa crédibilité d'écrivain politique, s'il y en avait une, a disparu en quelques mois.

Écrit par : Jacques André | 18/12/2015

Hélène Richard-Favre,

En écrivant ceci -

"Près de quarante ans plus tard, conspuer un régime politique dont elle s'est davantage montrée suppôt et bénéficiaire que victime, vaut, en effet, son prix d'or suédois." -

vous poursuivez votre fronde anti - Aleksievitch en usant et/ou abusant des approximations souvent flagrantes.

Voici ce qu'on trouve par exemple dans la wikipédia française au sujet de l'ouvre de Svetlana Aleksievitch (*):

« La Fin de l'homme rouge ou le temps du désenchantement (en russe : Время секонд хэнд (Конец красного человека)1) est un essai de Svetlana Aleksievitch paru en 2013. En France, l'ouvrage a obtenu le prix Médicis essai en 2013 et a été salué comme le « meilleur livre » de l'année 2013 par la revue littéraire Lire.
L'ouvrage rapporte de façon directe et neutre les témoignages et les propos désabusés d'ex-Soviétiques sur les changements sociaux brutaux qu'ils ont subis, malgré eux, avec la fin de l'URSS. Les propos sont désenchantés et exposent souvent le plus complet désarroi ressenti par les habitants. L'essai ne s'arrête pas seulement aux changements matériels et concret subis par la population dans les années 1990, mais aussi par la rupture du paradigme communiste (mépris de l'argent et du capitalisme, fin de la culture intellectuelle, etc.). L'ouvrage fait aussi état de la nostalgie de l'URSS, nostalgie ambivalente balançant entre l'image plutôt positive de Staline, celle très négative de Mikhaïl Gorbatchev et de toute la clique qui a accompagné ou provoqué la fin du régime communiste».

N'importe quelle personne cultivée et pas contaminée par la mentalité occidentale bien hypocrite sait parfaitement que Svetlana Alexievitch critique avant tout le régime autoritaire biélorusse d'indéboulonnable Alexandre Loukaschenko (au pouvoir depuis 1994!!!) - et pas du tout son pays natal qui est l'Union Soviétique.

Quant à Félix Dzerjinski, quoi que puisse en penser un certain Dominique Jordan de ce même réseau social des blogs, il s'agira à jamais d'un personnage hors de commun : « À la veille de la révolution de février 1917, Dzerjinski a passé onze années en prison, en exil ou au bagne. » (**).

Compte tenu du fait que votre propre avis sur le père de Tchèka reste ineffable pour le lecteur lambda de votre blog, je voudrais bien que vous puissiez me répondre ne serait ce qu'à une partie des questions suivantes :

Pourquoi les Français de condamnent-ils pas Napoléon Bonaparte, mais, au contraire, le glorifient souvent?

Pourquoi la ville ukrainienne Dniprodzerjynsk nommé en l'honneur de Felix Dzerjinsky en 1936 n'est toujours pas renommée jusqu'au jour d'aujourd'hui?

Pourquoi le 15 juillet 1954, Jean-Paul Sartre âgé en ce moment de 49 ans, -certainement « en état de penser de manière critique »- signe dans la Libération (***) son fameux "La liberté de critique est totale en URSS" ?

(*) https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Fin_de_l'homme_rouge
(**) https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9lix_Dzerjinski
(***) http://philosophersdesk.blogspot.ru/2010/09/sartre-la-liberte-de-critique-est.html

Écrit par : Vladimir Trofimov | 18/12/2015

Vladimir Trofimov,

Votre besoin -ou votre plaisir- de sans cesse prendre le contrepied de ce que je publie ici devient habituel.

Tout autant, votre manière de sans cesse déformer les sujets traités aussi.

Je ne vais donc pas récrire ce que vous refusez de comprendre.

Ni citer les autres ouvrages de la lauréate du Prix Nobel, ni les multiples interviews qu'elle a accordées et dans lesquels elle s'exprime sur ce qu'était l'ex-URSS, Staline, Beria, et d'autres personnalités représentatives du parti au pouvoir en ex-URSS et auxquelles elle ne ménage pas sa peine de comparer certaines personnalités au pouvoir en Russie aujourd'hui.

A chacune et à chacun ses goûts, ses options politiques et leur opportunisme.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 19/12/2015

Une plume si compromise et si compromettante ne mérite aucun prix. Il est difficile et la tentation est sans doute grande de la réduire en esclavage, ce qui devait courir sur le papier léger et libre n'est plus qu'une chaîne de soumissions et de renoncements d'idées. Sans doute, ceci ne méritait pas un Nobel, mais nous savons tous à quoi servent les Nobel; à se soumettre à la pensée dominante.

La meilleure forme de liberté est de refuser le Nobel ! Un prix devenu si suspect.

Écrit par : Djemâa | 19/12/2015

Djemâa,

Jean-Paul Sartre, en 1964, a été à la hauteur de vos mots, "La meilleure forme de liberté est de refuser le Nobel".

A bon entendeur pour qui citait Sartre ci-dessus...

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 19/12/2015

Hélène Richard-Favre,

Avec votre "A bon entendeur pour qui citait Sartre ci-dessus...",

vous vous imaginez peut-être que je ne connais pas la vie et l’œuvre de Sartre ?

Tout à l'heure, vous étiez dans les ténèbres, et voilà que -grâce aussi à mon téléguide spirituel- vous évoquez enfin le sitŭs de Jean-Paul Sartre comme clairement supérieur -dans la taxonomie noble des Nobels de Littérature- à celui de Svetlana Aleksievitch.

Notre écrivain biélorusse nationale dont nous autres, les Russes, les Ukrainiens et les Biélorusses tous ensemble sont si fiers, notre Svetlana nationale est rentrée donc au Panthéon, à jamais.

Même si Jean-Paule Sartre a refusé son prix, il lui appartient de plein droit.

Tout comme la médaille Fields « refusée » appartient aux génies de Mathématique Alexandre Grothendick et Grischa Perelman.

Les géants façonnent la culture et son histoire, les citoyens lambda y vivent tout simplement.

Écrit par : Vladimir Trofimov | 19/12/2015

Vladimir Trofimov,

Je n'imagine rien de ce que vous connaissez ou pas de "la vie et l’œuvre de Sartre", je commente.

Pour le reste, votre emballement pour Svetlana Alexievitch vous regarde.

N'y mêlez tout de même pas de manière si assurée vos compatriotes russes!

Voici un sondage qui ne rejoint pas votre enthousiasme:

Как вы относитесь к присуждению Светлане Алексиевич Нобелевской премии по литературе?

С радостью | 9.0%
Со стыдом | 22.2%
С недоумением | 58.6%
С пониманием | 4.9%
С иными чувствами (указать в комментариях) | 5.2%

Всего проголосовало 71469 человек(а)

Je traduis pour les non-russophones:

Comment avez-vous accueilli l'attribution du Prix Nobel de littérature à Svetlana Alexiévitch?

Avec joie: 9,0%

Avec honte: 22,2 %

Avec embarras: 58,6 %

Avec compréhension: 4,9 %

Autres (à préciser dans les commentaires): 5,2 %

Total des votes: 71 469

http://www.vzglyad.ru/vote/result/1375/

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 19/12/2015

Monsieur Vladimir Trofimov, ne feignez pas un patriot biélorusse. Si l'Académie suédoise aurait voulu glorifier la littérature biélorusse, elle aurait eu encore assez du temps pour "nobéliser" Vasyl Bykov de son vivant, le vrai grand écrivain biélorusse, qui ne chantait jamais des louanges aux notables du panthéon soviétique, et était vraiment contraint à émigrer par le régime politique en place. Mais, semble-t-il, comme à vous, le seul et unique critère qui compte aujourd'hui pour les pouvoirs états-uniens et leurs serviteurs atlantistes, en distribution des grants et des honneurs, c'est la russophobie. C'est pourquoi les gens comme vous, sont prêts à faire le feu du tout bois. Même Dzerżyński est excusable, pour les calomniateurs de la Russie et des russes en général ! Pourquoi ? Puisque il tuait beaucoup des russes ?

Écrit par : Pavel KATCHALOV | 20/12/2015

Hélène Richard-Favre,

Je pense qu'avoir 15% d'intelligentsia représente un très bon score pour la Russie d'aujourd'hui. L'indicateur qui montre que malgré tous les problèmes matériels ou politiques, on a l'avenir assuré.

Pas l'Occident, hélas.

Et je suis persuadé qu'Emmanuel Todd me donnerait raison là-dessus. Je rappelle que déjà en 1976 il a prédis l'avenir funeste de l'Union Soviétique en se basant uniquement sur ce genre de macro-considérations.

https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Chute_finale

(...)

Écrit par : Vladimir Trofimov | 20/12/2015

Vladimir Trofimov,

Ma traduction comportait l'oubli de l'appréciation:
С пониманием | 4.9% , je l'ai rectifié.

J'ai donc supprimé votre aimable remarque me concernant.

Un oubli n'est pas une incorrection et encore moins une approximation dans la traduction.

Mais on sait votre besoin de manifester toute l'estime que vous portez à la responsable de ce blog.

Pour le reste, je vous laisse à votre lecture de pourcentages tordus jusqu'à les faire rejoindre le seul prisme de votre lecture.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 20/12/2015

Monsieur Pavel KATCHALOV,

Votre

"Même Dzerżyński est excusable, pour les calomniateurs de la Russie et des russes en général ! Pourquoi ? Puisque il tuait beaucoup des russes ?"

montre avec évidence que mes propos vous ont intellectuellement perturbé.

Vous me prenez pour un faux patriote biélorusse, russophobe par dessus le marché ??

(...)

Écrit par : Vladimir Trofimov | 20/12/2015

" Pour le reste, je vous laisse à votre lecture de pourcentages tordus jusqu'à les faire rejoindre le seul prisme de votre lecture", écrivez-vous Hélène Richard-Favre.

Je n'ai pas besoin de prisme pour lire. Ni de microscope.

Je lis avec ma tête et ma liberté de penser.

Évidemment que je me considère faire partie d’intelligentsia russe, tout comme Svetlana Alexievitch ou Alexendre Soljenitsine.

Évidemment qu'on vient des horizons différents.

Évidemment qu'on a des parcours et éducations différents.

Mais ce qui nous réunit tous, c'est, avant tout, un irrésistible envie d'une profonde réflexion sur l'histoire et le sort de notre pays peu importe comment on l'appelle ici ou là.

Écrit par : Vladimir Trofimov | 20/12/2015

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