28/10/2017

La Russie vue autrement que par ses sempiternels mêmes pourfendeurs, merci Telerama!

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Oui, la France russophile existe et c’est à signaler.

Voici une interview à lire! Elle a été accordée à Telerama par le célèbre écrivain russe Zahar Prilepine.

En lice pour le Prix Médicis étranger avec son roman Dans l’Archipel des Solovki,il ne manque pas de faire remarquer l’inadéquation de la perception de la Russie dont il est parfaitement conscient qu’elle revient en boucle chez autant de grands esprits et connaisseurs de son pays.

Il s’explique aussi sur sa présence dans le Donbass que j’avais signalée dans un précédent sujet de ce blog tandis que les commentaires émis par autant de personnalités de référence de nos médias allaient bon train pour dire tout le bien qu’ils pensaient de cet engagement de l’écrivain.

Il évoque aussi la popularité de celui que tant de ces mêmes spécialistes ne cessent de nous présenter comme le grand rival de Vladimir Poutine alors que, comme cela a souvent été rappelé ici aussi, le pourcentage de voix qu’il rassemble n’a vraiment pas de quoi faire trembler les murs du Kremlin.

Il parle de Staline, de Lénine, il parle de la Russie telle qu’il la vit.

 

 

29/09/2017

Neuf ans de prison pour deux journalistes

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                                                                                   capture d’écran: СТРАНА.UA

Voici une information qui ne semble pas vraiment faire les unes de nos médias et pourtant, une condamnation de journalistes à neuf ans de prison devrait les mobiliser, eux qui sont toujours prêts à dénoncer tout abus ou autre injuste privation de liberté.

Il faut dire, à leur décharge, que la sentence vise deux journalistes ukrainiens qui ont eu l’audace de s’intéresser à ce qui se passait dans le Donbass, cette région infestée de séparatistes quand ils ne sont carrément pas qualifiés de terroristes.

Cette Union Européenne qui a fait tant rêver celles et ceux qui se sont pressés sur le Maïdan pour renverser leur président, cette Union Européenne qui a fermé les yeux sur les exactions commises par autant de bataillons de la mort et autres Néo-Nazis, cette Union Européenne qui n’hésite pas à imputer tous les maux de l’Ukraine à sa grande voisine russe qui l’aurait envahie, cette Union Européenne admettra-t-elle enfin ce qui se passe dans la démocratie que serait devenue l’Ukraine?

Tandis qu’en France, une enfant de 11 ans, abusée par un adulte de 28 ans laisse la justice indifférente ou peu s’en faut, d’autres se chargent de condamner sans autre deux journalistes à neuf ans de prison pour avoir collaboré avec des séparatistes du Donbass.

Plus belle, l’Europe, on ne peut mieux!

 

28/08/2017

Le monde comme il va ... permis de tuer

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Les enfants, ici commémorés pour avoir été tués, les enfants, là non désirés et accompagnés de doléances sur la difficulté de faire valoir les droits à leur suppression, ainsi va le monde.

Comparaison n’est pas raison et de comparaison, d’ailleurs, il n’est pas question mais d’aperçus relatifs à des actualités diverses.

Le droit à la vie, à la mort ou à tout ce que les sociétés qui en proposent et en revendiquent, lorsqu’il est confronté à la réalité, c’est tout une histoire, on le sait bien.

Preuve en sont les témoignages ci-dessus évoqués par Franceinfo en relation avec la difficulté de les faire valoir pour avorter.

Quant au droit de tuer des enfants par les armes, il nous est souvent rappelé par nos médias.

Ce fléau ne peut demeurer sélectif dans son évocation tandis qu’il touche autant de régions du monde où sévit toujours la guerre.

Tel est le cas du Donbass, dans le Sud-Est de l’Ukraine et dont il a été à de très nombreuses reprises question sur ce blog.

 

19/02/2017

Conférence de Munich pour la sécurité, Donbass, Crimée, OTAN...

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                                                                             capture d’écran: Le courrier du soir

Tandis que se tient jusqu’à ce soir, à Munich, la Conférence pour la Sécurité, un accord de cessez-le-feu au Donbass a pu être négocié dans le cadre du format Normandie.

Il entrera en vigueur ce 20 février tandis que de violents affrontements avaient repris entre indépendantistes de Luhansk et de Donetsk et forces gouvernementales de Kiev.

Cependant, après la demande de Donald Trump à la Russie de restituer la Crimée à l’Ukraine, il semble que le chemin vers la paix soit encore parsemé d’embûches.

Pour rappel et s’agissant de l’intention exprimée en 2014 déjà par Petro Poroshenko de récupérer la péninsule qui avait choisi de rejoindre la Russie par referendum, les avis exprimés étaient le plus souvent clairs et sans ambages. Il en avait été question ici

Sur cette problématique des Etats à l’indépendance sinon au statut controversés, cette analyse est particulièrement éclairante.

On y lit, en tous les cas, la complexité de situations aussi sensibles qu’explosives mais tout autant, les intérêts que certains ont à les entretenir.

Et cependant, à Munich, on discute et on signe.

16/02/2017

Ukraine, un écrivain russe au front

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                                                              capture d’écran: Agoravox, Lettre de Donetsk

De l’aspiration au dialogue entre parties adverses à la passe d’armes, on reste encore dans l’échange, même musclé.

Mais lorsqu’on en arrive à la prise d’armes et à la commande de bataillon, c’est un pas conséquent qui est franchi.

Un célèbre écrivain russe dont je vous invite à découvrir le parcours peu banal, fait réagir une bonne  partie de l’intelligentsia de son pays et d'ailleurs tandis qu’il a décidé d’aller se battre dans le Donbass.

Comment considérer un tel acte? Pour certains, il peut relever du courage, pour d’autres, de la soumission à un pouvoir en place.

A lire l’article que consacre « Le Temps »  à cet événement, car il en est, il y a de quoi rester perplexe.

Que la lauréate du Nobel de littérature 2015 condamne l’engagement de Zakhar Prilepine en dit long sur cette femme.

En son temps, fervente laudatrice du fondateur de la Tcheka, ancêtre du KGB et de l’actuel FSB elle a tout de même réussi à renier tout ce passé pour outrager un pays.

 

14/02/2017

Quand le Kremlin est servi à tout va

 

A toutes celles et ceux qui considèrent ce qui se publie sur ce blog comme pro-russe, mieux, propagande au service du Kremlin avec, comme cela est parfois mentionné, avantages à la clé, quelques rappels semblent à nouveau s’imposer.

Si écrire pour partager un autre regard sur une actualité que d’aucuns s’ingénient à présenter selon le prisme qui leur convient, revient à être à la solde du Kremlin, c’est dire comment sont formatés les cerveaux d’autant d’analystes s’ils en sont.

En ce moment, à quelques heures de vol de nos capitales, une guerre qui n’a jamais cessé, détruit des vies. Rendre sensible à ce désastre, c’est être pro-russe?

Réduire l’approche autre de ce qui se passe, en ce moment, tout près de chez nous, à de la propagande, c’est afficher une bien étrange conception de l’humanisme dont on brandit à toute occasion les droits à défendre.

Ce qui se passe dans le Donbass est autrement plus complexe que ce que nous en rapportent nombre de nos journalistes.

Merci, encore une fois, à Karine Bechet-Golovko de rendre compte d’une situation qui ne souffre aucune indifférence et encore moins d’approximation:

http://russiepolitics.blogspot.ch/2017/02/zakhar-prilepin...

 

16/01/2017

1000 jours

 

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On parle souvent des 100 jours, dans la vie politique. Ici, il s’agit de dix fois plus. Voici 1000 jours, en effet, que dure la guerre qui a coupé l’Ukraine en deux.

Comme nombre d’autres conflits meurtriers dans le monde, celui qui sévit encore dans le Donbass ne fait pas l’actualité de nos médias.

Alors, par solidarité envers un peuple qui a vu son pays se scinder en deux camps ennemis au nom du régime démocratique qui devait y être instauré, voici:

https://www.youtube.com/watch?v=nrIiBTL65Tc&index=1&a...

De part et d’autre de la ligne de front, se déchirent des familles dont les membres défendent la cause d'un partie ou d’une autre de ce qui constitue leur patrie.

De l’aide et du soutien, nombre de bénévoles en ont apporté.

Parmi eux figurait la Doctoresse Liza qui apparaît sur la photo qui illustre ce sujet. Figure emblématique de la Russie, le 25 décembre, elle a été enlevée aux siens et à toutes celles et ceux auxquels elle s’est donnée sans compter:

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2016/12/25/au-dela-d-un-c...

Parler de tragédie est un euphémisme.

 

06/10/2016

L’Ukraine et le Donbass, regards sur une guerre qui n’en finit pas

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capture d’écran de: http://www.investigaction.net/entretien-avec-petro-simone...

Voici que l’on reparle du sud-est de l’Ukraine dans quelques médias mainstream.

Il semble que le point de vue soit soudain plus nuancé.

C’est, à en croire Xavier Moreau, analyste français vivant à Moscou, que le narratif occidental qui a dominé jusqu’à maintenant, serait mis à mal.

Le fait est que la libération du journaliste Ruslan Kotsaba qu’il évoque dans cet interview accordée au Think Tank Katehon est révélatrice:

https://www.youtube.com/watch?v=9ka1FXW1M1M

Menacé d’une peine susceptible d’aller jusqu’à 22 ans de prison, le journaliste ukrainien s’était exprimé sur l’image que son pays donnerait de son arrestation. Il en avait été question ici:

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/02/17/la-democratie-...

Sur l’ensemble de la situation, le point de vue de Petro Symonenko indiqué en lien sous l’image qui illustre ce sujet ne manque pas d’intérêt non plus.

L’interview de ce secrétaire général du parti communiste d’Ukraine se déroule en deux parties.

A lire pour comprendre comment l’ensemble des enjeux a été escamoté sinon masqué par nombre de médias occidentaux.

Le rappeler n’est certes qu’un euphémisme.

16:16 Publié dans Air du temps, Guerre, Humanité, Occident, Politique, Ukraine | Tags : ukraine, donbass, guerre | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

18/08/2016

A celles et ceux qui ne reviendront plus

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Les images qui défilent sur la video indiquée en lien ci-dessous ont été prises non loin de nos terres de plus en plus hantées de déséquilibrés.

Que la folie meurtrière soit le lot d’une humanité qui se projette pourtant avec d’autres idéaux, tel semble être bien là une réalité difficile à occulter.

Les scènes proposées ci-dessous ont été tournées dans le Donbass, au sud-est de l’Ukraine.

Partisanes ou non, devraient-elles, pour autant, ne pas être montrées?

Les visages qu’on y voit défiler seraient-ils à ce point ennemis qu’on doive les cacher?

Six minutes d’une chanson empreinte de nostalgie ne changera pas la face du monde.

Mais se priver de sa diffusion non plus.

Dans ce cas, voici:

https://www.youtube.com/watch?v=jB2UwBL0QmI&feature=y...

 

07/06/2016

La vie, la langue, la culture

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Le 3 juin dernier, j’étais l’invitée de la librairie PAYOT Rive-Gauche à Genève pour présenter et débattre de mon ouvrage Eclipse d’un poète solidaire.

https://www.payot.ch/Detail/eclipse_dun_poete_solidaire-h...

A cette occasion, un bouquet de fleurs m’a été remis de la part d’un ingénieur français. Celui-ci, dans le cadre de sa profession, s’était rendu à Donetsk dans le Donbass, en 2015.

Sachant qu’il avait été invité à la présentation de mon livre, un député de la République de Donetsk avec lequel il est resté en relation, l’a chargé de me remercier de la mobilisation dont j’ai fait preuve en faveur d’une information autre que celle qui était majoritairement diffusée sur le Donbass.

Les fleurs qui m’ont été offertes, l’ont donc été de la part de cet élu.

Mon engagement dans le cadre de la guerre en Ukraine a toujours été accompagné du voeu de voir la diplomatie l’emporter sur les armes. Je m’en suis souvent ouverte dans mes diverses interventions dont la dernière encore, au Club suisse de la presse, le 2 mars 2016.

Ce soir, je suis invitée à m’exprimer sur Dostoïevski dans le cadre d’une soirée consacrée à l’épilepsie et l’expression artistique:

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2016/06/04/ce-%C2%A0haut-...

Entre l’approche que j’ai livrée de Dominique de Villepin, mon engagement dans le cadre de la guerre en Ukraine et mes interventions sur Dostoïevski, le lien passe par la relation qu’entretiennent entre elles la vie, la culture et la langue.

 

20/04/2016

Ouf, encore un sujet sur ces riches Russes...

Elles nous manquaient ces émissions consacrées aux riches Russes qui viennent placer leur argent en Occident.

En voici une qui a plutôt pour habitude de traiter de sujets locaux. Or voici qu’elle délègue un de ses reporters à Londres! 

http://www.rts.ch/play/tv/toutes-taxes-comprises/video/kl...

Déduction aura sans doute été faite d'estimer très utile pour le téléspectateur suisse de savoir ce qui se passe dans la capitale du Royaume Uni.

Il est vrai que les citoyens qui financent cette chaîne publique sont sans doute passionnés par le fait de savoir comment vivent de riches Russes ou autres Ukrainiens proches des séparatistes du Donbass!

Il faut bien admettre que le crime organisé et soutenu par l’Occident au nom de la démocratie est sans doute moins porteur à l’écran. En tous les cas moins flatteur à montrer pour cette chaîne publique qui s’est tant réjouie de voir tomber le président Ianoukovich!

La suite, on ne la connaît que trop.  En voici un des aspects:

https://www.youtube.com/watch?v=de8Z1sfNLRk&feature=y...

 

00:28 Publié dans Air du temps, Avaries, Finance, Politique, Pouvoirs, Russie, Ukraine | Tags : rts, russie, ukraine, donbass | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

08/04/2016

Tortures, témoignages et "papers"

 

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J'ai publié, ici, deux interviews de victimes de guerre:

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2016/03/28/torture-le-rec...

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2016/04/06/natacha-une-hi...

Comme cela a été mentionné, le CICR est au courant de ce que subissent nombre de civils dans le Donbass. Cependant, leur devoir de réserve, sans doute, les réduit au silence.

Ainsi, ne lira-t-on jamais en une d'aucun journal ce qu'ont vécu Vitali ou Natacha pour ne parler que d'eux.

Cependant, voici les précisions apportées par Laurent Brayard en relation avec le témoignage qu'il a recueilli de Natacha:

Bonjour, je suis l'auteur de l'article d'origine, pourquoi je ne filme pas Natacha et pourquoi ai-je changé son nom ? Mais parce qu'elle a de la famille en zone occupée par les Ukrainiens... Pourquoi sait-elle qu'il s'agissait de Pravy Sektor ? Parce ce qu'une unité de ce parti occupait son village et que les bourreaux lui ont dit. Pourquoi sait-elle qu'il s'agissait de vitamines ? C'est ce que les bourreaux lui ont dit, mais ce que je n'ai pas dis dans l'article c'est qu'elle avait l'impression qu'il s'agissait d'une drogue car elle indique qu'elle s'est trouvée indisposée et dans un brouillard à plusieurs reprises. Cette femme a été présentée à la délégation française et à l'avocat Jean-Josy Bousquet lorsqu'il est venu dans le Donbass, son témoignage est confirmé par "MOscou", il a été officiellement mis en page par la commission des crimes de guerre de la République populaire de Donetsk. Pourquoi ai-je choisi Natacha ? Par hasard, il fallait changer son nom. Encore une fois, elle a de la famille encore dans la zone occupée. Mais bien sûr, ceux qui ne veulent pas croire le peuvent et penser que je ne suis qu'un menteur, j'en ai l'habitude et j'accepte ces insultes, cela fait partie de ma mission dans le Donbass, avaler des témoignages terrifiants et être pris pour un dingue ou un menteur par des gens à l'autre bout du monde, c'est ainsi, mais je continuerai tant que je trouverai les forces.

Pendant ce temps-là, la fouille des papiers de Panama suit son cours...Il y a tant à chercher encore que le Donbass et ses crimes de guerre attendront!

  

28/03/2016

Torture, le récit à Charline, Suissesse de la Croix-Rouge

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La torture, où qu'elle se pratique mobilise nombre d'organisations gouvernementales ou pas.

Certains pouvoirs en place sont pointés du doigt, certains procès qui s'y déroulent sont médiatisés, les choix qui sont opérés pour traiter de tel ou tel sujet relèvent de critères variables.

Le fait est qu'où qu'elle sévisse, la violence aveugle choque.

Ci-dessous, un entretien avec un prisonnier, réalisé par Laurent Brayard, interviewé ici à diverses reprises pour son engagement dans le Donbass.

L'homme qu'il interroge lui fait part de ce qu'il a vécu. A la fin de son récit, il évoque une Suissesse prénommée Charline.

Cette femme l'a questionné sur les conditions de sa détention, il lui a tout raconté, déclare-t-il à Laurent Brayard. Et de préciser que Charline travaille à Donetsk pour la Croix-Rouge.

Puisse le récit de Vitali à Charline avoir déjà trouvé son écho en Suisse! Car de précédents prisonniers torturés et libérés lui avaient aussi parlé de leurs conditions de détention...

https://dnipress.com/en/posts/lukraine-des-tortures-abjec...

 

30/01/2016

Kusturica, Iourchenko et le Donbass... à suivre

 

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C'est Arkadij Beinenson qui le révèle sur son site, Emir Kusturica, s'intéresserait à la biographie du correspondant de guerre dans le Donbass qu'a été Iouri Iourchenko et aurait conclu avec lui un accord relatif à un script. Le poète, scénariste et acteur Iourchenko l'a lui-même confirmé au journaliste russe qui l'indique sur son site:

http://blog.beinenson.news/2016/01/29/kusturitsa-yurchenko/

On sait qu'Emir Kusturica, deux fois lauréat de la Palme d'Or du Festival de Cannes, a apporté son soutien aux populations du Donbass. Pour rappel aussi, le cinéaste, musicien a été interdit de concert, en juillet 2015, par les autorités démocratiques de Kiev.

https://francais.rt.com/international/4422-kusturica-conc...

On se réjouit, dès lors, de savoir quelle sera la réaction du nouvel intronisé de l'Académie française qui n'avait pas eu de mots assez doux envers le réalisateur serbe, primé pour son film Underground.

Alain Finkielkraut avait, en effet, publié une tribune au vitriol dans Le Monde du 2 juin 1995.

Aussitôt suivi dans sa diatribe par l'incontournable BHL, autant dire que le tandem a eu de quoi s'illustrer quand on sait combien de guerre démocratiques le philosophe à la chemise blanche a cautionnées.

 

21/01/2016

"Leurs enfants resteront dans les caves du sous-sol"

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Ces propos sont ceux de Petro Poroshenko que je relayais, le 8 septembre dernier, dans un sujet consacré au Donbass, cette région de l'est de l'Ukraine dont on ne parle plus beaucoup.

Alors que le monde entier -ou peu s'en faut- avait découvert la photo d'Aylan, gisant sur une plage turque, je rappelais le sort réservé aux populations du Donbass et le destin que le président ukrainien réservait à leurs enfants:

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/09/07/au-coeur-de-l-...

La question de savoir si les médias ne s'intéressaient pas assez aux conditions de vie des populations civiles du Donbass et plus précisément à celles de leurs enfants a enfin été posée.

C'était hier soir, dans le cadre du téléjournal de Léman Bleu qui a porté son attention à la soirée caritative organisée en faveur des enfants du Donbass, ce 23 janvier à Genève:

http://www.lemanbleu.ch/replay/video.html?VideoID=28665

  

16/01/2016

Merci!

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Je tiens à remercier les journalistes qui ont su prêter attention à la soirée caritative en faveur des enfants du Donbass qui aura lieu ce 23 janvier à Genève et dont j'ai publié le flyer d'annonce sur le  précédent sujet de ce blog.

Il m'importe, ici, de signaler l'intérêt qu'ils ont montré à cet événement alors que souvent j'ai partagé avec eux les points de vue exposés sur ce blog.

Leur réaction indique, non seulement que le dialogue reste possible mais surtout, que l'intelligence et le coeur y ont leur place.

Merci à eux.

 

https://www.youtube.com/watch?v=BF6KiVMIXwM

 

14/01/2016

Soirée caritative

 
Tandis qu'en Ukraine, les cessez-le-feu et leur respect se suivent et semblent se ressembler, une délégation française des droits humains s'est déplacée dans le Donbass.

Emmenée par Jacques Clostermann, elle effectue une mission de reconnaissance de la situation afin d'en informer les Français, pour la plupart, dans l'ignorance de ce qui se passe réellement dans cette région.

Il a été souvent question, ici, de relever combien l'information livrée par les médias occidentaux dits mainstream était orientée.

Tandis que Monsieur Clostermann exprime sa consternation face à ce qu'il découvre dans le Donbass et qui a été à maintes reprises signalé ici, j'invite chacune et chacun à prêter attention à cet événement qui aura lieu à Genève, le 23 janvier prochain:

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15/11/2015

Ces "terroristes" qui se recueillent

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                                                    http://denyaleto.livejournal.com/90374.html

 

Donetsk, dans le Donbass, au Sud-Est de l'Ukraine encore en guerre, a rendu hommage aux victimes des actes terroristes qui ont frappé Paris.

Le lieu où se sont recueillis les habitants de la ville ne relève d'aucun hasard.

Il s'agit de l'hôtel Park Inn où séjournent les représentants de l'OSCE.

Cet hôtel Park Inn est le seul endroit qui abrite une représentation internationale au sein de la République populaire de Donetsk.

Les étudiants et les habitants de la ville ont tenu à rester jusque tard dans la nuit pour exprimer soutien, voeux et pensées à Paris et à la France.

Cette noblesse de coeur, d'âme et d'esprit soit entendue!

 

13/10/2015

Guerre fratricide

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La lettre ouverte adressée à Svetlana Alexievitch a été traduite en russe, introduite et publiée sur le site Baltnews.ee par le journaliste Arkadij Beinenson:

http://baltnews.ee/mir/20151012/1014162478.html

L'article a été relayé sur près de vingt sites, tant en Russie qu'en Ukraine et ailleurs.

Les commentaires déposés, aussi bien ici, sous la version française de la lettre,

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/10/10/lettre-ouverte...

que sur l'ensemble des autres sites qui ont publié la version russe, témoignent de la sensibilité du sujet.

C'est qu'une telle guerre fratricide est extrêmement dommageable.

Quels que soient les camps qui s'opposent et se déchirent, les dégâts sont là, blessent et brisent des vies entières.

Sauf cynisme avéré ou égarement momentané, qui s'en réjouirait?

Puisse le calme revenir au plus tôt dans ce Donbass ensanglanté. 

Puisse la diplomatie oeuvrer au mieux et réduire les armes au silence.

 

10/10/2015

Lettre ouverte

A Madame Svetlana Alexievitch, 

Dans ce Donbass que vous avez évoqué lors de votre conférence de presse, Lilia, 24 ans, a eu la jambe gauche arrachée alors qu'elle s'est jetée sur son fils de 11 mois pour le protéger.

Tous deux se trouvaient dans un bus soudain frappé par une bombe, Lilia a eu le réflexe de sauver la vie de son enfant.

Ce cas, comme tant d'autres qui ont brisé familles et foyers du Donbass, a été le fait d'un gouvernement que l'Occident soutient.

Je vous invite à découvrir cet article d'un journaliste français qui se trouve à Donetsk: 

http://dnipress.com/fr/posts/lilia-24-ans-une-jambe-arrac...

Des cas comme celui de Lilia sont loin d'être uniques, vous n'êtes pas sans l'ignorer, j'ose l'espérer.

Il va de soi aussi que l'on est parfois obligé de procéder à des choix de sujet à traiter. Vous avez opéré les vôtres qui ont su trouver leur public et l'honneur qui vient de leur être rendu.

Mais vous qui déclarez faire de la lutte contre le mensonge le fer de lance de votre combat, comment pouvez-vous estimer que la Russie en arrive à 86% à se réjouir quand des gens meurent dans le Donbass?

Madame, avec pareils propos, vous êtes non seulement dans le mensonge mais dans l'outrage.

 

Avec respect,

                              Hélène Richard-Favre

 

08/10/2015

Svetlana Alexievitch, Nobel de littérature outrage la mémoire du Donbass

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Le Nobel de littérature a été attribué.

Il couronne Svetlana Alexievitch, écrivain et journaliste biélorusse.

A lire l'article que lui consacre le Huffingtonpost, on comprend tout à fait que les idées politiques de cette écrivain rejoignent la plupart des standards occidentaux et bien leur en prenne, des goûts et des couleurs, on ne discutera pas ici.

Mais quand on lit de cette Nobel de littérature que, je la cite, cette Russie en arrive à 86% à se réjouir quand des gens meurent dans le Donbass, non, là, c'est plus que de l'indécence ou de l'insulte. C'est un outrage lancé à la Russie et surtout à la mémoire de milliers de victimes qui n'ont jamais demandé à l'être.

En arriver à exprimer de tels propos alors qu'on vient de se voir récompensé du prix le plus prestigieux qui soit, est inqualifiable. 

http://www.huffingtonpost.fr/2015/10/08/svetlana-alexievi...
 
 

12/09/2015

Petite soirée entre "terroristes"

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Voici un récit poignant à découvrir ci-dessous.*

L'actualité médiatique, tout occupée à suivre les diverses routes qu'empruntent les migrants et à en diffuser images et témoignages, ne retiendra sans doute pas comment ces jeunes entourent cet autre, inconnu pour la plupart d'entre eux.

De telles soirées, a priori, en évoquent autant d'autres susceptibles de se dérouler ici ou là, pour peu qu'existe l'esprit de solidarité.

Rien de particulier donc à cela, hormis le fait que de tels jeunes, dans nombre de nos médias, sont affublés de qualificatifs qui les rendent bien moins acceptables que l'ensemble de ceux qui nous nous arrivent de pays en guerre.

Et pourtant, ces jeunes dont il est question ici, vivent chaque jour sous les obus dont les conventions de Genève interdisent l'utilisation contre des populations civiles, en témoigne l'illustration de ce sujet: 

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/06/09/ceci-n-est-pas...

Chaque jour, néanmoins, ces jeunes risquent leur vie et leur avenir qu'ils osent pourtant encore projeter.

Même Micha, autour duquel tous se sont réunis, tandis que ces Européens si charismatiques aujourd'hui, n'ont pas ménagé de soutenir l'effort de guerre qui l'a amputé, lui, de ses deux jambes, d'un bras, de la vue et d'une partie de l'ouïe:

http://tribulationsmoscou.blogspot.ch/2015/09/soiree-entr...
 

09/09/2015

« Mais que fait l’Europe ? »

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Laurent Brayard est un journaliste français, actuellement dans le Donbass, région du sud est de l'Ukraine. Il répond à quelques questions.

Laurent, en quoi consiste exactement votre travail ?

Mes activités sont diverses. Elles consistent en premier lieu à interviewer des victimes, blessées et /ou invalides de guerre, à mener des reportages sur le terrain près du front et à écrire des articles de presse, des analyses où je "détricote" la propagande occidentale. J'y mets en cause le lobbying ukrainien de France, les concussions à tous niveaux et les responsabilités criminelles de la France dans cette guerre.

Sinon,  j’aide la Commission des Crimes de guerre à trouver des avocats en France pour qu’un jour puisse exister un tribunal international qui juge les coupables en Ukraine et ailleurs. Enfin, à mon petit niveau, j’essaie d’organiser de l’aide humanitaire. J’ai transporté du matériel médical offert par ma sœur, infirmière libérale et ici,  je donne de l’argent récolté en France pour les gens qui se trouvent dans une indigence totale.

Qu’est-ce qui vous frappe le plus dans ce que vous voyez chaque jour ?

La dignité des gens. 

Tout près du front, par exemple, j’ai vu une femme dont la maison était détruite et dont la mère était impotente. Cette femme s’occupait de son jardinet et de parterres de fleurs. Elle m’expliquait, en s’effondrant dans mes bras, qu’elle devait continuer malgré la guerre. Elle se demandait pourquoi on les tuait, eux, les gens du Donbass… 

Dans le centre de Donetsk, je vois des gens qui vivent dans un confort paradoxal et sur le front, des milliers d’eux sont reclus dans les caves, avec des enfants. Ils sont pilonnés, ils n’ont ni eau, ni électricité, ni gaz. 

Je vois des vieillards dans les ruines défoncées de leurs maisons, acquises à la sueur de leur front ou héritées de leurs pères qui les avaient eux-mêmes construites.  

Je vois une grande misère et une immense détresse. Tous se demandent « Mais que fait l’Europe ? ».

Quelle aide pourrions-nous apporter à ces populations ?

Hélas c’est difficile, l’Occident bloque les comptes des activistes, même humanitaires. Les comptes des associations qui envoient de l’argent dans le Donbass sont tout simplement fermés, c’est terrible. 

Quant au matériel médical ou humanitaire destiné à la population, l’Union Européenne fait son possible pour en saper la livraison. L’hiver dernier, nos grands médias tel Libération appelaient à envoyer de l’argent « pour l’aide humanitaire à l’armée ukrainienne ». Du jamais vu, de l’aide humanitaire à une armée ?

Le mieux que les gens puissent faire est de réinformer à leur tour, d’aider les quelques associations humanitaires connectées avec la Russie, comme Vostok France Solidarité Donbass, association apolitique et purement humanitaire. 

Il serait bien de pouvoir envoyer de l’argent aux activistes, ici, mais c’est impossible, l’Occident et l’Ukraine ont paralysé le système bancaire qui ne fonctionne plus dans le Donbass. Voilà la triste réalité.

Merci, Laurent.

08/09/2015

Au coeur de l'Europe

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Cet enfant vit dans le Donbass.

Le Donbass est cette région de l'Ukraine dont on dit qu'elle est tenue par des "rebelles" ou "Pro-Russes".

La photo de cet enfant n'a pas fait le tour du web sinon du monde.

Ses parents, s'il en a encore, n'ont traversé aucune mer à leurs risques et périls.

Son avenir, cette Europe aux dirigeants si charismatique n'a sans doute pas le temps de s'en soucier, trop affairée qu'elle est, désormais, à accueillir d'autres victimes que lui.

Et même, de cette Europe si démocratique, qu'en saura-t-il, un jour, cet enfant?

Qu'elle a contribué à faire rêver ses aînés sur la Place du Maïdan?

Qu'elle a favorisé le renversement d'un Président légitimement élu?

Qu'elle soutient les agressions quotidiennes de l'armée ukrainienne dans le Donbass?

Pour le reste, le Président Poroshenko s'est exprimé sur ce qu'il souhaite aux enfants du Donbass. Le sait-il seulement, cet enfant?

A écouter ici: 

https://www.youtube.com/watch?v=ZYoOCz65KY8&app=deskt...

 

19/06/2015

Quand l'Europe "s'inquiète"

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Ceci n'est pas une colonne de blindés.

Ceci s'appelle de l'aide humanitaire.

Plus de cent camions du Ministère russe des Situations d'urgence ont apporté des vivres et du matériel de première nécessité aux habitants des régions de Donetsk et de Lougansk, dans l'est de l'Ukraine.

Pendant ce temps-là, tous les médias occidentaux commentent l'inauguration d'un salon militaire près de Moscou.

On évoque, en vrac, le retour de la guerre froide ou de ses relents, la crainte des pays de'Europe de l'est et du nord quand on ne se moque tout simplement pas des gesticulations nucléaires de Vladimir Poutine:

http://www.liberation.fr/monde/2015/06/17/les-gesticulati...
 

Et puis, bien sûr, on s’inquiète.

Pas de savoir comment survivent les habitants de Lougansk et de Donetsk privés de tout et auxquels est venu en aide ce convoi humanitaire russe.

Non, on s'inquiète de l’activité militaire russe.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/15b19c90-1529-11e5-96f4-d...

 

07/06/2015

La vie au-delà de tout

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Une pleine page de La Tribune de Genève de ce 5 juin a été consacrée à la démarche du photographe genevois, Niels Ackermann. *

Animé par l'envie de montrer l'Ukraine sous un nouveau jour, estimant le prisme des médias et du public assez formaté et compris à travers des sujets sur la guerre, la révolution ou la corruption, le Genevois a lancé une campagne de crowdfunding sur la plate-forme de We Make It.

En dix jours, le photographe a recueilli plus de CHF 10.000.- alors qu'il s'attendait à recevoir CHF 6.000.- en quarante-cinq jours.

Niels Ackerman vit à Kiev depuis peu. Il évoque la révolution de la dignité et souhaite contribuer aux efforts pour créer une nouvelle Ukraine.

Une autre campagne d'appel au don vient d'être lancée, elle, par un journaliste français auquel trois sujets de ce blog ont été consacrés.

Laurent Brayard, on l'aura compris, développe un autre regard sur l'Ukraine que celui de Niels Ackermann.

Cependant, tout comme le photographe genevois, le journaliste français voit l'espoir et la vie dominer l'horreur.  Il a évoqué, ici-même, ce qu'il a partagé avec la population du Donbass et l'immense solidarité qu'il a connue au milieu d'êtres privés de tout ou peu s'en faut.

Laurent, lui aussi, a envie de contribuer aux efforts pour créer une nouvelle Ukraine. Quel  que soit le destin de ce pays durement frappé, la démarche de Laurent Brayard l'honore. 

Il s'en explique ci-après et on lui souhaite le même succès que celui remporté par le Genevois, Niels Ackermann: 

http://tribulationsmoscou.blogspot.ru/2015/06/faire-parti...
 
* http://www.tdg.ch/culture/image-ukraine/story/13684562
 
 
 

17:15 Publié dans Avaries, Destins, France, Genève, Humanité, OTAN, Ukraine | Tags : ukraine, guerre, maïdan, donbass | Lien permanent | Commentaires (12) | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

21/05/2015

"Je reçois régulièrement des menaces"

 

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De l'entretien que nous a accordé Laurent Brayard et qui a été publié ici ce 20 mai, deux de ses propos méritent qu'on y revienne tant ils sont lourds de sens.

J'ai donc souhaité qu'il nous en dise davantage et lui ai encore posé deux questions auxquelles il a bien voulu répondre.

Laurent, vous avez évoqué la nationalité du Donbass que vous n'hésiteriez pas à demander. Mais existe-t-elle alors que la région appartient encore à l'Ukraine?

 Oui, les autorités locales ont commencé à mettre en place des passeports pour les habitants. De plus, les voitures commencent à être immatriculées avec des plaques nationales comportant le drapeau de la République de Donetsk, j’aurais dû dire, d’ailleurs, la nationalité de la République Populaire de Donetsk (il y a aussi celle de Lougansk). Par référendum, le pays a voté son indépendance il y a longtemps déjà, en 2014. Immédiatement après cela, une assemblée et des députés ont été élus.Les bâtiments officiels portent désormais des plaques du gouvernement, les transports ont modifié les tickets de bus et de tramway aux couleurs de la Nation avec un prix minimum très modeste. Cette région n’appartient plus à l’Ukraine. Selon la déclaration des Droits de l’Homme et d’autres textes internationaux, un Peuple a le droit de disposer de sa destinée, c’est le premier et essentiel droit de tous les peuples à disposer d’eux-mêmes. Toute la propagande des médias français et occidentaux n'y changera rien, c’est un droit sacré. 

Vous estimez de votre voix que si elle était vraiment entendue, vous seriez bientôt en danger d’une manière ou d’une autre. Pourriez-vous préciser le sens de ce propos?

Je reçois régulièrement des menaces et de nombreuses insultes venant de France et désormais d’Ukraine. Il y a peu, des activistes pro-Kiev ont établi des listes de russophiles connus qui soutiennent les insurgés du Donbass. Ces listes ont été portées au vu et au su  de tous, un temps, sur les réseaux sociaux. Nous avons été fichés et répertoriés, il était question de nous dénoncer au gouvernement français, de tenter de nous faire taire par l’intermédiaire de plateformes de dénonciation mises en place par le gouvernement français (un relent de Vichy ?) comme Pharos. 

Dans la rue, j’ai déjà été menacé, une fois, à Dijon, à cause du ruban de Saint-Georges que je porte en permanence. Ces menaces, très explicites, ont été proférées en langue russe par un immigré ukrainien. Avec la loi de surveillance, sans recourir à la justice ou à un juge quelconque, le gouvernement français peut désormais fermer n’importe quel site internet ou page d’un réseau social et passer à des sanctions judiciaires arbitraires. Il s’agit là de la fameuse loi « Je suis sur écoute ». 

 

En novembre 2013, j’ai reçu aussi une alerte d’un vieil ami journaliste qui m’intimait presque l’ordre de détruire tous mes écrits sur internet si je voulais, un jour, travailler en France, vendre des livres, occuper un poste de journaliste ou de rédacteur.Un article paru dans média-presse-info relatait cette « expérience » vécue.

Le sentiment de beaucoup de dissidents -car désormais il s’agit bien de cela- est que nous sommes en Résistance, les alertes sont nombreuses, les socialistes parlaient de« nettoyer internet », les discours -particulièrement ceux de Manuel Valls- sont d’une violence inouïe. 

 

Au vu des fossés qui se creusent et de mon point de vue d’historien, je pense qu’un mouvement vers un régime de répression à bien des niveaux est déjà entamé. Rebsamen annonçait, il y a quelques jours, la mise en place d’une cellule pour faire la chasse « aux chômeurs » malveillants. Je ne parle pas des valeurs démocratiques, Amnesty International dénonce régulièrement la situation, en France, qui se dégrade d’année en année, nous sommes déjà en Europe parmi les mauvais élèves. 

 

Désormais, en France, nous ne sommes pas loin du délit d’opinion, dans la trouée initiée par le charlisme en janvier 2015. Des heures sombres, à mon avis, se préparent. Le régime actuel, qui sera de moins en moins légitime, n’aura bientôt que deux choix : soit celui de continuer à nous brider, soit celui de céder aux transformations et aux réformes sous la pression populaire. Le gâteau est trop délicieux pour que ses représentants quittent leur place. A mon avis, ils la défendront bec et ongle. 

Dans les pays occidentaux, notamment aux Etats-Unis, tout une batterie de nouvelles technologies pour réprimer les mouvements populaires et les émeutes, est à l’étude. Canons à son, tactiques et stratégies, guerre urbaine, drones de surveillance et d’intervention… A mon humble avis, tout cet argent dépensé ne l’est pas sans un but avéré. Les Français, pour l’instant, dorment profondément, pour combien de temps, je l’ignore. Pour ma part, mon choix est fait de très longue date, c’est un combat, je le mènerai, il y a de l’espoir, je rencontre beaucoup de Français qui réfléchissent de tous les horizons. La France a encore des ressources pour fonder une République plus juste.  

Merci beaucoup de nous avoir accordé de votre temps, Laurent Brayard.

Un grand et chaleureux merci à vous, Hélène, de m’avoir donné la parole.

 

20/05/2015

Le Donbass plutôt que la France?

 

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La lecture des articles que Laurent Brayard a consacrés au Donbass invite à lui poser d'autres questions, tant son approche tranche avec ce que l'on peut apprendre de la situation sur place.

Ainsi s'entretient-il avec la conservatrice du Musée d'archéologie et de paléontologie de Donetsk -ou plutôt de ce qu'il en reste tant son patrimoine historique et culturel a été détruit- et elle lui dit n'éprouver point de haine pour les Ukrainiens, que leurs écoles dans le Donbass continuent à enseigner la langue ukrainienne comme capital commun mais qu’elle ne comprend pas ceux de l’Ouest, cet acharnement. *

 

Laurent, ces propos semblent rejoindre vos observations relatives à la distorsion que vous avez observée entre forces militaires en présence et populations concernées. N'est-ce pas là une constante que l'on observe dans tout conflit?

A mon sens, il faut rappeler que si j’ai été impressionné par cette leçon de démocratie dans le Donbass, comme, par exemple, lors de ma rencontre avec un couple de personnes âgées vivant dans la Novorossia et clamant haut et fort être pour l’Ukraine unique de Porochenko, ou encore par la déclaration que vous citez de cette conservatrice du musée de Donetsk, mon sentiment est que les populations dans le Donbass, les gens que j’ai rencontrés, veulent effectivement la paix. Mais attention, pas à n’importe quel prix.

S'ils sont très motivés pour obtenir leur indépendance, beaucoup d'entre eux me disaient que l’autonomie, dans l’Ukraine actuelle qui pratique l’épuration ethnique, les persécutions politiques, les enlèvements et l’assassinat de dissidents, serait le plus grand malheur qui puisse arriver après celui d’une éventuelle et catastrophique défaite du Donbass et le carnage que tout cela entraînerait. Donc la paix, oui, mais comme je l’ai dit ailleurs, dans l’honneur et la dignité. Dans le Donbass, ces gens m’ont tous dit qu’ils étaient effarés par la folie de ceux de l’Ouest, par cette hystérie collective de l’Euromaïdan et qu’ils étaient choqués par le massacre d’Odessa suivi de tant de meurtres, de viols et de pillages. Ils se souviennent de la Grande Guerre patriotique, ils se souviendront des exactions commises longtemps encore.

Cela dit, oui, les populations civiles sont toujours les victimes innocentes et tragiques de n’importe quelle guerre, celle-ci, peut-être plus que tout autre.  

Laurent, en conclusion d’un de vos articles*, vous écrivez Pour moi ma décision est prise. Comme l’ambassadeur français à Prague en 1939 demandait la nationalité tchèque alors que les divisions allemandes forçaient la frontière, je demande la nationalité du Donbass. Je préfère partager le sort de braves gens que de me taire et suivre tacitement des politiques qui déshonorent leurs charges et à travers elle, la France, chaque jour qui passe.

Est-ce le fait de vous être rendu au Donbass qui vous a inspiré ces mots?

Notre gouvernement, le régime présidentiel si peu démocratique qu’est celui de la France, a trahi depuis longtemps son Peuple, pis encore, en soutenant, dans le monde, des dictatures, en trempant les mains dans le sang d’autres peuples.

Nos dirigeants ont montré qu’ils avaient déchiré le contrat populaire entre eux et la Nation, ils ont écrasé au pied toutes les valeurs républicaines, trahi notre histoire, notre pays et mieux encore, à l’exemple du TAFTA qui arrive en France, ils ont achevé quasiment de réduire notre pays, sensé être celui des Droits de l’Homme, à une caricature, une pantomime ridicule. Songeons que, suite au référendum sur le traité européen en 2005, nous avions répondu NON… mais qu’une poignée d’oligarques a fait fi du résultat pour répondre OUI. 

Quant à l’écho rencontré par mes articles, je reçois des soutiens de partout mais je ne m’illusionne pas sur la suite. Si ma voix était vraiment entendue, je serais bientôt en danger d’une manière ou d’une autre. La chasse aux opposants, à mon avis, ne tardera pas, dans les prochaines décennies, en France.

Lorsqu’un interlocuteur m’indique « mais que voulez-vous comme régime ? », je lui réponds immanquablement : « Mais fondons la République ! ». Toujours, je lis alors dans son regard l’incompréhension béate totale. Alors je le redis à nouveau, les gens du Donbass donnent un exemple, sachons ouvrir les yeux, faire preuve d’Humanité, défendre les valeurs démocratiques en supportant les peuples qui ont choisi leur indépendance. Sachons revenir à nos valeurs sacrées, sachons réveiller la Nation, ce qui se passe au Donbass est historique, ce qui pourrait se passer en France ne le serait pas moins !

Encore une fois, Laurent, merci d’avoir répondu à nos questions. 

Merci à vous de m’avoir donné la parole, l’ostracisme, en France ,je connais!

 
http://novorossia.today/donetsk-a-quelques-encablures-de-...
http://novorossia.today/laurent-brayard-je-suis-alle-dans...
 

 

18/05/2015

La trêve n’existe pas

 

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Laurent Brayard est Français, journaliste, a vécu longtemps à Moscou.

Il vient de publier un ouvrage consacré à la problématique ukrainienne,

 

L’Ukraine le royaume de la désinformation.* 

 

De retour du Donbass, dans l’Est de l’Ukraine, il nous a livré ses impressions.

 

 

Laurent Brayard, qu’avez-vous découvert dans cette région de l’Ukraine qui vous a le plus marqué ?

 

Le courage incroyable d’une population digne. La vie, pour elle, continue alors que les tirs d’artillerie ne cessent pas, surtout la nuit, sans compter l’ambiance des destructions dans la ville. Mais ces gens sont tellement incroyables qu’ils relèvent immédiatement les ruines, nettoient et remettent en état ce qui est possible de l'être. Au-delà des ruines, des routes défoncées et parsemées de cratères d’obus, au-delà des forces ukrainiennes aux portes de Donetsk, du Donbass, ces gens qui n’ont plus grand-chose, font preuve d’une extraordinaire solidarité. L’aide humanitaire arrive au compte-goutte de la Russie, du côté de l’Occident, les Ukrainiens pratiquent un blocus total, la situation sanitaire est mauvaise, la disette guette.

Dans une soupe populaire que nous avons visitée, on y partage la conserve de viande en 30 portions mélangées à du Kacha, à des céréales ou à un autre plat rudimentaire. La boîte de sardines est répartie en 20 portions… Il n’y avait qu’une semaine de réserves, et encore, sans plus de pâtes, quasiment rien, en fait.

Les habitants ont mis en place un pain « républicain » à 2,8 grivnas les 600 grammes, soit environ 10 centimes d’euros, une sorte de loi du Maximum (comme sous la Révolution française) pour empêcher les spéculateurs de proliférer. L’essence manque, beaucoup de magasins sont fermés, les banques ne fonctionnent plus, victimes du blocus et j’en passe. Mais quel courage ! Ces gens sont incroyables. 

 

Au-delà de l’émotion, certes et obligatoirement forte que vous avez dû ressentir, quelle analyse de la situation livreriez-vous ?

 

Le front est tenu fermement, les Ukrainiens se renforcent chaque jour, ils reçoivent des instructeurs, énormément d’argent des USA et de l’Union européenne, achètent des armes malgré la situation économique grave qui les frappe également du côté de Kiev qui pourrait pourtant bien avoir la tentation d’écraser les Républicains du Donbass. Les Ukrainiens sont encouragés par l’inertie de l’Union européenne et par le grand soutien qu’ils reçoivent, par exemple, puissamment de France, du gouvernement, de personnalités politiques.

La trêve n’existe pas, en réalité, les Ukrainiens tirent tous les jours sur les positions des forces des deux Républiques de Donetsk et Lougansk. Ils espèrent l’embrasement et multiplient les provocations. L’affaire se décidera, soit dans un nouveau bain de sang voulu par Kiev, dont l’Union européenne et les Etats-Unis rendront coupable la Russie, soit par une nécessaire négociation finale mais cette fois avec les représentants des Républiques. Leurs habitants ont déjà choisi l’indépendance, mais en Europe il est dit que des élections doivent être tenues ! Elles ont déjà eu lieu, les citoyens ont proclamé leur liberté… par un référendum et élu un gouvernement.

Une intense vie politique et démocratique existe déjà dans le Donbass, il n’y a pas d’armée russe, c’est un mensonge éhonté, je suis allé jusqu’à 500 mètres de l’aéroport, à l’arrière immédiat du front, cela tirait. Pendant tout mon séjour je n’ai pas vu le moindre véhicule, bataillon, régiment ou division de l’armée russe.

Mais on persiste à dire que 50 000 soldats russes sont dans le Donbass ! C’est un terrible mensonge dont les gens du Donbass meurent.

 

Un avenir plus stable est-il envisageable ? Et si oui, selon vous, qui semble le souhaiter vraiment ?

 

A mon sens, oui, c’est possible, il faudra bien que tous s’assoient autour d’une table, il faudra bien que le Donbass soit reconnu indépendant, ces gens sont libres, ils ont choisi, ils ont décidé démocratiquement et sans la Russie. Soutenir le contraire est une absurdité totale. Que ces journalistes français qui le prétendent fassent comme moi, qu’ils s’y rendent et fassent leur travail, pour une fois ! Qu’ils ne donnent pas qu'une seule opinion, celle des Ukrainiens de la Junte de Kiev et alors nous pourrons espérer aussi changer les choses, ici, en France. Le combat du Donbass est le nôtre, ces gens soulèvent un immense espoir, celui de comprendre que nous aussi, nous avons été un peuple libre et que nous pouvons le redevenir, rappelons-nous que nous sommes les fils des Lumières, de la Déclaration des Droits de l’Homme et de la Résistance.

Quant à la paix, elle n’est souhaitée par aucun des deux camps, du point de vue des militaires, mais les peuples ukrainiens et russophones du Donbass aspirent massivement à la paix.

Toutefois, le sang a coulé, cette paix ne pourra se faire que dans le respect de l’intégrité morale, physique et idéologique des deux parties. Et cela signifie la reconnaissance de l'indépendance pour les deux Républiques. 

 

Merci, Laurent, d’avoir répondu à nos questions.

 

Merci à vous, Hélène, de m’avoir donné la parole. 

 

*  http://livre.fnac.com/a8168017/Laurent-Brayard-Ukraine?Origin=fnac_google.

 

06/04/2015

"Posez vos questions si vous en avez..."

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Mais comment survivent ces femmes dont l'une raconte qu'elle a perdu son fils et que sa maison a été détruite par les forces démocratiques de Kiev, soutenues par nos gouvernements tout aussi démocratiques?

Et ce n'est pas avec les retraites non versées depuis des mois et des mois qu'elles parviendront à surmonter la misère dans laquelle la guerre les a plongées.

Avoir travaillé toute sa vie pour se voir interdire de toucher sa pension et de parler sa langue ne semble pas ébranler l'OSCE dont certains observateurs ont pourtant bien entendu les témoignages de femmes ukrainiennes.

On s'effondrait à moins, ici.

A voir, ici, cette visite de l'OSCE à Ouglegorsk:

https://www.youtube.com/watch?v=YaSAZLQYEcI&feature=s...

13:36 Publié dans Avaries, Discours, Humanité, OSCE, OTAN, Politique, Pouvoirs, Pratiques, Ukraine | Tags : osce, donbass, ue, otan, ukraine | Lien permanent | Commentaires (21) | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg