13/04/2016

Pouvoir de nos démocraties

 

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On peut fonder des empires glorieux sur le crime, et de nobles religions sur l'imposture.

(...)

Les brigands seuls sont convaincus -de quoi?- qu'il leur faut réussir. Aussi, ils réussissent.

                                                                          Charles Baudelaire, Mon coeur mis à nu

Publié à titre posthume en 1887, ce livre inachevé a été assimilé à des brouillons, voire à un journal intime, ce qui reste discutable.

Alors que notre monde se bat en quête de sens, la réflexion du poète interroge.

On sait la propension qu'ont certains individus à rejeter toute forme de pouvoir religieux ou politique au prétexte qu'ils seraient tous pourris.

Le sont-ils ou pas, le fait est qu'ils sont là. 

Fondés sur des valeurs et des principes à défendre, tous clament leur légitimité. Et pour qui la menacerait, le recours à la force devient leur justification.

Dans nos démocraties, on dit le débat privilégié.

Il l'est sans doute encore pour la forme. Mais un pouvoir qui se veut tel, jusqu'où peut-il privilégier l'échange? 

 

13:43 Publié dans Air du temps, Avaries, Culture, Humanité, Politique, Pouvoirs, Religions, société | Tags : pouvoir, démocratie, débat | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

Commentaires

Le politique est l'intermédiaire entre Moi et Autres tandis que le (fait) religieux est celui entre Moi et Dieu.

C'est pour cela qu'une différenciation des deux représentée chez Baudelaire avec une précision imbattable - « crime » vs. « imposture » - est sans appel.

Je crois donc que l'expression « tous pourris » ne serait en aucun cas appropriée pour le pouvoir religieux.

Écrit par : Vladimir Trofimov | 13/04/2016

Le débat est sans doute le privilège de la démocratie. C'est sans doute aussi ce qui la rend fragile.

Et de toute évidence le pouvoir qui par définition ne se partage pas justifie à lui seul le recours à la force pour le conserver.

Quant au pouvoir religieux, j'ai toujours de la peine à en définir le sens dans la mesure ou la religion est une affaire purement personnelle que chacun choisit selon ses convictions profondes. Il s'agit d'une liberté fondamentale. Dès lors, parler de pouvoir religieux revient non pas à libérer les humains de croire ou ne pas croire, non, juste à les asservir. Le pire des crimes en somme, Dieu n'ayant sans doute pas besoin des humains pour *faire le ménage"...Il y a de la malhonnêteté intellectuelle à faire croire que Dieu - a chargé et charge encore certains humains de faire respecter Sa loi.

"Les hommes sont si bêtes qu'une violence répétée finit par leur paraître un droit* (Helvétius)

Écrit par : Michel Sommer | 13/04/2016

Le Pouvoir "religieux" n est il pas celui qui "guide et inspire" les Frères Musulmans (Hanif genre Qataris) et les Wahabites (genre Saoudie) ou celui des Colons et Ulta-Orthodoxes et extrême droite en Israel qui commandent Netanayou et celui même des USA comme Rosevelt a dit:""Dieu a fait les USA pour qu elle s occupe et domine le monde"".

Tous s en fichent de la Religion, ils ne veulent que prendre le Pouvoir politique et financier et tout le reste de leurs discours n est qu une foutaise...

Allez, même si une certaine sincérité (pourtant je ne les crois pas!) pourrait exister dans leur religiosité mais l excès de Dieu entrave certainement l accès à la Raison, au sens critique des choses voire même à l intelligence et tout simplement..

Écrit par : Jean Luc | 13/04/2016

Démocratie = ordre régi par le peuple.
La liberté des uns, est limitée par la liberté des autres.
Un sujet philosophique, et juridique fondamental.
Des grecs en passant par Montesquieu etc, c'est la conscience de l'esprit des lois qui fabrique les fondamentaux de nos démocraties
Les limites de la démocratie directe suisse se trouvent là: au niveau de la volonté des citoyens, à vouloir savoir, comprendre et appliquer, ce que l'ensemble de leur vivre-ensemble demande.

Sachant que les lois ont le destin d'évoluer avec les besoins sociétaux, sachant que nos constitutions sont garantes du cadre de ces évolutions,

la démocratie suisse est confrontée à un challenge: continuer de vouloir harmoniser la volonté de paix de tous, avec les désirs individuels de citoyens ignorants de plus en plus nombreux

lors des votations d'initiatives, dont les sujets sont très techniques et tout aussi exigeants en matière de cohésion sociale,
exigeant la plus grande attention de la part des citoyens votants,
au nom du mode démocratique suisse basé sur le consensus.

Écrit par : divergente | 13/04/2016

Nota bene. Le concept du consensus, modus operandi de toute négo en Suisse autant au niveau paysan que politique

- a été fondamental à la constitution de la confédération autour des 3,
puis à la réunification des cantons.

- est une notion de base, d'entente, à expliquer aux nouveaux naturalisés: même aux français.

- n'est pas une recette de couilles molles.

Écrit par : divergente | 13/04/2016

La démocratie est:
--Le Pouvoir du Peuple.
--Géré par le Peuple même.
--Et dans l intérêt du peuple.

Autrement dit que le Citoyen a un besoin inné d être gouverné mais seulement quand c est lui-même qui est au à la manette du Pouvoir.
On amalgame la Démocratie comme étant la "Liberté d Expression", je dirais jadis et non plus dans le futur proche. Liberté d expression est égale à "causes toujours, banane""

Montrez moi un pays européen qui applique cette définition à la lettre surtout quand nous nous gargarisons avec le terme de la démocratie 24/24 et 7/7...Néanmoins, je me rappelle bien des dires d un "vieux" philosophe suisse (j ai oublié le nom..) qui défendait la conception du Référendum en Suisse:""Le Peuple qui vote a toujours raison même si aux yeux de quelques uns, il a tort""...

Écrit par : Jean Luc | 13/04/2016

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