03/08/2018

Conséquences de #metoo en question

 

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                                                                                           capture d’écran Léman Bleu

Plusieurs affaires en relation avec du harcèlement sexuel sinon davantage encore, interrogent les relations entre hommes et femmes, de quelque âge soient-ils.

On sait nombre de personnes mobilisées pour défendre les droits des un(e)s et des autres, ce qu’il adviendra de leur combat, l’avenir le dira tout comme il le dit déjà de précédentes luttes féministes, entre autres.

A Genève, un professeur a été radié de l’enseignement secondaire, fait rarissime. Cette sanction prise à l’encontre d’un homme qu’aucune plainte pénale en relation avec du harcèlement sexuel n’avait jusque là visé, interpelle et divise le corps enseignant.

Cela n’enlève en rien la gravité des faits qui lui sont reprochés.

Mais cela questionne le fonctionnement d’une administration publique. Car sous enquête, ce fonctionnaire n’a pas eu le droit, par exemple, de proposer sa démission, alors même qu’il avait reconnu les faits.

La sévérité de la mesure prise à son encontre semble s’inscrire dans un contexte politique sensible.

Commentaires

Mme H.R.-F.,

La question que vous évoquez est intéressante car vous relevez avec beaucoup de finesse la différence entre la Loi et la Morale, si j ai bien compris votre article chapeau. En tout état de cause, les deux renvoient au jugement du particulier par le général.

Enfreindre la Loi mène à des peines. Enfreindre un consensus Moral et général ne mène qu à la désapprobation temporaire mais soulève une crainte que cette "faute non pénalisable par la loi" soit répétée et reproduite encore plus jusqu à enfreindre la Loi. De ce fait, le responsable hiérarchique sent l obligation d agir en préventif et en amont avant qu il soit accusé un peu plus tard d avoir commis une faute car c est ce "responsable hiérarchique" qui risquerait de "casquer".

Il faudrait dire que les mentalités bougent continuellement et la Morale a souvent plus d avance sur la Loi et que cette Morale fait changer les Lois qui ne sont votées que par des femmes et des hommes de la société, dits les Elu(e)s.

In fine, il serait intéressant de se mettre, par exemple, à la place des parents de cette élève majeure harcelée (sexuellement?) par des WhatsApp par son maître d Ecole et savoir ce qu on aurait pu penser. Approuver et saluer ces WhatsApp ou se couvrir de honte et s opprobrer?

Bien à vous.
Charles 05

Écrit par : Charles 05 | 04/08/2018

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Cela s'appelle un retour de balancier. Après avoir été beaucoup trop laxiste pendant de nombreuses années (ou même avoir couvert le dénommé tr), le dip (ou plutôt le conseil d'Etat) a décidé de ne plus rien laissé passer.

Pour se faire une idée, il faut avoir pris connaissance du rapport qui a été diligenté. En voici quelques éléments:
https://www.msn.com/fr-ch/actualite/national/un-ma%c3%aetre-a-d%c3%a9rap%c3%a9-mais-n%e2%80%99a-pas-harcel%c3%a9-des-%c3%a9l%c3%a8ves/ar-AAzH3PB

Il semble que la seule chose qui ait été violée, ce soient les "devoirs liés à la fonction d'enseignant". Mais pas de harcèlement, pas de relation sexuelle. Toujours est-il qu'il faut être sacrément malade dans sa tête pour se filmer sous la douche et être un immense cr..in pour envoyer la vidéo par le net.

Quand on pense que sur les blog.tdg il n'y a pas si longtemps, un ancien prof et directeur de collège cherchait à justifier la "séduction"...

On peut aussi se poser des questions sur le collège de Saussure:
http://www.20min.ch/ro/news/geneve/story/-Ramadan-n-etait-pas-le-seul-prof-a-coucher--22992250?httpsredirect

Une sorte de "culture de collège" ou quoi?
https://www.rts.ch/play/radio/forum/audio/temoignage-dune-eleve-abusee-par-un-enseignant-du-college-de-saussure?id=9046660&station=a9e7621504c6959e35c3ecbe7f6bed0446cdf8da

Écrit par : Daniel | 04/08/2018

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Merci de ces liens, Daniel!

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 05/08/2018

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Mme Richard-Favre,

Je suis surpris par votre phrase conclusive . "La sévérité de la mesure prise à son encontre"...
En définitive cela sous-entendrait presque que le contexte politique lié au "meetoo" serait responsable d'une sanction exagérée contre ce professeur.

Non, franchement, où en est-on ?

Que demande-t-on à un enseignant ? D'amener des connaissances à une classe d'élèves point barre !!

Est-ce nécessaire pour celà d'envoyer des messages ou vidéos équivoques par whatsapp, messages sans aucun lien avec la mission d'enseigner ?

Je me rappelle d'une émission à la TSR sur Ramadan où 3 collègues enseignants (sauf erreur ils faisaient partie du syndicat des enseignants) peinaient à définir la limite entre enseignement et séduction !!! Je croyais rêver.
D'ailleurs c'est un peu le même son de cloche à la fin de l'article du link msn.com proposé par Daniel : cet enseignant "tellement engagé" est soutenu par ses collègues... Traduction : il est tellement bon que ma foi bon, on devrait fermer les yeux sur ses pratiques !!!

Soyons simples et concrets : pour moi les numéros de téléphone portables des enseignants et des élèves font partie de la sphère privée. Il en va de même des adresses mail. Toute communication par ces canaux devrait donc être interdite et les sanctions clairement connues par tous, enseignants et élèves : c'est le renvoi pur et simple.

Ceux qui ne savent pas faire la distinction et ne respectent pas cette limite claire, nette et précise ne sont pas à leur place en tant qu'enseignants.

Le DIP est en train de mettre de l'ordre, tant mieux et réjouissons-nous, il était temps ! Voudrions nous confier nos enfants à de tels individus, prêts à abuser de l'emprise qu'ils ont sur des adolescents traversant une phase critique de leur vie ?

Écrit par : A. Piller | 05/08/2018

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Merci de votre prise de position, Monsieur A.Piller.

Ma conclusion, je la maintiens. Ce qui, je l’ai clairement énoncé, ne diminue en rien la gravité des faits reprochés à ce professeur. Et si j’ai fait intervenir le contexte politique, c’est à raison.

Car sans cette sensibilisation extrêmement médiatisée au harcèlement sexuel, sans les précédentes affaires qui ont visé le DIP de Genève, la question reste posée de savoir si les mesures prises à l’encontre de cet enseignant par une commission qui l’a, de facto, placé dans l’impossibilité de proposer lui-même sa démission, si cette décision donc de le radier de l’enseignement secondaire aurait pu être prise.

Deux affaires sont donc à considérer et à ne pas mélanger l’une avec l’autre. La première concerne les agissements de ce fonctionnaire, la seconde, la sanction prise à son encontre.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 05/08/2018

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Puisque Monsieur Piller nous parle de séduction, voici la discussion sur ce sujet, sujet qui court sur trois articles successifs:
http://jmbugnion.blog.tdg.ch/archive/2017/11/09/le-piege-de-la-seduction-287655.html

Écrit par : Daniel | 05/08/2018

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Mme Richard-Favre,

Ne vous faites pas de souci pour ce "malheureux" enseignant si dûrement sanctionné! Il va bien finir par trouver un avocat en mal de sensationnalisme pour attaquer la décision du Conseil d'Etat !

Que le DIP, courageusement conduit par Mme Emery-Torracinta assume sa responsabilité qui est de créer pour les élèves un contexte favorable à l'enseignement en éloignant les "brebis galeuses" est une excellente chose.

Qu'il présente de lui-même sa démission plutôt qu'être révoqué lui permettrait simplement de sauver la face. Est-ce le but recherché ?

J'aurais préféré une prise de position sur le contenu de mon post... Qu'en pensez-vous ?

Quant à séparer actes et sanction personnellement je ne vois pas tellement où vous voulez en venir. Le contexte a changé depuis les années 70-80, soit... Mais c'est le cas dans beaucoup de domaines.

@ Daniel ; merci pour votre link, vous êtes un vrai archiviste :-)

Écrit par : A. Piller | 06/08/2018

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Monsieur Piller,

J’ai tenu à m’exprimer sur une situation générale, à savoir sur les agissements des uns et des autres au regard d’un contexte socio-politique.

La gravité des faits imputés à cet enseignant son admis et même par lui qui les a reconnus. Aussi bien et s’agissant de la démission qu’il aurait pu lui-même proposer, comme je l’ai écrit, il n’en a pas eu la possibilité, le règlement le lui interdisant tandis que l’enquête était menée par la commission qui l’a sanctionné.

Pour le reste, l’enseignant sanctionné a déjà, non seulement un mais deux avocats.L’un d’eux s’est exprimé dans les colonnes de la Tribune de Genève. L’affaire n’en est donc qu’à ses débuts et rien n’indique que le DIP n’en sorte gagnant.

Si, comme le relevaient certains commentateurs, le professeur remporte son procès, ce qui est très probable, je vous laisse imaginer la suite.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 06/08/2018

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Personnellement je pense qu'il est mal barré. Vu l'ambiance générale.

Il faudrait savoir ce que disent les textes. Vu qu'on lui reproche d'avoir "violé ses devoirs de fonction". Quels sont ces "devoirs"? Vu qu'on ne lui reproche rien de pénal, et pas de harcèlement, et que les étudiantes étaient toutes majeures.

Ce qui me sidère le plus, c'est la démission des parents. Le manque de communication entre parents et enfants. Si j'avais connaissance directe d'un tel cas, je crois que je plaindrais la personne si irresponsable...

J'ai trouvé deux liens sur les devoirs de fonction à Genève, mais je ne sais pas ce qu'ils contiennent vu que la "ressource" est "indisponible" pour le moment:
https://ge.ch/etat-employeur/service-public/fondements-service-public-devoirs-de-fonction

https://ge.ch/etat-employeur/service-public/droits-devoirs

"Nous mettons tout en oeuvre pour rétablir ce service dans les meilleurs délais et vous prions de bien vouloir nous excuser."
L'Etat manque temporairement à son devoir d'information. Même pas de site miroir...

Il y a aussi ceci en attendant:
https://droitdutravailensuisse.com/2018/02/28/le-devoir-de-reserve-du-fonctionnaire/

Écrit par : Daniel | 06/08/2018

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