02/09/2018

Quand un média dit de culture trouve qui sait distinguer la victime du tortionnaire. Au hasard, un cinéaste ukrainien pour la première, le pouvoir russe pour le second

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Un cinéaste est, certes, un créateur, un être humain et mérite toute la considération à lui apporter. Mais quand il se mue en terroriste? Quand il fait fi de vies humaines?

Quand il est prêt à tuer, quelle estime a-t-il d’autrui?

Il en a été question ici-même, rappelez-vous! Une polémique fait suite, maintenant aux conditions de détention dans lesquelles le cinéaste ukrainien purge sa peine.

Alors d’accord, les arguties des uns et des autres alimentent le débat. Il n’en demeure pas moins que le point de départ est l’acte terroriste que préparait Oleg Sentsov, clairement admis par un de ses complices.

La culture adoucirait les moeurs, selon l’adage.

A l’évidence et au point que l’auteur même d’un livre, Jonathan Littell pour ne pas le nommer,  montre comment le mal qui est la question centrale de son ouvrage, peut s’accomplir sans le moindre remords par un être qui est loin d’être analphabète ou inculte.

Aussi bien, le lauréat du Prix Goncourt 2006, vole-t-il  au secours du cinéaste prêt à tuer autant de vies que possible.

A partir de là, tout est permis et surtout le jugement du pouvoir russe.

Comment ne pas solliciter autant de ses détracteurs? Du pain béni, pour nos médias qui, eux, se chargent très souvent de désigner les bons criminels pour, surtout, les blanchir et les rendre victimes des mauvais.

Cette répartition arbitraire du bien et du mal, celui-ci étant le plus souvent à chercher du côté russe, lasse. Car se prévaloir d’incarner le bien pour, de facto, juger qui ne l’accomplit pas ne relève d’aucune objectivité. 

On est dans le pur parti pris. L’admettre une fois pour toutes donnerait au moins à l’information sa juste mesure.

17/04/2018

Ce Kremlin qui fait tant parler de lui...

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                                                                                           image Wikipedia

On le sent ému, Emmanuel Todd. Et il ne mâche pas ses mots. Pas davantage n’esquive-t-il les maux dont il rend compte.

Je vous propose donc de l’écouter parler ici. En quelque 27 minutes, il énonce toutes sortes de propos avec lesquels, évidemment, on est tout à fait en droit de ne pas être d’accord.

Mais au moins vaut-il la peine d’en prendre connaissance pour qui souhaite se faire une autre idée que celle qui domine la plus grande partie de nos médias.

Vous le savez, vous qui suivez ce blog, que souvent j’ai réagi aux jugements à l’emporte-pièce pour privilégier un autre regard, en l’occurrence sur la Russie.

Combien de fois n’ai-je rappelé que ce pays était en grande partie derrière son Président tandis que tant de nos journalistes se plaisent à mettre l’accent sur un pays qui serait homophobe et dirigé par un dictateur?

Combien de fois aussi, n’ai-je rappelé ce qui lie le Russe à sa terre et le rend, de fait aussi, patriote alors qu’on veut faire de lui un nationaliste?

Mais il va de soi que juger sans connaître est bien plus facile et cela aussi, Emmanuel Todd le déplore dans cet interview.

Beatrix, intervenante régulière de ce blog a indiqué en commentaire, le lien qui permet de lire l’échange qui s’est déroulé sur France Culture.

A saluer la station de radio qui a su donner la parole au chercheur français.