Vincent Lambert sans plus aucune limite

Imprimer Pin it!

Après les parents de Vincent Lambert qui se sont saisis de la justice contre le CHU de Reims et son médecin pour « non assistance à personne en péril », c’est au tour du gouvernement français de se jeter dans cette triste mêlée.

Et encore, « triste » fait bien pâle figure pour qualifier ce qui se joue dans un pays réputé -encore?- pour être la patrie des droits humains...

On n’est plus dans l’acharnement, on est clairement dans l’affrontement idéologique.

Car des cas semblables à celui de Vincent Lambert, un collectif de médecins avait déclaré dans une tribune parue dans « Le Monde » qu’il en existait 1’700, en France.

Et qu’autant de patients étaient traitables selon d’autres méthodes que celles qui ont cours dans le cas qui mobilise le pays entier.

Ce qui se passe en France ne l’honore pas et repose la question déjà énoncée ici.

Commentaires

  • Que vient faire le gouvernement français dans cette bien triste histoire ? Quel intérêt a-t-il à désirer aussi fortement la mise à mort de ce pauvre garçon ? D'autres personnes aussi handicapées que lui seront-elles également les prochaines victimes de ces donneurs de mort ? Quel monde sont-ils en train de nous préparer ?

  • "Quel monde sont-ils en train de nous préparer ?"
    Depuis la centaines de milliers d'années que l'être humain peuple la Terre, il n'y a guère que quelques dizaines que l'on peut prolonger les fonctions vitales de quelqu'un promis autrefois à une mort certaine.
    La technologie qui a permis cette prolongation avait pour but de permettre à certaines de ces personnes de récupérer suffisamment pour que le retour à une vie au plein sens du terme soit possible.
    Dans certains cas, ce retour n'est pas possible et le fonctions aussi bien psychiques que physiques ne sont pas retrouvées. Il n'y donc plus de raison de poursuivre l'application d'une technologie qui devient un but en lui-même et fait d'un être vivant une sorte de créature mi-humaine mi-machine, qui évoque les pires dérives de l'hubris humain pour se substituer à la nature et même, pour les croyants capables de compassion, à dieu.
    Malgré toutes les déclarations d'amour des proches, Frankenstein n'est pas loin dans cette démarche.

  • Le gouvernement français suit la directive du CEDH qui a un sens obligatoire.
    L'ONU qui n'a pas statué, est une recommandation ce qui est inférieur dans son application.
    Un juge n'avait pas le droit de contredire le CEDH, ou alors tout jugement du CEDH est remis en cause, ce qui met fin de fait au CEDH.

    Le juge a tranché non dans le sens pénale, mais politique/morale en faveur de la mère sans tenir compte du CEDH qui lui est supérieur, très surprenant donc.

    La réaction du gouvernement va dans le sens du respect de l'institution du CEDH et de ses directives.

    La France ne bafoue pas les droit de l'homme, au contraire, elle s'y soumet.

  • On est en pleine déchéance de rationalité, comme le dirait Gérald Bronner. Les simplificateurs tiennent de plus en plus le haut du pavé.
    Merci à motus et à Mère-Grand pour la clarté de leur argumentation.

  • Merci à vous de vos réactions qui ne concernent, toutefois, que les dimensions politiques et juridiques de cette affaire.

    Or, le sujet ci-dessus ne porte pas tant sur ce qui déchire la famille et les proches de Vincent Lambert que sur ce qui est fait de son sort par les uns et les autres en l’ayant à ce point exposé alors que, comme il est rappelé et mentionné ici, 1’700 cas semblables à celui tant médiatisé de Vincent Lambert existent en France.

    Vous ne vous êtes pas exprimés à cet égard et c’est bien là une question qui importe tout autant que celle sur laquelle se livre le combat idéologique acharné entre les uns et les autres.

  • "Vous ne vous êtes pas exprimés à cet égard "
    Si, vous n'avez qu'à relire ce que j'en ai dit après le C dans l'air sur ce sujet. J'ai relevé qu'un certain médecin, sommité dans son domaine, soulignait que VL n'était pas en fin de vie, qu'il était aux soins palliatifs au lieu d'être dans un centre de neurologie. Comme l'était Michaël Schumacher, par exemple au hasard...
    MAIS : cela fait dix ans que cette erreur perdure. Sans être médecin, on comprend que dix ans d'absence de traitement n'ont pas dû lui faire du bien, trois fois hélas.
    ET : de toute façon, une vie de légume n'a rien de très folichon.
    Partir vaut bien mieux que ça. Jamais je ne voudrais être condamné à des années de légume et j'imagine que ce sentiment est celui de presque tout le monde.
    Lisez si vous vous sentez chrétienne le très intelligent billet de Vincent Schmid, qui n'accepte pas de commentaire sur ce sujet.

  • Géo,

    Non seulement je vous avais lu mais j’avais précisément et suite à votre commentaire, visionné cette émission de C dans l’air.

    Par contre, vous ne saisissez pas le sens de mon intervention qui est d’interroger sur le sort des 1’700 autres cas similaires à celui de Vincent Lambert. les avez-vous vus en une de l’actualité? Moi non. Auriez-vous suivi une polémique ultra médiatisée à leur sujet? Moi non.

    Ce qui est particulièrement déplorable est de convier le plus de monde possible au chevet de cet homme qui n’a plus aucun moyen de se défendre de pareil tapage médiatique.

    Il n’est donc pas question, ici, de se prononcer sur la fin de vie mais sur l’usage qui est fait d’un seul cas sur 1’700 qu’en compte la France.

  • "mais sur l’usage qui est fait d’un seul cas sur 1’700 qu’en compte la France."
    Mais sur ce sujet aussi on s'est exprimé. Pour les catholiques, leur vie ne leur appartient pas mais bien à leur seigneur J-C. Un tel point de vue ne devrait pas intéresser les honnêtes gens...
    Qui d'ailleurs l'ont d'une certaine manière bien exprimé à François-Xavier Bellamy, qui pour cette raison n'a fait qu'un score ridicule aux européennes. Il vous en faut plus ?

  • « Il vous en faut plus ? » questionnez-vous, Géo.

    A vous de voir.

    Je parle de médiatisation, je parle des 1’700 cas semblables à celui qui occupe tant nos médias et les tribunaux français et desquels on ne sait rien, vous me parlez de « catholiques », de leur « seigneur » et de « Xavier Bellamy »

    On le sait bien, je l’ai écrit à plusieurs reprises, que ce qui se joue est un combat idéologique.

    On ignore, par contre, tout de ce qui se passe avec les 1’700 autres cas qui ont sans doute eu la chance d’être épargnés par cette mêlée médiatico-judiciaire.

  • Je pense que le problème de la situation de Vincent Lambert et autres 1700 plus ou moins identiques, est tout d abord un problème sociétal de tous les citoyens et toutes les confessions confondues, n importe lesquelles.

    Un referendum sur ce sujet serait aussi utile voire afin d appliquer la règle de la majorité qui ressortirait. En 2 ème temps une loi serait promulguée sur la base du résultat d un tel referendum. Ne nous a-t-on appris même à l école que la loi est une notion juridique qui se définit par rapport autant à un contrat ou à un traité qui résultent d une négociation entre égaux que et par rapport à d autres sources de droit comme la tradition (us et coutumes), la jurisprudence, les lois fondamentales (constitution). A signaler que toute loi pourrait être votée par l ensemble des citoyens dans des pays, comme la Suisse qui applique la démocratie directe.

    N.B: J ai cité la Suisse comme exemple mais je suis certain que de l avoir évoquée, on va cracher sur la Suisse mais réjouissons nous, on n est pas en Suisse parmi les pires pays mais bel et bien le contraire!

    Bien à Vous.
    Charles 05

  • Tout à fait, Charles 05.

    Cette surexposition médiatique et cette bataille judiciaire auraient ainsi pu être épargnées à tout le monde. Or il semble que le flou juridique prévale, ajouté au fait que Vincent Lambert n’ait pas été orienté vers le service ce soins ad hoc comme l’ont rappelé certains médecins.

  • Ce serait une grave erreur de quitter ce flou juridique, justement.
    La Suisse s'y refuse à juste titre. Chaque cas est à prendre individuellement. En cas d'incertitude, on s'en réfère aux proches. Dans l'ordre, le conjoint. Ensuite les frères. Enfin les parents.
    Si cet ordre avait été respecté, VL pourrait reposer en paix depuis longtemps...

  • «Si cet ordre avait été respecté, VL pourrait reposer en paix depuis longtemps... » Tout est précisément là, Géo!

    C’est que si cet ordre que vous saluez prévalait dans la législation française, on n’en serait pas là et surtout, Vincent Lambert serait peut-être en paix...

  • Donc quand je parle de « flou juridique », c’est pas au hasard.

  • Je comprends mal les interventions qui figurent dans votre blog et me garde de toute polémique sur un sujet aussi grave car, comme vous le soulignez, cela touche et touchera de nombreuses personnes et peut être nous mêmes.
    Il existe un référentiel sur lequel prêtent serment la totalité des médecins en exercice ; si ce texte ne correspond plus aux exigences actuelles, il convient d'en modifier les termes sans pour autant confier à quiconque le droit de vie ou de mort sur quelqu'un.
    A mon sens, il n'y a rien à modifier car ce document prévoit clairement l'ensemble des tentatives d'abus que nous constatons aujourd'hui. Quand à faire voter des bien portants pour savoir si on finance des malades, cela prêterait à rire si ce n'était aussi grave.

  • "Quand à faire voter des bien portants pour savoir si on finance des malades, cela prêterait à rire si ce n'était aussi grave."
    Mouais. En attendant, il est clair qu'on va en plein dans un clash, avec des traitements anti-cancer qui coûtent des millions par année pour prolonger un tout petit peu la vie de certains. La question de la limite va se poser, comme toujours.
    Si un médecin prétend avec l'assurance arrogante qu'on leur connaît qu'un voyage sur la Lune va améliorer la santé de son client - oubliez la terminologie "patient", assez de l'hypocrisie...- et que cela coûte 1 milliard de francs, l'assurance doit-elle payer ?

Les commentaires sont fermés.