22/02/2017

Pourquoi devient-il de moins en moins aisé de parler de la Russie

 

La dimension politique susceptible d’apparaître, ici ou là, sur ce blog, dans les sujets traités ou dans les commentaires qui les suivent, n’a jamais été une priorité, quoi qu’en pensent certains esprits futés sinon avisés.

Force est de constater, toutefois, que la question russe est devenue si sensible qu’il semble ne plus être possible d’en parler sans, de fait, être considéré comme propagandiste au service d’un pouvoir qui cumule tout ce qui est contraire aux valeurs revendiquées par nos démocraties occidentales.

Preuve en a été rappelée, icide l’accueil réservé par une certaine presse au discours prononcé par Andreï Makine lors de sa réception à l’Académie française.

Si donc, désormais, la Russie ne peut plus être envisagée que comme pays tenu par celui qu’on n’hésite parfois même plus à présenter comme un dictateur -avec ou sans point d’interrogation  comme il en fut discuté il y a trois ans déjà alors l’information, dans nos démocratie, n’en est tout simplement plus.

Mais peut-être qu’une raison existe à pareille orientation qui ne s’avoue, bien sûr, jamais et qui ne paraît plus échapper à nombre de personnes.

En témoigne cet article qui livre un point de vue non dénué d’intérêt. 

 

Commentaires

N’ayant pas pu pomper toutes ses richesses sous le néfaste règne de Elstine, règne préparé de longue date par une cinquième colonne prenant ses ordres à New York, tous les moyens ont été mis en action pour diaboliser ceux qui ont commencé à résister au pillage et au suicide, le mot n’est pas trop fort, de la Russie ou de l’URSS, la dénomination importe peu. Car actuellement les idéologies sont passées au second plan. Le seul but est la possession des richesses matérielles et sur ce point la Russie est un énorme réservoir. C'est par elles qu'on se rend maître du monde.

Écrit par : Michel Mottet | 22/02/2017

Il me semble qu'il devient de moins en moins aisé de parler de quoi que ce soit en positif !
La crédibilité de la presse est remise en question de façon systématique ou alors, on ne croit que ce qui peut aller dans le sens qui convient à son crédo personnel. Il n'est pas fréquent de trouver l'énergie de penser contre soi-même, de remettre en question ses convictions et de s'ouvrir à d'autres hypothèses, de laisser de la place pour un léger doute ou pour la patience d'attendre la suite des événements.

Je suis très mal placée pour me prononcer au sujet d'une distorsion systématique en ce qui concerne la Russie, mais je dirais qu'il nous manque beaucoup d'informations en provenance de sources diversifiées. Il est difficile de se faire une opinion éclairée. Comme d'ailleurs pour beaucoup de pays à travers le monde.
Il faut relever le fait, que les médias ne sont pas non plus en train de dire du bien des USA, de l'EU, de la France, de l'Allemagne ou de la Grande Bretagne post-Brexit. Ni d'ériger les dirigeants chinois, israéliens, africains en exemple de la bonne gouvernance. Pour n'en citer que quelques uns.

La critique est la norme et les nouvelles contradictoires également.

A propos d'Andreï Makine :
N'est-il pas remarquable que l'Académie française accepte un étranger dans son cénacle ?
Dans ce cas précis, on ne peut pas parler d'attitude hostile.
En France, il existe encore des milieux capables de distinguer des personnalités éminentes sans préjugé aucun.

Écrit par : Calendula | 22/02/2017

Calendula,

En réponse à ce que vous écrivez ci-après:

"A propos d'Andreï Makine :
N'est-il pas remarquable que l'Académie française accepte un étranger dans son cénacle ? »,

Andreï Makine n’est pas « un étranger ». Il est Français...

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 22/02/2017

Hélène Richard-Favre,

J'ai ma version personnelle de la réponse à votre question.

§1

« En décembre 2012, la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, a exprimé publiquement ses craintes concernant le risque de «re-soviétisation» des pays d’Europe de l’Est et d’Asie centrale par la Russie, dans l’objectif de créer l’URSS du 21e siècle. »

http://globalbrief.ca/blog/2013/11/11/lunion-economique-eurasienne/

§2

Aujourd'hui, pour beaucoup de gens Poutine est devenu un mythe, pour chacun le sien. Mais il y a des choses dont on peut être presque sûr.

C'est que Poutine était un agent des renseignements soviétiques, agent professionnel. Pas un vulgaire agent du KGB qui s'occupait à surveiller les dissidents soviétiques mais bien un agent des RENSIGNEMENTS.

En russe ça s'appelle, разведчик, razvedchik.

§3

Ces gens là ont leurs méthodes de travail et ils ont accès aux informations les plus véridiques qu'elles puissent être.

Et si un agent des renseignements est en plus un patriote de son pays (c'est presque toujours le cas), je ne vois pas où est le mal si un jour il arrive à occuper le poste suprême, le poste du Président dans le cas de la Russie.

Au contraire, c'est plutôt bien qu'autre chose et peu importe s'il arrive au pouvoir par des voies pas toujours 100% démocratiques. C'était le cas de Poutine qui, le 31 décembre 1999, a été nommé par Eltsine comme son successeur. Cela pourrait signifier qu'à l'époque Eltsine a été déjà sous contrôle des patriotes issus des services secrets russes.

§4

Ensuite, en 2005,

« Selon Vladimir Poutine, la chute de l'URSS fut une « catastrophe »

http://www.la-croix.com/Archives/2005-04-26/Selon-Vladimir-Poutine-la-chute-de-l-URSS-fut-une-catastrophe-_NP_-2005-04-26-234709

§5

Donc, Michel Mottet, je ne peux pas être d'accord avec vous quand vous écrivez

«résister au  pillage et au suicide, le mot n’est pas trop fort, de la Russie ou de l’URSS, la dénomination importe peu. »

La Russie ce n'est pas une autre dénomination de l'URSS, c'est l'une des 15 républiques de l'URSS éclatée en 1991 en 15 états indépendants (ex -républiques soviétiques)

Ce qu'il faut comprendre est que la guerre froide contre l'URSS commencée par le célèbre discours de Churchill à Foulton en 1946, ne s'est pas terminée en 1991.

L'éclatement de l'URSS était un pas presque décisif vers la fin de l'URSS mais ce n'était pas encore la fin.

La guerre froide a continué. Le but en n'étant pas de piller qui que ce soit mais d'achever complètement l'URSS: politiquement et militairement.

La guerre froide n'était jamais la guerre pour le contrôle des ressources.

L'ascension de Poutine au pouvoir en Russie (ex-RSFSR, ex-république soviétique de Russie, https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_socialiste_f%C3%A9d%C3%A9rative_sovi%C3%A9tique_de_Russie) en 2000 a changé la donne.


C'est pour ça que Hilary Clinton a tiré le sonnet d'alarme en 2012. Elle a compris que Poutine a réussi, et de longue date, de renverser le cours des choses dans la guerre froide dans sa période post 1991.

§6

Maintenant il est simple à comprendre pourquoi il n'est « pas aisé de parler de la Russie ».

Parce que c'est la guerre que l'Occident n'avoue pas mais qu'il continue contre l'URSS et en particulier contre la Russie de Poutine (contre ex-RSFSR), le presque seul pays (il y a encore la Biélorussie et 3 autres ex-républiques soviétiques qui, avec la Russie forment Union économique eurasiatique https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_%C3%A9conomique_eurasiatique ) qui résiste à merveille à l'Occident agressif et envahissant (élargissement de l'OTAN etc) et qui maintenant avance bien ses pions sur le « Grand échiquier » de Zbigniew Brzezinski.

Le but pour l'Occident étant à abattre le pole de résistance principal qui est la « Russie  post-1991. »

§7

Ce qui s'est passé presque inaperçu dans les grands médias aux service de l'Occident, est que le jour de la récente conférence sur la sécurité à Munich, Poutine a signé le décret de la reconnaissance par Russie des passeports délivrés par les républiques de Donbasse – DNR et LNR.

Tout comme la reprise d'Alep en Syrie la veille de Noël, cette reconnaissance presque de facto de deux républiques de Donbass est un coup de maître, un pion bien avancé par Poutine dans le lard de l'Occident pourri.

Écrit par : Vladimir Trofimov | 22/02/2017

Vladimir Trofimov,

S’agissant de la reconnaissance des passeports délivrés par les Républiques du Donbass, oui, il en a été fait mention ici ou là et bien précisé, aussi, que la reconnaissance accordée l’avait été avant tout pour des raisons humanitaires.

Pour le reste, vous qui avez commenté, tout à l’heure, ce sujet: http://voix.blog.tdg.ch/archive/2017/02/20/la-fute-a-staline.html#comments, l’article qui y est cité et qui évoque le statut de ces républiques auto-proclamées a dû vous intéresser. Il traite, en tous les cas, la complexité de situations issues de la chute de l’ex-URSS sinon de temps qui l’ont précédée...

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 22/02/2017

"Et si un agent des renseignements est en plus un patriote de son pays (c'est presque toujours le cas),"
Tout est dans le "presque". (...) je vous souhaite une bonne lecture de ce document (quoique "bonne" ne me semble pas le mot le plus approprié en l'occurrence, car ce qu'on y apprend est plutôt de l'ordre du cauchemar):
http://www.wanttoknow.info/911/Collateral-Damage-911-black_eagle_fund_trust.pdf
Extrait: " Over 300 of these KGB traitors who supported this operation would later be re-located to the US in the early 1990s and pensioned."
300... "presque"...

Écrit par : Charles | 22/02/2017

@ Hélène Richard-Favre,

J'ai parcouru la biographie de A. Makine et vous avez bien sûr raison.
A. Makine a obtenu la nationalité française en 1996, à l'âge de 39 ans.
Il a un destin tout à fait hors du commun, c'est une sorte d'adoption de la langue française et par la langue française.
Je n'ai pas compris, s'il a perdu sa nationalité d'origine.

Selon Wikipedia:

"Andreï Makine est né à Krasnoïarsk en Sibérie le 10 septembre 1957. Dès l’âge de quatre ans, il devient bilingue grâce à une vieille dame française qui s'occupe de lui ; elle est nommée Charlotte Lemonnier et présentée comme la grand-mère du narrateur dans le roman autofictif Le Testament français. (...) En 1987, à trente ans, il s'installe clandestinement à Paris puis demande l’asile politique, qu'il obtient. (...) L’obtention du Goncourt lui vaut, entre autres, d'obtenir la nationalité française en 1996, ce qui lui avait été précédemment refusé."

Mon propos était de dire qu'il existe tout un domaine, dans lequel les personnes peuvent évoluer en-dehors des catégories qui enferment.

Écrit par : Calendula | 22/02/2017

Effectivement, il y avait moins d'animosité au temps de la guerre froide. Parce que l'"ennemi était circonscrit et l'Europe était en construction. L'Europe,culture et continent, non pas l'Union européenne.
aujourd'hui la construction européenne subit revers sur revers, stigmatisée par la notion de l'Ami américain et l'Ennemi soviétique. Oui, soviétique, parce que les médias confortent les citoyens européens dans cet esprit, caduque.
La peur envahit les gens. Les citoyens expriment une peur basique et instinctive.
L'économiste et le politique utilisent cette peur basique pour ajouter la leur, qui, elle est essentiellement politique et économique.

Écrit par : Triphon | 22/02/2017

"La peur envahit les gens."
Il est surprenant que le battage de la presse corrompue ne parvienne apparemment pas à duper les opinions publiques sur le nom du pays qui représente la plus grande menace pour la paix.
Les résultats de sondages sur cette question sont affichés sur cette carte, qui montre que la grande majorité des opinions publiques des pays désigne les États-Unis (21x), puis l'Iran et Israël (4x), la Chine (3x), la Syrie (2x dont la France!), la Russie (Pologne!), la Corée du Nord, la Libye, la Somalie (1x).
Dommage, la question n'a pas été posée en Arabie, ni en Égypte. Ni en Suisse.

Écrit par : Charles | 22/02/2017

Et à propos de patriotisme:
https://fr.sputniknews.com/culture/201702221030200707-hollywood-film-acteur-russe-refuse-projet-politise/

Autre série d'émissions sur FranceCulture, à 9h00, la fabrique de l'histoire, sur 4 jours:
https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire/revolutions-russes-34-installer-la-revolution
Je n'ai pas (encore) écouté, et donc je ne sais pas ce que ça vaut...

Écrit par : Charles | 22/02/2017

Il semblerait que j'ai oublié de mettre le lien vers la carte:
https://static.independent.co.uk/s3fs-public/styles/story_large/public/thumbnails/image/2017/02/20/15/world-map-crop.jpg

Écrit par : Charles | 22/02/2017

""Pourquoi devient-il de moins en moins aisé de parler de la Russie"

Faudrait il que nous restions toujours sur le défensif en soutenant la Russie ?. Parfois, j ai l impression qu un sentiment d être "coupables" nous habite en défendant la Politique Russe, politique très juste à mon humble avis. Et de même quand on défend la Russie contre laquelle des odieuses Sanctions européennes et américaines ont été décrétées à ce jour, sanctions qui valent une vraie guerre contre la Russie mais qui ne dit pas son nom?

Faudrait il rester sur le défensif ou plutôt être sur l offensif avec objectivité comme Sputnik et RT font et que nous pouvons encore lire tant que la CSA française les autoriserait encore à être diffusés, entre autres en France et surtout que ça risque, hélas, de ne plus durer du moment où Hollande s est mis à l "oeuvre et/ou au bon boulot" pour les interdire durant les 60 jours qui lui restent...

Connaissez vous la meilleure sur ces médias russes "porte parole des Services secrets russes et de Poutine":""Ces "Salauds" de hackers russes et de services secrets se sont cassés les dents en cherchant le Programme de Macron mais comme "programme", ils n ont rien trouvés , c est le néant!

Écrit par : Charles 05 | 22/02/2017

Merci Hélène Richard-Favre de m'avoir indiqué cet autre sujet de blog ( « La faute à Staline? » ), sujet ayant trait en particulier à la problématique de "reconnaissance - non reconnaissance" des républiques autoproclamées de Donbasse.

Je vais essayer peut-être de le commenter tout en sachant que l'article que vous y citez est très dense et très long.

http://www.diploweb.com/Les-Etats-autoproclames.html

Il refléterait la thèse sur ce sujet qu'a soutenu Thomas Merle:

« Les États autoproclamés (quasi-États) : modélisation à partir des cas de la périphérie de la Russie »

http://www.theses.fr/s139035

Pour l'instant je rajouterai juste qu'il est impératif de traiter cette question de Donbasse sous l'angle des accords de Minsk accords que très peu des citoyens lambda comprennent (et/ou dont très peu des citoyens lambda se rappellent) et qui ne seraient pas évoqués par Thomas Merle qui est un universitaire français. En particulier, la reconnaissance des passeports des républiques de Donbasse par la Russie sort du cadre de ces accords

Également, il est à remarquer que article de Thomas Merle commence par la phrase

« AU PRINTEMPS 2014, alors que la Russie vient d’annexer la Crimée, l’est de l’Ukraine s’enflamme. » phrase qui discrédite immédiatement son auteur à mes yeux.


@ Charles,

Merci de votre lien. Si ce qu'on y dit au sujet de 300 traîtres au sein du KGB soviétique s’avérait vrai je retirerais « c'est presque toujours le cas » de ma

« Et si un agent des renseignements est en plus un patriote de son pays (c'est presque toujours le cas), »

De toutes façons, mon sujet y était la figure non édite du président russe Vladimir Poutine. Et là dessus je pense qu'on sera d'accord tous les deux.

Écrit par : Vladimir Trofimov | 23/02/2017

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