22/12/2018

Albert Camus, l’avenir et lui, Clément Choisne

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Voici un jeune promu à intégrer un système qui propulse l’ingénieur qu’il est devenu vers des sphères qu’il hésite sinon se refuse à rejoindre.

Lors de la remise des diplômes de son Ecole, il a tenu un discours et cité Albert Camus:

Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas.

Quel avenir est susceptible d’avoir cette prise de position sinon de créer ce qui s’appelle un buzz? Car au-delà de la diffusion de ses propos, ce jeune tout fraîchement diplômé envisage sans doute mieux. 

ll a cité Camus, il a compris le message, comme on dit. Mais il affiche, néanmoins, une certaine volonté de le contourner et c’est à saluer tant sombrer dans le défaitisme n’apporte rien à quiconque.

Certes, la force de surmonter tous les chausse-trappes qui risquent de se mettre en travers d’un parcours non conforme ne se commande pas. On en est doté ou pas.

Qu’elle accompagne ce jeune ingénieur et toutes celles et ceux qui se joindront à lui, tel est le voeu qu’on a envie de formuler à l’heure où l’année en cours cède peu à peu le pas à la suivante.

Commentaires

"Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas."
Depuis la révolution industrielle, chaque génération a détruit un peu plus le "monde". Et ça continue. Et ça accélère même. C'est le système capitaliste et son grand frère l'impérialisme qui veulent ça. Et ce qui fait peur, c'est l'inconscience généralisée, le don de très courte vue (après moi le déluge) pour ne pas dire les limites intellectuelles de l'humanité. On en est toujours à la question: qui a la plus grosse?

Décroissance par la volonté ou par la guerre, tel est désormais le choix.

NB: Camus une fois de plus s'est planté. Le monde a bien été refait par sa génération.

Écrit par : Daniel | 22/12/2018

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Pardonnez-moi d être un peu sceptique quand à l utilisation en 2018 de cette citation du fameux Albert Camus:" Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas"

Changer le monde est une mission éternelle et vitale voire instinctive comme les fameux réflexes de Pavlov et qui a été toujours l idée plutôt des jeunes-jeunes.

Qui de nous, comme à 15 ans (sujet de l excellente page et de l article précédents sur ce blog) n a pas été convaincu dur comme fer de pouvoir changer le monde et que c est faisable voire fastoche? Après coup et 40 ans plus tard, on se rend compte que ce rêve était un peu utopique sauf si on a encore l âge de 15 ans dans sa tête (!) et non pas ni sur sa carte d identité ni sur son passeport ou son "double" :) passeport!

Si, vous me le permettez, je répondrai gentiment du tac au tac à cet ingénieur en reprenant aussi ces deux citations d Albert Camus, mon idole tant qu on y est:" Quand on commence à céder sur le sens des mots, on cédera sur tout après" et " Quand l Homme ne peut plus ou qu il ne veut plus changer le monde, il change le sens des mots"

Bien à Vous, à notre Hôte Mme H.R.-F. et à Vous Tous.
Bonnes Fêtes de Noël et de fin d Année.

Charles 05

Écrit par : Charles 05 | 23/12/2018

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Charles 05,

Merci de votre commentaire que j’essaie aussi de mettre en relation avec celui de Daniel... mais vos éclairages à vous deux seraient les bienvenus au regard de ce que j’ai perçu et exposé de ce discours tenu par le jeune ingénieur.

Cela dit, je ne suis pas tout à fait certaine d’avoir saisi le sens de ce que vous souhaitez faire passer comme message, indépendamment du fait que j’apprécie les deux autres citations que vous avez rappelées à juste titre et que vous avez souvent mentionnées ici, d’ailleurs...

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 23/12/2018

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Mme Hélène Richard-Favre,

Merci de votre réplique qui a retenu toute mon attention.

Tout le monde veut que ça change. Mais seuls ceux qui ne veulent pas se changer soi-même ne peuvent rien changer dans ce monde. Quand on parle de changer le monde, ça inclus forcément et en tête de refuser les Guerres.
Les pionniers d un monde sans guerre ne sont que les jeunes gens voire le Make Love and not War comme disons, nous avant, les "Djeunes" car leur avenir est hypothéqué en cas de 3ème guerre mondiale. 3ème guerre qui, malheureusement, a déjà démarré et débuté au Sud de la planète depuis les années nonante et ceci pour ceux qu ils ne le savent pas encore!

Ce que je voulais dire est que la génération de cet ingénieur qui ne Re-fera plus le Monde (=le changer)c est louable de sa part d être franc mais si dans sa tête elle avait encore 15 ans, ces même générations ( de 15 ou 65 ans d âge) feront et re-feront le Monde...Me trompé-je?

Bien à Vous.
Charles 05

Écrit par : Charles 05 | 23/12/2018

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Merci de vos explications, Charles 05.

Ce jeune ingénieur, comme je l’ai écrit, veut dépasser le pessimisme affiché par Camus qu’il cite. Donc contribuer à changer le monde comme il le pourra et selon ses moyens.

Il n’est, certes, pas question de guerre(s), dans ses propos mais déjà de la conscience qu’il a du monde qui l’attend et vers lequel sa promotion risque bien de le diriger.

Dans ce sens et à son niveau, déclarer son intention d’essayer autre chose que la voie qui s’ouvre sinon semble déjà toute tracée, le distingue de qui va se laisser happer par elle et un système qui, d’emblée et de fait, lui vaudra reconnaissance.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 23/12/2018

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Refaire le monde: pourquoi voudrait-on refaire le monde si ce n'est pour l'améliorer? Sauf qu'il faudrait peut-être se mettre d'accord sur ce qu'est une "amélioration". A ce stade, le mot progrès vient souvent dans la discussion. Le chef-collabo se veut un "progressiste" alors qu'il n'est qu'un fossoyeur stipendié. (Heureusement de plus en plus de gens s'en sont rendu compte.)

Même question donc: qu'est-ce que le progrès, pour qui, pour quoi? Le progrès ne refait-il pas le monde? Mais voilà le progrès dans le système capitaliste (qui signifie que le capital passe avant le travail et que les capitalistes peuvent gagner de l'argent en dormant, c'est-à-dire sans travailler), c'est toujours PLUS, autrement dit la CROISSANCE, véritable dogme nécessaire pour faire tourner la machine. Une fuite en avant. Marx a montré en analysant ses mécanismes que ce système était pourri dans son principe par ses contradictions internes.

Alors oui, il est plus que nécessaire de "refaire le monde"... vers la décroissance, vers une démocratie politique et économique qui remette entre les mains des travailleurs les moyens de production. Et d'abord vers une décroissance de la population (comme au Japon). Un tabou que même les "décroissants" intégristes se refusent à admettre. Vers la satisfaction des besoins essentiels de la population, et non le maintien d'une classe de loisirs parasite qui n'est qu'une nuisamce pour la société. Cette classe de loisirs a hélas contaminé d'autres couches sociales pour susciter toujours plus de "besoins" ostentatoires, autrement dit inutiles quand ils ne "servent" qu'à montrer qui a la plus grosse et la plus chère (voiture, villa, piscine, etc.).

Alors oui, ce jeune ingénieur, même si je lui donne tort de citer Camus (ce qui peut se révéler ambigu comme je viens de le montrer), a raison de parler de décroissance. Maintenant entre le chemin et la réalisation, il y a un gouffre, vu que nous n'avons pas encore fait un seul pas sur ledit chemin.

Prenons le changement climatique: la plus belle tartuferie moderne sans la mise en place d'une décroissance. A-t-on proposé de diminuer la production d'énergies fossilles? Nenni. On veut juste taxer le consommateur final, le plus souvent pauvre, qui n'en peut mais. Et pendant ce temps le riche peut se balader en avion, en bateau dont les carburants ne sont pas... taxés.

Diminuer la production de pétrole: hausse de son prix: diminution de la consommation. Mais non, par ici le pognon de dingue grâce aux taxes (ah mais attention! Pas de taxe sur les transactions financières dont les 98% - soyons modeste - sont spéculatives). Ne surtout pas agir sur la production qui impacterait TOUS les consommateurs alors qu'avec les taxes, ce sont les plus faibles qui sont la cible.

Tartuferies aussi sur la biodiversité et sur le développement durable (au programme scolaire genevois! - Le seul "développement" "durable" est le développement de la décroissance qui n'est pas au programme.)

Et pendant ce temps la production d'armes de destructions massives ne s'est jamais aussi bien portée. C'est moi qui ai la plus grosse. C'est tout le système qui est pourri du fait de l'imbécilité, pardon de l'idiotie de ratés européens qui s'en sont allés massacrer, saccager et piller un continent entier avant de s'en prendre aux autres.

Écrit par : Daniel | 23/12/2018

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Merci de ce développement de votre pensée, Daniel.

Car oui, ce jeune a tenu un discours remarqué et c’est tant mieux! Mais c’est la suite qui reste, pour l’heure, en suspens et qu’on lui souhaite la plus conforme possible à l’exposé de ses intentions!

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 23/12/2018

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