04/02/2018

Entre coquille insistante, condescendance et mépris, on se demande où est l’inénarrable...

Capture d’écran 2018-02-04 à 15.15.56.png

Le Midi Libre rend compte de la cérémonie de commémoration du 75e anniversaire de la bataille de Stalingrad organisée à Montpellier.

Il faut lire le ton sur lequel l’article est présenté et intitulé. Entre condescendance et mépris, l’émotion qui s’est emparée du journaliste a dû être conséquente pour que l’événement qui s’est tenu le 2 février, soit évoqué à plusieurs reprises en date du 2 janvier.

Et ce même intense état émotionnel a dû tout autant saisir la rédaction du journal qui n’a pas même relevé ce qui aurait pu être pris pour une coquille mais qui, dans le contexte, trahit tout le respect porté à l’Histoire et à la mémoire du sang versé. Il s’agit juste de celui de quelque vingt-cinq millions de Soviétiques, pas de quoi, sans doute, s’en laisser conter.

Ce qui importe est de mettre l’accent sur la visibilité de l’événement dans les médias russes, étant bien précisé que le premier d’entre eux y a accordé trois  minutes, ce qui, en temps médiatique est non négligeable. De fait, qualifié par le journaliste d'inénarrable.

Paix aux victimes et que résonne encore et encore les accents de cette bouleversante chanson déjà évoquée ici

  

Commentaires

Il nous vient ce chant de Pablo Neruda, 1942,
«Canto de amor a Stalingrado» ...

Puis cette apothéose composée à l'issue de la victoire du 2 février 1943 :

"La France revient à ses éternelles barricades,
dans une bannière de rage drapant
ses larmes fraîchement séchées.
Tu n’es plus seule, Stalingrad"

Car qu'importe l’inculture d'un journalope boutonneux - en fait, un pigiste bas de gamme - acquis à la doxa de la Botulosphère.
Car à une autre époque, peut-être aurait-il suivi la voie d'un Charles Lesca, dans les années 1940, au sein du torchon "Je suis partout" ...
... crevant de la même haine, mais sans courage ni talent

Écrit par : Jean-François Pierre | 04/02/2018

Mme H.R.-F., est ce à tout hasard, c est bien celle-là la traduction française de cette bouleversante chanson (grues)citée en fin de votre article chapeau? Sinon à ne pas la publier bien entendu.

Merci et Bien à Vous.
Charles 05
-------------------------
http://lyricstranslate.com/fr/%D0%B6%D1%83%D1%80%D0%B0%D0%B2%D0%BB%D0%B8-grues.html#ixzz569jndaIo

Il me semble, parfois, que les soldats
Qui ne reviennent pas des champs ensanglantés,
Se sont couchés un jour, ailleurs que dans notre terre,
Et se sont transformés en grues blanches.

Depuis lors, et aujourd'hui encore,
Ils volent et nous font entendre leur voix.
N'est-ce pas pour cela que, si souvent,
Nous nous taisons pour regarder tristement le ciel?

Les grues lasses volent en V dans le ciel,
Dans le brouillard, à la tombée du jour,
Et il y a un petit espace dans cette formation,
Peut-être est-ce une place pour moi.

Le jour va se lever et, de la volée de grues,
Je flotterai dans cette même brume bleuâtre,
En vous interpellant, comme un oiseau, dans le ciel,
Vous tous, que j'ai laissés sur terre.

Il me semble, parfois, que les soldats
Qui ne reviennent pas des champs ensanglantés,
Se sont couchés un jour, ailleurs que dans notre terre,
Et se sont transformés en grues blanches...
------------------------

Écrit par : Charles 05 | 04/02/2018

Merci beaucoup, Charles 05, oui, c'est bien de cette chanson dont il s'agit. Elle date de la seconde guerre mondiale et évoque les grues ramenant les âmes des soldats morts ...

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 04/02/2018

"L’Inénarrable" pour "Le Midi Libre" No 1. La bataille de Stalingrad est l'une des plus sanglantes et des plus coûteuses en vies humaines de toute l'histoire militaire. La Wehrmacht perd 380 000 hommes, tués, blessés et prisonniers. Les Soviétiques ont 487 000 tués et 629 000 blessés. Dans la ville même et ses environs, les Soviétiques auraient relevé 150 000 cadavres allemands. Le 2 février 1943, plus de 91 000 Allemands survivants se rendent, dont 2 500 officiers, 24 généraux et un maréchal : Paulus. C'est la première fois de l'histoire militaire allemande qu'un officier de ce rang est capturé.

"L’Inénarrable" pour "Le Midi Libre" No 2. La rafle de Marseille s’est déroulée dans le Vieux-Port les 22, 23 et 24 janvier 1943. Accompagnés de la police nationale, dirigée par René Bousquet, les Allemands organisent alors une rafle de près de 6 000 personnes, 1 642 furent déportées, dont 782 Juifs (3 977 personnes furent relâchées)1, ainsi que l’expulsion globale d’un quartier, avant destruction. Le général SS Carl Oberg, responsable de la police allemande en France, fait le voyage depuis Paris, et transmet à Bousquet les consignes venant de Heinrich Himmler. Les 22 et 23 janvier 1943, la rafle s'est étendue au quartier de l'Opéra où vivaient de nombreuses familles juives, en raison de la proximité avec la grande synagogue de la rue Breteuil. Deux cent cinquante familles ont été raflées, tôt le matin, avec une brutalité inouïe, les gens emmenés dans la tenue dans laquelle ils étaient au moment où les policiers ont franchi la porte, sans bagage ni objet personnel ; les familles ont été séparées dès le moment de l'arrestation, et ne se sont jamais retrouvées.

Écrit par : Pavel Katchalov | 05/02/2018

Merci, Pavel, de ce rappel, en effet et sans doute « inénarrable » pour l’auteur de cet article du «  Midi Libre » et de sa rédaction...

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 05/02/2018

Cela dit, après le tweet que j’ai adressé au « Midi Libre », comme par hasard et sans la moindre remarque ou commentaire, la coquille vient d’être -enfin- corrigée.

Le reste attendra ou pas, cela, c’est une tout autre question...

http://www.midilibre.fr/2018/02/03/montpellier-et-sa-commemoration-de-stalingrad-au-journal-televise-russe,1623342.php

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 05/02/2018

Je constate que Montpellier (s'agit-il des autorités municipales ?) a organisé une cérémonie commémorative de cette très grande bataille, tournant de la 2è guerre mondiale. J'avais assisté à Paris en 2013 à la commémoration des 7O ans de cette bataille organisée par différentes associations sur la place Stalingrad. Y étaient présents et ont pris la parole : l'ambassadeur de Russie, un amiral russe. J'avais reconnu l'historienne Annie Lacroix-Riz. En revanche aucun officiel de la mairie de Paris, ni du gouvernement français !!!

Écrit par : Ginet Nicole | 15/02/2018

Les commentaires sont fermés.