01/12/2018

Ukraine, Russie, des enjeux et des vies en question

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Voici un article à lire, au-delà du parti pris émis et bien connu de l’Occident qui veut que l’Ukraine soit un pays victime depuis plus de quatre ans d’une agression de la part de la Russie.

L’article est, en effet, intéressant au regard de ce que son auteur disait de l’Ukraine il y a un peu plus de trois ans.

C’était le 5 février 2015.

A ce moment-là, le journaliste Marc Allgöwer travaillait pour la Radio Télévision Suisse et livrait une analyse qui vaut qu’on y revienne.

Il y cite, en effet, François Hollande, alors Président de la République française.

Dans les deux cas, l’Ukraine de Petro Poroshenko semble remise en place. En 2015 par la citation des paroles du Président français de l’époque, en 2018, par l’intitulé de l’article cité au début de ce sujet.

En d’autres termes, on se demande, en définitive, ce qui est attendu par l’Occident.

Qu’il manoeuvre en vue des prochaines élections qui se tiendront en mars 2019 rappellerait sans doute trop ce qui s’est passé en février 2014, lorsque le Président Viktor Ianouvkovitch a été, comme on a dit, destitué

Certes, le Maïdan relayé par nos médias devait être perçu comme révolte pour une véritable démocratie... Le résultat? Une guerre, des centaines de milliers de morts, de blessé(e)s et autant d’exilé(e)s.

Mais lequel de nos médias communiquerait le nombre de celles et de ceux qui ont choisi la Russie pour fuir? Aller se réfugier dans un pays qui aurait agressé le leur, il fallait tout de même y penser...

Alors?

Les véritables enjeux nous passent par-dessus. Pendant ce temps-là, on informe ou croit informer et des vies innocentes sont rayées de la carte. 

 

01/09/2018

La Russie sera toujours avec vous a déclaré Vladimir Poutine aux habitants du Donbass

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Les rédactions de nos médias n’en peuvent plus de commenter le départ du gouvernement d’un de ses ministres phare et l’éventuelle arrivée de son successeur, Genève s’anime sinon s'enflamme autour des agissements supposés mensongers du Président de son Conseil d’Etat, pendant ce temps-là, l’Ukraine -voire l’Europe centrale elle-même- risque l’embrasement.

Car après l’attentat qui a coûté la vie au dirigeant de la République Populaire de Donetsk auto-proclamée, les accusations sans preuve fusent. Qui a voulu la mort d’Alexandre Zakhartchenko? Pour les uns, c’est Kiev, pour les autres, c’est Moscou. Pour d’autres encore, il s’agirait là d’un règlement de compte entre bandes « mafieuses »  ou « terroristes » rivales.

Quoi qu’il en soit, ce qui s’est passé hier au centre-même de Donetsk est, je le répète une fois encore, grave.

Pour qui incline à penser que le Kremlin aurait voulu se débarrasser d’un homme encombrant, il va de soi que les déclarations du Président de la Fédération de Russie ne ressembleront qu'à de simples formules.

A chacune et à chacun sa conception de condoléances présentées.

Mais si elles sonnent faux aux oreilles de nombre d’Occidentaux, à celles d’autres, elles résonnent dans un sens qui ne laisse rien présager de bon. L’avenir, sans doute proche, dira ce qu’il en aura été.

Ne reste plus qu’à souhaiter qu’il ne soit pas noir.

31/08/2018

Alexandre Zakhartchenko, par Erwan Castel

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La nouvelle est grave.

Elle a été donnée, ici, par Charles 05, un intervenant de longue date de ce blog. Alexandre Zakhartchenko, le dirigeant de la République auto-proclamée de Donetsk est mort.

Il a été tué dans un attentat à l’explosif.

La nouvelle est grave car quoi que l’on pense de la situation dans le Donbass, elle nous concerne toutes et tous. Pour rappel, cette partie du Sud-Est de l’Ukraine se situe au coeur de l’Europe. 

Il en a beaucoup été question, sur ce blog.

Dans nos médias, il y a longtemps que la guerre qui y sévit toujours, en dépit des accords de Minsk I et II, ne mobilise plus les rédactions.

La mort des unes et des uns, pire, le sort réservé à des enfants, ne semblent concerner que certaines parties du monde. Au meilleur ou fallacieux prétexte, peut-être, que l’on ne peut traiter de tout, bien sûr...

En hommage à cet homme, Erwan Castel, dont j’ai porté à votre connaissance certaines de ses publications en a partagé une que je vous invite à découvrir ici et que j’ai choisi de reprendre en capture d’écran pour illustrer ce sujet.

 

19/08/2018

Scène de (non) vie dans le Donbass

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                                                                                                capture d’écran youtube

Combien de fois n’avons-nous eu droit à telle ou telle image d’enfants victimes de guerres? 

Dans cette vidéo de 2 minutes 14, c’est un volontaire du Donbass qui s’exprime. Il est évident que son propos n’est pas neutre, sans quoi il ne se serait pas engagé aux côtés de ceux qui ont souvent été appelés rebelles ou pro-russes.

Cela n’empêche pas de prêter attention à ce qu’il nous apprend.

Sébastien Hairon vit à Donetsk et évoque le bombardement d’un parc d’attraction pour enfants. Pour se l’expliquer, il fait référence aux propos qu’avait tenus le Président ukrainien au sujet des enfants du Donbass.

Leur avenir, il le souhaitait dans les caves. Rappelez-vous, il en avait été question ici alors que j’évoquais le sort d’un enfant au coeur de l’Europe.

 

22/05/2018

A nos portes, la guerre

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Vous aimez lire des livres, voir des films, vous informer ou, au moins, tenter de vous faire une opinion, alors voici de quoi. Sauf que le sujet dont il est question ici ne relève d’aucune fiction sinon de celle de leurs auteurs.

Car oui, il faut bien le dire, la manière avec laquelle est abordée la situation dans le Sud-Est de l’Ukraine toujours en guerre, révèle avant tout la divergence -sinon le grand écart- de sensibilités.

Son livre, l’écrivain russe Zahar Prilepine l’a présenté à Paris et à Genève, son film, le réalisateur ukrainien Serguei Loznitsa l’a présenté à CannesJusque là, on ne peut que saluer l’objectivité de la France, au moins, qui rend compte de deux approches d'une guerre qui tue encore et encore à nos portes.

La perspective d’une réconciliation entre les deux camps qu’elle oppose semble de plus en plus s’éloigner alors que tant de blessures saignent de part et d’autre de la ligne de front qui les sépare.

Et c’est bel et bien là ce qu’il y a de plus tragique.

Qu’un peuple ait pu être pris dans pareille guerre fratricide peut être imputable à qui l’on veut désigner comme responsable. Le fait est que les victimes se comptent d’un côté comme de l’autre d’une population fortement mise à mal.

Dans ce cas, alimenter un conflit comme s’y emploient encore autant de milices en tous genres au profit de puissants intérêts ne peut mener qu’au pire gâchis humain.

 

06/02/2018

Début février ici et là, la Convention de Genève bafouée

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                                                                       photo, Erwan Castel

Un début février ordinaire? Pour nombre de personnes, peut-être.

Pour d’autres, les premiers jours de ce deuxième mois de l’année en cours auront été marqués de manière bien différente.

Mais qui le saurait si nous n’avions d’échos rendus de ce Donbass dont nos médias semblaient à nouveau se préoccuper il y a peu?

En effet on avait eu l’occasion de lire tel ou tel article, entre autre dans La Tribune de Genève. Immédiatement commenté de manière très diverse selon les appartenances dues aux forces en présence.

Car oui, malheureusement, il s’agit bel et bien de forces vu le caractère meurtrier qui les oppose encore.

Ce récit d’Erwan Castel, bien sûr et comme toujours, ne rencontrera pas l’unanimité. Mais le partager ici importe, ne serait-ce qu’au regard de la « convention de Genève »  qui y est citée tandis qu’elle est bafouée.

Ainsi en a-t-il été de ce début février dans le Donbass, ainsi périssent autant d’innocents au nom d’intérêts savamment défendus.

29/12/2017

Echange de prisonniers entre Kiev et les Républiques séparatistes du Donbass

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Pendant que d’aucunes et d’aucuns se battent pour des droits, voici un aperçu de ce qui se passe tout près de chez nous.

Pour qui suit les informations délivrées par nos médias, la nouvelle relative à l’échange de prisonniers qui a eu lieu entre le gouvernement de Kiev et celui des républiques séparatistes du Donbass n’aura peut-être pas échappé.

Pas échappé non plus le fait que, soudain, nos journalistes se rappellent et rappellent à leur public, cette guerre soi-disant « oubliée ». et qui compte une dizaine de milliers de morts qui s’ajoutent aux innombrables exilés et autres blessés et amputés.

Sans revenir sur la couverture médiatique qui a été accordée à cette guerre dont il a été largement question sur ce blog à travers les centaines de sujets qui y ont été consacrés, s’arrêter sur ce qui se passe, désormais, mérite toute l’attention requise pour qui le souhaite, bien sûr.

Cet article, donc, livre une approche sans doute pas neutre mais autre que celle qui domine nos sites divers d’information qui n’ont pas forcément la palme de l’objectivité.

C’est pourquoi je pense important de partager, ici, ce regard d’une situation aussi douloureuse que tragique, tant elle a mis aux prises des populations que rien ne devait rendre ennemies sinon les promesses de démocraties que l’on a réussi à leur faire passer alors que le seul intérêt était loin d’autant de préoccupations humanistes.

Pour le reste, cette information de dernière minute en dira peut-être davantage sur le respect apporté aux accords de Minsk...

 

28/10/2017

La Russie vue autrement que par ses sempiternels mêmes pourfendeurs, merci Telerama!

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Oui, la France russophile existe et c’est à signaler.

Voici une interview à lire! Elle a été accordée à Telerama par le célèbre écrivain russe Zahar Prilepine.

En lice pour le Prix Médicis étranger avec son roman Dans l’Archipel des Solovki,il ne manque pas de faire remarquer l’inadéquation de la perception de la Russie dont il est parfaitement conscient qu’elle revient en boucle chez autant de grands esprits et connaisseurs de son pays.

Il s’explique aussi sur sa présence dans le Donbass que j’avais signalée dans un précédent sujet de ce blog tandis que les commentaires émis par autant de personnalités de référence de nos médias allaient bon train pour dire tout le bien qu’ils pensaient de cet engagement de l’écrivain.

Il évoque aussi la popularité de celui que tant de ces mêmes spécialistes ne cessent de nous présenter comme le grand rival de Vladimir Poutine alors que, comme cela a souvent été rappelé ici aussi, le pourcentage de voix qu’il rassemble n’a vraiment pas de quoi faire trembler les murs du Kremlin.

Il parle de Staline, de Lénine, il parle de la Russie telle qu’il la vit.

 

 

29/09/2017

Neuf ans de prison pour deux journalistes

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                                                                                   capture d’écran: СТРАНА.UA

Voici une information qui ne semble pas vraiment faire les unes de nos médias et pourtant, une condamnation de journalistes à neuf ans de prison devrait les mobiliser, eux qui sont toujours prêts à dénoncer tout abus ou autre injuste privation de liberté.

Il faut dire, à leur décharge, que la sentence vise deux journalistes ukrainiens qui ont eu l’audace de s’intéresser à ce qui se passait dans le Donbass, cette région infestée de séparatistes quand ils ne sont carrément pas qualifiés de terroristes.

Cette Union Européenne qui a fait tant rêver celles et ceux qui se sont pressés sur le Maïdan pour renverser leur président, cette Union Européenne qui a fermé les yeux sur les exactions commises par autant de bataillons de la mort et autres Néo-Nazis, cette Union Européenne qui n’hésite pas à imputer tous les maux de l’Ukraine à sa grande voisine russe qui l’aurait envahie, cette Union Européenne admettra-t-elle enfin ce qui se passe dans la démocratie que serait devenue l’Ukraine?

Tandis qu’en France, une enfant de 11 ans, abusée par un adulte de 28 ans laisse la justice indifférente ou peu s’en faut, d’autres se chargent de condamner sans autre deux journalistes à neuf ans de prison pour avoir collaboré avec des séparatistes du Donbass.

Plus belle, l’Europe, on ne peut mieux!

 

28/08/2017

Le monde comme il va ... permis de tuer

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Les enfants, ici commémorés pour avoir été tués, les enfants, là non désirés et accompagnés de doléances sur la difficulté de faire valoir les droits à leur suppression, ainsi va le monde.

Comparaison n’est pas raison et de comparaison, d’ailleurs, il n’est pas question mais d’aperçus relatifs à des actualités diverses.

Le droit à la vie, à la mort ou à tout ce que les sociétés qui en proposent et en revendiquent, lorsqu’il est confronté à la réalité, c’est tout une histoire, on le sait bien.

Preuve en sont les témoignages ci-dessus évoqués par Franceinfo en relation avec la difficulté de les faire valoir pour avorter.

Quant au droit de tuer des enfants par les armes, il nous est souvent rappelé par nos médias.

Ce fléau ne peut demeurer sélectif dans son évocation tandis qu’il touche autant de régions du monde où sévit toujours la guerre.

Tel est le cas du Donbass, dans le Sud-Est de l’Ukraine et dont il a été à de très nombreuses reprises question sur ce blog.

 

19/02/2017

Conférence de Munich pour la sécurité, Donbass, Crimée, OTAN...

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                                                                             capture d’écran: Le courrier du soir

Tandis que se tient jusqu’à ce soir, à Munich, la Conférence pour la Sécurité, un accord de cessez-le-feu au Donbass a pu être négocié dans le cadre du format Normandie.

Il entrera en vigueur ce 20 février tandis que de violents affrontements avaient repris entre indépendantistes de Luhansk et de Donetsk et forces gouvernementales de Kiev.

Cependant, après la demande de Donald Trump à la Russie de restituer la Crimée à l’Ukraine, il semble que le chemin vers la paix soit encore parsemé d’embûches.

Pour rappel et s’agissant de l’intention exprimée en 2014 déjà par Petro Poroshenko de récupérer la péninsule qui avait choisi de rejoindre la Russie par referendum, les avis exprimés étaient le plus souvent clairs et sans ambages. Il en avait été question ici

Sur cette problématique des Etats à l’indépendance sinon au statut controversés, cette analyse est particulièrement éclairante.

On y lit, en tous les cas, la complexité de situations aussi sensibles qu’explosives mais tout autant, les intérêts que certains ont à les entretenir.

Et cependant, à Munich, on discute et on signe.

16/02/2017

Ukraine, un écrivain russe au front

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                                                              capture d’écran: Agoravox, Lettre de Donetsk

De l’aspiration au dialogue entre parties adverses à la passe d’armes, on reste encore dans l’échange, même musclé.

Mais lorsqu’on en arrive à la prise d’armes et à la commande de bataillon, c’est un pas conséquent qui est franchi.

Un célèbre écrivain russe dont je vous invite à découvrir le parcours peu banal, fait réagir une bonne  partie de l’intelligentsia de son pays et d'ailleurs tandis qu’il a décidé d’aller se battre dans le Donbass.

Comment considérer un tel acte? Pour certains, il peut relever du courage, pour d’autres, de la soumission à un pouvoir en place.

A lire l’article que consacre « Le Temps »  à cet événement, car il en est, il y a de quoi rester perplexe.

Que la lauréate du Nobel de littérature 2015 condamne l’engagement de Zakhar Prilepine en dit long sur cette femme.

En son temps, fervente laudatrice du fondateur de la Tcheka, ancêtre du KGB et de l’actuel FSB elle a tout de même réussi à renier tout ce passé pour outrager un pays.

 

14/02/2017

Quand le Kremlin est servi à tout va

 

A toutes celles et ceux qui considèrent ce qui se publie sur ce blog comme pro-russe, mieux, propagande au service du Kremlin avec, comme cela est parfois mentionné, avantages à la clé, quelques rappels semblent à nouveau s’imposer.

Si écrire pour partager un autre regard sur une actualité que d’aucuns s’ingénient à présenter selon le prisme qui leur convient, revient à être à la solde du Kremlin, c’est dire comment sont formatés les cerveaux d’autant d’analystes s’ils en sont.

En ce moment, à quelques heures de vol de nos capitales, une guerre qui n’a jamais cessé, détruit des vies. Rendre sensible à ce désastre, c’est être pro-russe?

Réduire l’approche autre de ce qui se passe, en ce moment, tout près de chez nous, à de la propagande, c’est afficher une bien étrange conception de l’humanisme dont on brandit à toute occasion les droits à défendre.

Ce qui se passe dans le Donbass est autrement plus complexe que ce que nous en rapportent nombre de nos journalistes.

Merci, encore une fois, à Karine Bechet-Golovko de rendre compte d’une situation qui ne souffre aucune indifférence et encore moins d’approximation:

http://russiepolitics.blogspot.ch/2017/02/zakhar-prilepin...

 

16/01/2017

1000 jours

 

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On parle souvent des 100 jours, dans la vie politique. Ici, il s’agit de dix fois plus. Voici 1000 jours, en effet, que dure la guerre qui a coupé l’Ukraine en deux.

Comme nombre d’autres conflits meurtriers dans le monde, celui qui sévit encore dans le Donbass ne fait pas l’actualité de nos médias.

Alors, par solidarité envers un peuple qui a vu son pays se scinder en deux camps ennemis au nom du régime démocratique qui devait y être instauré, voici:

https://www.youtube.com/watch?v=nrIiBTL65Tc&index=1&a...

De part et d’autre de la ligne de front, se déchirent des familles dont les membres défendent la cause d'un partie ou d’une autre de ce qui constitue leur patrie.

De l’aide et du soutien, nombre de bénévoles en ont apporté.

Parmi eux figurait la Doctoresse Liza qui apparaît sur la photo qui illustre ce sujet. Figure emblématique de la Russie, le 25 décembre, elle a été enlevée aux siens et à toutes celles et ceux auxquels elle s’est donnée sans compter:

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2016/12/25/au-dela-d-un-c...

Parler de tragédie est un euphémisme.

 

06/10/2016

L’Ukraine et le Donbass, regards sur une guerre qui n’en finit pas

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capture d’écran de: http://www.investigaction.net/entretien-avec-petro-simone...

Voici que l’on reparle du sud-est de l’Ukraine dans quelques médias mainstream.

Il semble que le point de vue soit soudain plus nuancé.

C’est, à en croire Xavier Moreau, analyste français vivant à Moscou, que le narratif occidental qui a dominé jusqu’à maintenant, serait mis à mal.

Le fait est que la libération du journaliste Ruslan Kotsaba qu’il évoque dans cet interview accordée au Think Tank Katehon est révélatrice:

https://www.youtube.com/watch?v=9ka1FXW1M1M

Menacé d’une peine susceptible d’aller jusqu’à 22 ans de prison, le journaliste ukrainien s’était exprimé sur l’image que son pays donnerait de son arrestation. Il en avait été question ici:

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/02/17/la-democratie-...

Sur l’ensemble de la situation, le point de vue de Petro Symonenko indiqué en lien sous l’image qui illustre ce sujet ne manque pas d’intérêt non plus.

L’interview de ce secrétaire général du parti communiste d’Ukraine se déroule en deux parties.

A lire pour comprendre comment l’ensemble des enjeux a été escamoté sinon masqué par nombre de médias occidentaux.

Le rappeler n’est certes qu’un euphémisme.

16:16 Publié dans Air du temps, Guerre, Humanité, Occident, Politique, Ukraine | Tags : ukraine, donbass, guerre | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

18/08/2016

A celles et ceux qui ne reviendront plus

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Les images qui défilent sur la video indiquée en lien ci-dessous ont été prises non loin de nos terres de plus en plus hantées de déséquilibrés.

Que la folie meurtrière soit le lot d’une humanité qui se projette pourtant avec d’autres idéaux, tel semble être bien là une réalité difficile à occulter.

Les scènes proposées ci-dessous ont été tournées dans le Donbass, au sud-est de l’Ukraine.

Partisanes ou non, devraient-elles, pour autant, ne pas être montrées?

Les visages qu’on y voit défiler seraient-ils à ce point ennemis qu’on doive les cacher?

Six minutes d’une chanson empreinte de nostalgie ne changera pas la face du monde.

Mais se priver de sa diffusion non plus.

Dans ce cas, voici:

https://www.youtube.com/watch?v=jB2UwBL0QmI&feature=y...

 

07/06/2016

La vie, la langue, la culture

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Le 3 juin dernier, j’étais l’invitée de la librairie PAYOT Rive-Gauche à Genève pour présenter et débattre de mon ouvrage Eclipse d’un poète solidaire.

https://www.payot.ch/Detail/eclipse_dun_poete_solidaire-h...

A cette occasion, un bouquet de fleurs m’a été remis de la part d’un ingénieur français. Celui-ci, dans le cadre de sa profession, s’était rendu à Donetsk dans le Donbass, en 2015.

Sachant qu’il avait été invité à la présentation de mon livre, un député de la République de Donetsk avec lequel il est resté en relation, l’a chargé de me remercier de la mobilisation dont j’ai fait preuve en faveur d’une information autre que celle qui était majoritairement diffusée sur le Donbass.

Les fleurs qui m’ont été offertes, l’ont donc été de la part de cet élu.

Mon engagement dans le cadre de la guerre en Ukraine a toujours été accompagné du voeu de voir la diplomatie l’emporter sur les armes. Je m’en suis souvent ouverte dans mes diverses interventions dont la dernière encore, au Club suisse de la presse, le 2 mars 2016.

Ce soir, je suis invitée à m’exprimer sur Dostoïevski dans le cadre d’une soirée consacrée à l’épilepsie et l’expression artistique:

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2016/06/04/ce-%C2%A0haut-...

Entre l’approche que j’ai livrée de Dominique de Villepin, mon engagement dans le cadre de la guerre en Ukraine et mes interventions sur Dostoïevski, le lien passe par la relation qu’entretiennent entre elles la vie, la culture et la langue.

 

20/04/2016

Ouf, encore un sujet sur ces riches Russes...

Elles nous manquaient ces émissions consacrées aux riches Russes qui viennent placer leur argent en Occident.

En voici une qui a plutôt pour habitude de traiter de sujets locaux. Or voici qu’elle délègue un de ses reporters à Londres! 

http://www.rts.ch/play/tv/toutes-taxes-comprises/video/kl...

Déduction aura sans doute été faite d'estimer très utile pour le téléspectateur suisse de savoir ce qui se passe dans la capitale du Royaume Uni.

Il est vrai que les citoyens qui financent cette chaîne publique sont sans doute passionnés par le fait de savoir comment vivent de riches Russes ou autres Ukrainiens proches des séparatistes du Donbass!

Il faut bien admettre que le crime organisé et soutenu par l’Occident au nom de la démocratie est sans doute moins porteur à l’écran. En tous les cas moins flatteur à montrer pour cette chaîne publique qui s’est tant réjouie de voir tomber le président Ianoukovich!

La suite, on ne la connaît que trop.  En voici un des aspects:

https://www.youtube.com/watch?v=de8Z1sfNLRk&feature=y...

 

00:28 Publié dans Air du temps, Avaries, Finance, Politique, Pouvoirs, Russie, Ukraine | Tags : rts, russie, ukraine, donbass | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

08/04/2016

Tortures, témoignages et "papers"

 

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J'ai publié, ici, deux interviews de victimes de guerre:

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2016/03/28/torture-le-rec...

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2016/04/06/natacha-une-hi...

Comme cela a été mentionné, le CICR est au courant de ce que subissent nombre de civils dans le Donbass. Cependant, leur devoir de réserve, sans doute, les réduit au silence.

Ainsi, ne lira-t-on jamais en une d'aucun journal ce qu'ont vécu Vitali ou Natacha pour ne parler que d'eux.

Cependant, voici les précisions apportées par Laurent Brayard en relation avec le témoignage qu'il a recueilli de Natacha:

Bonjour, je suis l'auteur de l'article d'origine, pourquoi je ne filme pas Natacha et pourquoi ai-je changé son nom ? Mais parce qu'elle a de la famille en zone occupée par les Ukrainiens... Pourquoi sait-elle qu'il s'agissait de Pravy Sektor ? Parce ce qu'une unité de ce parti occupait son village et que les bourreaux lui ont dit. Pourquoi sait-elle qu'il s'agissait de vitamines ? C'est ce que les bourreaux lui ont dit, mais ce que je n'ai pas dis dans l'article c'est qu'elle avait l'impression qu'il s'agissait d'une drogue car elle indique qu'elle s'est trouvée indisposée et dans un brouillard à plusieurs reprises. Cette femme a été présentée à la délégation française et à l'avocat Jean-Josy Bousquet lorsqu'il est venu dans le Donbass, son témoignage est confirmé par "MOscou", il a été officiellement mis en page par la commission des crimes de guerre de la République populaire de Donetsk. Pourquoi ai-je choisi Natacha ? Par hasard, il fallait changer son nom. Encore une fois, elle a de la famille encore dans la zone occupée. Mais bien sûr, ceux qui ne veulent pas croire le peuvent et penser que je ne suis qu'un menteur, j'en ai l'habitude et j'accepte ces insultes, cela fait partie de ma mission dans le Donbass, avaler des témoignages terrifiants et être pris pour un dingue ou un menteur par des gens à l'autre bout du monde, c'est ainsi, mais je continuerai tant que je trouverai les forces.

Pendant ce temps-là, la fouille des papiers de Panama suit son cours...Il y a tant à chercher encore que le Donbass et ses crimes de guerre attendront!

  

28/03/2016

Torture, le récit à Charline, Suissesse de la Croix-Rouge

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La torture, où qu'elle se pratique mobilise nombre d'organisations gouvernementales ou pas.

Certains pouvoirs en place sont pointés du doigt, certains procès qui s'y déroulent sont médiatisés, les choix qui sont opérés pour traiter de tel ou tel sujet relèvent de critères variables.

Le fait est qu'où qu'elle sévisse, la violence aveugle choque.

Ci-dessous, un entretien avec un prisonnier, réalisé par Laurent Brayard, interviewé ici à diverses reprises pour son engagement dans le Donbass.

L'homme qu'il interroge lui fait part de ce qu'il a vécu. A la fin de son récit, il évoque une Suissesse prénommée Charline.

Cette femme l'a questionné sur les conditions de sa détention, il lui a tout raconté, déclare-t-il à Laurent Brayard. Et de préciser que Charline travaille à Donetsk pour la Croix-Rouge.

Puisse le récit de Vitali à Charline avoir déjà trouvé son écho en Suisse! Car de précédents prisonniers torturés et libérés lui avaient aussi parlé de leurs conditions de détention...

https://dnipress.com/en/posts/lukraine-des-tortures-abjec...

 

30/01/2016

Kusturica, Iourchenko et le Donbass... à suivre

 

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C'est Arkadij Beinenson qui le révèle sur son site, Emir Kusturica, s'intéresserait à la biographie du correspondant de guerre dans le Donbass qu'a été Iouri Iourchenko et aurait conclu avec lui un accord relatif à un script. Le poète, scénariste et acteur Iourchenko l'a lui-même confirmé au journaliste russe qui l'indique sur son site:

http://blog.beinenson.news/2016/01/29/kusturitsa-yurchenko/

On sait qu'Emir Kusturica, deux fois lauréat de la Palme d'Or du Festival de Cannes, a apporté son soutien aux populations du Donbass. Pour rappel aussi, le cinéaste, musicien a été interdit de concert, en juillet 2015, par les autorités démocratiques de Kiev.

https://francais.rt.com/international/4422-kusturica-conc...

On se réjouit, dès lors, de savoir quelle sera la réaction du nouvel intronisé de l'Académie française qui n'avait pas eu de mots assez doux envers le réalisateur serbe, primé pour son film Underground.

Alain Finkielkraut avait, en effet, publié une tribune au vitriol dans Le Monde du 2 juin 1995.

Aussitôt suivi dans sa diatribe par l'incontournable BHL, autant dire que le tandem a eu de quoi s'illustrer quand on sait combien de guerre démocratiques le philosophe à la chemise blanche a cautionnées.

 

21/01/2016

"Leurs enfants resteront dans les caves du sous-sol"

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Ces propos sont ceux de Petro Poroshenko que je relayais, le 8 septembre dernier, dans un sujet consacré au Donbass, cette région de l'est de l'Ukraine dont on ne parle plus beaucoup.

Alors que le monde entier -ou peu s'en faut- avait découvert la photo d'Aylan, gisant sur une plage turque, je rappelais le sort réservé aux populations du Donbass et le destin que le président ukrainien réservait à leurs enfants:

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/09/07/au-coeur-de-l-...

La question de savoir si les médias ne s'intéressaient pas assez aux conditions de vie des populations civiles du Donbass et plus précisément à celles de leurs enfants a enfin été posée.

C'était hier soir, dans le cadre du téléjournal de Léman Bleu qui a porté son attention à la soirée caritative organisée en faveur des enfants du Donbass, ce 23 janvier à Genève:

http://www.lemanbleu.ch/replay/video.html?VideoID=28665

  

16/01/2016

Merci!

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Je tiens à remercier les journalistes qui ont su prêter attention à la soirée caritative en faveur des enfants du Donbass qui aura lieu ce 23 janvier à Genève et dont j'ai publié le flyer d'annonce sur le  précédent sujet de ce blog.

Il m'importe, ici, de signaler l'intérêt qu'ils ont montré à cet événement alors que souvent j'ai partagé avec eux les points de vue exposés sur ce blog.

Leur réaction indique, non seulement que le dialogue reste possible mais surtout, que l'intelligence et le coeur y ont leur place.

Merci à eux.

 

https://www.youtube.com/watch?v=BF6KiVMIXwM

 

14/01/2016

Soirée caritative

 
Tandis qu'en Ukraine, les cessez-le-feu et leur respect se suivent et semblent se ressembler, une délégation française des droits humains s'est déplacée dans le Donbass.

Emmenée par Jacques Clostermann, elle effectue une mission de reconnaissance de la situation afin d'en informer les Français, pour la plupart, dans l'ignorance de ce qui se passe réellement dans cette région.

Il a été souvent question, ici, de relever combien l'information livrée par les médias occidentaux dits mainstream était orientée.

Tandis que Monsieur Clostermann exprime sa consternation face à ce qu'il découvre dans le Donbass et qui a été à maintes reprises signalé ici, j'invite chacune et chacun à prêter attention à cet événement qui aura lieu à Genève, le 23 janvier prochain:

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15/11/2015

Ces "terroristes" qui se recueillent

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                                                    http://denyaleto.livejournal.com/90374.html

 

Donetsk, dans le Donbass, au Sud-Est de l'Ukraine encore en guerre, a rendu hommage aux victimes des actes terroristes qui ont frappé Paris.

Le lieu où se sont recueillis les habitants de la ville ne relève d'aucun hasard.

Il s'agit de l'hôtel Park Inn où séjournent les représentants de l'OSCE.

Cet hôtel Park Inn est le seul endroit qui abrite une représentation internationale au sein de la République populaire de Donetsk.

Les étudiants et les habitants de la ville ont tenu à rester jusque tard dans la nuit pour exprimer soutien, voeux et pensées à Paris et à la France.

Cette noblesse de coeur, d'âme et d'esprit soit entendue!

 

13/10/2015

Guerre fratricide

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La lettre ouverte adressée à Svetlana Alexievitch a été traduite en russe, introduite et publiée sur le site Baltnews.ee par le journaliste Arkadij Beinenson:

http://baltnews.ee/mir/20151012/1014162478.html

L'article a été relayé sur près de vingt sites, tant en Russie qu'en Ukraine et ailleurs.

Les commentaires déposés, aussi bien ici, sous la version française de la lettre,

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/10/10/lettre-ouverte...

que sur l'ensemble des autres sites qui ont publié la version russe, témoignent de la sensibilité du sujet.

C'est qu'une telle guerre fratricide est extrêmement dommageable.

Quels que soient les camps qui s'opposent et se déchirent, les dégâts sont là, blessent et brisent des vies entières.

Sauf cynisme avéré ou égarement momentané, qui s'en réjouirait?

Puisse le calme revenir au plus tôt dans ce Donbass ensanglanté. 

Puisse la diplomatie oeuvrer au mieux et réduire les armes au silence.

 

10/10/2015

Lettre ouverte

A Madame Svetlana Alexievitch, 

Dans ce Donbass que vous avez évoqué lors de votre conférence de presse, Lilia, 24 ans, a eu la jambe gauche arrachée alors qu'elle s'est jetée sur son fils de 11 mois pour le protéger.

Tous deux se trouvaient dans un bus soudain frappé par une bombe, Lilia a eu le réflexe de sauver la vie de son enfant.

Ce cas, comme tant d'autres qui ont brisé familles et foyers du Donbass, a été le fait d'un gouvernement que l'Occident soutient.

Je vous invite à découvrir cet article d'un journaliste français qui se trouve à Donetsk: 

http://dnipress.com/fr/posts/lilia-24-ans-une-jambe-arrac...

Des cas comme celui de Lilia sont loin d'être uniques, vous n'êtes pas sans l'ignorer, j'ose l'espérer.

Il va de soi aussi que l'on est parfois obligé de procéder à des choix de sujet à traiter. Vous avez opéré les vôtres qui ont su trouver leur public et l'honneur qui vient de leur être rendu.

Mais vous qui déclarez faire de la lutte contre le mensonge le fer de lance de votre combat, comment pouvez-vous estimer que la Russie en arrive à 86% à se réjouir quand des gens meurent dans le Donbass?

Madame, avec pareils propos, vous êtes non seulement dans le mensonge mais dans l'outrage.

 

Avec respect,

                              Hélène Richard-Favre

 

08/10/2015

Svetlana Alexievitch, Nobel de littérature outrage la mémoire du Donbass

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Le Nobel de littérature a été attribué.

Il couronne Svetlana Alexievitch, écrivain et journaliste biélorusse.

A lire l'article que lui consacre le Huffingtonpost, on comprend tout à fait que les idées politiques de cette écrivain rejoignent la plupart des standards occidentaux et bien leur en prenne, des goûts et des couleurs, on ne discutera pas ici.

Mais quand on lit de cette Nobel de littérature que, je la cite, cette Russie en arrive à 86% à se réjouir quand des gens meurent dans le Donbass, non, là, c'est plus que de l'indécence ou de l'insulte. C'est un outrage lancé à la Russie et surtout à la mémoire de milliers de victimes qui n'ont jamais demandé à l'être.

En arriver à exprimer de tels propos alors qu'on vient de se voir récompensé du prix le plus prestigieux qui soit, est inqualifiable. 

http://www.huffingtonpost.fr/2015/10/08/svetlana-alexievi...
 
 

12/09/2015

Petite soirée entre "terroristes"

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Voici un récit poignant à découvrir ci-dessous.*

L'actualité médiatique, tout occupée à suivre les diverses routes qu'empruntent les migrants et à en diffuser images et témoignages, ne retiendra sans doute pas comment ces jeunes entourent cet autre, inconnu pour la plupart d'entre eux.

De telles soirées, a priori, en évoquent autant d'autres susceptibles de se dérouler ici ou là, pour peu qu'existe l'esprit de solidarité.

Rien de particulier donc à cela, hormis le fait que de tels jeunes, dans nombre de nos médias, sont affublés de qualificatifs qui les rendent bien moins acceptables que l'ensemble de ceux qui nous nous arrivent de pays en guerre.

Et pourtant, ces jeunes dont il est question ici, vivent chaque jour sous les obus dont les conventions de Genève interdisent l'utilisation contre des populations civiles, en témoigne l'illustration de ce sujet: 

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/06/09/ceci-n-est-pas...

Chaque jour, néanmoins, ces jeunes risquent leur vie et leur avenir qu'ils osent pourtant encore projeter.

Même Micha, autour duquel tous se sont réunis, tandis que ces Européens si charismatiques aujourd'hui, n'ont pas ménagé de soutenir l'effort de guerre qui l'a amputé, lui, de ses deux jambes, d'un bras, de la vue et d'une partie de l'ouïe:

http://tribulationsmoscou.blogspot.ch/2015/09/soiree-entr...
 

09/09/2015

« Mais que fait l’Europe ? »

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Laurent Brayard est un journaliste français, actuellement dans le Donbass, région du sud est de l'Ukraine. Il répond à quelques questions.

Laurent, en quoi consiste exactement votre travail ?

Mes activités sont diverses. Elles consistent en premier lieu à interviewer des victimes, blessées et /ou invalides de guerre, à mener des reportages sur le terrain près du front et à écrire des articles de presse, des analyses où je "détricote" la propagande occidentale. J'y mets en cause le lobbying ukrainien de France, les concussions à tous niveaux et les responsabilités criminelles de la France dans cette guerre.

Sinon,  j’aide la Commission des Crimes de guerre à trouver des avocats en France pour qu’un jour puisse exister un tribunal international qui juge les coupables en Ukraine et ailleurs. Enfin, à mon petit niveau, j’essaie d’organiser de l’aide humanitaire. J’ai transporté du matériel médical offert par ma sœur, infirmière libérale et ici,  je donne de l’argent récolté en France pour les gens qui se trouvent dans une indigence totale.

Qu’est-ce qui vous frappe le plus dans ce que vous voyez chaque jour ?

La dignité des gens. 

Tout près du front, par exemple, j’ai vu une femme dont la maison était détruite et dont la mère était impotente. Cette femme s’occupait de son jardinet et de parterres de fleurs. Elle m’expliquait, en s’effondrant dans mes bras, qu’elle devait continuer malgré la guerre. Elle se demandait pourquoi on les tuait, eux, les gens du Donbass… 

Dans le centre de Donetsk, je vois des gens qui vivent dans un confort paradoxal et sur le front, des milliers d’eux sont reclus dans les caves, avec des enfants. Ils sont pilonnés, ils n’ont ni eau, ni électricité, ni gaz. 

Je vois des vieillards dans les ruines défoncées de leurs maisons, acquises à la sueur de leur front ou héritées de leurs pères qui les avaient eux-mêmes construites.  

Je vois une grande misère et une immense détresse. Tous se demandent « Mais que fait l’Europe ? ».

Quelle aide pourrions-nous apporter à ces populations ?

Hélas c’est difficile, l’Occident bloque les comptes des activistes, même humanitaires. Les comptes des associations qui envoient de l’argent dans le Donbass sont tout simplement fermés, c’est terrible. 

Quant au matériel médical ou humanitaire destiné à la population, l’Union Européenne fait son possible pour en saper la livraison. L’hiver dernier, nos grands médias tel Libération appelaient à envoyer de l’argent « pour l’aide humanitaire à l’armée ukrainienne ». Du jamais vu, de l’aide humanitaire à une armée ?

Le mieux que les gens puissent faire est de réinformer à leur tour, d’aider les quelques associations humanitaires connectées avec la Russie, comme Vostok France Solidarité Donbass, association apolitique et purement humanitaire. 

Il serait bien de pouvoir envoyer de l’argent aux activistes, ici, mais c’est impossible, l’Occident et l’Ukraine ont paralysé le système bancaire qui ne fonctionne plus dans le Donbass. Voilà la triste réalité.

Merci, Laurent.