30/04/2017

A 7 jours du second tour de la présidentielle française, entre questions et espoirs

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En France, une tradition veut que littérature et politique aient souvent partie liée sinon rivalisent par rapport à un engagement personnel. Au point que certains ont avoué avoir hésité à choisir entre les deux. Tel a été le cas, pour ne citer que lui, de François Mitterrand.

Pour le reste, nombre de personnalités politiques ont été reconnues pour leur talent littéraire, le Général de Gaulle en fut mais de manière très diverse, en témoignent ces références.

Une autre personnalité du monde politique, autrefois diplomate et désormais avocat d’affaires, Dominique de Villepin pour ne pas le nommer a, pour sa part, non pas hésité entre les deux mais peut-être voulu pratiquer les deux avec le succès mitigé sinon l'insuccès qu’on lui sait.

Or le voici qui s’affiche en soutien d’Emmanuel Macron qui rappelle souvent tout ce qu’il doit à la littérature. En témoigne cette séquence télévisuelle intégrée dans un article qui ne manque pas d’intérêt.

Il y est en effet question de comparer les programmes culturels des deux candidats en lice pour présider la France.

Il apparaît néanmoins qu’elles ne semblent pas constituer de priorité ni pour l’une ni pour l’autre.

Aussi, ne reste-t-il plus qu’à espérer que dans cette bipolarisation assez radicale de la vie politique française, l’humanisme ne passe à la trappe. 

 

24/03/2017

Lettre ouverte à Christine Angot

 

Madame,

 

On a besoin de pouvoir s’identifier à celui pour qui on va voter, de sentir que même de loin il comprend ce qu’on ressent déclarez-vous à François Fillon ce 23 mars dans le cadre de l’Emission Politique de France2

Vous dites vrai. Et l’identification ne concerne pas seulement celle projetée sur une femme ou un homme politique. 

Aussi, vous êtes-vous peut-être sinon sans doute sentie incarner autant de voix que celles dont vous vous êtes fait le relai.

Car convoquer une figure littéraire dans le cadre d’une émission politique, c’est donner toute sa place à une approche sensible.

Mais voici que vous vous êtes érigée en procureur.

Voici que vous avez dressé un réquisitoire pour accuser, juger et condamner l’homme qui se trouvait en face de vous.

Et lorsqu’il vous a été demandé de laisser répondre votre interlocuteur, à peu près au milieu de ce qui devait être un échange entre vous et François Fillon, vous avez rétorqué que non et vous avez poursuivi votre charge.

Madame Angot, il appartiendra au peuple français d’élire sa présidente ou son président.

Ses citoyennes et ses citoyens voteront selon leurs critères et non selon le prisme d’une personne elle-même mise en examen pour diffamation.

Entre le respect que suscite votre activité littéraire et celui qui aurait aussi pu être apporté à votre prestation dans le cadre de L’Emission politique de France2, il y a un gouffre.

Vous vous y êtes jetée à vos dépens ou non.

Bien à vous,

Hélène Richard-Favre

 

 

France2, l’Emission Politique, la littérature jetée en pâture

 

Ce 23 mars, François Fillon a été l’invité de L’Emission Politique sur France2. Animée par David Pujadas, l’émission accueille un(e) invité surprise parmi d’autres, appelés à échanger avec la personnalité politique conviée sur le plateau.

Ce soir-là, est annoncée l’écrivain, Christine Angot.

L’échange avec François Fillon tourne assez vite au fiasco en dépit de timides tentatives de David Pujadas de modérer l’ardeur de son invitée à charger le candidat du parti Les Républicains.

Il est tout de même remarquable d’avoir choisi Christine Angot pour dire tout le bien qu’elle pense de François Fillon tandis qu’elle est, elle-même, mise en examen pour diffamation.

La France compte des personnalités littéraires de haut rang et qui ne partagent certainement pas les positions de François Fillon.

Inviter l’une d’elles aurait été faire la part belle à la littérature.

Au lieu de quoi, ce 23 mars au soir, c’est sa face la plus pitoyable qui a été jetée en pâture au public de France2.

 

22/02/2017

Pourquoi devient-il de moins en moins aisé de parler de la Russie

 

La dimension politique susceptible d’apparaître, ici ou là, sur ce blog, dans les sujets traités ou dans les commentaires qui les suivent, n’a jamais été une priorité, quoi qu’en pensent certains esprits futés sinon avisés.

Force est de constater, toutefois, que la question russe est devenue si sensible qu’il semble ne plus être possible d’en parler sans, de fait, être considéré comme propagandiste au service d’un pouvoir qui cumule tout ce qui est contraire aux valeurs revendiquées par nos démocraties occidentales.

Preuve en a été rappelée, icide l’accueil réservé par une certaine presse au discours prononcé par Andreï Makine lors de sa réception à l’Académie française.

Si donc, désormais, la Russie ne peut plus être envisagée que comme pays tenu par celui qu’on n’hésite parfois même plus à présenter comme un dictateur -avec ou sans point d’interrogation  comme il en fut discuté il y a trois ans déjà alors l’information, dans nos démocratie, n’en est tout simplement plus.

Mais peut-être qu’une raison existe à pareille orientation qui ne s’avoue, bien sûr, jamais et qui ne paraît plus échapper à nombre de personnes.

En témoigne cet article qui livre un point de vue non dénué d’intérêt. 

 

16/02/2017

Ukraine, un écrivain russe au front

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                                                              capture d’écran: Agoravox, Lettre de Donetsk

De l’aspiration au dialogue entre parties adverses à la passe d’armes, on reste encore dans l’échange, même musclé.

Mais lorsqu’on en arrive à la prise d’armes et à la commande de bataillon, c’est un pas conséquent qui est franchi.

Un célèbre écrivain russe dont je vous invite à découvrir le parcours peu banal, fait réagir une bonne  partie de l’intelligentsia de son pays et d'ailleurs tandis qu’il a décidé d’aller se battre dans le Donbass.

Comment considérer un tel acte? Pour certains, il peut relever du courage, pour d’autres, de la soumission à un pouvoir en place.

A lire l’article que consacre « Le Temps »  à cet événement, car il en est, il y a de quoi rester perplexe.

Que la lauréate du Nobel de littérature 2015 condamne l’engagement de Zakhar Prilepine en dit long sur cette femme.

En son temps, fervente laudatrice du fondateur de la Tcheka, ancêtre du KGB et de l’actuel FSB elle a tout de même réussi à renier tout ce passé pour outrager un pays.

 

14/02/2017

Quand le Kremlin est servi à tout va

 

A toutes celles et ceux qui considèrent ce qui se publie sur ce blog comme pro-russe, mieux, propagande au service du Kremlin avec, comme cela est parfois mentionné, avantages à la clé, quelques rappels semblent à nouveau s’imposer.

Si écrire pour partager un autre regard sur une actualité que d’aucuns s’ingénient à présenter selon le prisme qui leur convient, revient à être à la solde du Kremlin, c’est dire comment sont formatés les cerveaux d’autant d’analystes s’ils en sont.

En ce moment, à quelques heures de vol de nos capitales, une guerre qui n’a jamais cessé, détruit des vies. Rendre sensible à ce désastre, c’est être pro-russe?

Réduire l’approche autre de ce qui se passe, en ce moment, tout près de chez nous, à de la propagande, c’est afficher une bien étrange conception de l’humanisme dont on brandit à toute occasion les droits à défendre.

Ce qui se passe dans le Donbass est autrement plus complexe que ce que nous en rapportent nombre de nos journalistes.

Merci, encore une fois, à Karine Bechet-Golovko de rendre compte d’une situation qui ne souffre aucune indifférence et encore moins d’approximation:

http://russiepolitics.blogspot.ch/2017/02/zakhar-prilepin...

 

26/01/2017

Précisions et mises au point

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capture d’écran: Le Point

Merci aux commentateurs qui ont attiré mon attention sur une autre lecture de la phrase qui avait motivé ma réaction quant au traitement infligé, parfois, à la langue.

Vu la pertinence de leurs remarques, j’ai supprimé le sujet que j’avais intitulé Langue malmenée.

Cela dit, le problème de la langue malmenée subsiste mais en l’occurrence, non, la formulation et l’orthographe de la phrase en question étaient correctes et plus encore, élégante. 

Il ne s’agissait donc pas d’erreur de la part de la rédaction du magazine Le Point et encore moins de l’auteur de ladite phase, Gabriel Matzneff. 

L’écrivain s’adressait, entre autre, à Mazarine Pingeot qui, comme nombre de personnes, semblent incapables de percevoir comment l’on peut s’exprimer sur la Russie sans idolâtrer son président.

Ce qu’on peut lire de l’article, vu qu’il est réservé aux abonnés, ne manque pas d’intérêt:

http://www.lepoint.fr/invites-du-point/gabriel-matzneff/g...

 

17/01/2017

Quelle France voulons-nous?

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Michel Houellebecq, invité de David Pujadas dans le cadre du 20 heures de France2, ce 17 janvier a dit percevoir Emmanuel Macron tel un mutant.

Le terme est éloquent.

Larousse le définit ainsi: se dit d’une cellule, d’un clone cellulaire ou d’un organisme dérivant d’une cellule qui a été le siège d’une mutation.

A observer cet homme lors de son meeting, le 10 décembre dernier à Paris, on sent l’adhésion de son public. Venu chercher, peut-être, la bonne parole, il suit, avide et applaudit.

Mais lorsqu’en conclusion de sa prestation -qui a été soigneusement coupée de la video qui rend compte de l’ensemble de son intervention* - le candidat Macron s’exalte jusqu’à s’égosiller, au nom de la République et de la France, on se dit que son auditoire et son potentiel électorat ne sont pas trop regardants sur la manière:

https://www.youtube.com/watch?v=WoLZYEO2-FQ

A chacune et à chacun ses préférences mais l’hystérie qui s’empare de ce jeune politicien, mutant ou pas, cadre mal avec la maîtrise plutôt attendue d’un chef d’Etat:

https://www.youtube.com/watch?v=JMN20SSHg4k

 

 

18/12/2016

BibliObs:le batracien de La Fontaine

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                                                                capture d’écran: BibliObs

Un nouvel adjectif est né, à l’Académie française de le valider tandis qu’elle vient d’admettre en son sein, l’écrivain Andreï Makine.

Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour découvrir une nouvelle fois la qualité de propos émis à l’égard de qui ose parler de la Russie en termes que le très bien-pensant Occident ne se satisfait pas de ne pas goûter mais qu’il se hâte de juger sinon de condamner.

Voici qu’en effet, ce natif de Russie, désormais Immortel, s’est exprimé sur divers sujets qui ont heurté quelques sensibilités hexagonales.

De fait, l’auteur de cet article a trouvé comment rendre au mieux compte du moment académique et historique qui a vu Andreï Makine  être reçu à l’Académie française.

Ce suffisant journaliste s’est fendu du néologisme de poutinien pour signifier toute la finesse de son approche sinon la subtilité de son intelligence.

A l’évidence, son génie créateur rivalise d’excellence face à la culture, à l’humanisme et à l’immense et réel talent d'Andreï Makine.

http://www.academie-francaise.fr/discours-de-reception-de...

http://www.academie-francaise.fr/reponse-au-discours-de-r...

25/08/2016

La Modification

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Vous avez mis le pied gauche sur la rainure de cuivre et de votre épaule droite vous essayez en vain de pousser un peu plus le panneau coulissant.

Ainsi s’ouvre La Modification.

Ce roman, paru en 1957 a été récompensé par le Prix Renaudot et a rendu célèbre Michel BUTOR.

Né le 14 septembre 1926, il s’est éteint ce 24 août à l’âge de 89 ans.

En 1956, il a été professeur à l’Ecole Internationale de Genève et y a rencontré sa future épouse. C’est également cette année-là qu’il commence à écrire La Modification.

Presque entièrement rédigé à la deuxième personne du pluriel, ce roman devient emblématique du Nouveau Roman, courant littéraire apparu dans les années 1950.

Mais c’est bien peu dire de Michel Butor dont voici une conversation qu’il a eue en mars dernier encore:

https://amisdelegeard.wordpress.com/2016/03/24/michel-but...

 

 

00:50 Publié dans Culture, Genève, Littérature | Tags : butor, littérature, nouveau roman | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

07/06/2016

La vie, la langue, la culture

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Le 3 juin dernier, j’étais l’invitée de la librairie PAYOT Rive-Gauche à Genève pour présenter et débattre de mon ouvrage Eclipse d’un poète solidaire.

https://www.payot.ch/Detail/eclipse_dun_poete_solidaire-h...

A cette occasion, un bouquet de fleurs m’a été remis de la part d’un ingénieur français. Celui-ci, dans le cadre de sa profession, s’était rendu à Donetsk dans le Donbass, en 2015.

Sachant qu’il avait été invité à la présentation de mon livre, un député de la République de Donetsk avec lequel il est resté en relation, l’a chargé de me remercier de la mobilisation dont j’ai fait preuve en faveur d’une information autre que celle qui était majoritairement diffusée sur le Donbass.

Les fleurs qui m’ont été offertes, l’ont donc été de la part de cet élu.

Mon engagement dans le cadre de la guerre en Ukraine a toujours été accompagné du voeu de voir la diplomatie l’emporter sur les armes. Je m’en suis souvent ouverte dans mes diverses interventions dont la dernière encore, au Club suisse de la presse, le 2 mars 2016.

Ce soir, je suis invitée à m’exprimer sur Dostoïevski dans le cadre d’une soirée consacrée à l’épilepsie et l’expression artistique:

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2016/06/04/ce-%C2%A0haut-...

Entre l’approche que j’ai livrée de Dominique de Villepin, mon engagement dans le cadre de la guerre en Ukraine et mes interventions sur Dostoïevski, le lien passe par la relation qu’entretiennent entre elles la vie, la culture et la langue.

 

27/03/2016

"Back in URSS"

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Dans cet ouvrage, composé de 28 chapitres qui s'articulent en quatre parties, Ira de Puiff ne vise pas l'exhaustivité. 

Elle y évoque la Russie des siens, celle de son enfance et de sa jeunesse.

Vu ainsi de l'intérieur, sans prétention ni complaisance, son pays d'origine se révèle bien au-delà des habituels clichés dont ne nous épargnent pas même nombre de spécialistes.

A travers son récit, Ira de Puiff livre un témoignage personnel. Poignant, parfois, il donne au lecteur de découvrir nombre d'aspects de la vie quotidienne soviétique et postsoviétique.

Le récit du putsch de Moscou, en août 1991 y est raconté tel que l'a connu Ira, de même que les bouleversements qui ont touché ses compatriotes.

Back in URSS a été publié une première fois en France en 2011. Il est désormais aussi disponible chez Libranova:

http://www.amazon.fr/Back-URSS-Ira-Puiff-ebook/dp/B01DDXW...

 

14:14 Publié dans Destins, Littérature, Pouvoirs, Pratiques, Russie, société | Tags : urss, russie, mémoire | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

10/01/2016

La Suisse en question

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Dans sa critique d'une pièce de théâtre de l'écrivain suisse Lukas Bärfuss, récemment jouée à Genève et à Lausanne, Alexandre Demidoff relevait le talent avec lequel était traité le thème du suicide assisté.

A cet égard, le journaliste écrivait de l'homo helveticus, qu'il revendiquait une tolérance en matière d'euthanasie et interrogeait sur ce que celle-ci révélerait de l'identité suisse si elle le devait.

http://www.letemps.ch/culture/2015/10/16/fascinant-voyage...

L'appellation d'homo helveticus n'est pas une AOC. On la trouve dans différents articles ou autres interviews comme celle-ci:

http://www.bloglagruyere.ch/2012/09/10/massimo-rocchi-a-l...

Quoi qu'il en soit, le tollé qu'a suscité la tribune publiée par Lukas Bärfuss dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung interpelle:

http://www.letemps.ch/suisse/2015/10/17/ecrivain-lukas-ba...

Jean-Jacques, aime ton pays, avait dit son père à Rousseau.

Critiquer son pays ne revient pas à ne pas l'aimer mais jusqu'où sont fondés les propos de l'écrivain suisse, telle est la question.

 

14:29 Publié dans Avaries, Culture, Littérature, Suisse | Tags : suisse, bärfuss, médias, blocher | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

18/12/2015

1977-2015

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L'Union des Ecrivains, créée en 1932 en ex-URSS offrait de nombreux avantages à qui en était membre. Outre des conditions de vie facilitées avec possibles datchas accordées ou autres contributions financières substantielles, l'Union soutenait la publication d'oeuvres et de périodiques et organisait des rencontres et des séminaires.

En 1977, l'ancienne membre de l'Union des Ecrivains et désormais lauréate du Prix Nobel de littérature, Svetlana Alexievitch, signait un article consacré à Félix Dzerzhinski, fondateur et directeur de la Tcheka, police qui deviendra plus tard le KGB.

Le portrait que la lauréate biélorusse dresse de celui qui a été considéré comme un héros national dans le pays où elle vivait à l'époque et où elle vit à nouveau, n'est pas dénué d'émotion. Il se conclut ainsi: 

Когда у меня вырастет сын, мы обязательно приедем на эту землю вместе, чтобы поклониться неумирающему духу того чье имя - Феликс Дзержинский- "меч и пламя" пролетарской революции.*

Quand mon fils sera grand, nous viendrons sans faute sur cette terre pour saluer l'esprit immortel du nom de Félix Dzerzhinski, "épée et flamme" de la révolution prolétarienne.

A 29 ans, âge auquel Svetlana Alexievitch a écrit cet article, on est déjà en état de penser de manière critique.

Or tandis que cette désormais intarissable critique du régime soviétique vouait son talent et sa plume à honorer l'un de ses plus puissants représentants, elle se situait bien loin du sort réservé à ses confrères dissidents.

Près de quarante ans plus tard, conspuer un régime politique dont elle s'est davantage montrée suppôt et bénéficiaire que victime, vaut, en effet, son prix d'or suédois.

http://yablor.ru/blogs/svetlana-aleksievich-mech-i-plamya...

 

09/12/2015

L'Occident et ses références

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Qu'un certain Occident se montre critique face à la politique menée par le président russe, on l'a bien compris.

Que ce même Occident sélectionne ses références à l'appui, tout autant.

Après les 86 % d'une Russie qui rirait quand les gens meurent dans le Donbass*, en passant par le califat orthodoxe* que voudrait créer Vladimir Poutine, voici la lauréate du Prix Nobel de littérature 2015 déclarer que les Russes font la guerre aux Ukrainiens. À leurs frères et que des avions russes sont en train de bombarder la Syrie.

http://www.afp.com/fr/info/la-nobel-de-litterature-alexie...

Ce jeudi 10 décembre, Svetlana Alexievitch recevra son Prix des mains du Roi de Suède.

Que l'oeuvre de l'écrivain biélorusse ait été récompensée regarde l'Académie qui l'a honorée.

Mais que cette distinction autorise la lauréate à énoncer autant de contre-vérités la discrédite.

Les tensions actuelles entre Occident et Russie n'ont rien à gagner avec de telles propos mensongers.

A moins que le choix opéré par Stockholm n'ait été, comme d'aucuns l'affirment, de pur intérêt politique.

 

Lettre ouverte

La Nobel récidive

 

 

13/11/2015

Abus mensongers et criminels

 

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Nouvelle référence pour l'Occident, la lauréate du prix Nobel de littérature, pas moins que les médias qui lui tendent leur micro, ne boudent leur plaisir de dire autant de bien de la Russie que de son Président.

Voici que Svetlana Alexievitch met en garde contre le nationalisme russe, selon TV5Monde qui titre ainsi l'article paru sur son site ce 11 novembre 2015.

Plus loin, l'écrivain de poursuivre: nous savons que tout nationalisme mène au fascisme. C'est le plus dangereux.

Il faut lire de toute urgence l'ouvrage que Jean Geronimo a consacré à l'Ukraine et le recommander aux inconditionnels de Madame Alexievitch si tant est que leur curiosité les porte vers la lecture de cet essai.

Précis, documenté et pointu, le livre de ce Docteur en économie qui enseigne à l'Université Pierre Mendès-France de Grenoble est à l'image de son sous-titre, une bombe géopolitique, au coeur de la Guerre tiède.

Alors on comprendra ce que nationalisme et fascisme impliquent. Alors on saura qui est nationaliste et qui, fasciste.

Il est grand temps que cesse cette désinformation organisée contre la Russie.

Car ce n'est pas ce vaste pays qui aura à en pâtir mais bel et bien cet Occident qui abuse de la confiance de ses peuples.

La guerre en Ukraine n'a-t-elle pas déjà fait assez de victimes?

Le mensonge qui l'a permise, Jean Géronimo nous en fournit les preuves tout au long de son ouvrage paru en août 2015 aux éditions SIGEST.

 

04/11/2015

Ainsi naît la calomnie

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A lire le propos déposé en anglais sur mon précédent sujet de blog*, j'apprends que par le fait d'avoir déclaré aimer la Russie, je travaillais pour une entreprise qui tue: 

The tags in your blog "Russie Poutine Ukraine Syrie" are the best evidence that you are consistently working in the niche that you've chosen. It's like working for a tobacco company, you know you are promoting a product that kills people, but you keep working.

La suite est à l'avenant:

it's not a ballet, art or literature that you'are passionate about in your blog. It's politics. Poutine's Russia.

Cette manière binaire d'envisager la Russie, on y a aussi eu droit lors de la conférence de presse tenue par Svetlana Alexievitch, lauréate du Prix Nobel de littérature 2015 :

J'aime le monde russe, bon et humaniste, devant lequel tout le monde s’incline, celui du ballet et de la musique» (...) mais je n'aime pas cette Russie qui en arrive à 86% à se réjouir quand des gens meurent dans le Donbass.

C'est pour avoir pointé cette dérive outrageante dans la lettre ouverte que j'ai adressée à Svetlana Alexievitch, que j'ai désormais l'honneur de recevoir ce genre d'interventions sur mon blog qui m'apprennent que: where politics starts, there ends the writer. 

Et cette commentatrice avisée de conclure en guise d'avertissement:

And don't expect to get away with it clean and clear... From the moment you aspire to become an opinion leader you contribute to bloodshed in one way or another.

Elle a donc décidé du sens de mes aspirations, décidé de la nature de mes actions, elle sait ce qu'il en est, ainsi naît la calomnie.

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/11/02/mise-au-point....
 

02/11/2015

Mise au point

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Qu’aimer la Russie, aujourd'hui, suscite la controverse est un euphémisme.

Lors de la récente interview qui m'a été demandée par la chaîne de télévision russe, LifeNews, la question m'a été posée de savoir si je subissais des pressions.

 

Sans hésiter, j'ai répondu par l’affirmative.

 

Dans cette Europe si démocratique, il semble bien, en effet, que toute voix qui refuse de diaboliser la Russie soit vouée à la moquerie, au mépris quand ce n’est pas à l’insulte.

 

Par mes études de russe, j'ai découvert l'ex-URSS au milieu et à la fin des années soixante-dix, par mon oeuvre littéraire traduite en russe et publiée à Moscou, c’est la Russie du milieu des années 2000 que j’ai retrouvée.

 

Jamais, je n'ai eu l'outrecuidance de me poser en spécialiste de la Russie ni d'un quelconque autre pays de ce monde. 

 

Si d'aucuns m'ont attribué cette compétence, c'est de leur propre chef.

 

Tout aussi bien m’a-t-on considérée comme naïve, ignare ou dans un autre registre, suppôt sinon agent du Kremlin.

 

Suissesse et Française d'origine, j'aime les valeurs qui m'ont été transmises.

 

Mais il me tient à coeur aussi, de partager avec mes compatriotes un regard sur la Russie qui soit moins orienté que celui qui domine la plupart de nos médias.

 

 

28/10/2015

Une voix de Russie

 

C'est d'entente avec Arkadij Beinenson que je publie, ci-après, son texte.

                                                                      

En Russie, la popularité rencontrée par la lettre ouverte qu'Hélène Richard-Favre a adressée à Svetlana Alexievitch, semble aussi avoir été due à ma participation en tant que traducteur et journaliste qui l'a publiée sur le site de Baltnews.ee

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/10/10/lettre-ouverte.html

 

http://baltnews.ee/mir/20151012/1014162478.html

 

La grande résonance que cette lettre ouverte a connue, également en dehors de la Russie, m’a décidé à écrire ce qui suit.

 

A la lecture des commentaires déposés sous la lettre d’Hélène, je constate un certain manque de compréhension de ce qu’est la Russie contemporaine. De même, m’apparaît discutable, le jugement porté sur les événements qui se déroulent dans le pays et dans le monde entier par les Russes eux-mêmes.

 

Ce manque de compréhension de la Russie contemporaine est dû à la présentation qu’en font les médias occidentaux. Les Russes y apparaissent comme très agressifs, adorant aveuglément Poutine, ne voulant rien savoir d’autres points de vue, nostalgiques des temps de Staline et voulant convaincre l’Ukraine et l’Occident. 

 

Je tiens à souligner, ici, que je suis né dans une famille de dissidents moscovites qui écoutaient la « Voix de l’Amérique » et la radio « Svoboda (La Liberté) ». La majorité de ce que que beaucoup de gens n’ont su qu’après 1991, moi, j’en entendais parler à la maison en jouant dans notre cuisine.

 

Et ce que j’entends maintenant me rappelle bien des choses entendues à la radio à la maison de mes parents. Cela veut-il dire que la Russie est en train de se construire une nouvelle Union Soviétique? Cela indique-t-il que l’Occident doit utiliser les mêmes expressions qu’autrefois?

 

Non. Et cette lettre en est la meilleure preuve car je n’aurais jamais eu la possibilité de la publier du temps de l’époque soviétique.

 

La Russie s’engage davantage dans l’arène géopolitique internationale que ces vingt dernières années. Mais cela signifie-t-il qu’on veut une autre guerre froide? Absolument pas. On veut que la Russie et son opinion soient prises en considération quand les pouvoirs internationaux prennent des décisions dans les domaines qui peuvent avoir des conséquences pour notre pays.

 

Surtout, on veut être entendu dans le cadre des conflits du Proche-Orient et dans ceux de notre voisin ukrainien. Et on veut d’autant plus que notre opinion soit prise en considération que les soldats soviétiques ont sacrifié leur vie pour libérer l’Europe du fascisme pendant la seconde guerre mondiale.

 

Oui, tous les habitants de l’ex-Union Soviétique (y compris les Ukrainiens, les Juifs et les Asiatiques) sont fiers de la victoire de l’Union Soviétique qui était dirigée par Staline en ces temps. Mais cela ne signifie absolument pas que les Russes souhaitent d’autres dictateurs et des répressions. En même temps, on ne veut pas être mis au même niveau que l’Allemagne fasciste.

 

Oui, beaucoup de gens en Russie ont voté en faveur de la politique de Poutine mais ça ne veut pas dire qu’on en fait un dieu. Non, il y a plein de gens qui ne sont pas d’accord avec sa politique et qui exigent des changements. Mais des changements et non pas une révolution. Je vous assure qu’on a une bonne mémoire.

 

On était très surpris que les participants du Maïdan nous aient reproché de ne pas avoir construit d’Etat européen durant ces vingt-trois dernières années. Mais ça ne peut pas se traduire par la joie ressentie à voir des gens mourir! 

 

Beaucoup de Russes ont de la famille en Ukraine (moi personnellement je suis à moitié ukrainien) et on est très inquiets de ce qui se déroule dans le pays. 

 

Oui, les hommes politiques russes utilisent un vocabulaire fort en parlant avec leurs collègues internationaux. Mais cela veut-il dire qu’on déteste l’Occident et notamment l’Europe? Pas du tout. On aime la culture classique de l’Europe et on n’oublie pas l’impact qu’elle a eu sur notre culture. Et on est toujours très heureux de voir des visiteurs européens dans notre pays.

 

En conclusion, je voudrais dire et même souligner que les Russes sont terrorisés à la seule idée d’une guerre car chaque famille garde des souvenirs horribles de la seconde guerre mondiale. Et quoi qu’il se passe entre la Russie et les pays de l’Occident, on ne veut pas que les choses prennent une tournure que nos descendants aient à regretter.

 

Arkadij Beinenson, journaliste russe

 

 

13/10/2015

Guerre fratricide

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La lettre ouverte adressée à Svetlana Alexievitch a été traduite en russe, introduite et publiée sur le site Baltnews.ee par le journaliste Arkadij Beinenson:

http://baltnews.ee/mir/20151012/1014162478.html

L'article a été relayé sur près de vingt sites, tant en Russie qu'en Ukraine et ailleurs.

Les commentaires déposés, aussi bien ici, sous la version française de la lettre,

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/10/10/lettre-ouverte...

que sur l'ensemble des autres sites qui ont publié la version russe, témoignent de la sensibilité du sujet.

C'est qu'une telle guerre fratricide est extrêmement dommageable.

Quels que soient les camps qui s'opposent et se déchirent, les dégâts sont là, blessent et brisent des vies entières.

Sauf cynisme avéré ou égarement momentané, qui s'en réjouirait?

Puisse le calme revenir au plus tôt dans ce Donbass ensanglanté. 

Puisse la diplomatie oeuvrer au mieux et réduire les armes au silence.

 

11/10/2015

Dialogue Occident-Russie, le gâchis récompensé

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Cette video dure 24 secondes.

On y découvre toute l'estime que ce Président démocrate porte à son peuple:

https://www.youtube.com/watch?v=ZYoOCz65KY8&app=desktop%20

Madame Svetlana Alexiévitch, récemment nobélisée de littérature, a-t-elle seulement eu connaissance de ce qu'est la démocratie en Ukraine?

Cette démocratie compte plus de 8'000 morts désormais.

Cette démocratie a déjà jeté sur les routes plus d' 1 million de réfugiés.

Et la terre qui les a accueillis, ces réfugiés, cette terre est celle de 86% de Russes que Madame Alexiévitch outrage.

L'offense ne grandit ni n'honore qui la profère et le talent récompensé n'y change rien.

  

10/10/2015

Lettre ouverte

A Madame Svetlana Alexievitch, 

Dans ce Donbass que vous avez évoqué lors de votre conférence de presse, Lilia, 24 ans, a eu la jambe gauche arrachée alors qu'elle s'est jetée sur son fils de 11 mois pour le protéger.

Tous deux se trouvaient dans un bus soudain frappé par une bombe, Lilia a eu le réflexe de sauver la vie de son enfant.

Ce cas, comme tant d'autres qui ont brisé familles et foyers du Donbass, a été le fait d'un gouvernement que l'Occident soutient.

Je vous invite à découvrir cet article d'un journaliste français qui se trouve à Donetsk: 

http://dnipress.com/fr/posts/lilia-24-ans-une-jambe-arrac...

Des cas comme celui de Lilia sont loin d'être uniques, vous n'êtes pas sans l'ignorer, j'ose l'espérer.

Il va de soi aussi que l'on est parfois obligé de procéder à des choix de sujet à traiter. Vous avez opéré les vôtres qui ont su trouver leur public et l'honneur qui vient de leur être rendu.

Mais vous qui déclarez faire de la lutte contre le mensonge le fer de lance de votre combat, comment pouvez-vous estimer que la Russie en arrive à 86% à se réjouir quand des gens meurent dans le Donbass?

Madame, avec pareils propos, vous êtes non seulement dans le mensonge mais dans l'outrage.

 

Avec respect,

                              Hélène Richard-Favre

 

08/10/2015

Svetlana Alexievitch, Nobel de littérature outrage la mémoire du Donbass

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Le Nobel de littérature a été attribué.

Il couronne Svetlana Alexievitch, écrivain et journaliste biélorusse.

A lire l'article que lui consacre le Huffingtonpost, on comprend tout à fait que les idées politiques de cette écrivain rejoignent la plupart des standards occidentaux et bien leur en prenne, des goûts et des couleurs, on ne discutera pas ici.

Mais quand on lit de cette Nobel de littérature que, je la cite, cette Russie en arrive à 86% à se réjouir quand des gens meurent dans le Donbass, non, là, c'est plus que de l'indécence ou de l'insulte. C'est un outrage lancé à la Russie et surtout à la mémoire de milliers de victimes qui n'ont jamais demandé à l'être.

En arriver à exprimer de tels propos alors qu'on vient de se voir récompensé du prix le plus prestigieux qui soit, est inqualifiable. 

http://www.huffingtonpost.fr/2015/10/08/svetlana-alexievi...
 
 

27/07/2015

Dostoïevski

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Invitée à parler de Dostoïevski dans le cadre de Journées qui lui sont consacrées chaque année à Saint-Pétersbourg, outre son bref séjour à Genève, j'ai évoqué comment ce qui a été appelé "haut mal" ou "mal sacré" -je veux parler de l'épilepsie-  travaille et tisse son oeuvre. 

Certains critiques ont mis en relation le déclenchement de l'épilepsie de l'écrivain avec l'assassinat de son père par ses serfs mais d'autres le font remonter à son enfance. Ce serait, en effet, à l'âge de 7 ans que Dostoïevski aurait été frappé par sa première crise.

Il n'est pas difficile d'imaginer la souffrance que ce mal a pu engendrer chez lui, sachant combien la violence de certaines crises peut terrasser et surtout, comment celles-ci peuvent aussi être perçues par l'entourage.

Plusieurs personnages de l'oeuvre de Dostoïevski sont épileptiques, dont le Prince Mychkine et Smerdjakov, fils bâtard de Fiodor Karamazov.

Cela dit, tout distingue ou presque ces deux personnages et c'est là une des raisons qui a motivé mon choix d'en parler.

Si Dostoïevski est mort à Saint-Pétersbourg peu de temps après avoir écrit "Les Frères Karamazov" sous la forme que nous lui connaissons alors qu'il la considérait inachevée, c'est à Genève que Dostoïevski a écrit en grande partie, "L'Idiot".

Or de passage à Bâle, l'écrivain s'est rendu au Musée des Beaux Arts où il s'est très longuement attardé devant le Le Christ au tombeau, de Hans Holbein le Jeune et dont la reproduction figure en illustration de ce sujet.

Il n'est pas impossible que la très forte émotion que Dostoïevski a ressentie à la vue de ce tableau ait pu constituer un des éléments déterminants de l'écriture de "L'Idiot".

http://pl.spb.ru/events/?ELEMENT_ID=2988

14/07/2015

L'offensive européenne

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Grec, Prix Nobel de littérature en 1979, Odysséas Elytis s'était un jour exprimé sur l'avenir de l'Union Européenne.

C'était au début des années 1980, à Rome: 

Nous savons que l'idéal européen ne pourra pas se réaliser s'il ne prend pas appui, clairement, sur son socle spirituel, sur les bases des civilisations grecque et romaine, c'est-à-dire la Démocratie et le Droit, à quoi il faut ajouter l'esprit apporté par le christianisme.

Décédé en 1996 à Athènes, le poète aura sans doute déjà pu mesurer le peu d'écho que ses mots rencontraient auprès des instances de l'Union Européenne.

La voix d'Odysséas Elytis, comme celle de tant d'autres humains, a été étouffée.

Il appartient désormais à ses compatriotes d'affronter l'idéal européen qui leur est proposé.

A lire l'article ci-dessous, on peut conjecturer de diverses manières.

Il n'en demeure pas moins vrai que le peuple grec n'a pas encore capitulé.

http://www.ladepeche.fr/article/2015/07/14/2143483-la-cri...
 

 

23/04/2015

L'apothéose française

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Inutile de lire Le Suicide français d'Eric Zemmour pour prendre la mesure de la situation actuelle de la France.

A force de remettre en cause les fondements constitutifs de son histoire et de sa culture, sa classe dirigeante a, bien sûr, toujours de quoi argumenter pour justifier ses choix.

Ainsi trouve-t-on sans doute stimulant pour les générations à venir de les épargner de l'enseignement du latin et du grec.

Il est vrai que promouvoir l'art de l'improvisation de Jamel Debbouze comme y songe Manuel Valls, contribuera certainement mieux au rayonnement culturel de la France.

Les réactions ne manquent pas, suite à cette idée du Premier Ministre français. 

A lire ici:

http://www.challenges.fr/politique/20150422.CHA5180/quand...

Et là: 

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/04/22/31003-20150...



 

06/01/2015

Soumission, le roman et l'Histoire

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Ce 6 janvier, dans le cadre du 20 heures de France 2, Michel Houellebecq a répondu aux questions que lui a posées David Pujadas.*

Soumission, tel est le titre du dernier roman de l'écrivain français le plus traduit et le plus lu dans le monde selon les termes mêmes du présentateur vedette du Journal Télévisé de la chaîne publique française.

Pour rappel, Soumission évoque la victoire d'un chef de parti musulman à l'élection présidentielle française de 2022.

Au sujet de l'impact ou non qu'aurait son livre à paraître ce 7 janvier et dont on dit qu'il crée déjà la polémique, Michel Houellebecq relativise.

Soit par modestie, soit par méconnaissance de l'influence réelle que peut avoir un roman, il prétend que jamais aucun d'eux n'a changé la cours de l'Histoire.

Or c'est depuis sa prison, la forteresse Pierre et Paul à Saint-Pétersbourg, en 1862, que Tchernychevski a créé Rakhmetov, personnage de son roman Que faire.

Et c'est ce personnage qui a été l'initiateur de l'action de Lénine qui a, d'ailleurs, repris le titre du roman de Tchernychevski pour l'un de ses traités politiques paru en 1902.

 

http://www.francetvinfo.fr/culture/houellebecq/direct-reg...

 

19/12/2014

"La Suisse par les Russes"... et par la Suisse

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Il n'est pas inintéressant de lire différents compte-rendus de l'exposition qui vient de s'ouvrir au Château de Penthes, La Suisse par les Russes, regards artistiques et historiques, 1814-2014.*

Le rappel du rôle déterminant joué par le Tsar Alexandre Ier pour garantir à la Suisse sa souveraineté est le plus souvent relevé par les journalistes, bien s'en faut.

La précision selon laquelle l'exposition a été entièrement prise en charge par la Russie, est elle aussi mentionnée dans la plupart des articles publiés dans les grands quotidiens genevois, Le Temps, La Tribune de Genève et Le Courrier.

Le fait que la Confédération Helvétique n'ait apporté aucun soutien quelconque à cet événement doit sans doute avoir des raisons que la raison ne connaît pas.

Cependant, les conclusions -citées ci-dessous- des articles de nos trois grands quotidiens, donnent quelques pistes sur la perception bien peu neutre de cette non entrée en matière de la Suisse dans le cadre d'une manifestation culturelle qui, pourtant, la met à l'honneur.

L’exposition (...) ne prend guère le risque de l’histoire récente. Célébrer des relations diplomatiques incite sans doute à l’être soi-même.  (Le Temps)

Une opération qui redore l’image de ce pays, malmenée par l’actualité internationale.

(La Tribune de Genève)

Le parcours se conclut sur les exilés de l’après-Révolution (...). Pour les exilés de Vladimir Poutine, par contre, il faudra attendre le ­tricentenaire.

(Le Courrier)

http://www.penthes.ch/portfolio/la-suisse-par-les-russes-...


11/09/2014

La culture des uns et des autres

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Encore un qui sait de quoi il parle...

L'actuel tsar, ainsi a-t-il évoqué le président russe.

Il souriait, certain de se faire comprendre.

Il semblait par ailleurs ravi de sa formulation.

Il faut dire qu'elle est particulièrement originale.

Et surtout, qu'elle témoigne d'une indéniable culture politique et historique de la Russie.

Car il ne plaisantait pas, non, il était très fier de figurer parmi ceux qui ne s'en laissent pas conter...

Lui, c'est François Busnel, journaliste qui interviewait Emmanuel Carrère et

Paul Veyne. 

http://culturebox.francetvinfo.fr/emissions/france-5/la-g...


23:12 Publié dans Air du temps, Culture, France, Littérature, Medias, Politique, Russie | Tags : busnel, poutine, russie, littérature | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

12/03/2014

Crimée, mémoires et passions

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Ukraine, le retour de la guerre froide?

C'est ainsi qu'a été intitulée l'émission de la RTS du 4 mars dernier, Infrarouge, pour évoquer la crise ukrainienne.

A Moscou, lors d'une table ronde télévisée consacrée à la Crimée*, plutôt que d'aborder le sujet sur un plan purement politique sinon polémique, nous avons tenté de comprendre en quoi et pourquoi la situation en Crimée mobilisait tant de passions.

Certes, les relations entre les peuples et leurs diverses origines n'y sont pas pour rien mais ce qui lie la France -sinon l'Occident- à la Crimée?

Bien des aspects de leurs relations subsistent, plus discrets mais non moins réels pour autant.

Ils se rappellent au gré d'oeuvres littéraires, de lieux ou de monuments et illustrent en quoi les mémoires demeurent sensibles et impliquées.

 

http://french.ruvr.ru/2014_03_11/France-Crimee-une-histoi...

 
http://www.infrarouge.ch/ir/2075-ukraine-retour-guerre-fr...