01/10/2017

Moix-Angot-Rousseau, à chacun son combat

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Ce qui s’est passé, ce samedi 30 septembre sur le plateau d’On n’est pas couché, est loin de relever du fait divers ou de l’anecdote. Il a été révélé que, lors de l’enregistrement de l’émission, Christine Angot avait quitté sa place pour aller se réfugier dans sa loge.

Au-delà du buzz retenu par certains commentateurs qui relatent l’échange entre l’écrivain et l’ex-secrétaire du parti Europe Ecologie Les Verts, c’est une véritable question humaine qui s’est affichée sur le petit écran tandis que deux femmes s’affrontaient pour avoir subi l’inceste pour Christine Angot, le harcèlement et l’agression sexuels pour Sandrine Rousseau.

Chacune à sa façon a réagi, toutes deux ont été blessées, les vidéos diffusées en témoignent.

Cela dit, le père, le frère, l’oncle, le passant ou le voisin qui viole l’enfant commet un acte autre que celui qui agresse une adulte. En ce sens, les deux femmes qui se sont affrontées sur le plateau de Laurent Ruquier et Yann Moix qui s’en est aussi mêlé, ont connu un mal distinct.

Cela n’ôte en rien son intensité. 

Cela indique juste que le combat de chacune et de chacun a son sens et que n’existe aucun monopole de la souffrance.

  

Commentaires

Hélène Richard-Favre évoque ici un sujet majeur de la société. Il touche tout l'univers, dans toutes ses cultures, même les plus établies. Il faut y ajouter, sans que ce soit un degré moindre, les jeunes filles qui, sans violence pour autant, entrent dans la vie sexuelle sans douceur, sans tendresse, par mensonge, pour la simple satisfaction du faux héros d'un jour, sans qu'elles se rendent comptent de ce qu'on leur a volé, leur enfance, sans se rendre compte de ce qu'on leur a menti. Et les chagrins futurs, d'elles et des uns, qui se cacheront dans des silences, pour dissimuler les mensonges, peineront à étouffer les interdits sanglots qui couvent à jamais.

Écrit par : Gérard BIENVENU | 01/10/2017

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Ok mais quels sont les fondements d'une réaction aussi violente de la part de Mme angot ? Je ne lui trouve pas d'excuse. Mme Rousseau a fait preuve de calme et de gentillesse face à l'écrivaine que je ne désire en aucun cas lire.

Écrit par : bourgeois i | 01/10/2017

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Dictature des sentiments et des réactions personnelles, voires hystériques?
Il est facile de hurler quand on nous pîque mais moins de comprendre son interlocuteur. Chose que plus grand monde ne fait de nos jours. On juge, on condamne en un tour de neurone et tout le monde se bat.
Mais bon, on sait pourquoi on nomme le petit nerf très sensible à l'intérieur du coude, le "petit juif". Ouch, la médecine serait-elle anti-...

Écrit par : EIO | 01/10/2017

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Le crime commis sur ces deux femmes est ignoble je m appercois en parlant avec des femmes que le viol et l inceste sont des actes commis tres courament .Il n y a pas de tabous il faut parler efin que les auteurs soit punis comme il se doit et que vous soyez soulagees du lourd tres lourd fardaud que vous portez .Un tres grand respect a vous deux pour votre courage ALAIN

Écrit par : LANGE Alain | 01/10/2017

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Tant que des viols sur adultes et enfants, garçons ou filles, sont commis par des riches, des puissants, des juges et d'autres salopards innommables de l'establishment, vous pouvez toujours courir que ces comportements horribles disparaissent comme par enchantement...

Écrit par : Gabor Fonyodi | 02/10/2017

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Et autre point de vue qui va, de manière certes plus développée, dans le sens de ce qui a été proposé ici.

https://m.slate.fr/story/151976/il-ne-faut-pas-condamner-christine-angot-pour-les-larmes-de-sandrine-rousseau

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 02/10/2017

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La séquence télévisuelle en question est incroyablement intéressante, même si elle est à la limite de l'insupportable. La question étant : peut-on parler publiquement de ce sujet sans tomber dans une émotivité excessive ?
Il était difficile de voir les larmes et peut-être encore plus difficile d'assister à la colère indignée.
Comme le dit si justement Claude Askolovitch dans l'article de "Slate" donné en lien, ces deux femmes ne parlent pas de la même chose.
On n'ose presque plus utiliser le verbe "parler", titre du livre de Sandrine Rousseau.

Plutôt en début d'émission, Christine Angot fait un distinguo très pointu entre "dire" et "parler". Il faudrait "dire" les violences sexuelles et ne pas en "parler". Si j'ai bien compris, "dire", c'est mieux que "parler" et il se pourrait que "dire" soit littéraire et légitime ( c'est ce qu'elle a fait en écrivant des romans à ce sujet) et "parler" c'est une sorte de blabla et c'est ce qu'aurait fait S. Rousseau et ce serait illégitime.
En l'occurrence, il s'agit d'un écrit qu'il faudrait avoir lu, mais là, on passe dans une quatrième dimension ...
On croit comprendre que C.Angot a arrêté de lire à la page 56, elle n'a donc pas lu jusqu'au bout, parce que la page 56 lui était insupportable.
Elle affirme qu'il est impossible pour autrui de vraiment écouter une personne ayant subi une agression sexuelle, donc mieux vaut ne pas en parler. Raconter ce qui s'est passé équivaut à se profiler en victime et c'est perdre sa dignité.
Je ne considère pas que crier sur un plateau de télévision est comble de la dignité, mais là n'est pas la question !
On l'écoute dire cela, longuement. Elle réclame que l'on l'écoute. Mais elle-même, a-t-elle écouté Sandrine Rousseau ? C. Angot n'a pas lu tout le livre et elle ne comprend pas non plus que S. Rousseau a un objectif "politique". Elle dénonce un fonctionnement schizophrène du parti auquel elle appartient. L'objectif n'est pas littéraire, il est de dénoncer ce que S. Rousseau présente comme une réalité : un homme de son parti politique aurait commis ce que l'on qualifie d'agression sexuelle. Ce genre de pratique pèserait sur les carrières des femmes en politique, bien au-delà du parti EEV, qui lui, se veut explicitement féministe.
A mes yeux, C. Angot n'a pas aidé par ses critiques et sa façon excessivement émotive de s'exprimer à comprendre ce que des femmes politiques pourraient mieux faire, comment elles pourraient "se débrouiller" autrement qu'en en "parlant". Elle a disséqué des mots de l'autre, les a examinés à la loupe pour les disqualifier, mais n'a pas proposé que "dire".
Voici ce qui me reste : Il faut se débrouiller en se taisant, si on ne veut pas exciter la colère de Christine Angot.
Elle ne veut pas être vue comme la victime de son père incestueux, mais sa colère montre malgré tout qu'elle ne s'est pas encore complètement débrouillée pour avancer. Les contradictions criantes ne parlent pas en faveur de sa démarche à elle. Cela ne valide pas pour autant celle de Sandrine Rousseau, à moins que ce grand déballage ne soit suivi de véritables changements dans les comportements.

Écrit par : Calendula | 03/10/2017

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Merci d'avoir attiré mon attention sur cet évènement pas banal.
Je comprends vos réserve et la neutralité de votre billet qui dénotent une intelligence intuitive remarquable.
Car il faut être fou pour prendre position dans un tel débat.
Sans entrer dans les détails, j'observe surtout les traits, les marques du temps sur les visages, les expressions que je mets en parallèle avec les arguments, souvent froids malgré quelques larmes.
Car pour assurer un mandat politique, il s'impose d'exercer les arts de la polémique et d'un discours porteur.
Mon esprit discriminant est évidemment séduit par l'indignation de Christine Angot, mais je suis incapable d'évacuer le capital de sympathie intuitive pour Sandrine Rousseau qui n'est pas une victime d'agression sexuelle, mais qui représente toute la beauté et l'attirance d'une spontanéité un peu naïve pour une élue mais au combien rafraichissante devant le fatalisme et la lourdeur de celle qui a été marquée au fer rouge. Le mental est une arme qui se retourne souvent contre ceux qui l'utilisent.

Écrit par : Pierre Jenni | 03/10/2017

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Merci à vous, Calendula et Pierre Jenni.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 03/10/2017

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Je félicite, d’abord, Hélène Richard-Favre, d'aborder ce sujet d'une importance capitale mais non résolue, avec son style, sa délicatesse et sa volonté de coller au plus juste de la réalité, objective, dans le respect de sa qualité de linguiste. (C'est sa formation qui l'incite à écrire de cette manière, qui n'est nullement cosmétique. Je comprends aussi les intervenants, qui, oubliant un peu ce style, ont parfois des réactions plus abruptes, mais fondées. Qu'ils comprennent le fond, c'est méritoire, mais qu'ils répondent dans le même esprit.)
Cette parenthèse linguistique close, je reviens au sujet de base: Le bug est, qu'au moment de la diffusion, tronquée, donc malhonnête, de l’émission *phare de Fr2*, et ceci n'est pas à l'honneur de Mme Barma, ni de M Ruquier, ni de leur comparses, dont Yann MOIX qui m'a déçu, ce soir là, d'avoir agi à sa manière.
Quand on engage Christine Angot, ce n'est pas pour faire de la figuration, c'est appeler quelqu'un d'engagé, en souhaitant profiter positivement de sa critique, y compris la provocation, dont nous avons déjà l'exemple! Mme Angot a accepté ce deal et je ne saurais le lui reprocher.

Maintenant, la confronter à Mme Sandrine Rousseau c'est chercher cette horrible volonté de faire du Buzz, de l'audience donc de l'argent. Ces 2 femmes, et bien d'autres, ont souffert de contraintes sexuelles. Toutes en ont souffert. Une échelle (qui pourrait l'établir?) de la souffrance personnelle est intolérable. Point. Toute gradation, juridique, émotionnelle ou physiques ont insoutenables en face d'une atteinte intime de la personne.

Ici la nuance n'existe pas.

Écrit par : Tryphon | 06/10/2017

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