19/11/2016

France, je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément

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A la veille du premier tour de la primaire de la droite et du centre, les commentaires vont bon train.

D’aucuns y verront là un signe de santé de nos démocraties et c’est sans doute vrai.

La liberté d’expression est une réalité manifeste tandis que les un(e)s et les autres y vont de leurs propos sinon de leurs propositions ou autres appels à se mobiliser pour tel ou telle candidat(e).

Cette animation est fort appréciable et justifie le fondement même de la démocratie.

Ce qui en résultera, par contre, demeure une inconnue non négligeable.

N’est-ce pas là que se jouera le destin de la France?

Quoi qu’en disent ou qu’en pensent les détracteurs de ce pays, de ses élites, de son système, la richesse humaine de la France est une réalité.

Souhaitons qu’elle l’emporte, souhaitons que sa force s’impose!

L’amour de la France n’appartient à aucun parti politique.

L’amour de la France, c’est à lui de s’exprimer aussi bien demain que lors de prochains scrutins.

Avec raison, avec passion, c’est selon.

 

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Commentaires

« La France de toujours

Ne dérangeons pas l'ombre de Valéry, on sait déjà que les civilisations sont mortelles. Et pourtant « la France éternelle » n'est pas une hyperbole nationaliste. Ce sentiment de pérennité se perçoit dans les échos qui, durant notre existence fugace, relient notre présent au passé lointain d'un pays, de cette France dont nous sondons alors, avec émotion, l'histoire et la densité humaine. « Ainsi mourut sur les bords de la Meuse l'un des plus purs et des plus beaux soldats de la vieille France... », lisais-je enfant, au milieu des neiges de la Russie. Plus de trente ans après, j'ai découvert un livre où, grâce à un dessin, l'apprenais la présence d'un jeune soldat français, le 9 mai 1940, sur les bords de la Meuse... Une multitude de liens, graves ou légers, qui tissent la délicate tapisserie de la francité.
Et soudain, un soir, cette déchirure : dans un café, je viens de voir sur l'écran du téléviseur une femme âgée en larmes. Son mari a été abattu en bas de leur maison. Quelques vues des rues nocturnes ponctuées de flammes, des silhouettes sombres qui s'agitent. Le visage crispé d'un politicien. Et, déjà, on annonce les résultats d'un match que les clients accoudés au comptoir se mettent à commenter.
Fort éloigné des milieux politiques, j'apprends quand même que l'embrasement actuel des villes françaises est accompagné d'intenses manœuvres, de rivalités entre des chefs des partis, des leaders des clans. On parle déjà beaucoup de l'élection présidentielle, on cherche l'homme de la situation, une stratégie pour relancer, moderniser, combler, résorber, augmenter, baisser, réduire.
Mon humble avis : la seule politique qui vaille serait celle qui prendrait en compte, avant tout, cette femme âgée qui pleure son mari tué dans une banlieue où l'on peut assassiner un homme en passant, en s'amusant presque. Où surtout l'assassin restera impuni.
Pensez à cette femme, M. le futur Président ! Le reste – les caprices de l'économie, l'élargissement de l'Europe, la nervosité des sondages – n'est qu'une aimable foutaise du moment où l'être humain est oublié.

J'ai retrouvé tout à l'heure la liste des noms qui sont inscrits sur le mur de la petite église de Sainte-Radegonde, à Jard. Ces soldats tombés pour la France, souvent deux membres d'une même famille : Louis et Jules Arnaud, Joseph et Lucien Clerteau... Je connaissais tous leurs noms par cœur. Sauf ces quatre soldats-là :

Ariste Petigas
Ferdinand Petigas
Henri Petigas
Théodore Petigas

Ces quatre frères morts pour la France...
En parlant de Français comme eux, de Gaulle disait : « Maintenant que la bassesse déferle, ils regardent le Ciel sans blêmir et la Terre sans rougir. »
C'est ce pays-là qu'il vous faudra savoir aimer et défendre, M. le futur Président. 

La France. »

Andreï Makine, Cette France qu'on oublie d'aimer.

Écrit par : Vladimir Trofimov | 19/11/2016

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Votre cri de coeur et de raison est fort louable et objectif.
Par contre et je me répète certainement, quand vous demandez aux Libyens et aux Syriens ce que les Présidents successifs de la France leur ont fait, M. Sarkosy pour la Libye qui a rendu ce pays en cendres et un no man land puis M. Hollande avec sa politique assumée qu "Al Nosra/Al Qayda fait du bon boulot en Syrie", ces citoyens auraient beaucoup de peine à dire
"France, je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément".

Bien à Vous.

Écrit par : Charles 05 | 20/11/2016

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Charles 05,

Je sais votre aptitude à sans cesse ramener un sujet proposé à ce qui vous tient le plus à coeur.

Je pense qu’Il existe des citoyens syriens et libyens capables de savoir que la France ne se résume pas à deux de ses présidents.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 20/11/2016

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Autre remarque encore, Charles 05, la politique menée par un pays, en l’occurrence la France, ne rejoint pas la vision de chacun de ses citoyens. C’est le fait même du jeu démocratique que je relève aussi dans mon propos.

Par ailleurs, dans ce sujet, je mets en avant la richesse humaine de la France.

Alors, plutôt que de ramener ce pays à ce que vous en déplorez partout et sans cesse, pourquoi ne pas le concevoir aussi dans sa force et sa grandeur humaine?

Pensez-vous aussi, Charles 05, que tous les Français se réjouissent de la situation en Syrie? Pensez-vous que tous les Français ont approuvé ce qui s’est passé en Libye?

Alors, merci de ne pas ramener la France à l’attitude de va-t-en guerre qui, dans leur propre pays, ont été largement critiqués et plus encore.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 20/11/2016

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Mme H.R.-F.
Vous avez raison et afin de ne pas m égarer en HS, ce n est pas seulement deux de ses présidents qui sont en cause mais aussi le futur de mai 2017 qui ne serait pas forcément différent, me semble t il, des deux précédents. Je me suis toujours posé la question, est ce que de tels précédents sur le plan des affaires étrangères criminelles, Syrie et Libye le cas échéant, pourraient être de "bons" présidents même pour leurs politiques intérieures ce qui est la moindre des choses et on voit les résultats(chômage, sécu, dés- industrialisation de la France, connivence avec Nos très chers Amis les Emirs, fissure totale entre les élites et le peuple ...)

In fine et intellectuellement parlant, comment pourrait on faire porter la responsabilité exclusivement aux Présidents d un pays quelconque sans inclure forcément celle de leurs Citoyens qui sont soit dit représentés par le Pouvoir qu ils ont élu? Ceci s est appliqué sur l Allemagne post-nazie pour laquelle personne ne voulait massacrer les Allemands mais bel et bien vaincre l affreux système nazi allemand de l époque. De même que le peuple américain est responsable d une manière ou d une autre de ce que leurs dirigeants ont fait au Vietnam, en Afghanistan et en Irak...etc...Cette règle de responsabilité du peuple s applique même aujourd hui quand on se permet plutôt de critiquer que de féliciter les électeurs américains d avoir choisi Trump (et non pas Clinton)?

Bien à vous.
Charles 05

Écrit par : Charles 05 | 20/11/2016

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Charles 05,

Non, le citoyen dont le vote n’a pas été retenu vainqueur peut exprimer son désaccord avec la politique menée par le président qui a été élu et son gouvernement. Il ne peut donc pas être vu, comme vous le voudriez, comme « responsable » d’une politique avec laquelle ill a manifesté son désaccord.

Le sort qui lui sera réservé est un autre sujet. Le fait est que lorsque vous évoquez l’Allemagne nazie, vous citez là une dictature.

Ici, j’évoque la France, régime encore démocratique. Merci de ne pas tout mélanger.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 20/11/2016

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A propos de l'échange entre Vladimir Trofimov et Charles 05
Un fort pourcentage d'anciens soldats, c'est le cas notamment pour ceux retournés d'Afghanistan dans leur Australie natale, mais plus encore pour les anciens vétérans de la guerre de la déjà ancienne guerre du Vietnam, se sont suicidés.
D'un point de vue humain, si j'ose utiliser cette expression, ils sont des victimes, comme le sont ceux qui ont été victimes de leurs actes. Cela n'arrange pas notre besoin de ranger les gens en bons et mauvais, mais c'est une réalité, malgré toutes les hargnes que de "gentils" anti-militaristes expriment parfois dans leur naïveté.
Sauf une très faible proportion d'individus dans le monde entier, nous aspirons tous à un monde de paix pour nous-mêmes et tous ceux qui nous sont proches. Mais la nature (et pas seulement la nature humaine) est ainsi faite que de l'agressivité nécessaire à la survie les êtres vivants passent souvent, du moins dans les stades de plus grande complexité intellectuelle (voir l'exemple des chimpanzés) à la violence, dont l'une des expressions, la plus terrible dans son ampleur, est la guerre.
De cet aspect de la nature nous dépendons tous et nous sommes tous tantôt bénéficiaires heureux et dignes d'admiration, tantôt victimes et parfois victimes d'une vindicte destinée à nous donner bonne conscience. Nous ne sommes pas tous et toujours dans la position de choisir notre destin dans l'existence et, si "mal" (les mauvaises pensées et les mauvaises actions comme chaque culture les définit à sa manière) doit être évité et condamné, tout ceux qui y participent de près ou de loin ne doivent, à mon sens et malgré ce que me diraient mes réactions instinctives face aux événements, ne doivent pas trop facilement être départagés en méchants et en gentils car, comme nous tous, ils sont l'un et l'autre.

Écrit par : Mère-Grand | 20/11/2016

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Je tiens compte de votre aimable réplique.
Vous avez raison quand vous me dites de ne pas mélanger entre l Allemagne nazie de l époque et le régime, certes, encore démocratique en France.

Néanmoins et à mes yeux, ce que M. Sarkosy a fait en Libye est un crime de guerre contre l humanité équivoque à un génocide autant des Humains que de leurs conditions de vie décente et digne des Droits de l Homme/DH (article 4 de la déclaration des DH de Genève en 1950). De même ce que le pouvoir de M. Hollande a fait faire en Syrie. Ces deux crimes de masse sus cités sont équivalents à ce que l Allemagne nazie avait fait sans tenir pas compte d un calcul mathématique macabre et quantitative.

Ce n est pas moi qui n aime pas la France. Toutefois, qui suis-je pour l être sauf un citoyen lambda? Ceux qui n aiment pas la France sont bel et bien et tout d abord le Pouvoir des deux derniers présidents & on verra bien pour le futur de mai 2017, l Otan, l UE, Nos très Chers Amis les Emirs et surtout Washington.

Bien à Vous et merci pour cet espace de liberté.

Écrit par : Charles 05 | 20/11/2016

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Addendum,
J ai lu attentivement ce que @Mère Grand a écrit. M.G. parle aussi d échange entre moi et le collègue-contributeur Vladimir Trofimov ce qui aurait pu être le cas. Au fait, Mme Hélène Richard-Favre avait bien saisi que mon commentaire était pour son article chapeau.

Bien à Vous.

Écrit par : Charles 05 | 20/11/2016

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« Il faut qu'on écrive un nouveau roman d'amour de notre pays », dixit Philippe de Villiers dans

http://video.lefigaro.fr/figaro/video/primaire-a-droite-les-candidats-sont-tous-des-petits-boutiquiers-immatricules-a-bruxelles/5195179712001/

PS :

Charles 05,

Merci d'avoir corrigé Mère-Grand au sujet de notre soit-disant échange, échange qui n'a pas eu lieu en réalité.

Sinon, je vous conseille vivement de visionner la vidéo ci-haut.

Philippe de Villiers est un homme bien, je vous assure, et « [Il] aime profondément [son] pays ».

Oubliez Sarkozy, Hollande et les autres « petits boutiquiers immatriculés à Bruxelles ».

Écrit par : Vladimir Trofimov | 20/11/2016

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"Survenu à 6h00, le décès de Philippe Séguin, premier président de la Cour des comptes depuis 2004, a été annoncé dès 8h00 par RTL ce jeudi matin. L’annonce a déclenché une déferlante de réactions dans le milieu politique.

« L’une de ses plus belles voix politiques »

L’hommage le plus poignant est incontestablement signé François Fillon, qui s’est exprimé en direct depuis Matignon. Le Premier ministre a terminé son allocution au bord des larmes"

http://rue89.nouvelobs.com/2010/01/07/deces-de-seguin-des-larmes-de-fillon-a-lindifference-de-lo-132766

Écrit par : Vladimir Trofimov | 20/11/2016

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Oui, Vladimir Trofimov, un grand moment que vous rappelez là.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 20/11/2016

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