Féminicide, un terme controversé

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Le Monde consacre un article intéressant à ce terme, diversement accepté et qui est de plus en plus entré dans le langage courant.

Si Le Petit Robert l’a reconnu, ce n’est pas le cas du Petit Larousse. Quant à la magistrature française, elle reste partagée, elle aussi. 

Car le terme de féminicide, est défini en tant que « meurtre d’une femme, d’une fille en raison de son sexe. ».

Que la violence qu’un homme exerce envers une femme le soit tout simplement parce qu’elle est une femme est une vision orientée.

D’ailleurs selon les personnes qui défendent l’usage de « féminicide »  c’est la société patriarcale qui est visée à travers l’usage de ce terme.

Cela dit, en dehors des cas les plus graves et qui entraînent la mort, il serait bon de distinguer la violence conjugale de la violence faite aux femmes en dehors du couple.

Même si le triste résultat est le même, les raisons peuvent différer.

L’agression subie au sein du couple ou de la famille est autrement plus complexe à traiter dès lors que les sentiments s’en mêlent et s’emmêlent. 

Rien de plus douloureux que de subir la violence d'un conjoint qui va obliger à le traîner en justice.

Déjà que la honte subie par une agression d’un inconnu retient nombre de femmes de porter plainte, lorsqu'il s'agit du compagnon ou de l’époux, d’autant plus!

C’est pourquoi le problème est si sensible. 

Alors oui, on encourage les femmes à agir en justice. Cela peut aider certaines, d’autres, au contraire, resteront marquées tant la démarche est lourde.

Le cas d’une jeune-fille violée avait été cité dans un journal, il y a de cela dix ans. On apprenait qu’à la suite du procès, elle s’était pris la vie.

Comme quoi, si la solution à la violence existait, elle se connaîtrait...

Commentaires

  • On peut discuter, comme vous le faites, sur les connotations du terme "féminicide". Il n'en demeure pas moins que les faits sont très têtus.

    Rien qu'en France, chauque année, plus d'une centaine de femmes sont tuées par des hommes avec lesquels elles sont ou ont été liées. Ce décompte macabre est saisissant et l'infographie du journal Libération l'est encore plus:

    https://www.liberation.fr/apps/2018/02/meurtres-conjugaux-derriere-les-chiffres/

    Après cela, féminicides ou meurtres conjugaux, quelle importance? Ce sont les suppressions de ces vies, par des hommes, qui doivent cesser.

    Et c'est un homme qui vous le dit.

  • Gérald Dubois,

    Vous avez parfaitement raison, les statistiques sont là et révélatrices du nombre effroyable de femmes tuées. J’en ai parlé, sur ce blog, dans le cadre d’autres sujets consacrés à la violence qui s’exerce sur les femmes.

    Mon propos, ici, vise le choix d’un terme et ce qu’il implique d’idéologie.

    Quand vous écrivez que « Ce sont les suppressions de ces vies, par des hommes, qui doivent cesser. », pensez-vous que le fait d’avoir mis un nom sur les crimes qui visent les femmes et elles seulement, va contribuer à les faire cesser?

  • Peu importe de discuter les problèmes ou questions "idéologiques"... Les conjectures ne servent à rien, en l'occurrence.

    A ce stade, il convient d'avoir des positions et des décisions volontaristes afin de faire diminuer (le supprimer serait probablement une vue de l'esprit) ce massacre.

    Il faut dès lors: éduquer la police, prendre les plaignantes au sérieux, les protéger réellement, leur donner confiance lorsqu'elles l'ont perdue, sanctionner lourdement les criminels, notamment. Créer ou changer les lois... En bref, FAIRE quelquechose.

  • Il serait probablement plus sage de nommer chaque acte pour ce qu'il est, au lieu d'utiliser un terme générique, comme " féminicide".

    Si on voulait utiliser des termes précis, on pourrait distinguer les meurtres ou assassinats conjugaux des agressions mortelles de femmes par des personnes qui ne sont pas leur conjoint.
    Dans les deux cas, le crime a lieu parce que, aux yeux du meurtrier ou assassin, la femme n'a pas fait ce qu'il fallait. Et c'était si grave que cela devait lui coûter la vie. C'est insupportable, comme tout acte meurtrier.
    Si le motif du meutre a une composante liée à la contrainte sexuelle, on peut commencer à se demander si le fait d'être une femme ( et donc physiquement plus faible) n'est pas décisif.
    Et le nombre élevé de ces actes criminels pose question.

    Il existe des féminicides incontestables : l'assassinat de bébés-filles, avant ou après la naissance, dans des pays où l'on préfère avoir une descendance masculine.
    Ces infanticides-là ont lieu parce que l'enfant est de sexe féminin.
    Les suites fatales de mutilations sexuelles pourraient éventuellement aussi être des féminicides.

    Si on pense à toute cette violence mortelle attestée par des chiffres et des statistiques, on peut comprendre qu'il y ait une sorte de ras-le-bol qui pousse à la révolte. Par définition, la révolte n'est pas polie et posée. Elle est désordonnée, dérangeante et pas sage.
    Il serait dommage d'ignorer le fond du problème en se focalisant sur un terme.
    De leur côté, les militantes vont-elles tenir compte des critiques et adopter des termes plus précis et nuancés ?
    Si les juristes sont sceptiques, il se pourrait que le travail sémantique soit fait au niveau législatif et non dans la rue. Mais la rue aura poussé à l'action législative, dans le meilleur des cas.

  • Calendula,

    Merci beaucoup de rappeler le cas, en effet, de ces enfants tués, là, précisément en raison de leur sexe, féminin en l’occurrence.

    J’y avais consacré un sujet de ce blog il y a quelque mois.

    Voici un article parmi de nombreux autres, au titre particulièrement édifiant:

    https://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/la-societe-indienne-a-fait-disparaitre-63-millions-de-filles-et-c-est-drame_1981615.html

  • Divergente,

    J’ai bien reçu votre commentaire qui vise Calendula. Je ne le publierai pas pour la simple et bonne raison que le sujet ne concerne pas cette intervenante.

    Merci de dire ce que vous pensez de ses propos, le cas échéant, sans vous en prendre à elle en tant que personne.

  • Parler de Féminicide en lieu et place d'Homicide, ou comment déplacer la panosse à côté. On peut parler des deux, non?

    Du fait de n'être - à 50% - qu'"objet" en tant que femme aux yeux d'ignares imbéciles innombrables dans ce monde, particulièrement en cultures arabo-africaines où de fait la femme est consommable ou échangeable à merci, sans consentement.
    La question du besoin maladif de possession par tout quidam sur un être, quel qu'il soit, est centrale.

    Féminicide ou homicide? Les deux, et aucun ne vaut, mon général.

    Décider juridiquement par le terme définissant le crime, que le crime serait plus masculin, et la victime plus féminine, est dérisoire dans le temps, est stupide par essence.
    Je laisse les juristes en mal de sujet de thèses à leur créativité.

  • Le petit larousse, pfff, il finira par s'adapter. Ne soyons pas naïf, nommer avec plus de précision un fait, ici un crime, ne peut en aucun cas faire du mal, et au contraire aider à une prise de conscience. On utilise sans discussion les termes d'infanticide, de parricide, crimes moins fréquents que les féminicides. Où est le problème?

  • Le féminicide commence à partir du moment ou on accorde pas à la femme le même statut qu' a l'homme et pourtant nombre de féministes, écologistes et autres gauchistes défendent l'idéologie qui procède de la sorte. J'aimerais bien qu'on m'explique.

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