17/03/2016

Vladimir Poutine "mais"...

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Hier, suite à un échange avec Darius Rochebin sur Twitter, j'ai acheté l'ouvrage de Jean-Robert Jouanny.

Animée par le besoin de débattre de la Russie et de tout ce qui s'en dit et s'écrit, je me suis donc consacrée à la lecture de Que veut Poutine?

Pour notre présentateur-vedette de la chaîne d'information publique suisse, Jean-Robert Jouanny serait fort bon connaisseur de la Russie et très nuancé.

La question à discuter -si discussion il y avait avec Darius Rochebin- serait celle de savoir ce qu'il entend par très nuancé.

Car si nombre d'éléments énoncés dans son ouvrage par Jean-Robert Jouanny se vérifient, ils sont le plus souvent suivis d'un mais.

Autrement dit, reste à savoir si l'appréciation émise par le journaliste suisse relève de ce mais. Car ce mais est le seul fait du regard porté par l'auteur du livre Que veut Poutine?

Dans ce cas, citer des éléments conformes à la réalité pour aussitôt les éclairer selon un prisme orienté par l'auteur fait de son livre une approche qui n'a rien d'objectif.

Un tel titre, Que veut Poutine? range Jean-Robert Jouanny aux côtés d'un Michel Eltchaninoff, qu'il cite d'ailleurs pour son inestimable travail de philosophe.

Nous voici sauvés!

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2016/01/27/bhl-bis.html

12/03/2016

Valeurs et valeurs

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Les femmes -en photo ci-dessus- ne conduisent pas, la loi de leur pays le leur interdit. Peut-être est-ce préférable pour elles, pour tout passager qu'elles véhiculeraient et tout autre usager de la route.

Mais la question n'est pas là. 

Elle est de savoir en quoi un service public l'est. La manière dont la télévision suisse romande a rendu compte des différentes législations relatives aux droits des femmes a été abordée sur ce blog dans plusieurs précédents sujets dont une lettre transmise à la RTS:

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2016/03/09/lettre-a-une-f...

S'il est important d'y revenir encore, c'est parce que ce soir du 8 mars dernier, l'usage du vocabulaire a été particulièrement choisi pour faire de la Russie, une fois n'est pas coutume, une championne.

Championne en matière de sexisme au travail, avec cette précision apportée par la journaliste selon laquelle, soi-disant qu'il faut les protéger.

Se fendre d'une interview de Vladimir Poutine comme s'y est prêté le présentateur vedette de la chaîne de télévision suisse romande pour en parler, le lendemain dans le journal Le Matin sert à quoi? A ajouter une personnalité à l'ensemble de celles qu'il aura pu rencontrer au cours de sa carrière?

A manifester son obstination personnelle? Sa patience qui l'aura fait attendre cinq ans pour interroger le président russe?

Qu'un journal comme Le Temps ne cesse de nous rappeler tout le bien qu'il en pense, soit!

Mais qu'un service public ne manque jamais une occasion d'égratigner l'image d'un pays avec lequel la Suisse partage une Histoire est significatif de choix de valeurs.

Leur prix n'est pas encore affiché. Puisse-t-il rester négociable, c'est tout le bien à souhaiter à la Suisse -et à l'Occident en général- faute de quoi, la voix du poète risque de se sourdre à nouveau...

https://my.mail.ru/mail/irenskop/video/2281/4504.html

 

 

10/03/2016

Entre éléments de langage et Histoire élémentaire

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Quelques éléments, non de langage comme le sont ceux qui inspirent tant de communicants.

Dans un précédent sujet publié sur ce blog, il a été question du Maréchal Joukov à propos duquel un article évoquait les hauts faits.

Dans ce même article était cité le célèbre poème écrit par Alexandre Blok, le 30 janvier 1918:

http://bibliotheque-russe-et-slave.com/Livres/Blok%20-%20...

On comprend d'autant cette référence au poète symboliste russe à la lecture de cet article du Figaro:

http://www.lefigaro.fr/histoire/monde/2013/09/18/26004-20...

Et pour qui souhaite entendre la version russe du poème de Blok, la voici tirée de célèbre film de Sergueï Gerassimov, U ozera / Au bord du lac

https://my.mail.ru/mail/irenskop/video/2281/4504.html

 

 

12/02/2016

De "fables" et autres "fadaises"

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On lit, on entend certains s'élever contre tels ou tels récits qui ne seraient que bobards ou autre opium à endormir les peuples.

S'emparer de la langue pour mener un combat ou rassembler ne peut s'imaginer, toutefois, sans éléments qui emportent l'adhésion.

Imaginer qu'elle soit totale est utopique, bien sûr mais une majorité à convaincre est toujours visée sans quoi, on prêcherait dans le désert.

Prêcher, terme qui renvoie à un cadre religieux mais dont l'usage l'a débordé. Car les convictions ne lui sont pas à lui seul limitées.

Ce qui indique combien la figure de qui prêche est reconnue dans d'autres contextes.

Dans ce sens, il serait judicieux de s'interroger sur la valeur que d'aucuns apportent sans hésiter à certaines prises de position pour en attaquer d'autres.

Affirmer de l'existence de Dieu, par exemple, qu'elle serait une fiction relève du même imaginaire que celui qui soutient le contraire.

Dans ce cas, considérer l'athée comme un croyant serait plus conforme et respectueux du mystère encore jamais élucidé de l'existence ou non de Dieu.

 

11/02/2016

La langue, ce bien commun

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Il est toujours intéressant de s'arrêter sur des concepts et d'en définir les perceptions. Car ce sont souvent elles qui déterminent nombre de malentendus.

Il existe, pourtant dans la langue, ce qu'on appelle le sens commun. Mais l'on ne peut empêcher les subjectivités de s'en mêler.

A cet égard, il est fréquent d'entendre quelqu'un défendre bec et ongle l'usage d'un terme alors qu'il en est un d'ordre collectif et dont les règles sont fixées.

A une époque où l'on prône le respect à apporter à autrui, considérer l'idiome qui unit une communauté linguistique en est une manière.

S'emparer d'une langue sans tenir compte des règles qui gouvernent son usage, c'est tout simplement négliger tout autre personne qui la pratique.

A l'heure où tant d'échanges sont favorisés par les réseau sociaux, ce n'est pas toujours la compréhension entre celles et ceux qui s'y adonnent qui les domine. 

Non que les arguments des uns ou des autres créent la controverse. Non, pour cela, il faut un débat.

Or quand chacune et chacun décrète que tel mot a tel sens et que c'est ainsi parce qu'elle ou il se comprend, on n'est plus dans l'échange.

On est dans le refus de l'autre. 

23:33 Publié dans Air du temps, Avaries, Culture, Discours, Humanité, société | Tags : langue, communication, société | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

31/01/2016

"Propagande onirique" versus "calembours orduriers de Le Pen"

 

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Dans le précédent sujet que j'ai consacré au projet de film d'Emir Kusturica, j'ai évoqué la polémique qu'avait suscitée, en 1995, une tribune publiée par le philosophe pas encore élu de l'Académie française, Alain Finkielkraut.

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2016/01/30/kusturica-iour...

Ce défenseur exalté -comme d'aucuns le qualifient- de l'identité française avait, entre autre attaqué le cinéaste sur le fait qu'il avait capitalisé la souffrance de Sarajevo.

La réponse ne s'était pas fait attendre, dans Le Monde du 9 juin 1995, Serge Regourd n'hésitait pas à voir dans le comportement de Finkiekraut, celui de Jdanov, "une sorte de philosophe en chef, le garant de l'idéologie, son interprète le plus autorisé".

C'était sans compter sur l'insistance du désormais élu de l'Académie française à incendier le lauréat de la Palme d'Or pour Underground.

On se rappelle en quels termes a été évoquée l'élection controversée de l'homme de lettres à l'Académie française.

Tandis que l'on commentait son entrée sous la coupole, en effet, certains n'ont pas hésité à la considérer comme celle du Front National.

A lire, dans l'article ci-dessous, comment Alain Finkielkraut s'emparait des calembours orduriers de Le Pen pour appuyer sa mise au pilori d'Emir Kusturica, force est de constater que ce parti tient vraiment lieu d'épouvantail passe-partout:

http://www.liberation.fr/tribune/1995/10/30/la-propagande...

 

 

30/01/2016

Kusturica, Iourchenko et le Donbass... à suivre

 

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C'est Arkadij Beinenson qui le révèle sur son site, Emir Kusturica, s'intéresserait à la biographie du correspondant de guerre dans le Donbass qu'a été Iouri Iourchenko et aurait conclu avec lui un accord relatif à un script. Le poète, scénariste et acteur Iourchenko l'a lui-même confirmé au journaliste russe qui l'indique sur son site:

http://blog.beinenson.news/2016/01/29/kusturitsa-yurchenko/

On sait qu'Emir Kusturica, deux fois lauréat de la Palme d'Or du Festival de Cannes, a apporté son soutien aux populations du Donbass. Pour rappel aussi, le cinéaste, musicien a été interdit de concert, en juillet 2015, par les autorités démocratiques de Kiev.

https://francais.rt.com/international/4422-kusturica-conc...

On se réjouit, dès lors, de savoir quelle sera la réaction du nouvel intronisé de l'Académie française qui n'avait pas eu de mots assez doux envers le réalisateur serbe, primé pour son film Underground.

Alain Finkielkraut avait, en effet, publié une tribune au vitriol dans Le Monde du 2 juin 1995.

Aussitôt suivi dans sa diatribe par l'incontournable BHL, autant dire que le tandem a eu de quoi s'illustrer quand on sait combien de guerre démocratiques le philosophe à la chemise blanche a cautionnées.

 

27/01/2016

BHL bis?

 

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Se mettre dans la tête de quelqu'un relève, a priori, davantage de la tentative que de la certitude d'y réussir.

On peut s'y risquer pour diverses raisons, Michel Eltchaninoff, l'auteur d'un ouvrage intitulé Dans la tête de Vladimir Poutine, avait sans doute les siennes.

Paru en février de l'an dernier, cet opus a eu l'heur de plaire à qui de droit. L'écho médiatique qu'il a reçu a permis ainsi de diffuser l'image du président russe qu'un certain Occident aime à entretenir.

Et en Michel Eltchaninoff, autant dire qu'on détient l'homme de la situation.

Apprécier ou ne pas apprécier Vladimir Poutine est une chose, discuter sa politique, une autre. Mais énoncer une somme de contre-vérités pour discréditer un homme est un procédé dont on se demande bien ce qu'il a à voir avec la philosophie, discipline dont se réclame celui qui a risqué ce Dans la tête de Vladimir Poutine.

Invité de Mediapart, Michel Eltchaninoff excelle en magicien-contorsionniste-illusioniste. Au cours d'un débat qu'il mène avec Juliette Cadiot, historienne, il parvient, en effet, à nous présenter un Vladimir Poutine metteur en scène de son absence aux cérémonies d'Auschwitz et brandir à l'appui de sa thèse, la sémantique. Oui, Monsieur le philosophe, journaliste et essayiste français nous explique l'usage que fait du terme fasciste, le chef du Kremlin, balayant sans vergogne l'impact qu'implique cet adjectif dans la mémoire collective russe. 

Par un tour de passe-passe magistral et pour d'autant mieux passer sous silence -sinon nier- l'existence de néo-nazis installés au pouvoir à Kiev, Monsieur Eltchaninoff mène une attaque en règle contre le président d'un peuple qui a sacrifié par millions ses citoyens pour sauver l'Europe du nazisme. 

On n'est plus dans la désinformation, avec ce journaliste, philosophe, essayiste. On est dans la plus pure révision de l'Histoire et sa totale falsification.

https://www.youtube.com/watch?v=iIZACZ7S71M

 

10/01/2016

La Suisse en question

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Dans sa critique d'une pièce de théâtre de l'écrivain suisse Lukas Bärfuss, récemment jouée à Genève et à Lausanne, Alexandre Demidoff relevait le talent avec lequel était traité le thème du suicide assisté.

A cet égard, le journaliste écrivait de l'homo helveticus, qu'il revendiquait une tolérance en matière d'euthanasie et interrogeait sur ce que celle-ci révélerait de l'identité suisse si elle le devait.

http://www.letemps.ch/culture/2015/10/16/fascinant-voyage...

L'appellation d'homo helveticus n'est pas une AOC. On la trouve dans différents articles ou autres interviews comme celle-ci:

http://www.bloglagruyere.ch/2012/09/10/massimo-rocchi-a-l...

Quoi qu'il en soit, le tollé qu'a suscité la tribune publiée par Lukas Bärfuss dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung interpelle:

http://www.letemps.ch/suisse/2015/10/17/ecrivain-lukas-ba...

Jean-Jacques, aime ton pays, avait dit son père à Rousseau.

Critiquer son pays ne revient pas à ne pas l'aimer mais jusqu'où sont fondés les propos de l'écrivain suisse, telle est la question.

 

14:29 Publié dans Avaries, Culture, Littérature, Suisse | Tags : suisse, bärfuss, médias, blocher | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

09/01/2016

Abayas, esthétique et divergences

 

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http://www.glamourparis.com/mode/news/articles/dolce-gabb...

 

Les grands couturiers italiens Dolce & Gabbana viennent de lancer leur nouvelle collection intitulée Abayas où sont proposés voiles et hidjabs.

Ce qui enchanterait avant tout les créateurs, tiendrait de la vison du désert et des cieux du Moyen-Orient, sans compter la grâce et la beauté des merveilleuses femmes d'Arabie.

Ce regard esthétique n'est, à l'évidence, pas celui qui considère la femme musulmane selon d'autres standards. 

Quoi qu'il en soit, la réflexion qui dépasserait le rejet pur et simple d'une religion que d'aucun(e)s conspuent n'est pas interdite.

Elle engage, certes, à prendre en considération toutes sortes de critères difficiles à nier.

A cet égard, l'article ci-dessous paru dans La Tribune de Genève, est intéressant. Les visées des un(e)s et des autres ont encore de quoi alimenter la polémique.

Petite précision de la maison de couture, la collection sera aussi disponible dans plusieurs villes européennes dont Munich et Paris.

http://www.tdg.ch/monde/hijabs-abayas-luxe-signes-dolce-g... 

 

08/01/2016

De Cologne au reste du monde

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Il est beaucoup question, ici et là, des agressions commises la nuit du Nouvel An à Cologne.

Ce qui s'est passé a profondément affecté non seulement les victimes mais bien au-delà et cela se conçoit.

A l'évidence, le sujet est dores et déjà bien politisé.

A lire cette analyse rendue par un ancien correspondant du Figaro en Allemagne, la situation semble, toutefois, plus complexe qu'il n'y paraît:

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/01/07/31002-2016010...

A cet égard, il serait bon de rappeler que, dans le monde, la violence à l'encontre des femmes en concerne une sur trois.

Physique ou sexuelle, elle s'exerce à tous niveaux, selon toutes religions, cultures ou nationalités. 

Ce rapport de l'ONU, rendu le 6 novembre dernier, est fort instructif et permet de nuancer quelques a priori:

http://www.unwomen.org/fr/digital-library/multimedia/2015...

 

01/01/2016

Vienne, 1er janvier entre traditions et migrants

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Histoire et actualité se mêlent du traditionnel concert de l'An donné dans le Goldener Saal du Musikverein de Vienne.

Alors qu'une dépêche de l'AFP reprise en boucle sur de nombreux sites, évoque le fait que comme de tradition, une partie des revenus engendrés par le concert iront à des oeuvres caritatives, notamment au profit des migrants, il est aussi précisé qu'il s'agirait là d'un symbole pour cette manifestation créée sous le nazisme.

Le fait est que Wikipedia reste plus énigmatique dans sa manière de libeller l'origine du concert: https://fr.wikipedia.org/wiki/Concert_du_nouvel_an_à_Vien...

Cela étant, que le plaisir de certains profite à l'adversité d'autres, relève d'un charisme bien ordonné qui n'a rien de nouveau.

Reste à savoir comment sa mise en application conciliera les images diffusées en mondovision, ce jour, par l'ORF avec celles des grandes migrations relayées ces derniers mois par la majorité de nos médias.

 

25/12/2015

Noël, un temps de prière et d'autant de controverses

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En ce 25 décembre, tandis que certains célèbrent encore la naissance du Christ, fixée ce jour par le Pape Libère en 354, d'autres n'y songent pas ou plus.

Des religions et des pratiques qu'elles induisent, on débat quand on ne s'y attaque pas de manière frontale.

Il n'en demeure pas moins vrai qu'elles sont le fait de milliards d'individus.

Partagé ou non, le besoin de projeter une présence divine est une constante de l'humanité.

D'aucuns évoquent la force de la prière.

Aussi irrationnelle soit-elle, elle soutient nombre de fidèles.

La leur contester ou la respecter est un choix.

Intellectuel ou affectif, il engage.

 

24/12/2015

Cette "culture" dont on parle tant...

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On lit, ici et là, toutes sortes de propos tenus sur la culture sans jamais que le sens dans lequel ce concept est utilisé ne soit précisé.

A croire que tout le monde s'entendrait sur ce à quoi renvoie le terme de culture.

Que de malentendus, au contraire, cet usage lexical indéfini ne présente-t-il pas!

Et combien d'erreurs d'appréciation ne s'éviterait-on à en préciser le caractère!

Autant dire que récupérations tacites émaillent tout débat autour de la culture.

Et très vite, l'embrouille est assurée alors que l'implicite règne en maître.

Genève, ces jours-ci, vit au rythme de querelles sinon davantage encore, qui ont pour enjeu la culture.

Celle des uns dressée contre celle d'autres, c'est la politique qui mène le jeu. 

Avec pour enjeu, désormais, une tête à couper.

 

18/12/2015

1977-2015

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L'Union des Ecrivains, créée en 1932 en ex-URSS offrait de nombreux avantages à qui en était membre. Outre des conditions de vie facilitées avec possibles datchas accordées ou autres contributions financières substantielles, l'Union soutenait la publication d'oeuvres et de périodiques et organisait des rencontres et des séminaires.

En 1977, l'ancienne membre de l'Union des Ecrivains et désormais lauréate du Prix Nobel de littérature, Svetlana Alexievitch, signait un article consacré à Félix Dzerzhinski, fondateur et directeur de la Tcheka, police qui deviendra plus tard le KGB.

Le portrait que la lauréate biélorusse dresse de celui qui a été considéré comme un héros national dans le pays où elle vivait à l'époque et où elle vit à nouveau, n'est pas dénué d'émotion. Il se conclut ainsi: 

Когда у меня вырастет сын, мы обязательно приедем на эту землю вместе, чтобы поклониться неумирающему духу того чье имя - Феликс Дзержинский- "меч и пламя" пролетарской революции.*

Quand mon fils sera grand, nous viendrons sans faute sur cette terre pour saluer l'esprit immortel du nom de Félix Dzerzhinski, "épée et flamme" de la révolution prolétarienne.

A 29 ans, âge auquel Svetlana Alexievitch a écrit cet article, on est déjà en état de penser de manière critique.

Or tandis que cette désormais intarissable critique du régime soviétique vouait son talent et sa plume à honorer l'un de ses plus puissants représentants, elle se situait bien loin du sort réservé à ses confrères dissidents.

Près de quarante ans plus tard, conspuer un régime politique dont elle s'est davantage montrée suppôt et bénéficiaire que victime, vaut, en effet, son prix d'or suédois.

http://yablor.ru/blogs/svetlana-aleksievich-mech-i-plamya...

 

17/12/2015

BHL, le "protecteur"

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                                         http://www.bernard-henri-levy.com/arte-2836.html

 

Arte est l'acronyme d'Association de Retransmission Télévisuelle Européenne.

En droit, Arte est un Groupement Européen d'Intérêt Economique (GEIE) basé à Strasbourg.

Voici maintenant vingt-deux ans que Bernard-Henri Lévy occupe le poste de Président du Conseil de Surveillance d'Arte France.

Inutile de dire que BHL prise son poste et n'hésite pas à s'en expliquer.

A la question de savoir si le mandat qui vient de lui être renouvelé sera son dernier, il répond qu'il ne se pose jamais ce genre de questions.

Quant à la chaîne Arte, il l'estime être plus qu’une chaîne de télévision.

C'est un endroit où, tous les soirs, on fabrique de l'Europe, on façonne et invente de la culture européenne vivante.

Arte est une des rares choses qui fonctionnent en Europe.

http://www.lopinion.fr/2-juillet-2014/bernard-henri-levy-...

 

08/12/2015

Corrompus. Sans le savoir.

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Le philosophe Alain Deneault publie un ouvrage intitulé La médiocratie. 

Interviewé pour le magazine Telerama, il livre quelques réflexions autour du concept de médiocrité. 

Selon ce professeur de l'Université de Montréal, la médiocrité n'est en rien un signe d'incompétence. Ainsi Alain Deneault se garde-t-il de stigmatiser quiconque.

Au contraire, déclare-t-il, ce qu'il souhaite, c'est comprendre la nature de cette injonction à être médiocre qui pèse aujourd'hui sur des gens qui ne sont pas forcément enclins à l'être.

En ceci, son étude est d'autant plus percutante qu'elle éclaire un système dont la corruption arrive ainsi à son terme lorsque les acteurs ne savent même plus qu'ils sont corrompus!

A lire, ici:

http://www.telerama.fr/idees/en-politique-comme-dans-les-...

 

A noter que le titre de cet ouvrage est également celui d'un autre opus paru en 2015. D'une tout autre facture, il est signé par l'avocat et écrivain Michel Bourgeois.

06/12/2015

La Nobel récidive

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Le 24 septembre dernier, Vladimir Poutine inaugurait la plus grande mosquée d'Europe.

A Moscou, le président russe était aux côtés de ses homologues turc et kazakh ainsi que de Mahmoud Abbas et du grand mufti de Russie.

Cet événement, largement médiatisé, a sans doute dû échapper à la vigilance de Svetlana Alexievitch, lauréate du prix Nobel de littérature 2015 qui décrète, dans La Vanguardia, que le président russe créerait, en Russie, un califat orthodoxe.

Un Nobel est une référence. Discutée, certes mais qui fait autorité.

Dans son interview à La Vanguardia, l'écrivain biélorusse évoque la dimension politique de son prix. Elle a raison car elle est bel et bien présente.

Quelles que soient les opinions que défend Madame Alexievitch, rien ne lui interdit de s'informer avant de s'exprimer.

En l'occurrence, Madame Alexievitch a manqué une nouvelle occasion de se taire.

Et ce ne sont pas les commentaires déposés sous l'article ci-dessous qui le contrediront:

http://oumma.com/221656/moscou-l-inauguration-de-plus-gra...

 

 

24/11/2015

Laïcité pour tous

 

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La laïcité pour encourager au multiculturalisme?

http://fr.sputniknews.com/culture/20151107/1019358837/pal...

 

 

La laïcité comme barrage à la terreur?

https://www.facebook.com/electronicresistanceteam/

 

La page Facebook dont le lien est indiqué ci-dessus a été créée pour montrer ce que certains élus et autres journalistes accrédités ont peut-être de la peine à partager avec leur public.

On les comprend.

 

 

23/11/2015

Radicalisme

 

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Alors que le nationalisme est très souvent stigmatisé, le radicalisme, lui, semble bien moins aisé à cibler.

Le premier serait-il plus facile à identifier que le second?

Décréter qu'on ne mène pas de guerre à une mouvance extrémiste au prétexte qu'elle se serait auto-intitulée Etat islamique et que, de fait, ce serait lui reconnaître une légitimité que de la combattre est une vue de l'esprit.

Une autre, celle du Président de l'Association des Maires de France qui prône plus la laïcité comme barrage à la terreur

Tandis que toutes les valeurs démocratiques sont rejetées par le radicalisme, ce sont elles qu'on persiste à lui opposer.

Chercher l'erreur, c'est risquer diverses hypothèses.

Evoquer la soumission en est une.

Reste à savoir à qui, pourquoi et comment.

 

02/11/2015

Mise au point

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Qu’aimer la Russie, aujourd'hui, suscite la controverse est un euphémisme.

Lors de la récente interview qui m'a été demandée par la chaîne de télévision russe, LifeNews, la question m'a été posée de savoir si je subissais des pressions.

 

Sans hésiter, j'ai répondu par l’affirmative.

 

Dans cette Europe si démocratique, il semble bien, en effet, que toute voix qui refuse de diaboliser la Russie soit vouée à la moquerie, au mépris quand ce n’est pas à l’insulte.

 

Par mes études de russe, j'ai découvert l'ex-URSS au milieu et à la fin des années soixante-dix, par mon oeuvre littéraire traduite en russe et publiée à Moscou, c’est la Russie du milieu des années 2000 que j’ai retrouvée.

 

Jamais, je n'ai eu l'outrecuidance de me poser en spécialiste de la Russie ni d'un quelconque autre pays de ce monde. 

 

Si d'aucuns m'ont attribué cette compétence, c'est de leur propre chef.

 

Tout aussi bien m’a-t-on considérée comme naïve, ignare ou dans un autre registre, suppôt sinon agent du Kremlin.

 

Suissesse et Française d'origine, j'aime les valeurs qui m'ont été transmises.

 

Mais il me tient à coeur aussi, de partager avec mes compatriotes un regard sur la Russie qui soit moins orienté que celui qui domine la plupart de nos médias.

 

 

11/10/2015

Dialogue Occident-Russie, le gâchis récompensé

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Cette video dure 24 secondes.

On y découvre toute l'estime que ce Président démocrate porte à son peuple:

https://www.youtube.com/watch?v=ZYoOCz65KY8&app=desktop%20

Madame Svetlana Alexiévitch, récemment nobélisée de littérature, a-t-elle seulement eu connaissance de ce qu'est la démocratie en Ukraine?

Cette démocratie compte plus de 8'000 morts désormais.

Cette démocratie a déjà jeté sur les routes plus d' 1 million de réfugiés.

Et la terre qui les a accueillis, ces réfugiés, cette terre est celle de 86% de Russes que Madame Alexiévitch outrage.

L'offense ne grandit ni n'honore qui la profère et le talent récompensé n'y change rien.

  

10/10/2015

Lettre ouverte

A Madame Svetlana Alexievitch, 

Dans ce Donbass que vous avez évoqué lors de votre conférence de presse, Lilia, 24 ans, a eu la jambe gauche arrachée alors qu'elle s'est jetée sur son fils de 11 mois pour le protéger.

Tous deux se trouvaient dans un bus soudain frappé par une bombe, Lilia a eu le réflexe de sauver la vie de son enfant.

Ce cas, comme tant d'autres qui ont brisé familles et foyers du Donbass, a été le fait d'un gouvernement que l'Occident soutient.

Je vous invite à découvrir cet article d'un journaliste français qui se trouve à Donetsk: 

http://dnipress.com/fr/posts/lilia-24-ans-une-jambe-arrac...

Des cas comme celui de Lilia sont loin d'être uniques, vous n'êtes pas sans l'ignorer, j'ose l'espérer.

Il va de soi aussi que l'on est parfois obligé de procéder à des choix de sujet à traiter. Vous avez opéré les vôtres qui ont su trouver leur public et l'honneur qui vient de leur être rendu.

Mais vous qui déclarez faire de la lutte contre le mensonge le fer de lance de votre combat, comment pouvez-vous estimer que la Russie en arrive à 86% à se réjouir quand des gens meurent dans le Donbass?

Madame, avec pareils propos, vous êtes non seulement dans le mensonge mais dans l'outrage.

 

Avec respect,

                              Hélène Richard-Favre

 

08/10/2015

Svetlana Alexievitch, Nobel de littérature outrage la mémoire du Donbass

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Le Nobel de littérature a été attribué.

Il couronne Svetlana Alexievitch, écrivain et journaliste biélorusse.

A lire l'article que lui consacre le Huffingtonpost, on comprend tout à fait que les idées politiques de cette écrivain rejoignent la plupart des standards occidentaux et bien leur en prenne, des goûts et des couleurs, on ne discutera pas ici.

Mais quand on lit de cette Nobel de littérature que, je la cite, cette Russie en arrive à 86% à se réjouir quand des gens meurent dans le Donbass, non, là, c'est plus que de l'indécence ou de l'insulte. C'est un outrage lancé à la Russie et surtout à la mémoire de milliers de victimes qui n'ont jamais demandé à l'être.

En arriver à exprimer de tels propos alors qu'on vient de se voir récompensé du prix le plus prestigieux qui soit, est inqualifiable. 

http://www.huffingtonpost.fr/2015/10/08/svetlana-alexievi...
 
 

26/09/2015

Arabie Saoudite, entre idéaux des uns et crucifixions des autres

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Récemment, le représentant de l'Arabie Saoudite a été élu pour présider le groupe qui nomme les experts du Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies.

Si la confusion a régné autour de cette nomination tandis que certains médias relayaient celle de l'Arabie Saoudite elle-même à la tête du Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies, le fait qu'il s'agisse ni de l'Arabie Saoudite en tant que telle ni du Conseil des Droits de l'Homme en tant que tel non plus, nuance ladite nomination.

Il n'en demeure pas moins vrai qu'à la question de savoir si un dialogue reste envisageable avec l'Arabie Saoudite alors que celles et ceux qui le tentent sur place, subissent un sort peu enviable, la réponse paraît loin d'être acquise.

L'idéal, bien sûr, serait de persister à croire possible un échange de points de vue avec ce pays. C'est en tous les cas ce à quoi s'emploient certains, tel l'ancien ministre socialiste français de la culture, Jack Lang.

Dans une interview qu'il a accordée à la radio française Europe1, il s'en explique:

http://www.europe1.fr/politique/ali-al-nimr-jack-lang-ne-...

Pour le reste et s'agissant de la nomination du représentant de l'Arabie Saoudite à la Présidence du groupe qui nomme les experts du Conseil des Droits de l'Homme des Nations-Unies, l'article ci-dessous en rend compte d'une manière qui met aussi en cause la précipitation des médias à (dés)informer.

http://www.scoop.it/t/desinformation

15/09/2015

Choristes chrétiens interdits de visa en France

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Il faut le lire pour y croire et pourtant, c'est bel et bien vrai.

Voici un Choeur invité à donner un concert à Strasbourg, qui s'est vu refuser l'obtention de visas pour la France alors que ses membres étaient venus de Damas pour déposer leur dossier à l'Ambassade de France de Beyrouth.

http://m.culturebox.francetvinfo.fr/musique/musique-class...

Le christianisme, religion de ces choristes, serait-il soudain devenu subversif?

Certes, ils sont orthodoxes et proviennent d’un pays gouverné par un homme dont l'Occident ne cesse de viser la chute du régime sinon davantage encore.
 
Alors les portes de cette Europe des droits humains s'ouvrent grandes -quoique- pour accueillir les centaines de milliers de victimes de ce Président pourtant légitimement élu.
 
Difficile, dans ce cas, de recevoir des choristes venus de Damas...
 
Premier à fustiger la liberté d'expression de certains pays et la méfiance que lesdits pays observeraient à l'égard d'organisations qu'ils qualifieraient de douteuses, l'Occident, ici, a de quoi être fier.
 
Pays d'autant de Charlie, la France des droits humaines signe là son manifeste le plus parfait.
 

 

09/08/2015

L'Europe ou le suicide pas même assisté

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Entre les relations qu'entretient l'Occident avec certaines parties de monde et celles qu'il ne partage bientôt plus avec la Russie, force est de constater que d'autres enjeux dominent.

Qu'a de commun l'Europe avec, par exemple, les monarchies ou autres émirats du Golf? 

Le mariage gay? La libération de la femme? La laïcité? 

Alors que l'on ne cesse de dénoncer une Russie homophobe, une Russie où toute atteinte à la liberté d'expression serait étouffée tandis que la propagande y battrait son plein, ce ne sont pas moins de 145 millions d'habitants que l'on réduit à des ahuris incapables de discernement.

Respecter des univers culturels étrangers aux nôtres et blâmer celui d'un pays qui dispose d'un héritage commun avec l'Occident, est-ce cela, le multiculturalisme?

Défendre les droits de minorités et fermer les yeux sur le sort de celles qui sont persécutées dans ces pays amis, est-ce cela, la défense des droits humains?

De qui se moque-t-on? 

 

30/07/2015

Cervantes, esclave à Alger.

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Ils étaient entassés, pouvant à peine bouger dans la saleté, la puanteur et la vermine, et beaucoup mouraient avant d'atteindre le port.

Il ne s'agit là d'aucun migrant fuyant le régime ou la misère de son pays. Il s'agit de Chrétiens - de Juifs parfois aussi- que leurs maîtres musulmans avaient capturés et ramenaient avec eux:  http://library.flawlesslogic.com/slavery_fr.htm

Si l'esclavagisme des Blancs fut maintes fois évoqué, il n'en va pas de même de celui dont ils furent, eux aussi, les victimes.

Trois siècles durant, des centaines de milliers d'Européens furent réduits à l'esclavage.

Pour en savoir d'avantage sur le sujet, la lecture de l'ouvrage du Professeur Robert C. Davis, Christians Slaves, Muslim Masters: White Slavery in te Mediterranean, the Barbary Coast and Italy, 1500-1800, est instructive.

On y apprend, par exemple, comment le prix d'un Chrétien avait chuté alors qu'après une expédition menée par les Algériens dans le Sud de l'Italie, on pouvait troquer un Chrétien pour un oignon.

De ces années sombres de l'Histoire, on a peu témoigné.

Les conditions dans lesquelles étaient détenus les Chrétiens sont bien décrites dans cette video qui évoque aussi les cinq ans de bagne de Miguel de Cervantes:

https://www.youtube.com/watch?v=ol0ud_fHvjc
 

27/07/2015

Dostoïevski

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Invitée à parler de Dostoïevski dans le cadre de Journées qui lui sont consacrées chaque année à Saint-Pétersbourg, outre son bref séjour à Genève, j'ai évoqué comment ce qui a été appelé "haut mal" ou "mal sacré" -je veux parler de l'épilepsie-  travaille et tisse son oeuvre. 

Certains critiques ont mis en relation le déclenchement de l'épilepsie de l'écrivain avec l'assassinat de son père par ses serfs mais d'autres le font remonter à son enfance. Ce serait, en effet, à l'âge de 7 ans que Dostoïevski aurait été frappé par sa première crise.

Il n'est pas difficile d'imaginer la souffrance que ce mal a pu engendrer chez lui, sachant combien la violence de certaines crises peut terrasser et surtout, comment celles-ci peuvent aussi être perçues par l'entourage.

Plusieurs personnages de l'oeuvre de Dostoïevski sont épileptiques, dont le Prince Mychkine et Smerdjakov, fils bâtard de Fiodor Karamazov.

Cela dit, tout distingue ou presque ces deux personnages et c'est là une des raisons qui a motivé mon choix d'en parler.

Si Dostoïevski est mort à Saint-Pétersbourg peu de temps après avoir écrit "Les Frères Karamazov" sous la forme que nous lui connaissons alors qu'il la considérait inachevée, c'est à Genève que Dostoïevski a écrit en grande partie, "L'Idiot".

Or de passage à Bâle, l'écrivain s'est rendu au Musée des Beaux Arts où il s'est très longuement attardé devant le Le Christ au tombeau, de Hans Holbein le Jeune et dont la reproduction figure en illustration de ce sujet.

Il n'est pas impossible que la très forte émotion que Dostoïevski a ressentie à la vue de ce tableau ait pu constituer un des éléments déterminants de l'écriture de "L'Idiot".

http://pl.spb.ru/events/?ELEMENT_ID=2988

26/07/2015

La haine, politique de croissance?

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Les détracteurs de la Grèce y vont bon train pour juger un pays dont on se demande bien ce qu'ils en savent ou en ont compris.

Plusieurs sites se sont satisfaits de relayer le point de vue d'Edmond About, mishellène notoire et auteur d'un ouvrage intitulé La Grèce contemporaine. 

Paru en 1854, il sert de référence opportune à qui le veut bien pour montrer que la Grèce ne serait qu'un pays de profiteurs sinon de voleurs ou pis encore.

Boulevard Volaire, Le Monde, L'ObsRue89 en citent de larges extraits évidemment choisis. Car les passages décrivant le système mis en place par les puissances de l'époque pour profiter elles-mêmes des crédits alloués à la Grèce sont soigneusement omis par leurs émérites journalistes.

Le cadre ainsi posé, les commentateurs s'en donnent à coeur joie pour distiller leur venin et égrener leurs certitudes ainsi référencées.

En réaction à cette déferlante haineuse -qui ne date toutefois pas d'hier- Michel Bouillet avait publié, en 2012, un ouvrage intitulé Non! Les Grecs ne sont ni des voleurs ni des menteurs.

L'auteur y explique comment le levier de l'emprunt a toujours été utilisé pour infléchir la politique grecque à l'avantage des Puissances.

Le contribuable Bonnal de Boulevard Voltaire a dès lors et en effet de quoi s'inquiéter.

Car loin du romantisme de quelques philhellènes du XIXe siècle dont il conclut dans son article, qu'il coûte toujours cher au contribuable, les méthodes appliquées par leurs contemporains banquiers ont trouvé leurs émules aujourd'hui.