04/11/2015

Ainsi naît la calomnie

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A lire le propos déposé en anglais sur mon précédent sujet de blog*, j'apprends que par le fait d'avoir déclaré aimer la Russie, je travaillais pour une entreprise qui tue: 

The tags in your blog "Russie Poutine Ukraine Syrie" are the best evidence that you are consistently working in the niche that you've chosen. It's like working for a tobacco company, you know you are promoting a product that kills people, but you keep working.

La suite est à l'avenant:

it's not a ballet, art or literature that you'are passionate about in your blog. It's politics. Poutine's Russia.

Cette manière binaire d'envisager la Russie, on y a aussi eu droit lors de la conférence de presse tenue par Svetlana Alexievitch, lauréate du Prix Nobel de littérature 2015 :

J'aime le monde russe, bon et humaniste, devant lequel tout le monde s’incline, celui du ballet et de la musique» (...) mais je n'aime pas cette Russie qui en arrive à 86% à se réjouir quand des gens meurent dans le Donbass.

C'est pour avoir pointé cette dérive outrageante dans la lettre ouverte que j'ai adressée à Svetlana Alexievitch, que j'ai désormais l'honneur de recevoir ce genre d'interventions sur mon blog qui m'apprennent que: where politics starts, there ends the writer. 

Et cette commentatrice avisée de conclure en guise d'avertissement:

And don't expect to get away with it clean and clear... From the moment you aspire to become an opinion leader you contribute to bloodshed in one way or another.

Elle a donc décidé du sens de mes aspirations, décidé de la nature de mes actions, elle sait ce qu'il en est, ainsi naît la calomnie.

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/11/02/mise-au-point....
 

02/11/2015

Mise au point

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Qu’aimer la Russie, aujourd'hui, suscite la controverse est un euphémisme.

Lors de la récente interview qui m'a été demandée par la chaîne de télévision russe, LifeNews, la question m'a été posée de savoir si je subissais des pressions.

 

Sans hésiter, j'ai répondu par l’affirmative.

 

Dans cette Europe si démocratique, il semble bien, en effet, que toute voix qui refuse de diaboliser la Russie soit vouée à la moquerie, au mépris quand ce n’est pas à l’insulte.

 

Par mes études de russe, j'ai découvert l'ex-URSS au milieu et à la fin des années soixante-dix, par mon oeuvre littéraire traduite en russe et publiée à Moscou, c’est la Russie du milieu des années 2000 que j’ai retrouvée.

 

Jamais, je n'ai eu l'outrecuidance de me poser en spécialiste de la Russie ni d'un quelconque autre pays de ce monde. 

 

Si d'aucuns m'ont attribué cette compétence, c'est de leur propre chef.

 

Tout aussi bien m’a-t-on considérée comme naïve, ignare ou dans un autre registre, suppôt sinon agent du Kremlin.

 

Suissesse et Française d'origine, j'aime les valeurs qui m'ont été transmises.

 

Mais il me tient à coeur aussi, de partager avec mes compatriotes un regard sur la Russie qui soit moins orienté que celui qui domine la plupart de nos médias.

 

 

28/10/2015

Une voix de Russie

 

C'est d'entente avec Arkadij Beinenson que je publie, ci-après, son texte.

                                                                      

En Russie, la popularité rencontrée par la lettre ouverte qu'Hélène Richard-Favre a adressée à Svetlana Alexievitch, semble aussi avoir été due à ma participation en tant que traducteur et journaliste qui l'a publiée sur le site de Baltnews.ee

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/10/10/lettre-ouverte.html

 

http://baltnews.ee/mir/20151012/1014162478.html

 

La grande résonance que cette lettre ouverte a connue, également en dehors de la Russie, m’a décidé à écrire ce qui suit.

 

A la lecture des commentaires déposés sous la lettre d’Hélène, je constate un certain manque de compréhension de ce qu’est la Russie contemporaine. De même, m’apparaît discutable, le jugement porté sur les événements qui se déroulent dans le pays et dans le monde entier par les Russes eux-mêmes.

 

Ce manque de compréhension de la Russie contemporaine est dû à la présentation qu’en font les médias occidentaux. Les Russes y apparaissent comme très agressifs, adorant aveuglément Poutine, ne voulant rien savoir d’autres points de vue, nostalgiques des temps de Staline et voulant convaincre l’Ukraine et l’Occident. 

 

Je tiens à souligner, ici, que je suis né dans une famille de dissidents moscovites qui écoutaient la « Voix de l’Amérique » et la radio « Svoboda (La Liberté) ». La majorité de ce que que beaucoup de gens n’ont su qu’après 1991, moi, j’en entendais parler à la maison en jouant dans notre cuisine.

 

Et ce que j’entends maintenant me rappelle bien des choses entendues à la radio à la maison de mes parents. Cela veut-il dire que la Russie est en train de se construire une nouvelle Union Soviétique? Cela indique-t-il que l’Occident doit utiliser les mêmes expressions qu’autrefois?

 

Non. Et cette lettre en est la meilleure preuve car je n’aurais jamais eu la possibilité de la publier du temps de l’époque soviétique.

 

La Russie s’engage davantage dans l’arène géopolitique internationale que ces vingt dernières années. Mais cela signifie-t-il qu’on veut une autre guerre froide? Absolument pas. On veut que la Russie et son opinion soient prises en considération quand les pouvoirs internationaux prennent des décisions dans les domaines qui peuvent avoir des conséquences pour notre pays.

 

Surtout, on veut être entendu dans le cadre des conflits du Proche-Orient et dans ceux de notre voisin ukrainien. Et on veut d’autant plus que notre opinion soit prise en considération que les soldats soviétiques ont sacrifié leur vie pour libérer l’Europe du fascisme pendant la seconde guerre mondiale.

 

Oui, tous les habitants de l’ex-Union Soviétique (y compris les Ukrainiens, les Juifs et les Asiatiques) sont fiers de la victoire de l’Union Soviétique qui était dirigée par Staline en ces temps. Mais cela ne signifie absolument pas que les Russes souhaitent d’autres dictateurs et des répressions. En même temps, on ne veut pas être mis au même niveau que l’Allemagne fasciste.

 

Oui, beaucoup de gens en Russie ont voté en faveur de la politique de Poutine mais ça ne veut pas dire qu’on en fait un dieu. Non, il y a plein de gens qui ne sont pas d’accord avec sa politique et qui exigent des changements. Mais des changements et non pas une révolution. Je vous assure qu’on a une bonne mémoire.

 

On était très surpris que les participants du Maïdan nous aient reproché de ne pas avoir construit d’Etat européen durant ces vingt-trois dernières années. Mais ça ne peut pas se traduire par la joie ressentie à voir des gens mourir! 

 

Beaucoup de Russes ont de la famille en Ukraine (moi personnellement je suis à moitié ukrainien) et on est très inquiets de ce qui se déroule dans le pays. 

 

Oui, les hommes politiques russes utilisent un vocabulaire fort en parlant avec leurs collègues internationaux. Mais cela veut-il dire qu’on déteste l’Occident et notamment l’Europe? Pas du tout. On aime la culture classique de l’Europe et on n’oublie pas l’impact qu’elle a eu sur notre culture. Et on est toujours très heureux de voir des visiteurs européens dans notre pays.

 

En conclusion, je voudrais dire et même souligner que les Russes sont terrorisés à la seule idée d’une guerre car chaque famille garde des souvenirs horribles de la seconde guerre mondiale. Et quoi qu’il se passe entre la Russie et les pays de l’Occident, on ne veut pas que les choses prennent une tournure que nos descendants aient à regretter.

 

Arkadij Beinenson, journaliste russe

 

 

17/10/2015

Kunduz: un véhicule armé en guise de tribunal

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Les agissement commentés dans ces quelques lignes ci-dessus rappellent au cynisme d'une frange de l'humanité.

Quand celle-ci ose se présenter comme défenderesse de la démocratie, c'est la démocratie qui est bafouée.

Les propos comme ceux qui figurent en capture d'écran ci-dessus sont extraits d'un article dont le lien figure au bas de ce sujet.

On y lit toute l'estime portée à la justice.

On y découvre de quelle manière elle est honorée.

Des articles comme ceux-ci pointent la réalité d'un Occident qui passe son temps à dénoncer des gouvernements qu'il qualifie de tous les noms les plus détestables.

Des articles comme ceux-ci révèlent ce qui s'impose comme valeurs tandis que la mort a frappé des blessés de guerre et des membres du personnel qui s'est consacré à les soigner.

A lire ici:

https://francais.rt.com/opinions/8612-presidente-msf-wash...

17:18 Publié dans Air du temps, Avaries, Etats-Unis, Humanité, Justice, OTAN, Politique, Pouvoirs, Pratiques | Tags : kunduz, msf, etats-unis | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

13/10/2015

Guerre fratricide

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La lettre ouverte adressée à Svetlana Alexievitch a été traduite en russe, introduite et publiée sur le site Baltnews.ee par le journaliste Arkadij Beinenson:

http://baltnews.ee/mir/20151012/1014162478.html

L'article a été relayé sur près de vingt sites, tant en Russie qu'en Ukraine et ailleurs.

Les commentaires déposés, aussi bien ici, sous la version française de la lettre,

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/10/10/lettre-ouverte...

que sur l'ensemble des autres sites qui ont publié la version russe, témoignent de la sensibilité du sujet.

C'est qu'une telle guerre fratricide est extrêmement dommageable.

Quels que soient les camps qui s'opposent et se déchirent, les dégâts sont là, blessent et brisent des vies entières.

Sauf cynisme avéré ou égarement momentané, qui s'en réjouirait?

Puisse le calme revenir au plus tôt dans ce Donbass ensanglanté. 

Puisse la diplomatie oeuvrer au mieux et réduire les armes au silence.

 

11/10/2015

Dialogue Occident-Russie, le gâchis récompensé

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Cette video dure 24 secondes.

On y découvre toute l'estime que ce Président démocrate porte à son peuple:

https://www.youtube.com/watch?v=ZYoOCz65KY8&app=desktop%20

Madame Svetlana Alexiévitch, récemment nobélisée de littérature, a-t-elle seulement eu connaissance de ce qu'est la démocratie en Ukraine?

Cette démocratie compte plus de 8'000 morts désormais.

Cette démocratie a déjà jeté sur les routes plus d' 1 million de réfugiés.

Et la terre qui les a accueillis, ces réfugiés, cette terre est celle de 86% de Russes que Madame Alexiévitch outrage.

L'offense ne grandit ni n'honore qui la profère et le talent récompensé n'y change rien.

  

10/10/2015

Lettre ouverte

A Madame Svetlana Alexievitch, 

Dans ce Donbass que vous avez évoqué lors de votre conférence de presse, Lilia, 24 ans, a eu la jambe gauche arrachée alors qu'elle s'est jetée sur son fils de 11 mois pour le protéger.

Tous deux se trouvaient dans un bus soudain frappé par une bombe, Lilia a eu le réflexe de sauver la vie de son enfant.

Ce cas, comme tant d'autres qui ont brisé familles et foyers du Donbass, a été le fait d'un gouvernement que l'Occident soutient.

Je vous invite à découvrir cet article d'un journaliste français qui se trouve à Donetsk: 

http://dnipress.com/fr/posts/lilia-24-ans-une-jambe-arrac...

Des cas comme celui de Lilia sont loin d'être uniques, vous n'êtes pas sans l'ignorer, j'ose l'espérer.

Il va de soi aussi que l'on est parfois obligé de procéder à des choix de sujet à traiter. Vous avez opéré les vôtres qui ont su trouver leur public et l'honneur qui vient de leur être rendu.

Mais vous qui déclarez faire de la lutte contre le mensonge le fer de lance de votre combat, comment pouvez-vous estimer que la Russie en arrive à 86% à se réjouir quand des gens meurent dans le Donbass?

Madame, avec pareils propos, vous êtes non seulement dans le mensonge mais dans l'outrage.

 

Avec respect,

                              Hélène Richard-Favre

 

08/10/2015

Svetlana Alexievitch, Nobel de littérature outrage la mémoire du Donbass

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Le Nobel de littérature a été attribué.

Il couronne Svetlana Alexievitch, écrivain et journaliste biélorusse.

A lire l'article que lui consacre le Huffingtonpost, on comprend tout à fait que les idées politiques de cette écrivain rejoignent la plupart des standards occidentaux et bien leur en prenne, des goûts et des couleurs, on ne discutera pas ici.

Mais quand on lit de cette Nobel de littérature que, je la cite, cette Russie en arrive à 86% à se réjouir quand des gens meurent dans le Donbass, non, là, c'est plus que de l'indécence ou de l'insulte. C'est un outrage lancé à la Russie et surtout à la mémoire de milliers de victimes qui n'ont jamais demandé à l'être.

En arriver à exprimer de tels propos alors qu'on vient de se voir récompensé du prix le plus prestigieux qui soit, est inqualifiable. 

http://www.huffingtonpost.fr/2015/10/08/svetlana-alexievi...
 
 

06/10/2015

Air France, entre coûts et blessures

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Volkswagen, Air France, autant de références désormais mises à mal.

Certes, les problématiques sont diverses mais affectent des symboles et pas des moindres.

Que des enquêtes menées au sein de ces compagnies parviennent à identifier les coupables, l'image de ces fleurons de l'industrie allemande et de l'aviation française n'en est pas moins atteinte.

La guerre se mène décidément sur tous les fronts, le rappeler est une lapalissade, s'y habituer, un choix.

Certains, pourtant, refusent le cynisme. Parmi eux se comptent autant d'employés de Volkswagen, d'Air France ou autres entreprises ou associations.

C'est que ces personnes ont défendu des valeurs soudain sabotées.

Ce qui s'est passé chez Air France affecte non seulement la compagnie aérienne mais ses employés dont tous ne sont pas passés à l'acte qui a visé deux cadres roués de coups.

La violence des actes trouvera toujours à s'expliquer, mais le dégât d'image?

 

03/10/2015

MSF, le carnage

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C'est ce que certains nomment des dommages collatéraux.

Si l'appellation est contrôlée, les forces de l'OTAN qui ont bombardé un centre de soins en Afghanistan, ne semblent, elles, pas l'avoir été du tout.

L'association Médecins Sans Frontières est en deuil, ce soir avec 12 membres de son personnel tués et 37 victimes parmi ses patients.

Selon l'ONU, le bombardement d'un hôpital relève du crime de guerre.

Pour l'heure, hommage soit rendu aux victimes, déjà blessées de guerre et désormais disparues avec celles et ceux qui ont donné vie et amour à les soigner. 

 

Sujet paru en page 13 de l'édition papier de La Tribune de Genève du 9 octobre 2015 sous le titre, MSF: l’humanité est en deuil

 

23:43 Publié dans Avaries, Destins, Humanité, OTAN, Politique, Pouvoirs, Pratiques, Sécurité | Tags : otan, kunduz, msf, afghanistan | Lien permanent | Commentaires (13) | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

27/09/2015

Entre Sunnites et Chiites, les autres...

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Ali Mohammed al-Nimr devrait être décapité, crucifié et exposé en public jusqu'au pourrissement complet de ses chairs.

Pour avoir protesté contre la monarchie sunnite, ce Chiite avait été arrêté en 2012. Il avait 17 ans et était le neveu du Cheikh al-Nimr, haut dignitaire chiite qui s'en était pris, lui aussi, à la monarchie et avait été condamné à mort en 2014.

Ces tensions entre Sunnites et Chiites, ce n'est pas la tragédie du Hajj, survenue ce 24 septembre, qui va contribuer à les apaiser.

Ajoutées à celles qui concernent la Syrie et les accords conclus au sujet du nucléaire iranien, autant dire que la situation reste tendue sinon potentiellement explosive.

Un article, paru en juillet dernier, analysait le jeu d'alliances sinon de mésalliances entre Israël, Etats-Unis, Iran et Arabie Saoudite.

http://www.i24news.tv/fr/opinions/79996-150728-analyse-ar...

L'approche vaut ce qu'elle vaut, compte tenu de l'évolution des événements. Elle n'en est pas moins intéressante pour autant et surtout si on la compare avec cet autre point de vue, lui, plus récent:

http://www.i24news.tv/fr/opinions/86831-150925-israel-se-...
 
 
 

20/09/2015

Onfray, Tsipras c'est "de la com"

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N'en déplaise à Michel Onfray que d'aucuns adulent alors qu'il s'exclamait au sujet de la présence, en Grèce, d'un foyer fasciste et s'ébahissait qu'en Europe, cela existe encore, tandis que la situation en Ukraine semble à l'évidence lui échapper, n'en déplaise donc au philosophe français, Syriza a remporté les élections législatives grecques.*

Alexis Tsipras, que le philosophe français résumait à  "de la com" a montré, au contraire, sa capacité à mobiliser contre le profit qu'aurait pu tirer le parti d'extrême droite, Aube dorée, de la crise migratoire qui frappe la Grèce.

Quant aux autres prophètes et augures en tous genres qui ont annoncé la division de Syriza et son affaiblissement, ils en seront pour leurs frais.

Reste désormais, à savoir si les pressions de l'euro-groupe ne vont pas se poursuivre et diriger le pays vers un grexit, cette fois effectif. 

Serait-ce bien, serait-ce pis, pour la Grèce, pour l'Union Européenne, les avis sont certainement encore partagés de part et d'autre.

Pour l'heure, saluons la victoire d'Alexis Tsipras et de Syriza.

* http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/07/20/pas-de-testicu...
 

Sujet paru comme Lettre du jour en page 13 de l'édition papier de La Tribune de Genève du 22 septembre 2015 sous le titre, Tsipras, ce n'est pas "de la com".

 

21:24 Publié dans Air du temps, Grèce, Humanité, Politique, Pouvoirs, Ukraine, Union Européenne | Tags : onfray, tsipras, grèce, ue, syriza | Lien permanent | Commentaires (45) | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

18/09/2015

Migrants, radicalisme dommageable pour tous

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A parcourir réseaux sociaux ou autres sites de médias et à lire certains commentaires en relation avec l'actuelle migration, on observe combien les points de vue ont tendance à se radicaliser.

Aborder la question de manière raisonnée sans voir se dresser face à face des prises de position aussi tranchées que celles qui se profilent de plus en plus, serait-il devenu impossible sinon impensable?

Apprendre que l'Union Européenne a reçu deux cent treize mille deux cents demandes d'asile d'avril à juin ne laisse personne indifférent.

85 % d'augmentation de hausse de requêtes par apport au deuxième trimestre de l'an dernier appelle forcément à réflexion.

Or voici que se dressent, face à face, les dénommés bien-pensants et les dénommés complotistes ou autres conspirationnistes.

Ce clivage radical est particulièrement dommageable pour nos sociétés et surtout, nuit à toute personne honnête, réfugiée ou non.

 

http://www.francetvinfo.fr/l-union-europeenne-a-recu-213-2...

12/09/2015

Petite soirée entre "terroristes"

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Voici un récit poignant à découvrir ci-dessous.*

L'actualité médiatique, tout occupée à suivre les diverses routes qu'empruntent les migrants et à en diffuser images et témoignages, ne retiendra sans doute pas comment ces jeunes entourent cet autre, inconnu pour la plupart d'entre eux.

De telles soirées, a priori, en évoquent autant d'autres susceptibles de se dérouler ici ou là, pour peu qu'existe l'esprit de solidarité.

Rien de particulier donc à cela, hormis le fait que de tels jeunes, dans nombre de nos médias, sont affublés de qualificatifs qui les rendent bien moins acceptables que l'ensemble de ceux qui nous nous arrivent de pays en guerre.

Et pourtant, ces jeunes dont il est question ici, vivent chaque jour sous les obus dont les conventions de Genève interdisent l'utilisation contre des populations civiles, en témoigne l'illustration de ce sujet: 

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/06/09/ceci-n-est-pas...

Chaque jour, néanmoins, ces jeunes risquent leur vie et leur avenir qu'ils osent pourtant encore projeter.

Même Micha, autour duquel tous se sont réunis, tandis que ces Européens si charismatiques aujourd'hui, n'ont pas ménagé de soutenir l'effort de guerre qui l'a amputé, lui, de ses deux jambes, d'un bras, de la vue et d'une partie de l'ouïe:

http://tribulationsmoscou.blogspot.ch/2015/09/soiree-entr...
 

Budapest, retour sur images

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La photo ci-dessus a été prise à Budapest.

Elle montre un autre type de rapport entre réfugié et policier que celui diffusé par diverses chaînes télévisées européennes.

Les téléspectateurs ont eu droit à des images montrant l'inhumanité de Hongrois jetant des sandwichs aux réfugiés parqués derrière des grilles.

Dans le cadre du téléjournal de la RTS, Darius Rochebin a interviewé l'actuelle Présidente de la Confédération suisse, Simonetta Sommaruga, et lui a demandé ce qu'elle pensait de tels comportements.

Il va de soi qu'elle a exprimé sa désapprobation alors que le Président Viktor Orban a, pour sa part, dénoncé la rébellion des réfugiés.

Si la photo d'un enfant mort sur une plage turque aurait, pour certains, fait basculer l'opinion publique vers une plus grande ouverture de coeur et d'esprit, le fait est que l'Europe se divise.

 

11/09/2015

Du printemps arabe à l'été européen

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En 2010, un projet pilote d'accueil aux réfugiés avait été lancé par l'ex commissaire européen Antonio Vittorino.

Ce projet, mis sur pied en association avec l'Agence de Nations Unies pour les Réfugiés -UNHCR- concernait la Tunisie, la Lybie, l'Algérie, le Maroc et la Mauritanie.

Le but visé par cette initiative était de permettre à ces pays du Nord de l'Afrique de construire leur propre système d'asile selon les standards européens.

Les Chefs d'Etat lybien, tunisien et égyptien y ont participé jusqu'à ce que ce qui a été appelé printemps arabe ne vienne interrompre ledit projet.

Dans quelle mesure les flux migratoires que l'Europe connaît désormais, seraient conséquents à ce changement de cap, la question peut se poser.

Certes, quelques centaines de milliers de personnes à intégrer au sein de millions d'Européens peut être considéré comme tout à fait viable.

Que des élus ouvrent les portes de leur demeure personnelle -comme on a pu le voir dans un reportage de France2- ou que des lieux d'hébergement se créent à la hâte est remarquable.

Que les sensibilités s'aiguisent, néanmoins, est à prévoir. 

 

10/09/2015

Europe, les bons et les méchants

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Infrarouge, émission phare de la Radio Télévision Suisse (RTS), a traité du problème dit des "migrants" en revenant sur la photo de l'enfant mort sur une plage turque.

Le débat, comme à son habitude, a réuni des personnalités d'horizons divers. En l'occurrence, on y a vu s'exprimer celles qui encouragent l'accueil des réfugiés et les autres, plus réservées sinon moins enthousiastes par autant de nouveaux arrivés.

Une émission de télévision allemande évoque le problème sous un angle différent de celui qui domine la majorité des médias d'Occident:

http://www.klagemauer.tv/index.php?a=showportal&keywo...

Le message à retenir est clairement énoncé, éviter tout ressentiment envers les réfugiés et informer des responsables qui favorisent leur migration. 

Le fait est que pour l'heure, les bons et les méchants Européens sont désignés. Les premiers ont du coeur, les seconds sont dénués d'humanité ou presque.

De tels antagonismes au sein de nos sociétés constituent leur menace.

http://www.rts.ch/emissions/infrarouge/

 

09/09/2015

« Mais que fait l’Europe ? »

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Laurent Brayard est un journaliste français, actuellement dans le Donbass, région du sud est de l'Ukraine. Il répond à quelques questions.

Laurent, en quoi consiste exactement votre travail ?

Mes activités sont diverses. Elles consistent en premier lieu à interviewer des victimes, blessées et /ou invalides de guerre, à mener des reportages sur le terrain près du front et à écrire des articles de presse, des analyses où je "détricote" la propagande occidentale. J'y mets en cause le lobbying ukrainien de France, les concussions à tous niveaux et les responsabilités criminelles de la France dans cette guerre.

Sinon,  j’aide la Commission des Crimes de guerre à trouver des avocats en France pour qu’un jour puisse exister un tribunal international qui juge les coupables en Ukraine et ailleurs. Enfin, à mon petit niveau, j’essaie d’organiser de l’aide humanitaire. J’ai transporté du matériel médical offert par ma sœur, infirmière libérale et ici,  je donne de l’argent récolté en France pour les gens qui se trouvent dans une indigence totale.

Qu’est-ce qui vous frappe le plus dans ce que vous voyez chaque jour ?

La dignité des gens. 

Tout près du front, par exemple, j’ai vu une femme dont la maison était détruite et dont la mère était impotente. Cette femme s’occupait de son jardinet et de parterres de fleurs. Elle m’expliquait, en s’effondrant dans mes bras, qu’elle devait continuer malgré la guerre. Elle se demandait pourquoi on les tuait, eux, les gens du Donbass… 

Dans le centre de Donetsk, je vois des gens qui vivent dans un confort paradoxal et sur le front, des milliers d’eux sont reclus dans les caves, avec des enfants. Ils sont pilonnés, ils n’ont ni eau, ni électricité, ni gaz. 

Je vois des vieillards dans les ruines défoncées de leurs maisons, acquises à la sueur de leur front ou héritées de leurs pères qui les avaient eux-mêmes construites.  

Je vois une grande misère et une immense détresse. Tous se demandent « Mais que fait l’Europe ? ».

Quelle aide pourrions-nous apporter à ces populations ?

Hélas c’est difficile, l’Occident bloque les comptes des activistes, même humanitaires. Les comptes des associations qui envoient de l’argent dans le Donbass sont tout simplement fermés, c’est terrible. 

Quant au matériel médical ou humanitaire destiné à la population, l’Union Européenne fait son possible pour en saper la livraison. L’hiver dernier, nos grands médias tel Libération appelaient à envoyer de l’argent « pour l’aide humanitaire à l’armée ukrainienne ». Du jamais vu, de l’aide humanitaire à une armée ?

Le mieux que les gens puissent faire est de réinformer à leur tour, d’aider les quelques associations humanitaires connectées avec la Russie, comme Vostok France Solidarité Donbass, association apolitique et purement humanitaire. 

Il serait bien de pouvoir envoyer de l’argent aux activistes, ici, mais c’est impossible, l’Occident et l’Ukraine ont paralysé le système bancaire qui ne fonctionne plus dans le Donbass. Voilà la triste réalité.

Merci, Laurent.

08/09/2015

Au coeur de l'Europe

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Cet enfant vit dans le Donbass.

Le Donbass est cette région de l'Ukraine dont on dit qu'elle est tenue par des "rebelles" ou "Pro-Russes".

La photo de cet enfant n'a pas fait le tour du web sinon du monde.

Ses parents, s'il en a encore, n'ont traversé aucune mer à leurs risques et périls.

Son avenir, cette Europe aux dirigeants si charismatique n'a sans doute pas le temps de s'en soucier, trop affairée qu'elle est, désormais, à accueillir d'autres victimes que lui.

Et même, de cette Europe si démocratique, qu'en saura-t-il, un jour, cet enfant?

Qu'elle a contribué à faire rêver ses aînés sur la Place du Maïdan?

Qu'elle a favorisé le renversement d'un Président légitimement élu?

Qu'elle soutient les agressions quotidiennes de l'armée ukrainienne dans le Donbass?

Pour le reste, le Président Poroshenko s'est exprimé sur ce qu'il souhaite aux enfants du Donbass. Le sait-il seulement, cet enfant?

A écouter ici: 

https://www.youtube.com/watch?v=ZYoOCz65KY8&app=deskt...

 

06/09/2015

Emotion sélective et culpabilisation

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L'émotion sélective et la culpabilisation font bon ménage, en ce moment.

Il suffit, pour cela, de découvrir comment sont traitées les personnes qui osent dénoncer l'usage sinon l'abus fait de la photo d'un enfant et de sa mort pour s'en convaincre.

Cela se passe à côté de chez nous, entend-on dire de responsables politiques.

Et la guerre qui a encore lieu en Ukraine et qui ajoute les enfants morts aux morts quand elle ne les jette pas sur les routes de l'exil, combien s'en émeuvent et brandissent de photos pour alerter l'opinion sinon pour viser encore et encore la Russie?

Cela se passe à côté de chez nous, entonnent à l'unisson toutes celles et ceux qui se font l'écho de nobles pensées.

Et à Paris, l'affichage censuré d'un concert en soutien aux Chrétiens d'Orient décapités, qui s'en est offusqué sinon la CHREDO qui a dû se saisir de la justice pour obtenir gain de cause?

Et ce sont ces mêmes censeurs qui distribuent leurs bons et mauvais points à qui se joint ou non au cortège de suppliques et de soutiens aux victimes de guerres?

 

05/09/2015

Syrie, ces enfants sont vivants!

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Tandis que le monde s'émeut et pleure l'enfant échoué sur une rive turque, lui resterait-il quelques larmes pour ces enfants?

Vivants, certes et par la grâce d'avoir été kidnappés.

Leur avenir ne sera donc pas l'exode meurtrier tel qu'il le fut pour l'enfant retrouvé sur  une plage turque.

Ces enfants sont formés à la décapitation.

Cette mort, la France l'a connue sur son sol, le 26 juin dernier.

Cette fin de vie, nombre de Chrétiens d'Orient l'ont déjà subie.

Combien de têtes devront-elles encore tomber avant que Mesdames Merkel, Sommaruga, Calmy-Rey et tant d'autres de leurs collègues si charismatiques ne réagissent?

http://www.i24news.tv/fr/actu/international/moyen-orient/...

 

04/09/2015

Aylan, la photo

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Voici que le site Rue89/NouvelObs consacre un article à la publication manquée par nombre de grands titres de la presse française, de la photo qui a fait l'unanimité de sa consoeur britannique:

http://rue89.nouvelobs.com/2015/09/04/photo-daylan-quil-y-a-derriere-mouvement-recul-261056

Mobiliser ainsi l'attention sur la problématique des migrants dont les Syriens sont distingués en tant que réfugiés, relève d'un procédé qui n'est pas sans rappeler celui qui a oeuvré avec Charlie:

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/01/16/du-massacre-au...

Rassembler autour d'une cause nécessite mots ou images qui frappent les esprits. Dans ce sens, la photo de cet enfant échoué sur une rive turque, a sans doute vocation à alerter sur l'exode syrien.

Parmi les solutions à lui apporter, ouvrir les coeurs européens ou comme l'a dit Claude Smadja, invité de l'émission Infrarouge, intervenir militairement pour que Monsieur Assad soit enfin enterré.*

Oui, tels sont les propos de cet homme qui n'a pas hésité à répéter plus tard dans l'émission: Je souhaite la mort de Monsieur Bachar el Assad.*

La messe est dite. 

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/09/02/migrants-entre...

 

03/09/2015

L'Europe entre rêve et cynisme

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Outre les considérations sur l'économie, ce qu'on lit dans l'entretien* avec Yanis Varoufakis, publié par la revue Ballast, c'est la mise à l'écart, par l'euro-groupe, de toutes ses propositions.

Dire de l'Europe qu'elle incarne la démocratie semble de plus en plus relever de l'abus de langage.

Euphémisme que de le rappeler, certes, tandis que l'ancien ministre grec de l'économie explique comment on donne pour mieux dominer:

Que dit-on en Europe ? Une dette grecque non remboursable ? Donnez-leur en plus ! Et augmentez tous les impôts pour donner à une dette non remboursable plus d’argent, plus de prêts. 

Alors que la question des migrants démultiplie les débats et déchire l'Europe entre accueil à réserver ou frontières à fermer, au-delà de la misère de l'exode, c'est au cynisme qui l'accompagne qu'on assiste.

Entre utilitarisme à peine voilé et charisme martelé, aux populations de s'y retrouver. 

Difficile, en cela, de donner tort à Yanis Varoufakis quand il dénonce un système féodal dont le but est de s’étendre et d’élargir son pouvoir de domination. 

http://www.revue-ballast.fr/yanis-varoufakis/

 

 

02/09/2015

Migrants, entre "il faut", "on doit" et le profit à en tirer

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La RTS, hier 1er septembre, a consacré pour la deuxième fois son émission Infrarouge à la question des migrants. 

Le titre, tout comme celui de l'émission du 23 juin dernier, y est formulé sous forme d'interrogation. Si, en juin, était discuté le fait de se barricader contre les migrants plutôt que de les accueillir, ce 1er septembre, on débat de la honte que serait pour l'Europe, le phénomène de la migration.

http://www.infrarouge.ch/ir/2199-migrants-honte-rsquo-europe

Plusieurs aspects sont abordés, de l'humanitarisme à l'économie et à la religion et quelques efforts de synthèses sont entrepris par les uns et les autres en fin d'émission.

Des comparaisons avec des précédents historiques sont aussi énoncées, discutées sinon nuancées, compte tenu des circonstances diverses sinon complètement autres que celles qui entourent les migrations d'aujourd'hui.

Sur le profit à tirer de cette arrivée de migrants, plusieurs intervenants s'expriment.

On cite le patron des patrons allemands qui y voit une manne tandis que d'autres estiment qu'avec le taux de chômage qui affecte nos sociétés, cette nouvelle main d'oeuvre serait diversement perçue.

Cerise sur le gâteau et comprenne qui pourra, Micheline Calmy-Rey rappelle Genève, où les Protestants sont arrivés en masse, ont apporté la Banque Privée et l'horlogerie et, de fait, ont rendu les Genevois sinon les Suisses et d'autres encore, bien contents de les avoir eus.

Cela dit, l'émission vaut la peine d'être vue.

 

 

19/08/2015

Khaled al Assaad, décapité

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Nombreux sont les médias qui informent sans langue de bois du sort subi par l'incarnation même de Palmyre qu'était Khaled al Assaad.

L'ancien directeur du Musée des antiquités de Palmyre a été décapité en public puis pendu par les pieds et abandonné ainsi mutilé.

Selon Le Temps, la raison de son exécution aurait été due à son soutien au régime de Bachar el-Assad.

Le fait est que la RTS a informé de manière bien étrange de cette décapitation.

Evoquée au conditionnel, l'annonce s'intègre dans un sujet sur la Syrie, accompagné d'un portrait du Président Assaad. Puis est interviewée l'auteure d'un ouvrage sur la Syrie.

Aucun accent particulier n'est mis sur la décapitation de Khaled al Assaad sinon que la rédaction a choisi de ne pas en montrer les images.

Hommage soit ici rendu à la mémoire de Khaled al Assaad et condoléances à toutes celles et ceux que la cruauté de son exécution a endeuillés.

http://www.rts.ch/play/tv/19h30/video/syrie-le-regime-de-...

 

14/08/2015

Nous, citoyens occidentaux

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La divergence d'opinions et d'intérêts qui anime les citoyens occidentaux est fondamentale pour préserver l'idéal démocratique, nul ne le contesterait.

Néanmoins, est-il bien nécessaire, au nom de la liberté d'expression, d'entretenir un climat particulièrement hostile envers la Russie?

Est-il bien raisonnable de sans cesse déformer les visées de ce pays?

Est-il bien utile de créer un clivage entre l'Occident et la Russie, faute d'en connaître les réalités et les valeurs?

Désinformer relève d'une stratégie guerrière connue. 

Force est toutefois de constater, à suivre l'actualité médiatique, que quelques signes d'ouverture s'observent.

L'interview de Vladimir Poutine qu'a tenu à obtenir le journaliste suisse Darius Rochebin en a été un.

Un autre, cette chronique de Jacques Pilet, parue dans L'Hebdo du 6 août dernier et qui illustre ce sujet.

Il est heureux de relever que des journalistes osent, enfin, exercer leur sens critique.

Puissent-ils être suivis, tant l'Occident a tout à perdre à se couper de la Russie.

Non, la Russie n'est pas l'ennemie de l'Europe et le prétendre est un mensonge qui risque d'être payé au prix fort si on ne le refuse pas.

Mais quel poids a encore la voix de citoyens alors que tant de décisions se prennent sans plus les consulter?

Sujet paru dans la rubrique Courrier de L'Hebdo no 34, semaine du 20 au 26 août 2015

09/08/2015

L'Europe ou le suicide pas même assisté

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Entre les relations qu'entretient l'Occident avec certaines parties de monde et celles qu'il ne partage bientôt plus avec la Russie, force est de constater que d'autres enjeux dominent.

Qu'a de commun l'Europe avec, par exemple, les monarchies ou autres émirats du Golf? 

Le mariage gay? La libération de la femme? La laïcité? 

Alors que l'on ne cesse de dénoncer une Russie homophobe, une Russie où toute atteinte à la liberté d'expression serait étouffée tandis que la propagande y battrait son plein, ce ne sont pas moins de 145 millions d'habitants que l'on réduit à des ahuris incapables de discernement.

Respecter des univers culturels étrangers aux nôtres et blâmer celui d'un pays qui dispose d'un héritage commun avec l'Occident, est-ce cela, le multiculturalisme?

Défendre les droits de minorités et fermer les yeux sur le sort de celles qui sont persécutées dans ces pays amis, est-ce cela, la défense des droits humains?

De qui se moque-t-on? 

 

30/07/2015

Cervantes, esclave à Alger.

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Ils étaient entassés, pouvant à peine bouger dans la saleté, la puanteur et la vermine, et beaucoup mouraient avant d'atteindre le port.

Il ne s'agit là d'aucun migrant fuyant le régime ou la misère de son pays. Il s'agit de Chrétiens - de Juifs parfois aussi- que leurs maîtres musulmans avaient capturés et ramenaient avec eux:  http://library.flawlesslogic.com/slavery_fr.htm

Si l'esclavagisme des Blancs fut maintes fois évoqué, il n'en va pas de même de celui dont ils furent, eux aussi, les victimes.

Trois siècles durant, des centaines de milliers d'Européens furent réduits à l'esclavage.

Pour en savoir d'avantage sur le sujet, la lecture de l'ouvrage du Professeur Robert C. Davis, Christians Slaves, Muslim Masters: White Slavery in te Mediterranean, the Barbary Coast and Italy, 1500-1800, est instructive.

On y apprend, par exemple, comment le prix d'un Chrétien avait chuté alors qu'après une expédition menée par les Algériens dans le Sud de l'Italie, on pouvait troquer un Chrétien pour un oignon.

De ces années sombres de l'Histoire, on a peu témoigné.

Les conditions dans lesquelles étaient détenus les Chrétiens sont bien décrites dans cette video qui évoque aussi les cinq ans de bagne de Miguel de Cervantes:

https://www.youtube.com/watch?v=ol0ud_fHvjc
 

28/07/2015

Qui a volé qui et depuis quand?

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Le 12 avril 1204, la quatrième croisade, en manque de fonds pour rejoindre l'Egypte et la Palestine pour libérer Jerusalem des Musulmans, se dirige vers Constantinople.

Autant les marchands vénitiens -au service desquels se sont mis les Croisés- que ceux-ci, voient l'occasion de briser la puissance commerciale et religieuse de Byzance.

La rivalité entre Latins et Grecs, entre la Rome catholique et la Byzance orthodoxe -qui fut à l'origine du schisme d'Orient- se concrétise là de la manière la plus sinistre qui soit.

http://www.guillaume-villeneuve-traducteur.fr/spip.php?ar... 

 A chacune et à chacun d'en tirer les conclusions souhaitées. Le fait est que dans la mémoire grecque, ce passage occidental en leurs terres n'a pas été oublié.

Car il a tant affaibli l'empire romain d'Orient qu'il a permis sa chute, en 1453.

La suite, on la connaît, quatre cents ans de domination ottomane et une guerre pour l'indépendance soutenue par les Puissances dont les intérêts ont été évoqués ici:

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/07/20/pas-de-testicu...

Dire que l'Histoire se répète est, pour certains, un euphémisme. Le fait est que le besoin de puissance ne lésine jamais sur les moyens.

 

27/07/2015

Dostoïevski

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Invitée à parler de Dostoïevski dans le cadre de Journées qui lui sont consacrées chaque année à Saint-Pétersbourg, outre son bref séjour à Genève, j'ai évoqué comment ce qui a été appelé "haut mal" ou "mal sacré" -je veux parler de l'épilepsie-  travaille et tisse son oeuvre. 

Certains critiques ont mis en relation le déclenchement de l'épilepsie de l'écrivain avec l'assassinat de son père par ses serfs mais d'autres le font remonter à son enfance. Ce serait, en effet, à l'âge de 7 ans que Dostoïevski aurait été frappé par sa première crise.

Il n'est pas difficile d'imaginer la souffrance que ce mal a pu engendrer chez lui, sachant combien la violence de certaines crises peut terrasser et surtout, comment celles-ci peuvent aussi être perçues par l'entourage.

Plusieurs personnages de l'oeuvre de Dostoïevski sont épileptiques, dont le Prince Mychkine et Smerdjakov, fils bâtard de Fiodor Karamazov.

Cela dit, tout distingue ou presque ces deux personnages et c'est là une des raisons qui a motivé mon choix d'en parler.

Si Dostoïevski est mort à Saint-Pétersbourg peu de temps après avoir écrit "Les Frères Karamazov" sous la forme que nous lui connaissons alors qu'il la considérait inachevée, c'est à Genève que Dostoïevski a écrit en grande partie, "L'Idiot".

Or de passage à Bâle, l'écrivain s'est rendu au Musée des Beaux Arts où il s'est très longuement attardé devant le Le Christ au tombeau, de Hans Holbein le Jeune et dont la reproduction figure en illustration de ce sujet.

Il n'est pas impossible que la très forte émotion que Dostoïevski a ressentie à la vue de ce tableau ait pu constituer un des éléments déterminants de l'écriture de "L'Idiot".

http://pl.spb.ru/events/?ELEMENT_ID=2988