25/06/2017

Un titre, des vies

 

Une journée particulière est le titre français d’un film d’Ettore ScolaIl est aussi celui d’un ouvrage d’Anne-Dauphine Julliand.

Dans le premier, il est question de la rencontre de deux êtres le jour de la visite rendue par Adolph Hitler à Benito Mussolini à Rome, le 8 mai 1938.

Dans le second, il est fait référence au 29 février, jour de naissance d’une enfant atteinte de maladie génétique orpheline de laquelle elle succombera moins de quatre ans plus tard.

Un même titre pour deux histoires qui n’ont donc rien à voir l’une avec l’autre.

Dans le film d’Ettore Scola, c’est la condition des homosexuels et des femmes sous le fascisme que l’on découvre quand dans le livre d’Anne-Dauphine Julliand, c’est le cours irréversible de la maladie qui fauche la vie de sa fille.

Aussi, ces deux histoires, racontées dans une référence temporelle bien définie, la débordent-elles de toutes parts.

Un même titre pour dire la fatalité, un même titre pour masquer l’ampleur de sa perception.

 

 

30/04/2017

A 7 jours du second tour de la présidentielle française, entre questions et espoirs

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En France, une tradition veut que littérature et politique aient souvent partie liée sinon rivalisent par rapport à un engagement personnel. Au point que certains ont avoué avoir hésité à choisir entre les deux. Tel a été le cas, pour ne citer que lui, de François Mitterrand.

Pour le reste, nombre de personnalités politiques ont été reconnues pour leur talent littéraire, le Général de Gaulle en fut mais de manière très diverse, en témoignent ces références.

Une autre personnalité du monde politique, autrefois diplomate et désormais avocat d’affaires, Dominique de Villepin pour ne pas le nommer a, pour sa part, non pas hésité entre les deux mais peut-être voulu pratiquer les deux avec le succès mitigé sinon l'insuccès qu’on lui sait.

Or le voici qui s’affiche en soutien d’Emmanuel Macron qui rappelle souvent tout ce qu’il doit à la littérature. En témoigne cette séquence télévisuelle intégrée dans un article qui ne manque pas d’intérêt.

Il y est en effet question de comparer les programmes culturels des deux candidats en lice pour présider la France.

Il apparaît néanmoins qu’elles ne semblent pas constituer de priorité ni pour l’une ni pour l’autre.

Aussi, ne reste-t-il plus qu’à espérer que dans cette bipolarisation assez radicale de la vie politique française, l’humanisme ne passe à la trappe. 

 

24/03/2017

France2, l’Emission Politique, la littérature jetée en pâture

 

Ce 23 mars, François Fillon a été l’invité de L’Emission Politique sur France2. Animée par David Pujadas, l’émission accueille un(e) invité surprise parmi d’autres, appelés à échanger avec la personnalité politique conviée sur le plateau.

Ce soir-là, est annoncée l’écrivain, Christine Angot.

L’échange avec François Fillon tourne assez vite au fiasco en dépit de timides tentatives de David Pujadas de modérer l’ardeur de son invitée à charger le candidat du parti Les Républicains.

Il est tout de même remarquable d’avoir choisi Christine Angot pour dire tout le bien qu’elle pense de François Fillon tandis qu’elle est, elle-même, mise en examen pour diffamation.

La France compte des personnalités littéraires de haut rang et qui ne partagent certainement pas les positions de François Fillon.

Inviter l’une d’elles aurait été faire la part belle à la littérature.

Au lieu de quoi, ce 23 mars au soir, c’est sa face la plus pitoyable qui a été jetée en pâture au public de France2.

 

25/08/2016

La Modification

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Vous avez mis le pied gauche sur la rainure de cuivre et de votre épaule droite vous essayez en vain de pousser un peu plus le panneau coulissant.

Ainsi s’ouvre La Modification.

Ce roman, paru en 1957 a été récompensé par le Prix Renaudot et a rendu célèbre Michel BUTOR.

Né le 14 septembre 1926, il s’est éteint ce 24 août à l’âge de 89 ans.

En 1956, il a été professeur à l’Ecole Internationale de Genève et y a rencontré sa future épouse. C’est également cette année-là qu’il commence à écrire La Modification.

Presque entièrement rédigé à la deuxième personne du pluriel, ce roman devient emblématique du Nouveau Roman, courant littéraire apparu dans les années 1950.

Mais c’est bien peu dire de Michel Butor dont voici une conversation qu’il a eue en mars dernier encore:

https://amisdelegeard.wordpress.com/2016/03/24/michel-but...

 

 

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09/12/2015

L'Occident et ses références

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Qu'un certain Occident se montre critique face à la politique menée par le président russe, on l'a bien compris.

Que ce même Occident sélectionne ses références à l'appui, tout autant.

Après les 86 % d'une Russie qui rirait quand les gens meurent dans le Donbass*, en passant par le califat orthodoxe* que voudrait créer Vladimir Poutine, voici la lauréate du Prix Nobel de littérature 2015 déclarer que les Russes font la guerre aux Ukrainiens. À leurs frères et que des avions russes sont en train de bombarder la Syrie.

http://www.afp.com/fr/info/la-nobel-de-litterature-alexie...

Ce jeudi 10 décembre, Svetlana Alexievitch recevra son Prix des mains du Roi de Suède.

Que l'oeuvre de l'écrivain biélorusse ait été récompensée regarde l'Académie qui l'a honorée.

Mais que cette distinction autorise la lauréate à énoncer autant de contre-vérités la discrédite.

Les tensions actuelles entre Occident et Russie n'ont rien à gagner avec de telles propos mensongers.

A moins que le choix opéré par Stockholm n'ait été, comme d'aucuns l'affirment, de pur intérêt politique.

 

Lettre ouverte

La Nobel récidive

 

 

04/11/2015

Ainsi naît la calomnie

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A lire le propos déposé en anglais sur mon précédent sujet de blog*, j'apprends que par le fait d'avoir déclaré aimer la Russie, je travaillais pour une entreprise qui tue: 

The tags in your blog "Russie Poutine Ukraine Syrie" are the best evidence that you are consistently working in the niche that you've chosen. It's like working for a tobacco company, you know you are promoting a product that kills people, but you keep working.

La suite est à l'avenant:

it's not a ballet, art or literature that you'are passionate about in your blog. It's politics. Poutine's Russia.

Cette manière binaire d'envisager la Russie, on y a aussi eu droit lors de la conférence de presse tenue par Svetlana Alexievitch, lauréate du Prix Nobel de littérature 2015 :

J'aime le monde russe, bon et humaniste, devant lequel tout le monde s’incline, celui du ballet et de la musique» (...) mais je n'aime pas cette Russie qui en arrive à 86% à se réjouir quand des gens meurent dans le Donbass.

C'est pour avoir pointé cette dérive outrageante dans la lettre ouverte que j'ai adressée à Svetlana Alexievitch, que j'ai désormais l'honneur de recevoir ce genre d'interventions sur mon blog qui m'apprennent que: where politics starts, there ends the writer. 

Et cette commentatrice avisée de conclure en guise d'avertissement:

And don't expect to get away with it clean and clear... From the moment you aspire to become an opinion leader you contribute to bloodshed in one way or another.

Elle a donc décidé du sens de mes aspirations, décidé de la nature de mes actions, elle sait ce qu'il en est, ainsi naît la calomnie.

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/11/02/mise-au-point....
 

11/10/2015

Dialogue Occident-Russie, le gâchis récompensé

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Cette video dure 24 secondes.

On y découvre toute l'estime que ce Président démocrate porte à son peuple:

https://www.youtube.com/watch?v=ZYoOCz65KY8&app=desktop%20

Madame Svetlana Alexiévitch, récemment nobélisée de littérature, a-t-elle seulement eu connaissance de ce qu'est la démocratie en Ukraine?

Cette démocratie compte plus de 8'000 morts désormais.

Cette démocratie a déjà jeté sur les routes plus d' 1 million de réfugiés.

Et la terre qui les a accueillis, ces réfugiés, cette terre est celle de 86% de Russes que Madame Alexiévitch outrage.

L'offense ne grandit ni n'honore qui la profère et le talent récompensé n'y change rien.

  

10/10/2015

Lettre ouverte

A Madame Svetlana Alexievitch, 

Dans ce Donbass que vous avez évoqué lors de votre conférence de presse, Lilia, 24 ans, a eu la jambe gauche arrachée alors qu'elle s'est jetée sur son fils de 11 mois pour le protéger.

Tous deux se trouvaient dans un bus soudain frappé par une bombe, Lilia a eu le réflexe de sauver la vie de son enfant.

Ce cas, comme tant d'autres qui ont brisé familles et foyers du Donbass, a été le fait d'un gouvernement que l'Occident soutient.

Je vous invite à découvrir cet article d'un journaliste français qui se trouve à Donetsk: 

http://dnipress.com/fr/posts/lilia-24-ans-une-jambe-arrac...

Des cas comme celui de Lilia sont loin d'être uniques, vous n'êtes pas sans l'ignorer, j'ose l'espérer.

Il va de soi aussi que l'on est parfois obligé de procéder à des choix de sujet à traiter. Vous avez opéré les vôtres qui ont su trouver leur public et l'honneur qui vient de leur être rendu.

Mais vous qui déclarez faire de la lutte contre le mensonge le fer de lance de votre combat, comment pouvez-vous estimer que la Russie en arrive à 86% à se réjouir quand des gens meurent dans le Donbass?

Madame, avec pareils propos, vous êtes non seulement dans le mensonge mais dans l'outrage.

 

Avec respect,

                              Hélène Richard-Favre

 

08/10/2015

Svetlana Alexievitch, Nobel de littérature outrage la mémoire du Donbass

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Le Nobel de littérature a été attribué.

Il couronne Svetlana Alexievitch, écrivain et journaliste biélorusse.

A lire l'article que lui consacre le Huffingtonpost, on comprend tout à fait que les idées politiques de cette écrivain rejoignent la plupart des standards occidentaux et bien leur en prenne, des goûts et des couleurs, on ne discutera pas ici.

Mais quand on lit de cette Nobel de littérature que, je la cite, cette Russie en arrive à 86% à se réjouir quand des gens meurent dans le Donbass, non, là, c'est plus que de l'indécence ou de l'insulte. C'est un outrage lancé à la Russie et surtout à la mémoire de milliers de victimes qui n'ont jamais demandé à l'être.

En arriver à exprimer de tels propos alors qu'on vient de se voir récompensé du prix le plus prestigieux qui soit, est inqualifiable. 

http://www.huffingtonpost.fr/2015/10/08/svetlana-alexievi...
 
 

27/07/2015

Dostoïevski

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Invitée à parler de Dostoïevski dans le cadre de Journées qui lui sont consacrées chaque année à Saint-Pétersbourg, outre son bref séjour à Genève, j'ai évoqué comment ce qui a été appelé "haut mal" ou "mal sacré" -je veux parler de l'épilepsie-  travaille et tisse son oeuvre. 

Certains critiques ont mis en relation le déclenchement de l'épilepsie de l'écrivain avec l'assassinat de son père par ses serfs mais d'autres le font remonter à son enfance. Ce serait, en effet, à l'âge de 7 ans que Dostoïevski aurait été frappé par sa première crise.

Il n'est pas difficile d'imaginer la souffrance que ce mal a pu engendrer chez lui, sachant combien la violence de certaines crises peut terrasser et surtout, comment celles-ci peuvent aussi être perçues par l'entourage.

Plusieurs personnages de l'oeuvre de Dostoïevski sont épileptiques, dont le Prince Mychkine et Smerdjakov, fils bâtard de Fiodor Karamazov.

Cela dit, tout distingue ou presque ces deux personnages et c'est là une des raisons qui a motivé mon choix d'en parler.

Si Dostoïevski est mort à Saint-Pétersbourg peu de temps après avoir écrit "Les Frères Karamazov" sous la forme que nous lui connaissons alors qu'il la considérait inachevée, c'est à Genève que Dostoïevski a écrit en grande partie, "L'Idiot".

Or de passage à Bâle, l'écrivain s'est rendu au Musée des Beaux Arts où il s'est très longuement attardé devant le Le Christ au tombeau, de Hans Holbein le Jeune et dont la reproduction figure en illustration de ce sujet.

Il n'est pas impossible que la très forte émotion que Dostoïevski a ressentie à la vue de ce tableau ait pu constituer un des éléments déterminants de l'écriture de "L'Idiot".

http://pl.spb.ru/events/?ELEMENT_ID=2988

11/09/2014

La culture des uns et des autres

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Encore un qui sait de quoi il parle...

L'actuel tsar, ainsi a-t-il évoqué le président russe.

Il souriait, certain de se faire comprendre.

Il semblait par ailleurs ravi de sa formulation.

Il faut dire qu'elle est particulièrement originale.

Et surtout, qu'elle témoigne d'une indéniable culture politique et historique de la Russie.

Car il ne plaisantait pas, non, il était très fier de figurer parmi ceux qui ne s'en laissent pas conter...

Lui, c'est François Busnel, journaliste qui interviewait Emmanuel Carrère et

Paul Veyne. 

http://culturebox.francetvinfo.fr/emissions/france-5/la-g...


23:12 Publié dans Air du temps, Culture, France, Littérature, Medias, Politique, Russie | Tags : busnel, poutine, russie, littérature | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

23/03/2013

A vous

 

A vous, lecteurs, commentateurs, amis, une pensée depuis cette Russie dont certains savent les liens qui m'unissent à elle.

Il n'est pas question ici de les rappeler tant ils ont été évoqués au gré des sujets abordés sur ce blog.

Il s'agit juste de vous adresser un petit signe et de vous dire à très bientôt.

En attendant et pour rappel ou précisions concernant les raisons de ma présence en Russie, tout y est indiqué sur ce sujet et en réponse à un commentaire de Pierre Noël: 

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2013/03/18/boulat-okoudja...

08:10 Publié dans Culture, Littérature | Tags : russie, littérature | Lien permanent | Commentaires (15) | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg