20/02/2017

La faute à Staline?

 

Dans le précédent sujet de ce blog, j’ai indiqué le lien à un article important. En effet, l’analyse qui y est présentée renvoie à un temps que les moins de vingt ans et bien au-delà, n’ont pu connaître.

Il s’agit, entre autre, de l’époque soviétique et de l’un de ses chefs emblématiques, Joseph Vissarionovitch Djougachvili dit Joseph Staline.

La référence à l’Histoire comporte toujours le risque de lecture orientée, on le sait. Mais certains éléments demeurent incontournables pour expliquer des situations qui se présentent soudain et que d’aucuns jugent sans en connaître vraiment les dimensions.

Aussi, dans son article intitulé: Les Etats autoproclamés post-soviétiques, angles morts du voisinage de l’Union européenne, Thomas Merle propose-t-il une approche qui offre une vision globale de tensions bien réelles et toujours prêtes à dégénérer en conflits sinon en guerres.

Que les pays de l’Union Européenne se soucient de leurs frontières est légitime. Mais qu’ils fassent de la Russie une menace sinon, au rythme où va la déconsidération à son encontre, une ennemie, est bien plus dommageable pour tout le monde.

Car si, à l’heure du multi-culturalisme prôné urbi et orbi, la culture russe avec ce qu’elle implique de dimension historique et politique, demeure à ce point contestée, c’est vers un véritable gâchis que l’on fonce les yeux grand fermés.

 

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Commentaires

Nous sommes bien d'accord. Mais devant la volonté de s'approprier les ressources de la Fédération de Russie, toutes les autres considérations s'effacent complètement. Le dieu argent réclame son dû. Et aucun mensonge ne sera trop gros. Aucun complot ne sera écarté. La fin justifie plus que jamais les moyens.

Écrit par : Charles | 20/02/2017

Avoir des réticences, des doutes, ou encore des a-priori vis-à-vis de la politique russe ne signifie pas que la culture russe soit contestée !

Écrit par : Michel Sommer | 20/02/2017

Michel Sommer,

On l’entend ou le lit souvent, cet argument. Or si, dans mon sujet, j’ai bien précisé que la culture russe "implique aussi la dimension historique et politique », ce n’est pas au hasard que je l’ai écrit.

Et ce point de vue est valable pour toute culture, quelle qu’elle soit.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 20/02/2017

Abonde dans le sens de Michel Sommer. Avec votre argumentaire, Madame, moi qui adore la musique allemande, je devrais cautionner la politique et l'histoire de l'Allemagne
au XXème siècle et lui donner quitus de ses exactions ? Merci pour une explication de texte.
Bien à vous.

Écrit par : gislebert | 20/02/2017

gislebert,

Il ne s’agit pas de « cautionner » parce qu’on « aime ». Pourquoi introduire des sentiments dans un propos qui n’en contient aucun?

Je le recopie-colle ci-après ce que j’ai écrit à Michel Sommer:

« J’ai bien précisé que la culture russe "implique aussi la dimension historique et politique », ce n’est pas au hasard que je l’ai écrit.

Et ce point de vue est valable pour toute culture, quelle qu’elle soit. »

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 20/02/2017

La faute à Staline.

Le capitalisme a sacrifié et sacrifie toujours l'Homme chez soi comme extra muros(là bas) puisqu il continue à exister et il a la ir de perdre des plumes ce qu il le rend maladroit et très violent comme une bête qui souffre profondément...

Le communisme a sacrifié les droits de l'Homme mais il ne les sacrifie plus aujourd hui puisqu il a disparu...

Entre les deux, qui et quoi choisir?

Écrit par : Charles 05 | 20/02/2017

à Charles : Ah ! le communisme a disparu.... Intéressant.

Écrit par : xénia | 20/02/2017

@Xénia (05),
Oui, il a disparu. Révisez vos manuels scolaires et si cela vous est difficile, allez prendre quelques livrets de coloriage de l école primaire, ça vous initierait et vous occuperait. A contrario, le Capitalisme a toujours la même sale tronche surtout que cette bête souffre et qu il faudrait enfin l achever non pas par nous mais bel et bien par eux-mêmes puisque le poisson pourrit toujours par la tête. A voir ce qui se passe autant aux USA qu à l Occident européen avec leurs coups de griffe maladroits qui sont, certes, violents.

Sans autre.
Charles 05

Écrit par : Charles 05 | 20/02/2017

"(...)moi qui adore la musique allemande, je devrais cautionner la politique et l'histoire de l'Allemagne au XXème siècle et lui donner quitus de ses exactions ?(...)"

La culture russe inclue la dimension historique et politique des Soviètes puis de la Russie, comme Mme H.R.-F., le dit, sauf erreur de ma part et cette dimension est celle-ci:

--La Russie n a jamais démarré une guerre contre autrui mais bel et bien qu elle l a finie, cette guerre, comme lors de la 2 ème guerre mondiale avec un prix humain très élevé (comme par ailleurs pour les 7 0u 10 millions de chinois...) avec plus de 30 millions de morts peu bien reconnus par l Occident qui a ré-écrit l Histoire à sa sauce, hélas!

--Aujourd hui, la Russie a combattu bravement le Terrorisme Mondial et personne ne pourrait lui contester ce rôle surtout en Syrie. La Russie a fait en Syrie en un seul mois de septembre 2015 ce que l occident n a fait en plus d une année et demie.

--Avons nous entendu la Russie saluer le "bon boulot d Al Nosra/Al Qayda en Syrie" comme Ms Fabius et Hollande l ont fait? Avons nous entendu la Russie nouer des alliances contre nature avec les viviers du terrorisme, c à d avec la Saoudie/Qatar/Emiratis/Koweit comme l Europe, en tête la France, l ont fait autant qu aujourd hui Trump qui les soutiennent et ne bannissent nullement les citoyens de ces pays car il a certes ses propres grandes entreprises (NY Times du 26 Novembre 2016) avec 12, 8 et 2 méga-entreprises de Trump successivement dans ces derniers pays? Remarquez qu il a aussi 2 méga entreprises avec l Egypte de Sissi...

Écrit par : Charles 05 | 20/02/2017

Par dimension historique et politique, j’entends cela sur un ensemble qui inclut tous les régimes que la Russie a connus, Charles 05.Parce qu’il y a un rapport au pouvoir qui s’inscrit dans la verticalité.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 20/02/2017

En prolongation de ce qui a été énoncé et commenté ci-dessus, voici:

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2017/02/21/146-millions-d-habitants-170-ethnies-un-president-et-l-occident.html

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 21/02/2017

Excusez mon hors sujet,Hélène Richard-Favre, mais

"L’ambassadeur russe à l’ONU, Vitali Tchourkine, est mort"

http://www.lemonde.fr/international/article/2017/02/20/l-ambassadeur-russe-a-l-onu-vitali-tchourkine-est-mort_5082637_3210.html

C'est à sa mémoire, ... RIP.

ps:

je n'ai pas lu en détails cet article du Le Monde mais il me parait globalement assez équilibré.

Écrit par : Vladimir Trofimov | 22/02/2017

La faute à Staline ?

Poser cette question, Hélène Richard-Favre, c'est déjà y répondre.

Évidemment que la faute est à Voltaire :-)

Sous l'air d'être scientifique, article de Thomas Merle est en réalité très anti russe voir anti soviétique.

Il commence par

« AU PRINTEMPS 2014, alors que la Russie vient d’annexer la Crimée, l’est de l’Ukraine s’enflamme. »

Ensuite, l'auteur continue  avec :

« Les États autoproclamés postsoviétiques sont une carte dans le jeu de Moscou pour empêcher l’extension de l’Union européenne et surtout de l’OTAN. L’Ukraine qui partageait avec la Moldavie et la Géorgie la « tentation de l’ouest » a vu en 2014 ses espoirs de rapprochement avec l’OTAN s’envoler pour longtemps avec le soutien de la Russie aux Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk. »

Ce que je lui reproche du point de vue scientifique c'est son approche purement comptable (nombre d'autres États qui ont reconnu ou non pseudo - État en question) et le fait d'ignorer des essentielles constantes géopolitiques :

- la chute des empires Ottomane et Russe (1ère guerre mondiale)
- génocide des Arméniens par la Turquie (1ère guerre mondiale)
- Staline comme successeur de Lénine et l'opposant à Trotski (guerre civile russe)
- pacte Ribbentrop – Molotov (début de la 2ème guerre mondiale)
- les accords de Yalta (février 1945) (fin de la 2ème guerre mondiale)
- tout récemment les accords de Minsk (février 2015) (guerre froide post 1991)

ou de les traiter de façon superficielle :

- éclatement de l'URSS (guerre froide)

Voici une petite liste des points évoqués par l'auteur avec lesquels je suis en désaccord parce que soit c'est faux, soit c'est sans preuve, soit c'est hypocrite.

INSTRUMENTALISER.

Le mot est utilisé deux fois, chaque fois je ne suis pas d'accord.

« En 1922, J. Staline affirme son pouvoir personnel et sous couvert d’une « politique des nationalités », instrumentalise et accentue les divisions et tensions dans de nombreuses régions de l’URSS, lui donnant la main pour arbitrer et décider seul. »

« Les tensions potentielles sont ... instrumentalisées durant l’essentiel de la durée de vie de l’URSS. »

KOSOVO

Ses références au Kosovo sont hypocrites

« La reconnaissance de leur indépendance effective s’éloigne jour après jour, le Kosovo restant une exception. »

ABKHASIE

« Quant à l’Abkhazie, elle n’entend pas quitter la tutelle de la Géorgie pour se retrouver encore plus diluée dans l’immense et puissante Russie »

C'est faux, l’Abkhazie n'est pas sous «  la tutelle de la Géorgie ».

Les numéros de téléphone en Abkhasie sont russes (commencent par +7) et le rouble est leur devise actuelle.

DONBASSE

L'auteur ne parle pas du tout des accords de Minsk pourtant c'est là où ça se joue aujourd'hui l'avenir de l'Ukraine, de la Russie et donc de l'URSS renouvelée (perestroennogo, perestroïka) dans le sens de Gorbatchev.

Ce n'est pas par hasard que Poutine voulait que le traité Minsk-2 soit signé à Minsk (capitale de la RSS de Biélorussie) le 11 février 2015, le jour du 70e anniversaire des accords de Yalta. C'était fait le 12 février, à cause d'une nuit imprévue des pourparlers qui ne s’arrentaient pas.

Écrit par : Vladimir Trofimov | 23/02/2017

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