11/07/2018

Le poids du pouvoir

 

Souvent, pour évoquer une certaine perception de notre monde actuel, évoque-t-on l’oeuvre de Georges Orwell, 1984.

Parue en 1949, elle traite d’un univers totalitaire auquel est comparé celui vers lequel d’aucuns estiment que nous nous dirigerions aujourd’hui.

De même découvre-t-on aussi, commenté sur les réseaux sociaux, cet extrait de l’adaptation cinématographique de l’ouvrage de Georges Simenon, Le Président. Paru en1958, il a été adapté pour le cinéma en 1961 par Henri Verneuil.

Ces deux références au patrimoine littéraire sont intéressantes à divers égards. Certes, on peut y lire ce qui apparaît comme capacité d’anticipation de la part de leurs auteurs.

Mais il n’est pas non plus interdit d’y voir ce qu’elles indiquent de constantes aux plans socio-politique sinon humain. 

Dresser ce constat n’équivaut pas à s’y résigner.  

Mais au moins à faire la part des choses entre ce qui relève de pratiques d’autant plus vite attribuées à tel ou tel camp politique alors qu’elles sont le plus souvent le lot de tous.

Asseoir un pouvoir à quelque niveau soit-il exige qu’on lui sacrifie ce qui le menace. Aussi bien se pose la question des multiples relations susceptibles de se nouer entre littérature et politique.

 

Commentaires

Les reproches à l'état sont vieux comme ce monde. Tacite dans son utopie sur " La Germanie " purement imaginaire flétrit déjà l'empire Romain de sceau du " latrocinium magnum " (" la grande bande de brigands ") ; mais ne quittait pas Rome pour aller vivre parmi " les Germains épris de liberté ". Beaucoup plus rare étaient les penseurs assez misanthropes pour proposer à l'humanité de se bien regarder dans le miroir. Sigmund Freud, épris plutôt de vérité dans " La Malaise dans la culture " dit des choses pour toujours désagréables sur les hommes (et sur les femmes -- n'en doutons pas), justifiants en quelque sorte ce monopole (qui implique l'obligation de l'exercer) sur la violence, qui se réservent les états dits les plus civilisés (" latrocinii magni " -- selon Tacite et ses suiveurs innombrables dans les siècles, promettant dire toutes les vérités " sine ira et studio " (" sans l'ire et sans partialité "), les capacités, dont Tacite lui-même n'était point l'exemple. Freud dit, donc, que : " L'homme n'est point cet être débonnaire, au cœur assoiffé d'amour, dont on dit qu'il se défend quand on l'attaque, mais un être, au contraire, qui doit porter au compte de ses données instinctives une bonne somme d'agressivité. Pour lui, par conséquent, le prochain n'est pas seulement un auxiliaire et un objet sexuel possibles, mais aussi un objet de tentation. L'Homme est, en effet, tenté de satisfaire son besoin d'agression aux dépens de son prochain, d'exploiter son travail sans dédommagements, de l'utiliser sexuellement sans son consentement, de s’approprier ses biens, de l'humilier, de lui infliger des souffrances, de le martyriser et de le tuer. Homo homini lupus : qui aurait le courage, en face de tous ces Enseignements de la vie et de l'histoire, de s'inscrire en faux contre cet adage ? En règle générale, cette agressivité cruelle ou bien attend une provocation ou bien se met au service de quelque dessein dont le but serait tout aussi accessible par des moyens plus doux. Dans certaines circonstances favorables en revanche, quand par exemple les forces morales qui s'opposaient à ces manifestations et jusque-là les inhibaient, ont été mises hors d'action, l'agressivité se manifeste aussi de façon spontanée, démasque sous l'homme la bête sauvage qui perd alors tout égard pour sa propre espèce. Quiconque évoquera dans sa mémoire les horreurs des grandes migrations des peuples, ou de l'invasion des Huns ; celles commises par les fameux Mongols de Gengis Khan ou de Tamerlan, ou celles que déclencha la prise de Jérusalem par les pieux croisés, sans oublier enfin celles de la dernière guerre mondiale, devra s'incliner devant notre conception et en reconnaître le bien-fondé " (1930).

Écrit par : Pavel Katchalov | 13/07/2018

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Excellent article-chapeau et Chapeau Mme H.R.-F.

Il faudrait croire qu un Président de la République française a plus de pouvoir, toute somme faite, qu un ancien Roi de France.

M. Sarkosy et M. Hollande avaient débuté ce cursus et avaient fait échouer lamentablement la France. Puis, c est M. Macron qui s est intronisé comme le Monarque, voire Le Roi Soleil et même Le Jupiter ou LREM (La Royauté En Marche).

Déjà, M. Macron fait d interminables allocutions qui ressemblaient plus à celles d’un monarque qu’à celles d’un président de la République. Et quand il parle au peuple, il ne parle pas à et de ce peuple mais il parle de lui-même et monologue avec lui-même. Bien qu il se rêve en Louis XIV, mais il agit comme Louis XVI. Louis XIV ne supportait aucune autorité supérieure même celle du Pape malgré qu il était UN Roi dit Catholique. Mais M. Macron agit donc en "hors sol" comme Louis XVI, coupé des réalités de la France, NOTRE pays et de ses concitoyens qu’il méprise en les traitant de “fainéants”, d’ “illettrés” ou d’ “alcooliques"...

In fine et afin de comprendre sa pensée de "Je pense donc tu suis", probablement qu il aurait sidéré le Pape François lors de leur rencontre récente en lui disant:"Je ne suis ni croyant ni incroyant"!! «Trêve de plaisanterie» et pour résumer, M. Macron agit comme David Rockefeller ( vous voyez de qui s agit-il) qui a déclaré en février 1999 à Newsweek : « Quelque chose doit remplacer les gouvernements et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire".

Bien à Vous.
Charles 05

Écrit par : Charles 05 | 14/07/2018

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