matzneff

  • Face au mal

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    Tous ces jours-ci, les médias ne ménagent pas leur peine pour relater autant d’affaires de pédo-criminalité qui visent divers milieux parmi lesquels ceux du clergé, de la médecine, du cinéma, de la littérature.

    Autant de domaines où se déploie l’activité humaine et où dominent, le plus souvent, confiance et estime.

    En seraient-ils dénués, tous ces milieux alors que tant de vocations s’y révèlent, tant de réels talents s’y exercent parce que, soudain, on y découvrirait quelques comportements répréhensibles?

    Non. Et surtout pas.

    Car y ramener les quelques personnes qui les salissent pour d’autant les rejeter, c’est comme le dit si bien l’expression « jeter le bébé avec l’eau du bain ».

    Alors, de grâce, ne mélangeons pas tout! 

    "Je veux comprendre pourquoi je suis devenu comme ça. » Cette remarque émise par un chirurgien pervers parmi les pervers a été relayée par son avocat.

    Le problème, bien sûr, reste de savoir si, au-delà des réponses qui seraient fournies à la question qu’il (se) pose, son mal s’en verrait modifié. Or rien ne l’assure.

    Car sauf à ce qu'une démarche intellectuelle ne contribue à mettre en place des garde-fous, ce qui n’est jamais garanti, elle ne satisfait le plus souvent qu’elle seule.

    Et c’est la plupart du temps ainsi, qu’au détriment de l’ensemble des compétences et des talents qui signent une personnalité, son mal l’emporte.

     

     

  • Et de ce Prix Sade, encore décerné en 2019, qu’en dit-on en ces temps si moraux?

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    Dans une tribune publiée par Le Monde, l’Académicien français Dominique Fernandez soulève d’importants aspects en lien avec l’affaire qui vise Gabriel Matzneff.

    D’emblée il le précise ce n’est pas la défense de la pédophilie qu’il prend. Pédophilie « moralement condamnable, légalement punissable » et dont les « abus criminels » ne peuvent en rien se justifier.

    Non, c’est la défense d’un homme désormais « traîné dans la boue » tandis qu’il y a peu encore, il était loué, « pour les mêmes livres qui le font mettre actuellement au pilori. » 

    Et de rappeler comment, « depuis plus de quarante ans, tout le monde était au courant de ses mœurs, dont il ne se cachait pas, puisqu’il en faisait lui-même l’étalage ; et voici que, tout d’un coup, avec une unanimité hypocrite, s’élèvent des clameurs d’indignation. » 

    Quant à Marie Darrieussecq, qui se réjouissait, dans le JDD, que cette affaire mette « un terme à la domination masculine sur les femmes. », il signale combien de propos est « déplacé, car ladite domination s’exerce aussi bien sur des garçons que sur des fillettes. C’est la domination de l’adulte sur l’enfant qui est en cause, et la fameuse question du consentement. » 

    Vient ensuite le constat selon lequel les « premiers défenseurs de Matzneff se rétractent, ses amis le lâchent un à un. Tous s’achètent une bonne conscience en attaquant un homme à terre. Ceux qui l’avaient encensé en parfaite connaissance de sa vie privée se drapent maintenant dans une vertu opportuniste. (...)Son principal éditeur, Antoine Gallimard, vient de donner le coup de grâce, en annonçant qu’il retire son journal de la vente, ce qui signifie pour un auteur la mort professionnelle, le renvoi dans le néant. (...)

    Il en vient alors à rappeler « André Gide, qui allait en Algérie à la chasse des « petits Arabes ». Qu’on lui retire son prix Nobel ! A propos de Gide, l’Etat n’était pas si prude, il y a encore trois ans, puisque le ministre de l’éducation nationale mettait au programme des terminales littéraires Les Faux-Monnayeurs, roman ouvertement pédérastique. Ce ministre va-t-il offrir sa démission, pour une aussi grave atteinte à la moralité de jeunes adolescents ? » 

    Puis comment « Pasolini fut renvoyé de l’école où il enseignait en Italie, dans le Frioul, et obligé de s’enfuir à Rome parce qu’il avait entraîné des collégiens derrière des buissons. Va-t-on interdire ses livres et ses films ? Le Caravage a peint dans une pose impudique son amant tout nu de 12 ans : le musée de Berlin, pour contenter les familles, va-t-il mettre au rebut L’Amour victorieux admiré par des millions de visiteurs ? Que la curée n’épargne aucun chef-d’œuvre ! » 

    Et si jamais, pour qui l’aurait oublié, ce n’est qu’en 1945 que le seuil de la majorité sexuelle a été fixé, en France, à 15 ans.  Jusque là, il l’avait été à 13 ans et avant cela, par une loi de 1832, à 11 ans. De quoi réfléchir au regard porté sur l’enfant...

     

  • Silence éditorial et nausée

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    Quand j’estimais que l’époque portait, à tous les sens du terme... L’époque et le milieu tout autant!

    Quand j’évoquais un règlement de compte, justement au sein de ce milieu littéraire et éditorial parisien sinon germano-pratin!

    Quand je soulignais combien de victimes de pratiques pédo-criminelles n’avaient que le silence comme réponse à leur maux!

    Avant Vanessa Springora dont le livre atteint des records de vente en France, un autre texte jamais édité mais qui portait sur le même mal avait été écrit.

    Et ce texte jamais édité a été, lui aussi, soumis à Grasset.

    Accepté par une des ses collaboratrices, il a été refusé par son patron et par ses cadres dirigeants de l’époque.

    Or il se trouve que l’auteure de l’ouvrage jamais édité ne s’est jamais remise non plus. Qui va s’en soucier? La justice? Vanessa Springora? Grasset désormais ou une autre maison d’édition?

    La vie comme elle va, avec ses unes médiatiques, ses unes littéraires et ses tristes silences.

     

  • Culture et aura

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    Suite aux riches échanges que mon précédent sujet de blog a générés sur un réseau social bien connu, plusieurs constats s’imposent.

    Tout d’abord, le flou qui entoure le terme de culture, flou souvent relevé dans différents sujets de ce blog consacrés à ce terme un peu devenu fourre-tout de ce fait.

    Et je ne suis pas la seule à l’avoir relevé. Je vous invite à lire cet article que Wikipedia consacre au terme de culture, vous prendrez la mesure et du flou et des nombreuses acceptions du terme.

    Et puis et sans doute en lien avec ce premier constat, celui de l’aura qui entoure « la culture ». 

    Ensuite, l’identification des personnes qui entretiennent un rapport quelconque à « la culture » avec ce que ce terme véhicule de représentations et de valeurs.

    Mais, faut-il le préciser, toutes ne sont pas forcément positives.

    Car le comportement d’autant de ce monde de près ou de loin lié à « la culture » apparaît aux yeux qui l’observent, souvent auto-doté d’une sorte d’immunité voire même, d’impunité.

    Les récentes affaires qui ont touché le cinéma et la littérature en témoignent.

    Or c’est précisément ce qui dérange, gêne, voire choque. Que, soudain, des univers le plus souvent idéalisés, soient entachés par le comportement de tel ou tel réalisateur, de tel ou tel écrivain.

    Car s’il est admis d’un écrivain, d’un compositeur, d’un réalisateur, d’un sculpteur etc, qu’il jouit d’un talent créatif indéniable, que par ailleurs sa « culture » est vaste, il n’en demeure pas moins ce qu’il est. 

    Si j’ai cité Sartre dans ce précédent sujet qui, justement, a suscité autant de réactions intéressantes, c’est parce que lorsqu’il considère que la culture « ne sauve rien ni personne », il ajoute encore, toujours dans Les Mots, que « l’on se défait d’une névrose, on ne guérit pas de soi ».

    Aussi et quel que soit le rapport que l’on entretient à « la culture », reste-t-on ce qu’on est. Et « ce qu’on est », varie. Il arrive que « ce qu’on est » ne soit pas forcément reluisant.

    C’est précisément ce qui a été porté au grand jour dans certains cas qui ont défrayé l’actualité.

    A savoir, comment des personnes entourées de considération ont abusé de leur pouvoir et, par leurs agissements, perverti l’aura qui profite (encore) à ce milieu qu’est celui de « la culture ».

     

  • Offense à la mère

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    On entend souvent prôner le développement de la « culture » par l’allocation de fonds destinés à la soutenir.

    Définit-on le terme de « culture », rien n’est moins sûr.

    Mais on sous-entend sans doute qu’il est inutile de rappeler ce que signifie « culture ». Pourtant, chacune et chacun en aura sa version qui ne sera pas celle de toutes et tous.

    Quoi qu’il en soit, on pense, en général, que de s’adonner à la lecture, à la peinture, à la sculpture, la danse, la musique et j’en passe, sera toujours préférable que d’errer ou de sombrer nulle part.

    Parce que développer un art à quelque niveau que ce soit, est le plus souvent considéré comme une pratique louable, voire noble.

    De là vient le prestige, l’aura même qui entoure les personnes qui ont réussi à s’imposer dans un domaine quelconque de la « culture ».

    On le sait, pourtant, et Jean-Paul Sartre l’a écrit, « la culture ne sauve rien ni personne ». Je l’avais rappelé ici-même, il y a un peu plus d’un an.

    Et non seulement la culture ne « sauve rien ni personne » mais, poursuit le philosophe, «  elle ne justifie pas. Mais c'est un produit de l'homme: il s'y projette, s'y reconnaît; seul, ce miroir critique lui offre son image. ».

    Cette citation extraite de son livre Les Mots, paru en 1964, résonne d’autant mieux quand on sait comment Jean-Paul Sartre et d’autres personnalités du monde des Lettres entre autre, ont soutenu Gabriel Matzneff.

    L’écrivain ne s’est jamais caché de ses pratiques perverses dont il fait étalage avec un narcissisme accompli. 

    Or dans le même temps,  il a été reconnu pour sa « culture » . Et c’est dans ce sens que la conception que Sartre en donne prend tout son sens.

    En ceci qu’elle renvoie une image qui n’a gêné aucune et aucun de celles et ceux qui ont apprécié l’écrivain désormais mis au ban de la société.

    Qu’en est-il, aujourd’hui, de ce « miroir » que serait la « culture »?

    Serait-il celui qui avait renvoyé des images qui,  en leur temps pas si lointain, avait défrayé la chronique et desquelles on ne parle plus trop?

    Images qui montraient comment la fête de la musique était célébrée à l’Elysée?

    On entendait des mots peu flatteurs pour les femmes. Qu’en a-t-on dit? qu’ils relevaient de l’art?

  • Pédo-criminalité, ce mal international

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    De la pédo-criminalité qu’entoure un large silence, un autre « consentement » parce que largement pratiquée sans que les responsables de réseaux qui la favorisent ne paraissent inquiétés, s’en souciera-t-on enfin?

    Parce que c’est facile de s’en prendre à un écrivain dont, je ne le répéterai jamais assez, je n’ai jamais lu aucun livre. Dont je ne cautionne en rien les pratiques sexuelles mais au sujet duquel je constate qu’il semble tenir lieu de proie idéale.

    Car une hypocrisie manifeste entoure cette mise au pilori d’un homme autrefois encensé.

    Condamné avant l’heure, si condamnation par la justice il doit y avoir, il se voit lâché par nombre de celles et de ceux qui ne cachaient pas leur soutien voire leur admiration du temps où il était convié à s’exprimer par tant de médias.

    Je vous invite à découvrir cette séquence publiée par « Le Parisien ». 

    On s’interroge, on se dit que, vraiment, cette jeune fille qu’était Vanessa Springora à l’époque des faits qu’elle relate dans son livre était bien seule.

    Que la racine de ses problèmes est à trouver dans le contexte parental et social. Que c’est, à l’évidence, ce qui a permis à son prédateur d’agir. 

    La jeune fille était en quête d’affection, en quête d’amour, en quête d’idéal. Elle a cru le trouver en G.M. 

    Combien d’enfants, plus jeunes encore que l’auteure de ce livre restent victimes de criminels en liberté et, pour nombre d’entre eux, en col blanc?

    A quand un ouvrage qui les livrera, eux aussi, à la justice? 

    Rêvons un peu, après tout, si cet ouvrage de Vanessa Springora pouvait contribuer à une prise de conscience générale et pas qu’en seul lien avec le milieu littéraire germano-pratin, ce serait tout cela de bon!

  • Superbe ouvrage de Vanessa Schneider

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    Dans la déferlante actuelle qui vise l’écrivain Gabriel Matzneff suite à l'ouvrage signé Vanessa Springora, je songe, ici, à une autre Vanessa, Vanessa Schneider, auteure de « Tu t’appelais Maria Schneider ».

    Vous vous rappelez sans doute cette actrice, rendue célèbre par son rôle dans « Le Dernier Tango à Paris ». C’est d’elle et de sa relation à elle que parle sa cousine Vanessa Schneider dans son ouvrage.

    Si vous ne l’avez pas lu, je ne saurais que chaudement vous en recommander la lecture.

    Il s’agit là d’une évocation aussi fine que sensible et très émouvante de la jeune actrice et de la famille de l’auteure aussi.

    Par exemple, on apprend comment Marlon Brando, après le tournage du film et sa sortie en salle, n’a cessé de rester en relation avec sa partenaire.

    On y découvre, aussi et surtout, la triste descente vers la drogue de Maria Schneider et comment l’entourage familial a été présent à sa manière.

    Mais ce livre de Vanessa Schneider ne semble pas avoir amené à interdire l’exploitation du film de Bernardo Bertolucci tout comme il a été décidé, après la parution de l’ouvrage de Vanesa Springora de retirer de la vente des livres de Gabriel Matzneff.

    Apparemment, Vanessa Springora a réussi à surmonter cette relation à laquelle elle reconnaît avoir consenti et c’est tant mieux pour elle!

    Apparemment, Maria Schenider ne s’est jamais remise de la scène que lui a imposée le réalisateur du film « Le dernier tango à Paris ». Cette scène, c’est elle qui a rendu le film aussi célèbre. 

    Cette scène, c’est elle qui a détruit la vie de Maria Schneider.

    Cinéma, bien sûr et scène simulée! Cependant, si l’on en arrive à interdire la vente de livres, autant poursuivre cette voie et interdire toute oeuvre incitant à la violence.

    Et là, alors, on sera dans ce monde refaçonné par autant de vertueux personnages qui décident de ce qui doit et ne doit pas être rendu accessible au public tandis que d’autres poursuivent en toute impunité leurs pratiques pédo-criminelles.

     

  • Gabriel Matzneff, 83 ans, condamné opportun. Quid des autres?

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    Les temps changent, dit-on parfois. Oui et non. Oui en ceci que ce qui a pu être considéré comme inacceptable autrefois le devient par la suite.

    Ou l’inverse, l’acceptable d’autrefois ne l’est soudain plus. C’est que la théorie des genres bouscule bien des milieux.

    A vrai dire, tous sont concernés. Enfin, pour autant que les moeurs qui y ont prévalu, désormais portées au grand jour, le soient pour tous.

    Cependant, certains résistent encore, bien gardés du regard qui se porterait sur eux.

    Autant de chasses à l’homme menées souvent bien des années  après que ces derniers ont commis ce qu’ils n’auraient pas dû mais qu’ils se sont permis.

    Or, au prétexte que les verdicts rendus par la justice ne seraient le plus souvent pas conformes aux attentes, au prétexte aussi évoqué que les délais d’attente seraient trop longs, on règle ses comptes à sa manière.

    Il aura suffi d’un livre et de son « pouvoir » pour qu’alors le Parquet enquête? Non. Il aura suffi d’être du « milieu » et d’être médiatisée.

    Car les autres victimes de pédocriminels toujours en activité, qui sait où elles se terrent, loin des milieux de l’édition parisienne et des médias qui s’en font l’écho?

    Combien sont-ils, ces enfants en très bas âge qui n’ont pas eu les moyens d’écrire, invalidés à vie par le plus lourd des silence, le leur et celui du milieu qui les entoure?

    Loin de moi de défendre les pratiques de Gabriel Matzneff.

    Mais de réagir à cette mise à mort d’un homme âgé, condamné opportun qui n’est que l’arbre qui cache bien mal la forêt.

     

  • Un écrivain, un livre, des maux et des mots

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    Dans un récent sujet consacré à ce qui semble devenir une « affaire Matzneff », un commentateur qui se reconnaîtra évoquait à très juste titre, « le poids des mots ».

    En voici un ou deux exemples tirés d’une interview qui s’est tenue sur le plateau du « 19:30 » de la RTS.

    Le présentateur du téléjournal s’adresse à son invitée et s’exclame « Au pilon, ses bouquins... » et elle lui rétorque « oui alors je vous rassure, les livres de Gabriel Matzneff ne manqueront à personne!... ».

    Et d’enchaîner sur la mesure prise par l’éditeur qu’elle estime « inutile ». Car, argue-t-elle, « aucun livre n’a jamais détourné de mineur(e)s, aucun livre n’a jamais violé personne...(...).

    Ensuite, la voici déclarer croire « au pouvoir des livres », « un livre peut avoir un pouvoir de destruction mais aussi de riposte » ... ». 

    « Aujourd’hui avec cette mesure, Vanessa Sprinogra a tué Gabriel Matzneff, il n’y a pas de mesure symbolique plus forte... »

    De quelle « mesure » s’agit-il? De celle de l’éditeur qui serait, selon elle, « inutile » ? Alors en quoi aurait-elle « tué » l’écrivain au plan symbolique?

    « C’est bien que cet homme soit accusé, soit condamné pour ses actes », ajoute-t-elle encore. Cet homme n’est ni accusé, ni condamné. 

    Donc pour l’information, en voici une qui montre que l’écrivain Matzneff n’est pas encore « tué ». Et qu’il salue même la mesure prise par son éditeur Gallimard.

     

  • Le milieu et l’enfance abusée

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    Finalement, on est bien davantage dans le règlement de compte au sein d’un milieu que dans tout autre souci envers l’enfance abusée.

    Il suffit d’écouter s’exprimer au micro d’Europe 1 ce spécialiste des maltraitantes faites aux enfants qu’est Pierre Lassus pour le comprendre.

    Surtout lorsqu’il raconte comment l’une des conquêtes de Gabriel Matzneff lui a parlé et cela, bien avant que l’auteure d’un ouvrage ne fasse les unes médiatiques.

    Directrice éditoriale, elle est du milieu. Les autres? Se sont arrangé(e)s comme ils et elles l’ont pu s’ils et elles l’ont pu.

    Quant aux enfants d’ailleurs, de ces pays si lointains qu’on ne risque sans doute pas de s’en soucier, à eux aussi de se débrouiller avec leur sort.

    Alors bon, très bien, le Parquet de Paris enquête...

    Mais pour tant de ces amateurs d’enfants, qu’adviendra-t-il? Des plaintes vont-elles être déposées à leur encontre? Des ouvrages rédigés? Des films tournés? 

    Gabriel Matzneff, c’est la partie visible de l’iceberg. 

    Car soit on lutte de manière active contre la pédophilie, soit on choisit une cible. En l’occurrence, celle mise en place par une femme du « milieu » a trouvé ses (francs) tireurs. 

     

  • Un livre et soudain le Parquet de Paris enquête...

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    Je n’ai jamais lu et, de fait, encore moins encensé Gabriel Matzneff.

    Mais apprendre que le Parquet de Paris a ouvert une enquête suite aux révélations faites par Vanessa Springora dans son ouvrage « Le Consentement » pose bien des questions.

    Comment, après tant d’années de pratiques pédophiles connues et jamais condamnées, la justice peut-elle opérer pareil volte-face?

    En aucun cas, il ne s’agit de défendre un parti pris jusque là envers l’écrivain par un certain milieu littéraire, culturel et politique. Non.

    Mais de réagir à pareil revirement au plan judiciaire, oui.

    Car on est en présence d’une même personne désormais âgée de 83 ans, Gabriel Matzneff. Et soudain, on enquête, suite à un livre qui relate, bien des années plus tard, comment celle qui en est l'auteure a vécu la relation qu’elle a entretenue avec l’écrivain.

    La justice est-elle donc à ce point tributaire d'« époques » pour n’avoir jamais été saisie du temps où tout le monde savait comment l’écrivain Matzneff prenait son plaisir et pour ne s’en inquiéter que maintenant, vague #metoo obligeant?

    Là, on n’est plus à discuter de l’écrivain qui aimait les petites filles et les petits garçons.

    On est à s’interroger sur le sens réel de l’institution judiciaire qui se mobilise après avoir pris connaissance du livre de Vanessa Springora tandis que l’ensemble de l'oeuvre de Gabriel Matzneff qui a précédé l’ouvrage de la jeune femme l’a laissée de marbre.

     

  • Littérature et polémiques

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    Que Gabriel Matzneff ait été vénéré par un certain milieu est une chose, que désormais Vanesse Springora soit en passe de le devenir, elle aussi, vénérée par un certain milieu, une autre.

    Aussi, que l’on ne résume surtout pas la littérature aux « milieux » qui la font et la défont car non, elle ne s’y réduit pas.

    Il suffit, pour s’en convaincre, de lire les romans primés en France en automne 2019, tant par le Goncourt que par le Médicis pour ne parler que de ces deux récompenses.

    Chacune et chacun entretient un rapport particulier au livre. Souvent d’ordre intime, celui-ci se vit donc au plus profond de soi.

    D’aucuns goûtent les longues sagas, d’autres, le style d’un écrivain quand d’autres encore privilégient la véracité de faits plutôt que la fiction.

    Véracité, oui car vérité est bien trop absolu comme terme, chacune et chacun, on le sait, ayant sa version de la « vérité ».

    Et tel est bien là l’une des dimensions de la littérature, y faire part de « sa » vérité.

    Or quand elle se heurte à tel contexte politique ou éthique, elle a toutes les chances d’être reçue de manière controversée.

    Nombre d’ouvrages reconnus ici et pas là le prouvent. Tout autant les écrivains conspués par tel ou tel pouvoir en place.

    Parce que la littérature n’a pas vocation à aller dans le sens voulu par telle ou telle instance. Pas davantage non plus à entretenir une pensée dominante.

     

  • Ces amours qui vous rattrapent...

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    Et voici à nouveau le monde culturel hexagonal sous tension. C’est que le 2 janvier prochain va sortir un livre consacré à une histoire d’amour qui n’en fut pas.

    En bref, l’auteure y raconte une relation avec un écrivain dont les initiales sont G.M et que d’aucuns ont reconnues comme celles de Gabriel Matzneff.

    Dans cette séquence télévisuelle, l’écrivain évoque nommément l’auteure du livre à paraître. Et raconte le nombre d’ouvrages qu’il a consacré à leur passion.

    A l’écouter, on comprend que la jeune-fille est très éprise mais elle semble ne plus vraiment l’entendre ainsi.

    La littérature n’a pas vocation à adouber toutes celles et ceux qui seraient hors la loi. Elle reconnaît des styles, elle les couronne de divers Prix.

    Se pose une fois encore la question de savoir si « le style est l’homme-même » , comme le déclarait Buffon dont le propos a, par la suite subi toutes sortes de relectures.

    Et si le style suffit à consacrer en dehors de tout autre jugement.

    Une loi existe, cependant. S’applique-t-elle à toutes et à tous de la même façon, il semble que non tant courent encore de nombreux prédateurs.

     

  • Qu’en pensent les #metoo et autres pétitionnaires?

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    A l’heure où l’on modifie les oeuvres comme ce fut le cas de l’opéra Carmen, à l’heure où l’on signe une pétition contre la remise, à Cannes, de la Palme d’honneur à Alain Delon, c’est la relation entre éthique et esthétique qui est mise à mal.

    Certes, Cannes a célébré l’acteur et fait fi des pétitionnaires. Mais bien des oeuvres commencent à tomber sous le coup de la censure.

    Par exemple, « Blanche-Neige et les sept Nains »  ou « La Belle au Bois dormant »  pour ne citer qu’elles. Mais que penser, alors, de l’oeuvre de cet écrivain, reconnu pour son talent?

    Je vous laisse découvrir, en cliquant sur ce lien, comment Jean d’Ormesson ou Alain Soral, par exemple, défendent Gabriel Matzneff.

    Et dans cet article, comment, aux côtés de Philippe de Villiers, l'écrivain déplore le manque de spiritualité

    Ces femmes si promptes à protester contre toute forme d’agression qu’elles subiraient de la part d’hommes, se sentiraient-elles aussi concernées par les préférences avouées de l’écrivain?

    Quoi qu’il en soit, si montrer, dire, afficher la nature humaine dans toutes ses dimensions reste une cause qui se défend, la question de l’application de la censure n’en demeure pas moins une non plus.

    Car il semble bien qu’elle s’exerce avant tout de manière aléatoire et arbitraire.

    Constat qui, en tant que tel n’est pas nouveau, le souci d'une morale étant avant tout de veiller aux intérêts de qui l’instaure.

     

  • Précisions et mises au point

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    capture d’écran: Le Point

    Merci aux commentateurs qui ont attiré mon attention sur une autre lecture de la phrase qui avait motivé ma réaction quant au traitement infligé, parfois, à la langue.

    Vu la pertinence de leurs remarques, j’ai supprimé le sujet que j’avais intitulé Langue malmenée.

    Cela dit, le problème de la langue malmenée subsiste mais en l’occurrence, non, la formulation et l’orthographe de la phrase en question étaient correctes et plus encore, élégante. 

    Il ne s’agissait donc pas d’erreur de la part de la rédaction du magazine Le Point et encore moins de l’auteur de ladite phase, Gabriel Matzneff. 

    L’écrivain s’adressait, entre autre, à Mazarine Pingeot qui, comme nombre de personnes, semblent incapables de percevoir comment l’on peut s’exprimer sur la Russie sans idolâtrer son président.

    Ce qu’on peut lire de l’article, vu qu’il est réservé aux abonnés, ne manque pas d’intérêt:

    http://www.lepoint.fr/invites-du-point/gabriel-matzneff/gabriel-matzneff-mazarine-poutine-karamzine-25-01-2017-2099993_1885.php