La lutte contre l’excision n’aura donc pas été récompensée par le Prix Sakharov 2019

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Comme chaque année, le Prix Sakharov a été décerné.

Si, en 2018, il avait été remis au cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, cette année, c’est à l’économiste ouïgour que cette prestigieuse récompense a été accordée.

Parmi les candidatures soumises, figuraient, entre autre, celles de jeunes Kenyanes qui ont créé une application pour combattre l’excision.

Chaque année, plus de trois millions de filles dans le monde risquent de subir des mutilations sexuelles, soit sept filles par minute, et ce souvent avant l'âge de 15 ans, pour beaucoup dès la naissance.

Alors que la violence exercée contre les femmes mobilise tant et fait les unes de nombre de nos médias, il aurait été judicieux de récompenser ces jeunes Kenyanes.

Mais il en aura été décidé autrement.

Il est évident que croupir dans une prison chinoise ne doit pas être une partie de plaisir. Mais être mutilée à vie comme autant de ces jeunes filles qui ont à subir l'excision?

D’autres éditions de ce Prix existent qui honoreront peut-être le combat de ces courageuses jeunes filles.

Commentaires

  • Merci d'évoquer Sentsov. Cela me permet de poster ce lien que je brûlais de faire connaître:
    https://russiepolitics.blogspot.com/2019/10/quand-sentsov-soutient-les-neonazis.html

    Cerise sur le gâteau:
    https://www.newcoldwar.org/western-hypocrisy-over-convictions-in-russia-of-oleg-sentsov-and-alexander-kolchenko/

    Merci à tous ces salopards qui se sont mobilisés pour un sympathisant néo-nazi. Ils ont jeté le masque.

  • Si vous voulez interdire l’excision, il faudrait aussi interdire la circoncision.
    Le respect des cultures est une bonne chose..

  • Richard Kohler,

    Ce sujet ne parle pas « d’interdire ». Ce sujet parle d’un combat mené par des jeunes femmes contre une pratique qui n’est pas sans risque ni danger et qui mutile.

    Dire de cette pratique qu’elle est culturelle, sans doute. Mais la comparer à la circoncision est une erreur. Car la circoncision peut se prescrire pour des raisons médicales, ce qui n’est pas le cas de l’excision.

    https://www.macsf-exerciceprofessionnel.fr/Responsabilite/Humanisme-deontologie/circoncision-medicale-enfant

  • Madame, je dois vous corriger :
    La circoncision est acte chirurgical traditionnel pratiqué auprès de tous les juifs et de tous les musulmans...
    et qui peut avoir des conséquences indésirables sur la psychologie de ces « victimes ».

  • La circoncision est aussi un acte médical. Ce que l’excision n’est pas.

    Quant aux possibles «conséquences indésirables sur la psychologie de ces « victimes » » -comme vous l’écrivez- qu’entraînerait la circoncision, elles sont loin des conséquences mortelles que peut entraîner l’excision.

    Cela dit, merci de revenir au propos qui porte sur le choix du Prix Sakharov qui n’a pas récompensé ces jeunes femmes qui luttent contre l’excision plutôt que de dévier vers la circoncision qui n’a pas à être comparée à l’excision, je le répète, beaucoup plus lourde de conséquences et non reconnue comme acte médical contrairement à la circoncision.

  • Je ne suis pas de votre avis.
    L’excision et la circoncision, sont tout à fait comparables. Ce sont des amputations d’organes de jouissance sexuelles.

  • Autant la circoncision que l excision sont des actes de "mutilation" imposée aux petits enfants voire à des nouveaux nés qui ne sont nullement faits avec l accord de ces gamins.

    C est clair que ces trop jeunes n ont pas encore l âge à en décider eux mêmes de ce choix autant honorables pour les uns que déshonorables pour des autres. Quand ils seront des ados vers 16 ans, l âge dit de leur liberté, entre autres, sexuelle d après la loi, qu ils en décident à ce moment là de se faire soit circonscrire soit s exciser qui est défini comme enlever à l'aide d'un instrument tranchant donc pratiquer une excision.

    Et si cet acte de circoncision est indiqué du point de vue médical, OK et ça serait normal d être pris en charge par l assurance. N oublions pas que la circoncision est souvent remboursée et prise en charge par la Sécu en France, nos voisins et qui est financée par tous les contribuables soit dit en passant...

    Bien à Vous.
    Charles 05

  • Entre "pas moins de plaisir chez les hommes circoncis" :
    http://sante.lefigaro.fr/actualite/2016/04/21/24883-pas-moins-plaisir-chez-hommes-circoncis

    et "après une excision le plaisir reste possible":

    https://www.planetesante.ch/Magazine/Gynecologie/Sexualite-feminine/Apres-une-excision-le-plaisir-sexuel-reste-possible

    à vous de juger et, surtout, de revenir au sujet traité qui, je le répète, a trait au choix fait pour la remise du Prix Sakharov et non pas à la comparaison entre excision et concision :-)

  • Alors excusez-moi pour le dérangement.
    RK

  • Pourquoi ai-je la bizarre impression que vos excuses ne sont pas sincères Monsieur Kohler ?
    Les blogs sont justement des lieux où on vient déranger l'ordre des choses. Ce sont des lieux de discussion que vous utilisez régulièrement pour nous donner votre avis. Vous ne dérangez personne mais vous devez, à votre tour, assumer la controverse.
    Je suis catholique romain, baptisé et circoncis. A l'époque c'était la mode. Une petite recherche sur les pratiques tantriques ou sur le tao devraient vous permettre de comprendre qu'un pénis circoncis permet de jouir d'avantage. Ou plutôt plus longtemps car le gland est devenu moins sensible.
    Rien à voir avec ces mutilations chez les femmes à qui certaines cultures ont voulu réduire ou supprimer la capacité à jouir. C'est une abomination au même titre que la lapidation.
    Mais j'admire votre courage pour venir avec des idées aussi rétrogrades. Fallait oser. Ou bien être peu simple, voire inconscient.

  • @sans nom?
    J’ai simplement dit qu’il était bon de respecter la tradition des différentes cultures. Pensez-vous pouvoir donner des leçons de vie à ces gens-là ?

    Personnellement je suis pour que l’on préserve l’intégralité du corps que la Nature nous a donné, car chaque organe a une fonction importante et particulière: tout ce qui est créé est utile .

  • Le fait que cette mutilation (sous diverses formes) soit considérée par certains (parfois même "certaines") en Afrique comme une simple coutume ancestrale, nécessaire parfois pour qu'une fille trouve un mari, n'est peut-être pas étranger à ce non-choix.
    Toute atteinte à ce genre de pratiques et de sentiments fait toujours se lever des masses de gens bien intentionnés, plus touchés par l'idée de la protection de leur coutumes, surtout lorsqu'elles sont liées à une religion, que par celle de souffrance infligée, qui est de toute manière niée, avec des argument souvent spécieux et une méconnaissance profonde des raisons de la pratique.

  • @Richard Kohler,

    La question n est pas de donner de leçons de vie à qui que se soit bien que cette manière de réfléchir, de vivre est répandue hélas. On veut donner des leçons aux femmes voilées ou avec une écharpe afin , nous dit-on, de les faire émanciper, foutaise! Laissons-les faire en tant d adultes, majeures et vaccinées et ceci ne doit déranger personne.

    Je me rappelle de ce que Kamal Ataturk avait dit en 1925:

    "Nous les turcs sont considérés par l Occident comme des incultes, des arriérés et des barbares puis qu on porte le fez/fes (=Tarbouche rouge) signe d incivilité à leurs yeux. Alors, cette civilisation est facile à atteindre donc ne portons plus ce Tarbouche rouge et mettons un chapeau melon à l occidentale comme eux et c est ainsi que nous devenons du jour au lendemain des gens civilisés, fréquentables et intelligents, soit"

    Sur le sujet de l excision et/ou la circoncision , le/la gamin(e) est mineur(e) et on leur impose un rite ou une étiquette clairement d appartenance religieuse chose à laquelle personne n a le droit de le faire faire tant qu ils sont mineurs...point à la ligne tout en signalant enfin que l excision est pire que la circoncision mais les deux restent une décision abjecte....

    Charles 05

  • Charles05
    Non non, beaucoup de femmes de ces pays acceptent ces rites, pour elles ce n’est pas abject, mais au contraire, nécessaire.

  • .. et sans ces rites particuliers, leur culture ne pourrait subsister. Ce sont d’ailleurs les mères, porteuses de la Tradition, qui décident de cela..

  • Il faut bien constater qu'un très grand nombre de cultures imposent diverses variantes de ces mutilations à leur membres, en général au moment de les intégrer pleinement dans la société. Ces variantes sont innombrables et vont de la la simple affirmation de domination jusqu'aux mutilation sexuelles que nous ne pouvons que juger comme stupides et abominables. Comme tout ce qui ressort de l'identité culturelle et ethnique, généralement dite religieuse en même temps, elles ne posent problème qu'au moment où la coutume rencontre le jugement de ceux qui en ont d'autres, qui les jugent toujours "barbares". Dès les débuts des grands voyages et de la colonisation, les Européens se sont arrogés le droit de porter ce genre de jugement, ne prenant à cet égard que le relai de toutes les autres civilisations ou cultures dominantes du monde. Cela s'est parfois accompagné d'une intervention destructrice dans ces coutumes, surtout lorsque une évolution presque universelle les avait reléguées dans le passé, comme c'est le cas de la chasse aux têtes ou de l'anthropophagie.
    Une certaine globalisation des valeurs culturelles a amené les nation dominantes rédiger après la dernière guerre mondiale la Déclaration universelle des droits de l'homme, dont nombre d'articles sont en contradiction avec la réalité "du terrain" comme disent les anthropologues.
    Intervenir sur place pour faire respecter la teneur de la Déclaration n'a, je crois, jamais été une option envisagée par ses signataires et ne s'es, je crois, jamais faite par la violence militaire, uniquement par la violence religieuse des missionnaires, et cela n'a guère ému les populations européennes toujours aussi sûres de la supériorité de leurs valeurs.
    C''est avant tout les mouvements de population, en particulier l'immigration africaine (dans le cas de l'excision) qui a entraîné une prise de conscience et un désir d'action chez nous, en particulier (et pour cause) de la part des femmes européennes. En dehors du fait que cette dernière mutilation nous frappe comme particulièrement violente et cruelle, elle n'a pas eu le temps de s'imposer dans nos consciences comme une simple pratique religieuse étrange aux nôtres, comme c'est le cas pour la circoncision, pratiquée dans nos pays ou les pays proches depuis des centaines d'années.

    "Autant la circoncision que l excision sont des actes de "mutilation" imposée aux petits enfants voire à des nouveaux nés qui ne sont nullement faits avec l'accord de ces gamins."
    Entièrement d'accord. Je crois que la question du choix et de l'accord a été abordé officiellement au Danemark et sera bientôt interdite, ou soumis à de sévères restrictions.
    "Personnellement je suis pour que l’on préserve l’intégralité du corps que la Nature nous a donné, car chaque organe a une fonction importante et particulière: tout ce qui est créé est utile."
    D'accord avec l'idée de la préservation de l'intégralité du corps, mais, pour pinailler un peu, il se trouve que nous pouvons très bien nous passer d'un organe comme l'appendice et les dents de sagesse, que l'évolution a rendus inutiles et souvent dangereux.
    "Mais la comparer à la circoncision est une erreur. Car la circoncision peut se prescrire pour des raisons médicales, ce qui n’est pas le cas de l’excision."
    Je vois une faute de logique dans cet énoncé, car dans les deux cas ils a effectivement mutilation (ou modification du corps par ablation d'une de ses parties si l'on préfère). Que l'une puisse aussi se faire pour d'autres raisons que religieuses, ne change rien à ce fait, à moins que l'on traite le religieux d'une manière particulière, comme les font ceux qui considèrent l'excision comme une rite particulier une ethnie, ce qui nous mènerait à une discussion sur ce qu'il faut considérer comme religieux, ou sur le statut supérieur du religieux (ou dit religieux), intouchable et à l'abri de la critique.
    "Entre "pas moins de plaisir chez les hommes circoncis" ...
    Même remarque que pour l'affirmation précédente. Je ne vois pas en quoi le fait que la question du plaisir intervient dans dans la définition de la mutilation. Après tout one pourrait tout aussi bien affirmer qu'il n'y a pas de problème castrer les hommes qui font voeu de chasteté. Quand à la justification religieuse, je rappelle qu'elle intervient dans la fait de couper la main aux voleurs en Arabie Saoudite.
    "Une petite recherche sur les pratiques tantriques ou sur le tao devraient vous permettre de comprendre qu'un pénis circoncis permet de jouir d'avantage."
    Je vous invite à lire l'ouvrage "La sexualité dans la Chine ancienne" du sinologue Robert van Gulick. Les références (illustrées pas de nombreuses citations) aux textes taoïstes et aux différentes conception et pratiques que cette voie a inspirés sont loin de donner une idée flatteuse de la qualité des réflexions, des régences pseudo-scientifiques et, surtout, de la place de la femme dans le foyer et la société qu'elle a inspirés.

  • Mère-Grand,

    Vous me citez: «"Mais la comparer à la circoncision est une erreur. Car la circoncision peut se prescrire pour des raisons médicales, ce qui n’est pas le cas de l’excision. » pour dire que vous voyez «  une faute de logique dans cet énoncé, »

    Je maintiens car il s’agit de faits et de réalités.

    Dès lors, votre remarque relative à une « faute de logique » dans cet énoncé devrait être adressée aux instances de pays qui reconnaissent la circoncision sur un plan médical tandis que l’excision n’a jamais été une pratique qui soit reconnue comme relevant de la santé publique et, comme Charles 05 l’a rappelé, prise en charge par la SECU...

  • @Hélène Richard-Favre
    "la circoncision sur un plan médical"
    Ce tte pratique, assez rare s'il ne s'y mêle pas d'autres raisons (comme c'était le cas aux USA (où se mêlent de pseudo raison hygiéniques conjuguées avec des souvenirs de pratiques anti-masturbatoires), n'a rien à faire dans le débat. Ce qui et en jeu est le jugement porté sur une mutilation physique (terme réfuté évidemment par ces qui la pratiquent) sur un être privé de la liberté de décision, quel que soit la gravité de l'opération et de ses conséquences.
    Si le clitoris étaient atteint d'une forme de cancer ou d'autre maladie grave, il n'y a pas de doute que la SECU (pour parler français de France) prendrait l'opération en charge.
    Pour en revenir à la circoncision, je crois pouvoir affirmer que c'est la seule intervention portant atteinte à l'intégrité physique sans raison médicale qui existe encore dans nos civilisations dites avancées: ont en effet disparu le bandage des pieds des femmes chinoises, l'aplatissement du crâne chez les bébés certains groupes aborigènes d'Amérique du Nord, la subincision du pénis subie par les aborigènes australiens, et bien d'autres.
    Ce n'est que parce qu'elle est liée intimement à des religions dominantes (presque les seules que nous occidentaux acceptons de qualifier de religions, ce qui évite grand nombre de problèmes, cela dit en passant), qu'elles se maintiennent, même si elle est remisse en question dans certains pays, généralement en avance au plan des moeurs modernes (cela écrit incidemment).
    Même les tatouages à la mode qui ont envahi nos sociétés depuis quelques années (une suite aux diverses modes ethno) ont pour l'instant épargné nos bébés, et les cas extrêmes de transformation du visage par marquages et incisions (voir le cas du journaliste et critique d'art genevois Etienne Dumont) feraient probablement l'objet de mesures judiciaires si elles étaient pratiquées sur des enfants.
    Je suis tout à fait conscient du fait que mon opinion est marquée par mes origines et par le fait que je n'adhère à aucune religion. A contrario les croyants d'une religion qui impose la circoncision, d'autant plus s'ils vivent dans un pays théocratique ou s'ils ont simplement été éduqués dans un système de valeurs différent du mien, défendent donc tout aussi légitimement et sincèrement leur point de vue.
    Je crois et j'espère cependant qu'un mouvement qui nous fait renoncer à certaines coutumes anciennes fera son chemin et permettra à tous d'affirmer leurs identités et leurs convictions selon les pratiques qui se sont imposées peu à peu et tiennent compte de l'idée de liberté de décider de sa vie et de ses modalités une fois la maturité pour ce faire atteinte.
    P.S. La circoncision et l'excision ont fait l'objet de nombreuse recherches et discussions anthropologiques qui ne font pas appel, cela va de soi, aux raisons religieuses avancées.
    Il se trouve cependant que, comme les interdits alimentaires liés aux mêmes religions, elles trouvent aussi des explications en dehors de celles qui continuent parfois à être avancées par les croyants mal informés et peu au courant de ces disciplines, ou même de la science.

  • Mère-Grand,

    Vous me citez à nouveau: «"la circoncision sur un plan médical » pour dire que « Ce tte pratique, assez rare s'il ne s'y mêle pas d'autres raisons (comme c'était le cas aux USA (où se mêlent de pseudo raison hygiéniques conjuguées avec des souvenirs de pratiques anti-masturbatoires) » et qu’elle «  n'a rien à faire dans le débat. »

    Je tiens à vous rappeler que si j’ai parlé de ce fait qui est, je le répète, une réalité, c’était dans le cadre d’un échange avec Richard Kohler qui a évoqué la circoncision pour la comparer à l’excision.

    Or le sujet de ce blog, comme je suis certaine que vous l’avez remarqué, traite du choix fait de ne pas récompenser du Prix Sakharov ces jeunes Kenyanes qui se battent contre l’excision.

    Merci, dès lors, de considérer ce que j’ai écrit sur la circoncision comme réponse à Richard Kohler et de ne pas venir me dire que « cela n’a rien à faire dans le débat »!

    Débat, qui, je le rappelle, ne porte pas sur la comparaison entre excision et circoncision.

  • @Hélène Richard-Favre
    Je me suis exprimé avec une virulence qui vous a touchée et je vous prie de m'en excuser. En ce qui concerne la question du Prix Sakharov, je suis entièrement d'accord avec vous.

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